La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

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Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme

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MessageSujet: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Jeu 11 Jan - 18:55






Le prince des Glaces tout feu tout flamme
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Le grincement de la porte de sa chambre avait été très léger, mais suffisamment bruyant pour le réveiller. Miloslaw avait passé les dix dernières années de sa vie dans un pensionnat, il avait l’habitude des sales blagues en pleine journée et son instinct avait été conditionné pour le tirer du sommeil en cas de danger. Maintenant qu’il logeait au château en tant que proche compagnon du prince Lucius, il ne pouvait pas relâcher son attention.
Les assassins se baladaient là-dedans comme dans le salon de leur grand-mère. Ses doigts cachés sous l’oreiller se déplièrent pour attraper le coupe-papier en argent qui lui servait d’arme. Il l’avait trouvé sur le bureau de sa nouvelle chambre et l’avait aussitôt adopté. Très plat et à double-tranchant, il ne lui avait fallu que quelques caresses d’une pierre à aiguiser pour donner à la lame un fil acceptable.
Les pas de l’intrus étaient presque insonores, il n’en entendait qu’un sur trois. Et puis, plus rien, mais une présence à peine palpable au-dessus de lui. Il se penchait, son odeur était un mélange de genévrier et d’eau de parfum plutôt luxueuse. Elle était fraîche et apaisante, discrète. Agréable. Ca n’empêcherait pas Milo de se défendre pour autant.
Avant que l’assassin ne frappe, il ouvrit brusquement les yeux et trancha l’air du coupe-payant, sans rencontrer aucune résistance. Foutredieux ! Il l’avait raté ? Une poigne d’acier trempé lui tordit le poignet, le forçant à le lâcher prise. Il dût même se mordre la lèvre pour s’éviter l’humiliation d’un cri de douleur.
Alors qu’il s’attendait à sentir le baiser mortel d’un poignard entre ses côtes, pour commencer, ce ne fut que le souffle printanier d’une voix apaisante. Battant des paupières pour faire la mise au point, il reconnut alors ce visage, beau et énigmatique, qui n’inspirait que confiance et tranquillité d’esprit. Théophile, le majordome du château. Et son patron.

« Si le jeune Kotka veut bien cesser ses pitreries pour se préparer. Le prince Lucius doit être réveillé dans dix minutes. A moins que vous ne préfériez que je m’en charge ?
- Vous le feriez ? grommela Miloslaw en faisant craquer son poignet pour le remettre en place.
- Si vous être trop incompétent pour vous en charger dès votre première nuit...
- Ca ira ! Ca ira ! »

Il était hors de question que le prince Lucius pense déjà de lui qu’il ne valait rien. La question l’avait assez tracassé pour le réveiller tout au long de la journée déjà. Il jeta un coup d’œil à son reflet dans le petit miroir carré disposé au-dessus d’une large bassine de faïence usée et remplie d’eau toute fraîche. Un morceau de neige subsistait encore au fond. Son apparence laissait vraiment à désirer. Et il devait être dans la chambre du prince Lucius dans dix minutes ? Ca allait être difficile. Un défi à la mesure de quelqu’un ayant étudié dix ans à l’école des majordomes.

« Mais laissez-moi entrer ! Je suis le nouveau garçon de compagnie du prince Lucius ! Miloslaw Kotka.
- Tu n’as pas la livrée des serviteurs de la famille impériale. Ni le petit déjeuner du prince.
- Je suis arrivé hier, je n’ai pas encore d’uniforme à ma taille. Et Théophile ne m’a jamais parlé d’un petit déjeuner. »

Plusieurs personnes le croisèrent dans le couloir tandis qu’il s’engueulait avec les gardes postés devant la chambre du prince héritier. On lui jeta de nombreux regards courroucés et indignés, tandis qu’on balayait d’un coup d’oeil dédaigneux son uniforme de l’école des majordomes. Il était usé, c’était vrai. A force, il avait cessé de grandir, même si le mètre soixante-dix-huit ne le satisfaisait pas entièrement. Et puis, il se retrouvait souvent dans des situations peu prudentes pour la survie de ses vêtements. Alors oui, il avait un peu l’air d’un pouilleux. Mais il avait réussit à trouver des gants neufs dans la petite commode de sa chambre, gris perle, il en avait paré sa main gauche pour cacher ses tatouages. Enfin, apparemment, ça ne suffisait pas pour l’étage des nobles. Même les gardes de ce couloir semblaient super riches avec leurs uniformes, magnifiques.

Miloslaw essaya de marchander, mais il n’avait pas un rond en poche et n’avait aucune idée de sa paye pour le moment. Il n’avait même pas encore signé de contrat. Et si... Peut-être que la famille impériale avait changé d’avis. Peut-être qu’il ne faisait plus l’affaire. Peut-être que pendant qu’il dormait, le prince Lucius avait décrété qu’il ne lui plaisait pas. L’angoisse.

« Et si je reviens avec le petit déjeuner du prince Lucius ? »

Avant qu’une nouvelle réponse négative se fuse, la porte des appartements du prince s’entrouvrit. Il fixa l’entrebâillement, se demandant qui allait apparaître. Lucius en personne ? Un domestique ? Théophile peut-être ? Ou bien une conquête. Est-ce que le prince invitait souvent des filles dans son lit ?


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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Jeu 11 Jan - 22:23

Le prince des glaces ... Lucius baissait bien bas les yeux et n’osait que regarder son père de temps à autres. Il savait bien qu’il ne le décevait pas mais autant qu’il le disait mais s’il avait l’air de s’en vouloir, il resterait peut-être moins ici et serait plus libre de ses actes. Enfin, s’il jouait assez bien la comédie.
“Enfin ton fils préfère trousser des bandits qui sentent le jambon de pays à dix kilomètres à la ronde !”
Le prince émit un gloussement qui lui valut le regard noir du prince consort et de son oncle Yvan. Ils l’avaient surpris au Gobelin Rouge sur les genoux d’un pirate de passage qui lui avait appris bien plus qu’à faire un noeud coulant. Bien sûr, il savait que c’était mal, qu’il était prince, qu’il avait des responsabilités. Qu’il ne devrait pas courir les pantalons des voleurs et des assassins. Mais c’était plus fort que lui !
Elijah glissa une main plus ou moins gracieuse dans celle de Luscka et ce dernier émit un soupir, comme une cocotte minute qui relâche de la pression. La glace douce d’Elijah savait toujours calmer le feu puissant de son mari et Lucius en tirait bien plus parti qu’il n’aurait dû. L’Empereur était un bon père, il se laissait juste toujours avoir par le jeu d’acteur impeccable de son fils. Lucius ne pouvait pas lui en vouloir : il avait bien d’autres choses à se préoccuper. Comme la survie de l’Empire.
“Allons allons, son nouveau garçon de compagnie arrive demain. La présence d’un garçon de l’école de majordome saura peut-être le faire rentrer dans le rang.”
Mais Lucius ne voudrait pas rentrer dans le rang et il ferait fuir son nouvel esclave avec autant de rapidité qu’il avait fait fuir les précédents.
“Tu as peut-être raison Eli ... “
Lucius releva des yeux profondément peinés et trembla un peu de la lèvre inférieure. Bam, dans la poche ! Elijah réussissait à tout les coups ! Avec son père qui faisait le sale boulot pour lui, Lucius ne pouvait tout simplement pas perdre. Il avait une main gagnante à chaque coup, quelle chance ! Il sourit timidement à ses pères avant que Luscka ne tranche dans la douceur de son mari pour ajouter une clause.
“Mais attention, Lux, c’est ta dernière chance. Si tu n’y mets pas toute ta bonne volonté, ce sera l’école militaire !”
Blêmissant à vue d’œil, Lucius recula d’un pas et dût se soutenir à un meuble pour ne pas tomber dans les pommes. L’école militaire ?! Ce repaire infâme d’adolescents transpirant de discipline et de brutes ? Yvan semblait ravi par ce retournement de situation. Les membres de sa famille étaient tous devenus fous.

Lucius se réveilla avec le chant des oiseaux pépiant à sa fenêtre. Sa vitre donnait sur un immense arbre qui lui avait sauvé la vie en dépliant ses branches et en tuant des assassins une fois. Il s’était endormi seul, pour une fois, et n’avait pas découché. L’école militaire ! Quelle idée saugrenue ! Sauter dans des cerceaux et se rouler dans la boue ne ferait que lui donner une envie accrue de liberté. Yvan et Luscka se rendaient-ils seulement compte de ce qu’ils avançaient ?!
Il sourit doucement en découvrant son chat dormir sur l’oreiller à côté du sien. Une jolie boule de poil rousse qui lui rappelait fortement Lubalai quand elle ne s’amusait pas à sauter partout ou à faire sauter autre chose.
Luba avait le privilège de la jeunesse. Elle avait tous les droits quand lui n’avait que des devoirs. Bien sûr, elle avait autant de leçon que lui mais le monde s’en fichait bien si elle séchait les cours pour “apprendre le monde à sa façon” comme disait Elijah. Lui, s’il osait arriver en retard, on le gardait une heure de plus à faire des lignes répétitives et barbantes. Bien sûr, il savait qu’il était l’héritier du trône mais Lubalai serait un jour la duchesse des Von Hochen et personne ne semblait s’en soucier.
Du grabuge le tira de sa contemplation et il donna une caresse au chat avant de rejoindre la porte. Il ne portait qu’un pantalon de lin lâche à moitié déboutonné sur son corps dénudé mais la moitié du château l’avait vu courir nu dans les couloirs quand il était petit alors ce n’était pas dérangeant.
Bien sûr, à l’époque il n’avait pas cette carrure sculptée de Von Hochen ni ce visage absolument magnifique mais deux ou trois gardes pouvaient bien retenir leurs pulsions face à un adolescent à peine réveillé.
Il ouvrit sa porte et son chat se faufila dehors pour aller réclamer sa pâtée du soir avant même que Lucius n’ait pu pointer le bout de son joli nez recourbé dehors.
Dehors se trouvait un garde qu’il ne connaissait pas et une sorte de version discount de Théophile le majordome. Il savait bien que cet homme était son garçon de compagnie, sans doute, mais il laissa son garde lui ordonner de décamper avant de réagir.
“Tu viens de l’école des majordomes c’est ça ? Tu es mon nouveau sous-fifre ? Entre.”
Il fit signe que tout allait bien au garde qui grommela quelque chose et ferma la porte derrière eux. Ensuite de quoi il se dirigea vers son armoire, semant son pantalon en lin en chemin. Nu, il laissa à son nouveau garçon de compagnie le temps de détailler son corps parfait - bien qu’un peu trop petit - et de s’indigner de tous les tatouages qui le recouvraient avant de sortir une tenue de ses affaires.
Après avoir enfilé un pantalon très moulant d’un violet royal, une chemise cyan et une longue veste d’intérieur bleue, il étudia le majordome en ébouriffant ses cheveux et les coiffant de sa couronne discrète.
“Ce soir c’est la réunion des Von Hochen, tu ne peux pas y aller comme ça, sinon tout le monde va se foutre de ta gueule ... et de la mienne.”
Il fouilla de nouveau dans son armoire et lui jeta quelques vêtements qui semblaient convenir à sa taille supérieure à la sienne - il le détestait déjà pour ça. Un pantalon doré, une paire de chaussures noires, une chemise chocolat et la bourse accordée.
“Essaye ça et dis moi ce que tu en penses.”
Le prince s’assit et versa un peu du sang que Théophile lui avait ramené dans un verre. Il était prêt pour le spectacle.
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Ven 12 Jan - 10:43






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Ce n’était ni le prince, ni un domestique, ni même une fille, mais un chat. Miloslaw baissa les yeux juste à temps pour voir un éclair roux filer dans le couloir, ses pattes n’engendrant aucun bruit sur l’épaisse moquette qui recouvrait le plancher. Suivit alors un être saisissant et intriguant. Le prince Lucius... Il le reconnut à peine, même s’il l’avait rencontré la veille. A moitié dévêtu et décoiffé, il semblait bien moins royal. Et il semblait si sûr de lui. Non, c’était autre chose. Il voulait qu’on le regarde. Peut-être même qu’on l’admire. Oh, sérieusement ? Le prince héritier fanfaronnait auprès de ses gardes. Ces derniers ne semblaient d’ailleurs n’en avoir rien affaire, ils devaient avoir l’habitude. Ca n’émouvait pas non plus beaucoup Miloslaw, qui en avait vu bien d’autres au cours de sa vie. En général les nouveaux venus du pensionnat, grisés par cette liberté toute neuve que leur offrait cette forme d’éducation, passaient leur temps libre à poil. Et puis, il avait visité les bas-fonds du spectacle de Nox, ses cabarets, ses maisons de passe, ses bains publics... De toute façon, comment aurait-il pu fantasmer sur le prince Lucius, c’était tout de même son frère !

Lucius lui demanda alors s’il était son nouveau compagnon. Il était pas vrai ce gosse ! Ils s’étaient rencontrés la veille ! Miloslaw portait la même tenue, et on l’avait introduit devant le prince, il s’était incliné bordel à culs ! Il avait fait un gros effort pour faire bonne impression ! Et voilà qu’il le reconnaissait à peine ! En plus il le traitait de sous-fifre ! Si... En d’autres circonstances, Miloslaw aurait démissionner en faisant du bruit. Mais pour cette fois, il serra les dents et suivit Lucius à l’intérieur de ses appartements. Les gardes tentèrent de protester, mais apparemment le prince décidait seul de ce qui était préférable pour sa sécurité. Goûtant à sa victoire (elles étaient rares), Milo prit bien soin que le prince ne le voyait pas et tendit son majeur bien droit devant les gardes avant de fermer la porte de la chambre.

La première chose que fit Lucius lorsqu’ils se retrouvèrent seuls fut de se déshabiller entièrement. Milo devait bien reconnaître qu’il avait un beau fessier. Cependant, ce qui attira le plus son attention fut la dose de tatouages qui marquait la peau impériale. C’était un délinquant. Milo n’y croyait pas. Le prince héritier de la couronne impérial était un exhibitionniste sans mémoire plein de tatouages. Il avait déjà entendu des rumeurs sur des nobles et même des membres de la grande famille impériale qui se déguiseraient pour se balader dans les rues sous une identité de voleur. Pour connaître le frisson de l’aventure interdite, quelque chose comme ça. Etait-il possible que le jeune prince fasse ça ? Hier, il avait pourtant semblé tout à fait ordinaire à Miloslaw, du moins pour le fils d’un Empereur chargé de responsabilités.
Pendant que Lucius s’habillait, Milo étudia les appartements. Pas aussi luxueux que ce à quoi il s’attendait. Il n’y avait pas de grosse fontaine recouverte de diamants au milieu, pas d’animaux exotiques, pas d’alcôves avec des danseuses nues... C’était presque décevant. Même pas un petit ménestrel.
Lucius était étonnant là où il ne s’y attendait pas et normal là où il attendait l’exceptionnel. On ne les préparait pas à ça, à l’école des majordomes.

Il regarda silencieusement Lucius se «coiffer» et apposer sa petite couronne sur sa tête, comme il aurait mis un petit chapeau de feutre sans importance. Maintenant, sa tenue valait plusieurs millions de pièces d’or. Est-ce qu’il en avait seulement conscience ?
Après quoi, le prince lui annonça qu’ils se rendaient à la réunion de famille des Von Hochen et Miloslaw ne put s’empêcher de sourire largement immédiatement. Il aurait tellement aimé s’y rendre, mais sa mère n’était pas assez haute dans l’arbre généalogique pour y être invitée. Mais elle s’y était rendue une fois, quand elle fréquentait un cousin de plus noble lignage. Et elle avait tout détaillé à son fils. Le faste, l’amusement, la musique, la chaleur d’une famille unie... Miloslaw voulait tellement voir ça de ses propres yeux et cette nuit, l’un de ses rêves allait être exaucé ! Il n’y avait même pas songé en venant ici, mais Lucius était le fils de Luscka von Hochen après tout. C’était logique.

Le prince Lucius attendait, assis avec un verre de sang dans la main. Donc Théophile lui avait amené son petit déjeuner. Miloslaw chercha un endroit où se cacher, un paravent peut-être, mais sans succès. S’il y en avait un, il était bien dissimulé. Comment faire ? Il ne voulait pas de questions ou de jugement dès son premier jour. Il finit par décider que le mieux était de lui faire face, en essayant de ne pas avoir l’air gêné. Lucius n’avait pas conscience qu’ils étaient liés par le sang, sinon continuerait-il à le regarder comme s’il était son dessert ?
Milo changea d’abord de pantalon, puis déboutonna sa chemise. Il se mit très légèrement de côté, essayant de dissimuler dans les ombres la large cicatrice irrégulière qui déformait la peau de son flanc gauche, mais sans dévoiler le milieu de son dos. Il se dépêcha aussi de se couvrir et quand les zones «honteuses» de son corps rondouillard et à peine musclé furent voilées, il se sentit mieux. Même si le prince Lucius était un délinquant, on ne lui pardonnerait peut-être pas d’en être un.
Il se regarda dans le miroir. C’était original, il n’avait même pas de gilet. Son gant gris jurait un peu, mais tant pis. En tout cas, il ressemblait encore moins à un majordome qu’avec son uniforme de l’école. Cela dit, il n’était pas majordome, mais garçon de compagnie. Peut-être qu’il n’avait pas besoin d’uniforme. Ce qui, en fait, ne l’arrangeait pas vraiment. Il ne saurait jamais comment s’habiller. Il n’avait même pas eu le temps d’aller chercher ses affaires au pensionnat et ignorait s’il les reverrait un jour.
Il ne connaissait pas beaucoup Théophile, mais le peu qu’il avait vu de lui le convainquait déjà qu’il lui ferait sûrement une remarque. Du genre qu’un pouilleux ne pouvait suivre le prince Lucius partout.

Miloslaw se tourna vers Lucius, qui n’avait pas fini son verre. Le vampire eut soudain très faim. Il ne savait pas ce qu’on mettait dans le petit déjeuner du prince héritier, mais ça sentait trop bon ! Il en avait l’eau à la bouche.

« Je suis prêt, prince Lucius. »

Il devait peut-être l’appeler autrement ? Comme Seigneur de la Sombre Nuit. Personne ne l’avait mis au parfum là-dessus non plus. Il espérait réussir à séduire Lucius malgré ses lacunes. Bien sûr, il ne parlait pas de séduire au sens romantique ou sexuel !
Quelqu’un frappa et entra sans attendre de réponse. Théophile. Il jeta un coup d’œil à la collation du prince sans même paraître remarquer Milo, puis dit d’une voix douce :

« Il serait préférable pour le prince de terminer son petit déjeuner avant de vous rendre au manoir. Les épices douces et les tomates séchées de Lumen incorporées au O positif dégraissé aideront votre corps à appréhender sans mal les viandes juteuses et l’alcool fort de la réunion de votre famille. »

Est-ce qu’il critiquait le faste des Von Hochen ? Impossible de le savoir. Quel majordome ! Il comprenait pourquoi Théophile avait son portrait dans le couloir principal de l’académie et que son nom était gravé sur plusieurs trophées conservés là-bas. Théophile était une légende, il avait obtenu les meilleures notes de toute l’histoire de l’école. Même Miloslaw ne pouvait qu’être admiratif devant lui et son flegme débordant d’intelligence, mais une intelligence tout en retenue, discrète. Quel contraste, quelle complexité ! C’était difficile de le saisir, son attitude était un mystère, mais jamais dérangeant, car un majordome ne pouvait être une source de dérangement.

Théophile dût sentir le regard insistant de Milo, car il se tourna alors vers lui.

« Le jeune prince a beaucoup de goût pour habiller son suivant. Je vous souhaite une excellente réunion. Tout sera prêt pour votre retour, dans trois jours. »

Il s’inclina - le geste était d’une perfection absolue - et s’en alla. Milo n’avait jamais voulu devenir majordome par vocation, mais il sentait que la présence de Théophile allait peut-être changer la donne. Il inspirait tellement de respect !
Pour le moment, toutefois, il avait d’autres réjouissances en tête. Le manoir Von Hochen. La réunion de famille des Von Hochen. Bon sang, que ces épices sentaient bon. Il avait faim. Très faim. Vivement qu’il puisse se régaler là-bas.


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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Sam 13 Jan - 22:38

Le prince des glaces ... “ Dis donc il est trop strict le nouveau garçon de compagnie du prince !
- Non moi j’aime bien ! Ca donne du charme.
- T’es malade toi. Je le baiserai même pas avec la bite d’un pote”
Les gardes n’étaient pas exactement discrets dans leur façon de parler sur le dos du nouveau. Milo ne semblait pas entendre mais Lucius avait toujours eu une très bonne ouïe. Peut-être parce qu’il était en partie démon. Il ne s’était jamais passionné pour les raisons de ses incroyables sens.
Le charbon qui crépitait dans le feu détourna son attention et il frémit doucement en regardant le garçon de compagnie se changer. Le résultat n’était pas mauvais et il était plus voyant que le prince, ce qui permettrait à Lucius de se réfugier derrière lui en cas de besoin. Si les aînés de sa famille décidaient de lui pincer les joues par exemple. Les Von Hochen étaient gagas de lui ...
Théophile décida à un moment donné de venir remettre du combustible parmi les grands morceaux de bois et sourit doucement en voyant Milo. Bien sûr, le jeune homme un peu guindé était tout à fait son type. Lucius ne dit rien, cependant, ne voulant pas déjà effrayer le jeune homme. Il n’avait même pas eu le temps de vraiment lui foutre les chocottes !
Une fois l’âtre de la cheminée bien plein, Théophile se redressa de toute sa grandeur et Lucius se mordit la lèvre. Est-ce qu’il serait un jour capable d’être aussi imposant que lui ? Enfin non, il n’était pas vraiment imposant. Chez les Von Hochen, même les colonnes des pièces à vivre étaient plus larges que lui. Mais il était ... haut.
En remettant en place une grille de sécurité pour éviter que des braises ne viennent bondir sur le tapis et y mettre le feu, le majordome en profita pour reluquer un peu Milo. Lucius fit de même. L’homme était franchement mignon, même s’il était bien trop poli et strict pour le prince. Lui aimait les bandits, les pirates, les hommes d’action. Pas franchement les serviteurs à lunettes. Sinon il aurait voulu baiser Alfred.
En déplorant légèrement l’absence de radiateur et de chauffage central - le chauffage par cheminée était des plus inégaux - Lucius écouta sagement les conseils de son majordome. Finir son verre, oui oui. Bonne idée.
Il se laissa bercer un instant par la voix envoûtante de Théophile et sourit doucement quand il critiqua les Von Hochen. Quel cabotin alors ! Parler ainsi de la famille la plus importante après celle des Von Dast. Mais, même si Théophile ne mâchait jamais ses mots, on lui pardonnait tout. Quelle importance après tout, il avait raison et on pouvait bien lui accorder cette victoire dans le secret des proches de l’Empereur.
Comme s’il était secoué par quelque chose, Lucius reprit conscience des réalités quand Théophile cessa son petit discours. Il avala rapidement le reste de sa mixture délicieuse et se leva, s’étirant aussi gracieusement que possible.
Il se dirigea ensuite vers la partie salle de bain de ses appartements et se saisit de la petite trousse de toilettes que Théophile avait préparé pour lui. Milo serait maintenant en charge de cette tâche et de nombreuses autres mais le majordome avait tenu à ce qu’il ait un nécessaire de survie en milieu von Hochen : Une brosse à dents pour ... eh bien se laver les dents entre les repas, un rasoir mécanique pour se défendre et se raser pendant les trois jours de la fête et quelques sachets de tisane nuit tranquille, pour éviter la gueule de bois.
Dans un coin de la pièce on pouvait voir des marques au mur, celles provoquées par un parc à bébé puis par un lit d’enfant, un berceau ou une petite bibliothèque, autrefois. Avant d’être sa chambre, cet appartement avait été la garderie du château et avait abrité son père, ses oncles et même son grand père quand ils étaient plus jeunes. Lucius se sentait nostalgique quand il voyait la pierre abîmée et les marques d’usure au sol.
Une fois de retour dans le corps principal de ses appartements, il sourit à Milo. Il avait envie de passer à la bibliothèque pour emprunter de quoi s’occuper pendant le trajet mais il avait un nouveau garçon de compagnie et ce dernier le divertirait bien assez.
En s’appuyant sur un meuble, il enfila ses chaussures de marche fourrées et épousseta ses épaules. Bon, il était prêt ! Ou presque.
“Allons y, Milo. Ca ne te dérange pas que je t’appelle Milo, hein ?”

Il passèrent par un passage secret que Lucius employait souvent pour se rendre dans le manoir de son père et débouchèrent dans un bureau vide et poussiéreux, celui de Lully von Hochen, le grand père de Luscka, décédé tragiquement dans un accident de charrette. Depuis, personne n’avait décidé de réinvestir ses appartements, pour le plus grand bonheur de Lucius et sa soeur qui aimaient vaquer à leurs occupations quand et où bon leur semblait.
Le bureau abritait de nombreux secrets et Milo n’était peut-être pas digne de confiance aussi Lucius lui fit signe de sortir en premier. Une fois la porte verrouillée derrière lui par un sort, ils s’engouffrèrent dans un grand couloir à arches avant de rejoindre la grande salle de bal, rarement utilisée pour autre chose que le festin bi-annuel de la famille.
Luscka et Lubalai étaient déjà là et le premier essayait d’attacher dignement un nœud dans les cheveux de la deuxième. Elle portait une tenue masculine bien loin de ses habituelles robes meringues mais celle-ci se prêtait mieux aux réjouissances barbares de Von Hochen. Elle pourrait courir partout et se rouler dans la poussière, si tant était qu’elle en trouve.
Luscka se redressa et accorda un sourire chaleureux à Lucius et son nouvel ‘ami’. Peu importe à quel point son apparence était divine, il n’avait jamais voulu tromper son mari et Lucius le respectait énormément pour cela. Encore plus quand il portait une tenue aussi ... saillante.
Après de rapides présentations, Luscka se tourna vers son fils et posa une main virile sur son épaule. Lucius en frémit et observa son père.
“Je compte sur toi pour ne rien faire de déplacé, Lux. Ton père en serait tellement peiné.”
Oh oui, bien sûr, Luscka pensait à Elijah, quelle surprise. Et puis, quittant son air grave, il afficha un sourire joyeux.
“Bien, nos invités arrivent dans quelques minutes ! Rendons-nous à table !”
Oh oui ! Lux avait hâte de manger !
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Dim 14 Jan - 13:33






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Une fois Théophile parti, Lucius s’enfonça dans une petite partie des appartements réservée à la toilette. Tout occupé qu’il était avec ses affaires, Miloslaw en profita pour inspecter un peu plus la chambre de son demi-frère. On ne pouvait pas dire que c’était inconfortable ici. Il y avait même tellement de livres ! Est-ce qu’il les lisait ou est-ce que c’était juste pour la décoration ? Milo mourait d’envie de vérifier qu’ils n’étaient pas en bois. Il s’abstint pourtant, car il avait la fâcheuse tendance de se faire surprendre dans des situations délicates.
Son regard glissa ensuite sur la cheminée, que Théophile avait rempli de bûches. Pour quoi faire, si le prince s’absentait des nuits durant ? On n’y regardait pas à l’économie dans ce château. Il espérait bien que son salaire serait à la hauteur de cette absence d’économie.
Comme Lucius n’en avait pas terminé, il se tourna vers un grand miroir et s’efforça de rentrer sa chemise dans son pantalon. Les vêtements étant un peu trop petits pour sa carrure, ce ne fut pas une mince affaire. Une fois l’épreuve réussie, il fut saisi d’un doute et s’assit précautionneusement sur le bord d’une chaise. C’est bien ce qu’il pensait ! La petite boule de son ventre tendait le tissu ! C’était indigne d’un majordome. Normalement, les majordomes passaient leur temps debout, alors ça n’aurait pas dû lui poser de problème. Mais les garçons de compagnie devaient servir de compagnie, pas rester planté derrière leur maître.

Le prince sonna le départ, lui attribuant comme surnom un diminutif auquel le jeune homme était déjà habitué. Il opta pour la réponse de majordome :

« Comme il plaira au prince Lucius, » fit-il avec une légère courbette.

A sa grande surprise, ils ne passèrent pas la porte des appartements du prince, mais s’engouffrèrent dans un passage secret. Miloslaw ne posa pas de question. Il resta à deux pas derrière Lucius, silencieux, priant tous les dieux de leur épargner l’action épique d’un combat contre une monstrueuse créature. Les divinités l’entendirent car tous les deux débouchèrent sans encombre dans un bureau. Visiblement abandonné à son sort depuis longtemps, il était pourtant très chaleureux. L’âtre ronflait bruyamment.
Le garçon de compagnie n’eut pas le temps d’examiner les lieux avant que Lucius ne l’enjoigne à sortir. Le prince ferma ensuite rapidement le bureau et le conduisit à une grande salle. Miloslaw resta planté sur le seuil un moment, les yeux écarquillés par l’admiration. Jamais il n’avait vu un tel endroit. Plusieurs grandes tables étaient disposées au centre, pas un centimètre carré de cette pièce n’échappait à la lumière et la chaleur diffusées par les nombreuses cheminées et la décoration murale était tout bonnement stupéfiante. Même le plafond n’avait pas été délaissé ! Ce devait être une salle de bal, il y avait même un emplacement pour un orchestre.
En voyant le nombre de chaises, Miloslaw sentit monter le stress. Il y avait tant de monde que ça ? Et si quelqu’un le reconnaissait ? On ne savait jamais, sa mère n’avait pas vécu en totale réclusion. Il avait bien dû rencontrer quelqu’un de sa famille à l’occasion...

Après quoi, il baissa les yeux et se rendit compte de la présence imposante du Prince consort, ainsi que celle, bien moins encombrante, de la princesse. Milo rejoignit rapidement Lucius et s’inclina gauchement, trop pressé. Il n’en revenait pas ! Il rencontrait déjà le Prince Luscka ! Il était aussi beau qu’on le décrivait, sinon plus. Et cette tenue le mettait tellement en valeur. ... Pourquoi lui n’était-il pas aussi grand ? Il aurait dû, non ?
Luscka von Hochen leur sourit et Miloslaw lui répondit stupidement par un autre sourire, certainement tordu. Il devait se contrôler, même si Luscka était une superstar pour lui. C’était le chef de sa famille maternelle, le chef du duché de son enfance, le mari de son père... L’affolement le gagna quand il se rendit compte qu’il était son beau-père. Un affolement qui le figea, le raidit, aussi sûrement que si un sort de magie l’avait congelé sur place.

Le top départ fut donné par le Prince consort alors que Miloslaw se remettait tout juste de sa rencontre. Ils se mettaient déjà à table ? Mais ne devaient-ils pas attendre les autres invités ? Les saluer ? Les coutumes des grands nobles Von Hochen étaient spéciales.
Hésitant, il s’assit finalement à la droite de Lucius, laissant une place libre entre le prince et son père. Mais contre toute attente, la princesse Lubalai décida que la chaise à côté de Milo était bien plus intéressante. Comme personne ne lui dit rien, le jeune homme supposa que c’était acceptable.
Et maintenant ? Devait-il se servir ou attendre qu’on l’y invite ? Heureusement, il n’eut pas à décider car une petite horde fut alors introduite par le majordome du manoir. Immédiatement, on n’entendit plus du tout les feux crépiter. L’ampleur des voix des Von Hochen couvrait tout bruit de fond. Pourquoi Milo avait-il une voix aussi peu grave ? C’était injuste.


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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Dim 14 Jan - 20:20

Le prince des glaces ... Lucius avait toujours été des plus clairs quand il s’agissait de son futur mariage. Il avait crié sur tous les toits qu’il choisirait lui même qui serait sa reine - ou plutôt son impératrice - mais personne ne semblait disposé à l’écouter.
Sauf chez les Von Hochen. Ici, tout le monde semblait disposé à écouter ses choix, ses justifications, ses arguments. Les Von Hochen étaient portés sur la famille et voulaient voir leurs enfants devenir eux même parents, mais pas à n’importe quel prix.
On lui avait demandé de nombreuses fois qui était sa petite-amie ou son petit-ami en lâchant des phrases comme “alors, qui est l’heureuse élue?” mais on ne l’importunait jamais plus que ça. Tout le monde savait désormais que le mariage du prince viendrait en temps et en heure et qu’il ne fallait point trop le presser.
Pour ne pas montrer à quel point il était troublé par la présence de cet homme nouveau dans sa vie, Lucius sourit doucement à sa petite sœur qui s’évertuait à retirer le noeud dans ses cheveux. Il était noir et mettait en valeur les boucles rousses de la princesse. Elle avait hérité des cheveux indomptables des von Dast. Il enviait parfois cette couleur cuivrée ou celle, ébène, des cheveux de son père mais la couleur blanche de ses cheveux allait de paire avec cet incroyable pouvoir qui coulait dans ses veines alors peut-être devait-il s’en contenter.
Luscka s’avança vers ses convives, une fois qu’ils eurent investi la pièce et quand toutes les curiosités se tournèrent vers Milo, Lucius s’avança d’un pas. Les Von Hochen avaient beau être des guerriers impitoyables, ils restaient des teignes curieuses de tous les potins que l’on pourrait bien leur raconter.
“Ah ! Pardonnez mon impolitesse. Voici Milo, c’est mon nouveau garçon de compagnie.”
Il y eut plusieurs remarques sur le caractère sérieux du majordome et son charme évident puis la conversation dévia dans un autre sens. Jusqu’à ce que Charles Henry ne vienne donner une grande tape dans le dos de l’apprenti majordome.
“Hey, tu ne viendrais pas du duché des Von Hochen ? Je crois que j’ai connu ta mère. Alors comme ça tu es le nouveau copain de Lux ?”
Lucius lui jeta un nouveau regard d’incompréhension avant de réaliser : dans son effervescence, il avait complètement qu’il tenait la main de Milo, attrapée dans la hâte afin qu’il ne se perde pas dans les couloirs. En piquant un fard, il la lâcha brusquement et corrigea son oncle/cousin/whatever.
“Garçon de compagnie. Mes parents estiment que j’ai besoin d’être canalisé. Et ce n’est pas tout ... il est censé m’apprendre les bonnes manières.”
Charles-Henry se contenta de secouer la tête avec un sourire plaqué sur les lèvres sans dire un mot et ébouriffa les cheveux des deux jeunes hommes avant de se rendre aux côtés d’une femme que Lux ne connaissait pas, probablement une mercenaire. Une fois seul avec lui, Lucius fit signe à Milo de le suivre un peu à l’écart après s’être relevé brusquement. Personne ne s’était encore attablé et le repas ne commencerait que quand Elijah serait arrivé, ils avaient encore un peu de temps.
“Tu viens du duché des Von Hochen ? Tu aurais dû le dire auparavant !”
Milo pouvait parfaitement être le fils d’un Von Hochen. Sa famille avait le sang chaud, plus que de coutume chez les nobles et quand Charles Henry disait qu’il avait connu une femme, on pouvait affirmer sans l’ombre d’un doute qu’il avait batifolé de longues heures avec elle dans une chambre à coucher.
“Tu es le fils d’un de mes cousins ? Non, je ne crois pas ... tu n’as pas la carrure carrée ni la voix profonde d’un Von Hochen ... Tu dois être issu de la lignée des Bathory, non ? Ils sont plus fins.”
Lucius ne connaissait pas tous ses cousins et cousines mais si Milo faisait partie de la famille, ça changeait la donne. Les Von Hochen avaient pour habitude de s’amouracher les uns des autres ... s’il faisait croire à ses parents qu’il était tombé sous son charme, ils chercheraient à le virer et il échapperait à l’école militaire.
Milo n’eut pas le temps de répondre puisque le discret Elijah fit son entrée dans la salle à manger. Il était vêtu d’une marinière rayée bleue et d’un pantalon blanc ajusté. On l’avait déjà délesté de son manteau et sa carrure, bien qu’elle ne puisse pas être qualifiée de frêle, lui donnait l’air d’un Condé parmi les Von Hochen. Son oncle Jasper l’enjoignit à s’asseoir et Lucius lui répondit par un sourire forcé. Mince, il voulait vraiment savoir !
Ils se rassirent à leurs places et Lucius se retrouva bientôt coincé entre Elijah et Milo. Luba avait décidé de s’asseoir loin de ses parents et même si Elijah avait poussé un profond soupir en découvrant la situation, il n’en dit rien. Mince, cette gamine ne serait donc jamais réprimandée !
La discussion s’anima rapidement alors qu’on amenait les produits de la mer qui serviraient d’entrée. Les crevettes, les coquilles st Jacques et les langoustes entières se promenaient sur la table alors qu’Elijah entretenait son mari d’impériales constatations. Lucius tendit l’oreille en faisant mine de se servir des crevettes, ignorant soudain la présence de tous les autres.
“ ... et il souhaite me rappeler au palais quand ce sera chose faite. Je ne comprends pas cet empressement, il peut bien attendre trois jours non ? Même Yvan sera de la partie !”
Luscka avait en effet gardé une place vacante pour accueillir son ami une fois que celui-ci se serait libéré de ses charges de général en chef des armées. Qui donc pouvait bien presser son père à accomplir son devoir ? Même Taesch Condé pointerait probablement bientôt son nez.
Lucius fit la moue et passa une main dans ses cheveux, faisant presque tomber sa couronne par inadvertance. Les pierres de ses bijoux s’entrechoquèrent dans un écho céleste et il décida de se délester de son large bracelet d’invocation pour le moment. Il n’en aurait pas besoin de si tôt. Se tournant vers Milo et remplissant son assiette de fruits de mer, il sourit doucement.
“Alors ? Tu n’as pas eu le temps de répondre à ma question. Tu es un Bathory ?”
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Lun 15 Jan - 15:50






Le prince des Glaces tout feu tout flamme
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Le premier groupe d’invités n’était pas si conséquent, mais le temps que tout le monde se salue et échange les premières banalités, le nombre avait triplé. Miloslaw était assailli de toutes parts. On voulait savoir comment il s’appelait, ce qu’il faisait ici, le fils de qui il était... Et il n’avait le temps de répondre à rien, sinon qu’il était parvenu à balbutier son nom une ou deux fois. Il n’était pas mal à l’aise, juste pris au dépourvu par toute cette énergie et complètement débordé. Il avait perdu l’habitude à force de vivre en ville. Il n’avait plus la même fougue que quand il était un petit garçon vivant dans une ferme.
Finalement, Lucius vint à son secours. Etait-ce parce qu’il était l’héritier de l’Empereur que tout le monde l’écouta ? Il lui serrait la main et Milo ne fit pas mine de la retirer. Il avait l’impression qu’en le lâchant, il se noierait au milieu d’un océan de muscles.
Soudain, son souffle fut éjecté de ses poumons et il sursauta. Se retournant, il découvrit l’un des Von Hochen qui le détaillait. Son visage lui était familier. Et ce n’était apparemment pas anodin. Ce mec avait connu sa mère ? Il connaissait le nom de Kotka ? L’avait-il reconnu dans ce cas ? Il était peut-être venu à la maison, ou alors ils s’étaient croisés en ville.
Miloslaw allait répondre quand la question de son lien avec Lucius le coupa net dans son élan. Il retira sa main aussitôt et comme le prince faisait de même, impossible de savoir qui avait engagé le mouvement. Le petit ami de Lucius ! Mais non ! Pourquoi penser tout de suite ça ? Il ne devait pas être le genre du fils de l’Empereur. Un garçon même pas majordome...
Lucius expliqua à la ronde quel était le rôle de Milo à ses côtés. Milo lui-même l’ignorait jusque là. Le canaliser ? Lui apprendre les bonnes manières ? Il pensait qu’il devait juste veiller sur lui et le divertir. Le couple impérial avait placé de gros espoirs en lui. Et il était obligé de les satisfaire, s’il voulait rester au château. Ca risquait d’être difficile, comprit-il soudain, de contenter à la fois le père et le frère.

On finit par se lasser de les ennuyer, pour se concentrer sur Luscka et l’adorable princesse. A croire que Lucius n’était pas son enfant aussi... Le prince en profita d’ailleurs pour l’attirer dans un coin et Miloslaw craignit qu’on ne pense encore qu’ils sortaient ensemble. Heureusement, ils gardèrent une distance respectable, comme préconisé dans l’un des gros livres que Milo avait dû apprendre par cœur à l’école des majordomes. Ce chapitre parlait de la manière d’être un parfait chaperon, car il était impensable qu’un majordome puisse un jour se retrouver dans une situation qui nécessitât d’avoir une prudente distance de courtoisie avec un noble. Comme quoi...
Pour Lucius il n’était cependant pas question de romantisme, mais des origines de Milo. Il voulait savoir si son garçon de compagnie venait bien du duché Hochen.

« Et bien...» commença Milo avant d’être immédiatement interrompu par le prince.

« C’est à dire que...»

Une nouvelle fois, il ne put terminer sa phrase, car l’empereur fit son apparition. Il semblait si normal ! Pourtant, Milo ne put s’empêcher de le fixer avec admiration. Son père... C’était la première fois qu’il se retrouvait aussi proche de lui. La distance s’amenuisa encore quand ils se mirent à table. Milo se répétait que ça allait se voir qu’il fixait ainsi l’empereur, mais il ne pouvait s’empêcher de tourner la tête dans sa direction. Il cherchait une ressemblance avec lui. Difficile, avec le profil de Lucius qui ne cessait d’aller et venir devant ses yeux...
Il se servait régulièrement dans les plats de fruits de mer, mais sans jamais les manger. Il s’était contenté d’un demi verre de sang aux épices, ce qui avait suffit à lui passer la faim. Heureusement, la princesse Lubalai était ravie, de son côté, de pouvoir aider Milo à terminer son repas, piochant sans vergogne dans son assiette. Elle semblait particulièrement apprécier les langoustines.

Un bruit cristallin le sortit finalement de sa contemplation, il se souvint qu’il était là pour le prince Lucius et qu’il devait faire bonne figure. Ce dernier sembla également se souvenir de la présence de son garçon de compagnie, ainsi que des questions qui le taraudaient depuis tout à l’heure. Milo secoua la tête.

« Pas du tout, votre Altesse. Je ne qu’un Kotka, par ma mère seulement. Mon père est... Etranger au duché. Mais oui, je suis né et j’ai vécu à Hochen jusqu’à mes dix ans. Après la mort de ma mère, je ne suis venu vivre à la capitale. Voilà, c’est tout ce qu’il y a à savoir sur moi. »

Ce n’était pas tout à fait vrai, mais Miloslaw espérait que ça contenterait le prince pour le moment. Alfred le majordome commença alors à changer les plats. Il était gracieux, souple, rien à voir avec Théophile. Tout aussi efficace, il virevoltait presque autour de la table, faisant tourner les plats vides comme les plats pleins, sans jamais éclabousser qui ou quoi que ce soit. Si un jour il devait devenir un vrai majordome, peut-être qu’il pourrait être plus comme Alfred...

L’odeur de la viande raviva l’appétit de Milo, qui tendit la main gauche vers une grande fourchette plantée dans un morceau de gibier. Avisant son gant clair, il se reprit et choisit plutôt de se lever pour attraper la bouffe. Lubalai tendit aussitôt sa fourchette vers l’assiette de Milo, qui lui opposa vivement un couteau pointu. Les deux couverts s’entrechoquèrent, se bloquant mutuellement.

« Pas cette fois, princesse, » lui rétorqua gentiment Miloslaw avant de se mettre à manger.

La viande était fondante, succulente. Il n’en avait jamais mangé d’aussi bonne, c’était à se damner ! S’oubliant, il ingurgita sa part à toute vitesse, puis se resservit, ainsi qu’en vin. Détendu par l’ambiance, il décida qu’en bon garçon de compagnie, il se devait de faire la conversation à Lucius.

« Vous savez, prince Lucius, les Kotka sont très très bas dans la généalogie des Von Hochen à présent. Je n’en connais pas d’autre que moi avec ce nom. Mais regardez bien mes yeux, il ne sont pas tout à fait noirs. Je les ai hérités de ma mère. Avec les flammes, on le remarque mieux. Un éclat brun, presque rouge. Ma mère disait que c’était le signe que le feu des Von Hochen grondait encore un peu dans notre sang. »

Il se pencha vers Lucius pour qu’il puisse voir. Cette histoire était sans doute stupide, les Von Hochen avaient normalement les yeux dorés. Mais il aimait cette version.


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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Mer 17 Jan - 21:14

Le prince des glaces ... Milo ne semblait pas très sûr de lui. Il semblait chercher ses mots là où un Von Hochen aurait bondi sur l’occasion de montrer sa fierté et son appartenance à la famille. Il semblait tout à fait heureux d’être ici mais ne semblait pas vraiment y avoir sa place ... comme Lucius. Il adorait les Von Hochen et passer du temps avec eux mais on ne pouvait pas franchement dire qu’il leur ressemblait. D’un autre côté, Luscka était déjà particulier au sein de la famille.
Un cliquetis le fit se retourner vers son père et il sourit en voyant Elijah, amusé d’un jeu de mots de Charles Henry. Elijah était lourdement chargé de pierreries. Avec tous ces accessoires même une marionnette aurait pu sembler divine mais le charme du Von Dast le rendait plus réel, plus palpable. Et ce n’était pas forcément une mauvaise chose : même s’il était l’Empereur, il savait garder la tête froide. Au sens le plus littéral du terme parfois.
Lucius surprenait parfois les conversations de ses parents et il avait entendu son empereur de père affirmer à plusieurs reprises qu’il était prisonnier de son cœur faible et pervers. Le prince trouvait bien au contraire que son père était un homme de culture, à la générosité sans limites. Il avait cherché à donner la parole à tout le monde en leur apprenant à lire et écrire et puis ... il était tout simplement adorable.
En levant les yeux au ciel, il l’écouta se déprécier suite à un compliment et préféra se concentrer de nouveau sur son garçon de compagnie. Il lui avait déjà l’air familier alors même qu’il ne le connaissait pas. Peut-être était-ce un effet de ce lien familial ?
Il s’avéra rapidement que Milo n’était pas vraiment un de ses parents. Il venait d’une famille bien plus basses que les quatre principales branches du pouvoir des Von Hochen. Sabre de bois ! Lui qui avait cru tenir une excuse parfaite pour le faire virer comme un malpropre ... il devrait probablement se le coltiner encore un moment. En plus, même Lubalai semblait l’apprécier ... C’était frustrant.
Si encore ce garçon avait été un bon vivant qui ne cherchait qu’à s’amuser et à prendre du bon temps, on aurait pu évoquer sa mauvaise influence sur le prince mais il semblait irréprochable. Il appliquait mieux les bonnes manières que le prince et ses deux parents réunis ! Merde alors ... Quand Lux n’était lui même qu’un fripon et un fanfaron, on aurait pu confondre entre eux deux le prince et le pauvre.
Devenu plutôt morne, le jeune prince héritier décida de manger tranquillement sans demander son reste. On aurait dit qu’il avait subi la morsure de l’ange pour être devenu aussi silencieux et ses oncles ne se firent pas prier pour lui faire remarquer. Après avoir tiré la langue un nombre conséquent de fois, il jeta un coup d’œil à l’assiette de son suivant pour constater qu’elle était vidée régulièrement par sa sœur.
Quelle chipie celle-là ! Alors que quelques cousins déjà éméchés montaient sur la scène pour interpréter une version déformée de l’Adagio pour une Ombre, il tendit le bras pour pincer les petits bourrelets de sa sœur, qui le repoussa. De toute évidence, elle avait décidé que c’était épuisant d’être une princesse et comptait se consoler dans la nourriture. Et celle de son garçon de compagnie principalement.
Le jeune prince sourit en voyant la mine contrariée de sa sœur et s’assura que tout se passait bien du côté de son père. L’écharpe d’Elijah était déjà tâchée mais ce n’était rien qui ne soit pas ordinaire.
Il aurait bien voulu aider Charles Henry à interférer dans les mamours de ses parents, juste pour le plaisir de les emmerder, mais son garçon de compagnie rappela son attention à lui. Son assiette était pleine de viande et Luba lorgnait dessus. Ah, apparemment il avait trouvé un ami carniste ! En bon Von Hochen, il adorait bien entendu toutes les viandes, surtout en sauce. Jasper, comme d’habitude, semblait profondément peiné de trouver un de ses cochons au milieu de la table.
Il s’attendait à une remarque de bas du cul mais non, Milo revenait sur ces histoires de famille. Il lui indiqua quelque chose à propos de ses yeux et se rapprocha assez pour gêner un peu le prince. Les Dieux savaient pourtant qu’il accumulait les conquêtes mais ce mec avait le don de pénétrer un peu trop souvent dans sa zone d’intimité. Il résista à l’envie de se reculer vivement et hocha la tête avant d’examiner ses yeux avec plus de détail.
“C’est vrai, ma foi, ils sont vraiment beaux.”
Dans vingt minutes, Lucius serait assez pompette pour y voir la flamme dont parlait Milo mais ce n’était pas encore le cas. Malgré tout, il devait bien admettre qu’ils n’étaient pas simplement noirs.
“Tu sais, je n’ai pas les yeux dorés, moi non plus. Mais Lubalai a ceux de notre père le plus imposant.”
Comme si elle était fière, la princesse hocha vivement la tête avant de reporter son attention sur la caille à désosser dans son assiette.
“Dis moi ... comment est-ce que c’est au duché ? Je n’y suis allé qu’une fois et encore là j’étais si jeune que je ne me souviens que de l’odeur des tomates et des oliviers.”
Son quotidien était si surchargé qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’aller explorer le duché de sa famille par lui même mais ce serait une très bonne chose à faire quand il le pourrait. Il avait déjà un guide tout trouvé, si Milo n’avait pas encore dégagé d’ici là.
La grande porte de la salle de bal s’ouvrit à ce moment, laissant entrer une vague de froid qui fit frémir les feux au centre de la pièce. Yvan von Dast venait d’arriver. Il se dirigea naturellement vers la place vide à côté de celle de Luscka et s’affala dans le siège capitonné en se plaignant de ses nouvelles recrues. Alfred vint fermer la porte, en sachant qu’elle se rouvrirait bientôt. On attendait encore quelques personnes.
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Mer 17 Jan - 21:19






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Lucius approuva son avis au sujet de la couleur des yeux de Miloslaw, qui se sentit comblé sans vraiment de raison. Ce vin était puissant, il le rendait déjà euphorique. Normalement, pourtant, il avait l’alcool plutôt mauvais. Il hocha donc la tête avec bonne humeur quand Lucius évoqua sa propre couleur d’yeux. C’était vrai qu’il avait plutôt les yeux de son autre père. A l’évocation de Lubalai, Milo se tourna vers la princesse, qui avait les doigts pleins de sauce.

« On peut dire que ça tombe plutôt bien, puisque vous allez succéder au titre d’Empereur détenu par votre père Von Dast. C’est un peu comme si le Destin confirmait le lignage. »

Il était aussi ravi de plaire à son demi-frère au point que ce dernier lui en demande plus au sujet de l’endroit où il avait grandi. Alors il s’emporta un peu, décrivant allégrement la ferme de son enfance.

« Ah oui, les oliviers sentaient toujours bon après toute une journée au soleil ! Et les tomates ! Si sucrées et juteuses, parfaites pour accommoder avec un porcelet. Voyez-vous, ma mère élevait des porcs qui fournissaient une partie des réserves du château du duc et des grands nobles du duché. Ce n’étaient pas les plus réputés, mais les porcs Kotka restent une valeur sûre. »

Il se demanda si, après dix ans, l’élevage était toujours aussi prospère. Peut-être qu’il devrait y faire un tour, un jour. Quand il aurait économisé assez d’argent pour un voyage confortable et gagné assez la confiance de ses employeurs pour partir quelques temps. Une semaine, peut-être deux. A moins qu’il embarque le prince Lucius, il avait l’air de s’intéresser au duché Hochen... Un enlèvement d’un prince par un éleveur de cochons, c’était ridicule. En plus, on les retrouverait en moins de deux, probablement avant qu’ils passent la frontière du duché. Et il n’aurait même pas le frisson du romantisme.

Milo décrivit ensuite les paysages qui entouraient la ferme, la brutalité de l’environnement, pas facile à apprivoiser mais généreux quand on savait comment s’y prendre. Il était évident qu’il regrettait un peu cette période de sa vie, mais il était parti juste après le décès de sa mère. Pourrait-il vraiment y remettre les pieds ?

Tandis qu’il s’extasiait encore sur les montagnes, les portes s’ouvrirent et tout le monde regarda dans la même direction. Miloslaw se raidit en reconnaissant la grande silhouette du prince Yvan, le frère de l’Empereur. Son oncle... Il était terrifiant. Le général de l’armée se laissa tomber à côté du Prince consort et les conversations reprirent normalement. Apparemment, il était le seul à frissonner devant Yvan von Dast.

Avec le temps, les places se remplirent et Miloslaw avait décidé de ralentir sur l’alcool. Si ça continuait, il n’allait plus pouvoir se maîtriser et ne se comporterait plus du tout en étudiant de l’école de majordome. En tout cas, il se plaisait bien en compagnie du prince et de la princesse, tous deux agréables. Rien de très fou-fou, évidemment, mais c’était tout à fait normal pour des héritiers du pouvoir.
A l’heure du café, qui ressemblait plutôt à un énième digestif, quelqu’un sortit un paquet de cartes. Il était question de poker. Miloslaw sentit la chaleur habituelle l’envahir. Il voulait jouer. Il voulait tellement jouer. Mais il ne devait pas se laisser tenter. Il fallait qu’il trouve une porte de sortie. Il devait être très tard, non ? Impossible à dire comme ça, mais il était plus que probable que le soleil soit déjà levé. En bon garçon de compagnie, il devait se soucier du prince Lucius. Aussi, il se pencha vers ce dernier.

« Son Altesse désire peut-être aller se coucher ? »

Il devait sans doute avoir sa chambre au manoir Von Hochen, puisqu’il n’était pas censé retourner au palais avant plusieurs nuits. Etant donné qu’il n’était pas tout à fait prévu, Miloslaw se demandait s’il y aurait également de la place pour lui où s’il devrait se contenter d’un sofa. Bah ! Qu’importait ! N’importe lequel des fauteuils de ce manoir serait mille fois plus confortable que son lit au pensionnat.
Miloslaw espérait bien que Lucius allait vite se décider, parce que le bruit du battement des cartes lui donnait des bouffées de chaleur.

« Hey, Lux, tu joues ? » lança alors quelqu’un à la cantonade.

Milo croisa les doigts sous la nappe.

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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Jeu 18 Jan - 22:30

Le prince des glaces ... ‘Ce n’est pas trop dur?’ avait-il envie de demander à son père, parfois. Oh il avait peur pour son paternel mais aussi pour lui. Il était terrifié à l’idée de ne pas réussir à être un bon Empereur, d’être la plus terrible des déceptions pour toute sa famille. Et pour les autres. Quoiqu’il en soit, Elijah avait toujours l’air plutôt heureux et c’était rassurant de le voir si confiant. Parfois, Lucius se demandait si son père serait aussi fort sans son époux.
Luscka se pencha sur le côté au moment où Lucius regardait dans sa direction et il murmura quelque chose à l’oreille d’Yvan qui haussa les épaules en se servant un deuxième verre de bière artisanale. Mince alors, ça l’énervait de ne pas savoir de quoi les ‘adultes’ parlaient depuis le début de la soirée. Il était prince, il aurait dû connaître les moindres détails de la vie politique de ses parents.
“Je vois ... oui je suppose que ça tombe plutôt bien.”
Le destin ... Hm, les dieux avaient surtout veillé à ce que les choses soient correctes et crédibles. S’il avait des traits - et des épaules - de Von Hochen, son regard bleuté et ses lèvres si rouges et pulpeuses étaient bel et bien les signes de son appartenance à la famille impériale, tout comme ses doigts fins et sa peau douce, légèrement plus foncée que celle des Von Dast mais moins que celle de la famille la plus militaire de Nox.
Il remarqua quelques regards sur lui alors que son suivant lui comptait les fabuleuses histoires de leur terre commune natale. Les oliviers, les tomates, les porcs ... Les Von Hochen commençaient à se rendre compte que Lucius devenait un homme, un jeune homme mais baisable tout de même. Et il savait très bien que son père n’était pas le seul à avoir le type du jeune érudit gracile en tête. Aussi, même s’il ne comptait pas s’envoyer en l’air avec un de ces cousins un jour, il leur jeta un regard en coin. D’une grâce dépassait de loin celle d’une des jeunes vierges que l’on sacrifiait à Lucifer les jours d’éclipse, il glissa quelques mèches derrière son oreille, se léchant abondamment les lèvres. Quelques Von Hochen tombèrent de leur chaise.
“Hm hm, les porcs Kotka. Je crois que j’en ai mangé une fois ou deux. Ils sont savoureux et se marient parfaitement avec la sauce au miel que l’on sert au manoir. Il faudrait que je te fasse goûter un de ces jours.”
Elijah, déjà quelque peu saoul, se débarrassa à son tour de ses bijoux. Ils étaient tellement étincelants qu’ils auraient pu appartenir à une jeune mariée. Lucius savait très bien que l’Empereur n’était pas friand de fioritures mais il était au courant aussi qu’il avait eu une réunion importante juste avant la réunion de famille. Peut-être avait-il cherché à impressionner quelqu’un. Ou à le séduire ... on ne savait jamais avec les Von Dast.
Milo passa alors à la partie paysage et vie quotidienne de la description et Lucius se sentit emporté dans son enthousiasme. Il aimait sa patrie natale, on pouvait parfaitement le sentir quand il en parlait. En plein cœur de l’Empire, le duché de Von Hochen était le plus grand de tous mais aussi le plus sauvage. Une grande partie de cette région était inhabitable, inhospitalière ou très peu fréquentée.
La soirée commença à devenir intéressante quand les plats principaux furent terminés et que certains cousins commencèrent à sortir des cartes. Lucius adorait jouer.
Milo lui suggéra d’aller dormir mais Lucius secoua largement la tête et accepta avec joie la proposition de son oncle Luzali. Luscka et Yvan se joignirent bientôt à la partie et on apporta une chaise pour que Milo puisse participer lui aussi. Quand Luzali demanda si tout le monde était là, les portes s’ouvrirent de nouveau en grand fracas. Taesch Condé pénétra dans la salle, chargé d’une caisse qu’il posa bruyamment sur une place vide en clamant qu’il avait apporté un peu de bon alcool à leur pathétique réunion de famille. Elijah semblait ravi de le voir.
“Hey, oncle Taesch, viens jouer !”
Taesch n’étais pas littéralement son oncle mais Lucius le considérait comme tel, à cause de son amitié fusionnelle avec Elijah. Né avec des cheveux et des yeux noirs dans la famille des Condé, il ressemblait alors plus à un Von Hochen qu’à un membre de sa propre famille. Si on exceptait sa carrure frêle et son caractère hautain. Aujourd’hui ne faisait pas exception à son extravagance et il portait une tenue proche du corps qui laissait voir ses cuisses, des bas presque transparents qui dessinaient des entrelacs sur sa peau hâlée et des bottes rouges fourrées avec ce qui semblait être des plumes de cygne.
Sasha, un Bathory, siffla deux fois et Taesch leva les yeux au ciel avant de venir s’asseoir entre Yvan et Charles Henry. Maintenant qu’il était là, plus personne ne ferait attention au sex appeal naissant de Lucius. Taesch était un fantasme pour tous les Von Hochen du trimonde.
“Très bien, mais vous savez pertinemment que je vais tous vous écraser.”
Alfred partit avec la caisse de cidre et de rhum mélangés que Taesch avait apporté et on distribua les cartes. Lucius sourit en regardant sa main, prenant son plus bel air craneur. Il n’avait strictement rien mais il savait bluffer comme personne.
“Tu sais jouer au poker, Milo ?”
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Ven 19 Jan - 10:51






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Cette réunion était une merveille. Miloslaw ne se sentait plus intimidé. Mieux, il avait déjà l’impression d’être parfaitement à sa place. Il fallait dire qu’au lieu d’un banquet pour nobles, il prenait part à une fête qui s’apparentait en de nombreux points aux soirées étudiantes qui avaient jalonné sa scolarité. Ce n’était pas le Gobelin Vert (succursale toute récente et bien plus policée du célèbre Gobelin Rouge) mais l’alcool coulait à flot, comme les blagues, les boutades et les attouchements guère discrets. Milo aurait sans doute dû être perturbé par cette façon que les Von Hochen avait de se caresser entre cousins, mais ça ne l’ennuyait pas. Sans doute parce qu’il ne connaissait pas les divers degrés de relations qui unissaient les «couples».
L’écoute bienveillante de Lucius face aux palabres de son garçon de compagnie n’était bien sûr pas étrangère à cette aisance. Miloslaw n’avait que peu parlé de son pays ces dernières années. La campagne n’intéressait pas les citadins de Nox, pas quand ils n’avaient jamais connu autre chose. Pour la plupart de ses camarades, l’élevage porcin était un historique indigne d’un aspirant majordome. Ils devaient probablement s’imaginer Miloslaw en train de se rouler dans la boue avec les bêtes. A une époque de sa vie, ça c’était vérifié. Mais seulement pendant une très courte période.

« De la sauce au miel ? Pourquoi pas, prince Lucius. Je tenterai avec joie ce met. »

Il avait l’habitude de la sauce au miel, les habitants de Nox semblaient particulièrement friands de cet accompagnement. Ils en mettaient partout ! Chose curieuse, pourtant, il n’avait jamais eu le droit à du porc au miel. Sans doute que les Noxien jugeaient cette viande trop grasse... Dans le milieu bourgeois en tout cas.

Les cartes arrivèrent ensuite, ainsi que les sueurs chaudes de Milo. Quelle étrange mélange de déception et de joie ce fut quand Lucius rétorqua qu’il voulait jouer, lui. Ce n’était pas si grave, essaya-t-il alors de se convaincre. Il n’aurait qu’à profiter du jeu des autres, sans lui-même toucher aux cartes. Il pourrait utiliser Lucius comme procuration. Le prince jouait peut-être bien mieux que lui.
Là-dessus entra alors Taesch Condé. La bouche de Miloslaw devint alors toute sèche et il déglutit avec beaucoup de difficulté. Il avait vu bien des gens magnifiques depuis le début de la soirée, mais Taesch Condé dégageait quelque chose de spécial. Une certaine frivolité... Il portait la décadence comme un parfum entêtant et Milo avait la tête qui tournait. Est-ce qu’il était le plus beau ici ? Certainement pas. Mais il utilisait ce que les dieux lui avaient donné au maximum de son potentiel. Et il n’était sans doute pas le seul à penser cela, à en juger par les regards autour de la table. Bien sûr, il fut invité à la partie et les cartes commencèrent à être distribuées.

Lucius demanda alors à Miloslaw quelque chose qui aurait pu le faire éclater de rire s’il ne s’était pas contenu. Est-ce qu’il savait jouer ? Par Kresnik, s’il était au courant ! Pourtant, il se contenta d’un mensonge.

« Oh, et bien... Je connais vaguement les règles. Je vais me contenter de vous regarder, si ça ne vous dérange pas. »

Il observa Lucius tandis qu’il bluffait à la perfection. S’il ne remporta pas la manche, le prince réussit à amasser un peu de gain. Milo avait coincé ses mains entre ses cuisses, se tordant les doigts en cachette. Il ne cessait de se répéter qu’il devait se contrôler. Mais ils avaient tous l’air de tellement s’amuser ! Quand on commença à redistribuer les cartes, il n’y tint plus.

« Je vais jouer cette fois ! »

Il n’avait rien en poche, mais Charles Henry lui fit un crédit. C’était de la folie, Miloslaw ne gagnait presque jamais. Il allait s’endetter à vie ! Comment résister pourtant. Même les cartes étaient magnifiques.
Première main. Il resta de marbre, mais à l’intérieur il jubilait. Il avait presque un carré d’as. Jamais il n’avait aussi bien commencé une partie.

Cinquième manche. Il restait à Miloslaw à peine un dixième de ses jetons de départ. Quelques autres joueurs l’avaient pris en pitié et proposé de se retirer. Mais le jeune homme ne cessait de répondre :

« Non, non, je sens que je vais me refaire. La malchance ne peut pas poursuivre quelqu’un à ce point-là !»

La malchance et aussi probablement le fait qu’il jouait mal, tout simplement. L’alcool qu’il ingurgitait en grande quantité n’arrangeait rien bien sûr. Mais qu’y pouvait-il ? Ce cidre-rhum de Taesch Condé était tellement délicieux !

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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Sam 20 Jan - 22:00

Le prince des glaces ... Il avait retourné encore et encore le problème dans sa tête pour se rendre compte qu’il n’y avait pas de solution : son garçon de compagnie était en train de se faire plumer dans les règles de l’art. Taesch avait déjà remporté de nombreuses manches, suivi de près par Charles Henry et Yvan, qui semblaient se concurrencer sur quelque chose dont Lucius ignorait tout.
Généralement, quand il héritait d’un suivant, celui-ci perdait toute individualité en moins de vingt quatre heures. Il se laissait embrigader par le prince et ne lui servait que de caniche à exposer à ses camarades de classe. Mais Milo semblait bien différent de ce genre de personnes. Est-ce qu’on pourrait le qualifier d’exceptionnel ? Dans la vie agréable de Lucius, en tout cas, oui. Il n’avait jamais connu quelqu’un d’aussi contradictoire.
Lucius jeta un coup d’œil à Luscka qui les observait d’un œil curieux et lui fit un petit signe de la main. Le prince consort sourit et passa une main dans les cheveux d’Elijah. Lucius avait cru des années que son père détestait ses cheveux et ses yeux et c’était pour cela qu’il avait tranché lui même dans le vif de sa somptueuse chevelure blanche, quelques temps plus tôt. Mais Luscka ne détestait rien de lui et Lux aurait dû s’en rendre compte avant. Son père l’aimait, après tout, c’était naturel.
Lorsqu’une manche de plus fut finie, Charles Henry déversa un murmure amer dans l’oreille de Taesch et même si Lucius n’en comprit rien, il en saisit le sens. Ils parlaient de Milo, sans aucun doute. Et il était vrai que le pauvre garçon de ferme s’était fait rouler dans la farine de nombreuses fois et était en train de s’endetter sur six générations. Il avait même raté un coup de maître avec sa dernière main.
Lucius leva les yeux au ciel quand son majordome refusa une nouvelle fois de se coucher. Alors il jeta ses quelques piécettes au centre de la table pour faire tapis et se coucha bien avant que ne soient révélés les jeux de ses adversaires. Il avait perdu, désormais, et était bien arrangé de pouvoir conseiller son garçon de compagnie. Il se rapprocha de lui et lui pinça la cuisse, échangeant avec lui un regard lourd de discours qui ne seraient jamais prononcés.
A la manche d’après, quand Milo découvrit son jeu en même temps que le jeune prince, celui-ci garda un visage neutre, avec beaucoup de difficultés. Mille bombes ! Il avait un jeu très puissant ! Il l’empêcha d’échanger une carte, en vira une autre et se haussa un peu pour murmurer quelques conseils à son oreille. Leur proximité aurait pu déranger mais ils étaient désormais comme frères. Et puis la moitié des invités se pelotait dans un coin.
Et Milo gagna. Il gagna même plusieurs manches. Ils étaient bien plus forts à deux qu’ils ne l’étaient séparément, et Lucius en était étrangement heureux. Il sentait une chaleur l’envahir, la même qu’il ressentait lors de ses escapades diurnes avec Roman dans les bas quartiers ou même lors des plus belles réunions de familles, celles où Luscka finissait saoul comme un porc et traînait Yvan sur la piste de danse.
Il attrapa une grappe de raisins et en grignota quelques fruits en réfléchissant à leur prochain coup. Entre temps, quelques joueurs s’étaient retirés et il ne restait plus que Milo, Yvan, Charles Henry et Taesch. La table de jeu avait plus l’air d’un champ de guerre civil désormais qu’à un simple amusement. A deux, ils avaient réussi à refaire la mise de départ accordée par l’oncle de Lucius mais jusqu’où pouvaient-ils aller ?
Alfred apporta aux convives une nouvelle collation sucrée, une coupelle de boules de potiron agrémentée de crème fouettée et Lucius repoussa sa coupelle. La crème, ce n’était pas vraiment son truc. On lui vola alors sa coupe et il releva les yeux pour voir son grand père venir s’asseoir à la table sur un des sièges vacants. Il était un ennemi terrible et puis, de toute façon, Lucius sentait bien ce qui se jouait à cette table : on se disputait l’admiration de Taesch.
Lucius ignora le commentaire de Ludwig sur la peau veloutée du Condé et se leva, entraînant Milo avec lui.
“Bien, je suis repu, je vais aller prendre l’air dans le jardin avec Milo. Bon jeu et ... que le meilleur gagne !”
Bon sang, il avait l’impression de laisser le meilleur ami de son père en proie à des animaux sauvages mais il ne pouvait décemment pas rester dans cette ambiance moite et gênante. Il fit signe à Milo de le suivre et traversa la salle lourde de chaleur pour aller trouver la fraîcheur des magnifiques jardins de Von Hochen.
Ils passèrent devant les restes de plats à l’ail et traversèrent une marée de gens avant d’arriver aux portes fenêtre qui donnaient sur les jardins. Une fois au calme, Lucius se dirigea naturellement vers la fontaine et s’assit au bord. Il avait toujours aimé l’écoulement calme de l’eau des fontaines de ce jardin. Ici, l’eau était toujours agréablement tiède, voire chaude certaines nuits.
“Bon sang, ce qui s’est passé là bas était gênant.”
Il défit les rubans de sa chemise et écarta un peu son col pour mieux inspirer l’air humide de la nuit. Il aimait toujours autant ces fêtes mais elles pouvaient se montrer ... épuisantes.
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Dim 21 Jan - 10:46






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A la surprise générale, Lucius se retira de la partie. Miloslaw était déçu, d’un autre côté il valait sans doute mieux qu’ils s’en aillent avant qu’il ne soit tenté de mettre la ferme Kotka sur le tapis. S’il la perdait, il ne se le pardonnerait jamais. Jusque là, il n’avait osé la parier qu’une seule fois, la première année de son séjour à Ravenwell. Il avait été si horrifiée ensuite à l’idée de perdre qu’il n’avait plus jamais recommencé cette folie. A la place, il mettait sa dignité et une heure de liberté avec son corps sur la table. Voilà d’où provenait la majorité de ses expériences sexuelles d’ailleurs !
Milo sursauta en sentant un pincement sur sa cuisse. Il jeta un regard au prince, qui le fixait. Le jeune homme sentait bien que son Altesse désirait lui faire passer un message, mais il ne comprenait pas quoi. Peut-être qu’il le sermonnait silencieusement de s’être ainsi donné en spectacle. C’était indigne d’un majordome, certainement encore plus du garçon de compagnie de l’héritier du trône de l’Empire.
Lucius s’installa alors tout près de Milo, très près. Le vampire pouvait sentir les odeurs de vin et de viande qui émanaient du prince. Malgré tout, il avait un parfum agréable. Ce n’était cependant pas la meilleure qualité de Lucius. Celui-ci commença à conseiller Milo sur ce qu’il devrait jouer. Comme il n’avait pas grand chose à perdre à tenter la méthode du prince, le jeune homme lui obéit. Et l’emporta. Bon sang ! Ce qu’il était intelligent ! Mais bien sûr ! Comment avait-il pu ne pas voir ça ? Il devait être tellement habitué à sa propre médiocrité...

Les manches suivantes, Lucius ne fut pas le seul à jouer. Parfois Milo lui désobéissait, mais ça rapportait ! Il avait cessé d’enchaîner les verres de cidre pour se concentrer sur le jeu, ce qui fonctionnait à merveille. Cette situation était passionnante ! A l’intérieur, il jubilait.
Les autres joueurs ne semblaient pas autant concentrés que lui. Sans doute la fatigue et l’alcool. Milo allait en profiter et obtenir une petite fortune. Ensuite, dès qu’il aurait un moment de libre, il irait montrer aux joueurs du quartier populaire sa nouvelle confiance et ses nouveaux coups. Pourtant, Lucius décida de se retirer.

« Mais prince, nous sommes bien partis...» commença à protester Milo avant de se souvenir de sa place.

Il n’était pas au Gobelin Vert, mais au travail. Il devait se reprendre. Alors il ramassa ses gains, remboursa Charles Henry et suivit le prince dehors. En passant devant les plats vides qu’Alfred était en train de rassembler, Miloslaw ne put s’empêcher de l’admirer. Il était vraiment beau, en plus d’être habile. Il ne serait pas contre jouer au poker déshabilleur avec ce majordome là.
Les jardins du manoir étaient magnifiques, avec leur fontaine bien entretenue et toutes leurs plantes. Une chèvre broutait un buisson un peu plus loin, le bout de sa longe avait été rongé, certainement pas la bête. Miloslaw se tint debout à côté de Lucius, lui-même assis sur le rebord de la fontaine. Apparemment, le prince avait chaud, car il dégagea sa gorge avec des gestes empreints de délicatesse et de grâce. On disait que ces deux qualités coulaient naturellement dans le sang des têtes couronnées, c’était sans doute vrai.

Lucius se plaint de la scène qui venait de se jouer à table. Miloslaw baissa les yeux sur le flux glougloutant de la fontaine, mal à l’aise. Tout d’un coup, il se sentait bien sobre.

« Je suis désolé de vous avoir fait honte, Votre Altesse. Je m’abstiendrai de boire en votre présence désormais. »

Il espérait que cet écart n’allait pas signer son renvoi. En tout cas, s’il y échappait, il allait devoir mettre les bouchées doubles pour impressionner ses employeurs. Quelle était sa mission déjà ? Surveiller Lucius et lui inculquer les bonnes manières ? Mais il ne devait pas déplaire au prince non plus... Ah ! Que c’était difficile. Il essaya de s’imaginer en cours de diplomatie majordomique. Flegme, implication modérée et politesse étaient les trois grandes règles. En clair, il devait faire passer le message tout en caressant Lucius dans le sens du poil.

« Si je puis me permettre, votre Altesse, il est d’usage pour les gens aussi influents que vous de montrer le bon exemple. Il serait peut-être préférable que vous vous rhabilliez et que nous rentrions. Si vous êtes las, je vous accompagnerais à votre chambre après que vous ayez officiellement salué tout le monde. »

Oui, voilà. C’était ce qu’était censé faire un prince. Il ne pourrait vraiment se délasser qu’une fois à l’abri de tous les regards, confiné dans le secret de sa chambre. Il fallait pourtant une contre-partie, si Milo voulait être dans les bonnes grâces de Lucius.

« Si vous le désirez alors, je vous montrerai tout l’art du massage ainsi qu’il est enseigné à l’école des majordomes. »

C’était une option que Milo n’avait pris que pour pouvoir se payer une heure de détente gratuite. En vérité, il avait plus souvent souffert sous les mains de ses camarades à l’essai. Mais il avait obtenu une bonne note, il était plutôt doué. La manipulation de cartes à jouer plusieurs fois par semaine devait avoir quelque chose à voir là dedans.
Mais bon sang, qu’est ce qu’il détestait parler de cette manière ! Il se donnait l’impression d’être un arrogant petit péteux. Vraiment, ça ne lui allait pas du tout, alors que chez Théophile ou Alfred, c’était parfait. Dire qu’il allait devoir se conduire comme ça pour un très long moment... Cela dit il était possible qu’avec assez de pratique, cela devienne naturel et même classe.

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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Dim 21 Jan - 18:07

Le prince des glaces ... De loin, il entendait la voix étouffée d’une de ses cousines chanter une aria. Les Von Hochen avaient toujours été terriblement doués pour le chant et quand ils s’y prenaient bien, ils pouvaient parfaitement séduire l’élu de leur cœur avait une seule chanson issue du répertoire lyrique de la famille. Lucius avait lui même été un très bon chanteur mais il avait du mal à se faire à sa nouvelle voix d’adulte, d’autant plus qu’il savait qu’elle n’avait pas fini de muer. Il espérait avoir une voix aussi grave et suave que celle de son père, plus tard.
La famille étendue du duché de Hochen, avec ses trois familles mineurs et ses innombrables familles bâtarde, était aussi sexy que possible, dans l’ensemble. D’ailleurs, Lucius avait souvent l’impression qu’ils faisaient un concours de sensualité avec les Condé. Et les Von Dast, au milieu de tout cela, se contentaient d’être mignons, impitoyables ou dangereux. Quand il y pensait, les gens de sa famille impériale étaient tous très différents ... Ils n’avaient pas de véritable identité familiale, si ce n’était celle d’être étranges.
Mais, dans sa cellule restreinte, était là un concentré de sensualité étonnant. Elijah faisait tourner les têtes sans même s’en rendre compte, Luscka était un parangon de virilité, Charles Henry un stéréotype de chasseur tout à fait charmant et il pensait très sérieusement que Lubalai serait la plus adorable et la plus prédatrice des princesses une fois devenue grande. Déjà, à son âge et son échelle, elle collectionnait les amoureux et en avait souvent plus d’un à la fois.
Mamie Lukrezia était elle même une sacrée dame et il ne doutait pas que sa sœur puisse devenir elle aussi une femme fatale en son temps. Une femme fatale en apparence du moins si elle restait aussi maladroite qu’Elijah. Elle était adorable avec ses pirouettes involontaires, sa tendance à se recouvrir de confiture et sa tendance à casser des objets précieux. Elle avait même été interdite chez les Condé après avoir éraflé un tableau d’enfance de Rozen.
Profitant de la brise fraîche d’hiver dans les jardins, Lucius se dit qu’il s’endormirait presque sur ce banc improvisé en pierre. Il était dur mais il avait connu bien pire du temps où il osait demander à son oncle de le former aux armes. Quelle erreur ... il n’avait jamais ne serait-ce que réussi à battre Isobel qui était drôlement moins forte qu’Yvan. Quoique, désormais, elle devait être devenue redoutable. Il n’était pas sûr de pouvoir la maîtriser, même avec sa magie.
Il rejeta la tête en arrière pour voir les étoiles et sourit doucement en essayant de remarquer les constellations. C’était beaucoup plus dur quand la tête vous tournait.
“Je ne parlais pas de toi ! Mais Papy Ludwig, Oncle Yvan et Charles Henry qui tentaient de se faire mousser devant Taesch ... C’était gênant. Tu n’as rien remarqué ? Tu ne serais pas fort au Jeu de la Cour.”
Les grands parents de Lucius avaient ce que l’on appelait un couple libre. Ils s’aimaient depuis si longtemps qu’ils n’étaient plus sûrs de se désirer. La flamme des Von Hochen s’était peut-être éteinte dans leur couple au profit d’une amitié à toute épreuve mais ils gardaient en eux le sang bouillonnant de leur famille. Ils avaient donc choisit d’aller voir ailleurs, chacun de leur côté. Et si Lucius était au courant c’était parce qu’ils se confiaient bien trop à l’enfant qu’il était alors quand ils avaient trop bu.
Heureusement, la maisonnée de ses parents ne connaissaient pas une telle indécence. Ils n’étaient ensemble que depuis une vingtaine d’année et ils connaissaient encore la passion de leurs premiers jours, malgré le temps passé à gouverner un Empire.
Et puis, Milo devint barbant. Avec son attitude de majordome, il semblait bien moins drôle que tout à l’heure quand il jouait aux cartes. Il ressemblait aux nombreux suivants qu’on lui avait collé aux basques et qui ne pensaient qu’aux bonnes manières et à l’étiquette. Une vraie plaie, tous ces arrivistes qui pensaient avec la clef de la bonne conduite. Pour sa part, Lucius aurait bien prit la clef des champs . D’ailleurs ...
Si Milo était censé être un frère pour lui, comme tout garçon de compagnie convenable, il n’avait pas à être aussi ennuyeux. Il se redressa quand il l’entendit parler de massage et laissa échapper un rire grave. Il était distrayant quand il le voulait.
“Ce n’est pas bien de vouloir faire les fesses de celui qu’on est censé garder, tu sais, Milo. Tu me sembles avoir des pensées bien impures pour un apprenti majordome !”
Il se releva, épousseta ses épaules et attacha le ruban de sa chemise à son cou, mettant en valeur la grâce de son port impérial. Il détacha aussi son veston et s’ébouriffa les cheveux, glissant sa couronne dans une besace qu’il laissa ensuite à un serviteur qui passait dans les jardins pour distribuer des cocktails.
“Ne sois pas aussi rabat joie ! Le jour se lève à peine, c’est là que les choses deviennent intéressantes dans les bas quartiers !”
Et puis, il sauta par dessus le muret qui séparait les jardin intérieurs des parties ouvertes au public. Parfois, il aurait aimé naître dans une famille pauvre, sans doute moins chaleureuse que la sienne mais au moins aurait-il été alors libre, libre de toutes les convenances, de tous les majordomes, de toutes ses obligations ... Peut-être alors, les gens l’auraient aimé pour ce qu’il était vraiment au lieu de ne voir que ce stupide bout de métal brillant glissé dans ses cheveux.
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Dim 21 Jan - 18:57






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Ce n’était donc pas de lui qu’il parlait... Ha ! Il se sentait vraiment ridicule maintenant. Dire qu’il s’était fait un sang d’encre pour rien ! En tout cas, il n’avait pas remarqué le petit manège que décrivait si bien Lucius. En l’entendant le critiquer sur ses compétences, Miloslaw croisa les bras, plutôt vexé. S’il avait osé, il lui aurait volontiers rétorqué que c’était le rôle du prince d’être bon au jeu de la cour, lui ne devait être bon qu’au jeu du lèche-bottes. Mais bien sûr, il ne dit rien du tout.

Ensuite, ce fut au tour de Lucius de mal interpréter les paroles de son garçon de compagnie. Quelle horreur ! Lui ! Vouloir les fesses du prince ? Mais enfin c’était absurde ! Dégoûtant ! Incestueux ! On n’autorisait jamais deux cochons frère et sœur à se reproduire ensemble, pour de très bonnes raisons, et c’était la même chose chez les vampires.

« Mon prince, je vous en prie ! Non ! Jamais je n’ai pensé une chose pareille et jamais je n’aurai de pensée de la sorte pour vous, jamais ! »

Il insista bien sur le fait que ça ne se produirait jamais. Parce que c’était le cas, merde.
Le prince continua sur cette lancée de l’étrange en modifiant sa tenue, la rendant bien moins royale. Il confia même sa couronne à un serviteur et avant que Miloslaw ait pu lui demander ce qu’il foutait, le voilà à califourchon sur le mur ceinturant la propriété des Von Hochen.

« Une escapade dans les bas quartiers ?! Mon prince, je suis presque sûr que ce n’est pas convenable ! »

Lucius disparut de l’autre côté des pierres et Milo réfléchit. Il pouvait aller se plaindre à l’un de ses parents, ce qui ferait de lui un bien piètre gardien, qui l’aurait en plus laissé tout seul de précieuses minutes. Ou alors il pouvait le suivre et espérer le raisonner avant que quelqu’un s’aperçoive de quoi que ce soit. Oui, cette dernière solution lui semblait meilleure, même s’il savait que ce n’était pas la bonne, pas celle qu’on attendait sûrement de lui. Mais c’était celle qui sauverait sa place ! Alors il sauta et passa par-dessus le mur en s’aidant seulement d’une main. Lucius était là, à l’attendre, comme s’il était persuadé que Milo allait lui coller aux basques.

« Prince Lucius... »

Trop tard. Le prince était déjà en route. Miloslaw le suivit de près en tentant de le raisonner, mais il finit par abandonner à la sortie du domaine Von Hochen. Tant pis, il allait au moins s’assurer qu’il rentre en un seul morceau. Le prince ne semblait pas particulièrement novice dans l’exercice de se fondre dans la pauvre populace. Il savait où aller et comment se comporter. Milo déboutonna un peu sa chemise et remonta ses manches sur les coudes. Il ne devait pas trahir Lucius, car si on le reconnaissait, ce serait pire que tout. Danger, enlèvement, demande de rançon, renvoi du pauvre garçon de compagnie dont plus personne ne se soucierait... Oui, Lucius se sortirait indemne de cette sortie, il en était certain. Mais lui ?
Une pensée effrayante lui vint alors à l’esprit tandis qu’ils pénétraient les bas quartiers. S’il tombait nez à nez avec l’un de ses créanciers, il serait dans la panade. Mieux valait faire profil bas. ... Impossible avec le prince ! Ah mais quelle merde !

Tout à ses angoissantes pensées, Miloslaw se rendit soudain compte que le prince n’était plus en vue. Merde, merde, merde ! Mais Lucius ne devait pas être loin. Il se précipita au croisement suivant, sûr de l’y trouver, soit à droite, soit à gauche. Mais il ne fit que percuter de plein fouet quelqu’un en train de courir. L’autre, un petit être malingre, tomba sur les fesses en éparpillant toutes sortes d’objets précieux autour de lui. Il insulta avec hargne Miloslaw en se massant le front.

« Hey ferme ta gueule espèce de sale voleur ! Dégage avant que j’appelle la garde ! »

Du flan, mais il était trop stressé pour ne pas saisir une telle opportunité de se défouler un peu. Malheureusement, comme invoqués par sa menace, trois silhouettes en uniforme firent leur apparition à deux croisements de là. L’un des trois gardes civils pointa son index dans leur direction et le troupeau se précipita vers eux. Pourquoi sentait-il qu’il devait fuir aussi ?

« C’est son complice ! Chopez-les ! »

Une simple explication ne suffirait sans doute pas à lui éviter les geôles sordides de la prison et on l’y oublierait, prince ou pas. Alors il fuit. Bien sûr, il n’oublia pas de ramasser quelques montres et bijoux avant de prendre la poudre d’escampette. Ca lui faisait trop mal au cœur de les laisser dans la boue.

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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Lun 22 Jan - 17:02

Le prince des glaces ... Le vent frais de la nuit ne pouvait que ravir Lucius. Il avait toujours préféré le froid au chaud et, même si les choses pouvaient s’avérer pimentées avec lui, il avait toujours su comment refroidir ses opposants.
Comme avec mademoiselle Albright, la fille du baron Albright de Hochen. Elle l’avait approché quelques semaines plus tôt pour réclamer ses faveurs et le menacer de répandre une rumeurs bien horrible sur son compte. Elle n’était même pas une Von Hochen ! En échange, Lucius était allé voir son oncle Charles Henry et quelques temps plus tard, la moitié de la noblesse apprenait qu’elle avait eu une aventure avec un garçon de ferme, la rendant par la même inéligible au rang de princesse. C’était faux et dégueulasse mais il ne fallait pas le provoquer.
Il passa devant les écuries et entendit Erica, la jument d’Yvan hennir. Elle était plutôt fougueuse et terrifiante et pour rien au monde il ne se serait approché de son box, mais elle était belle, de loin. Son pelage noir uniforme et sa crinière volumineuse la rendaient belle comme une nuit sans lune. Lucius aurait bien aimé posséder une aussi belle bête mais il préférait passer par les toits, comme les voleurs.
Il comptait se rendre au Thirsty Scholar Pub pour retrouver ses amis. Ils avaient l’habitude de se rendre au Gobelin Rouge mais ce soir, dans ce bar où se réunissaient tous les érudits bien élevés de la capitale pour boire, on faisait une lecture de textes scientifiques. Et si ses amis seraient probablement barbés au bout de deux minutes, le jeune homme ne se lassait pas de découvrir les nouvelles avancées en terme de sciences et de technologie.
Lucius eut un pincement au cœur en pensant à son garçon de compagnie, abandonné là dans les jardins. Il était certainement allé se plaindre à ses parents et seraient renvoyé. Mais s’il avait vraiment les couilles d’être son suivant, il le suivrait. C’était une sorte de test, sans en être un. Aucun garçon issu de l’école de majordome ne suivrait un prince dans les ruelles sombres de la Basse ville.
Milo atterrit pourtant à côté de lui et le prince lui lança un sourire satisfait. Même si Milo avait affirmé ne jamais vouloir de sexe avec lui, en insistant bien - ce qui était extrêmement vexant - il l’aimait bien au fond. Enfin, non, justement, pas au fond.
“Eh bien, finalement on pointe le bout de son nez ? Je croyais que ce n’était pas convenable ?”
Il sourit ostensiblement et avança rapidement. Peu importe son âge, Lucius avait toujours aimé gouverner, donner des ordres. Il ne savait pas franchement d’où ça lui venait mais c’était peut-être dans son sang. L’ordre et l’autorité coulaient dans ses veines, aussi sûrement que le sang impérial et peut-être bien qu’il serait un bon Empereur. Peut-être. En tout cas, il avait hâte.
Il passa par les ruelles, bien vite, puis songea à monter sur les toits. A ce moment là, il remarqua que Milo ne le suivait plus. Mais où donc était passé ce triple con ? Lucius leva les yeux au ciel et retourna sur ses pas pour trouver son majordome empêtré avec un voleur, faisant une démonstration magnifique de son langage injurieux. Eh bien !
Il observa la situation, amusé jusqu’à ce que les gardes ne débarquent. Il ne pouvait pas laisser son garçon de compagnie se faire attraper ! Que dirait-il à ses parents alors ? Oh mince, il était bon pour l’école militaire si Milo était arrêté ! Merde, un plan, un plan ! Il regarda autour de lui et tomba sur une inscription gravée dans sur le fronton d’une maison bourgeoise.
“Aide toi et le ciel t’aidera ... mais bien sûr.”
Invoquant les runes dans sa tête, il les traça à la va vite dans la terre entre les pavés avant de les souffler, pour leur donner plus de puissance.
“Abattare.”
Aussitôt, des pluies diluviennes se déchaînèrent, rendant la vision impossible au delà du bout de ses pieds. Heureusement, il avait repéré Milo avant.
Il s’élança sous la pluie et l’attrapa dans la volée, l’entraînant dans une ruelle avant d’arrêter la pluie. Les rues étaient trempées, le sol glissant mais il ne s’arrêta pas de courir, hilare. Ce que ça pouvait être drôle de se défier du destin comme ça ! Une fois arrivé à la Grand Place, il lui lâcha la main et se permit de souffler un peu. Il y avait des stands partout et on pouvait entendre les marchands vanter leurs produits à la criée.
“Têtes, cous, pattes, ailes, venez déguster des mets rares !”
Lucius se remit à marcher, le pub n’était plus très loin. Dans un coin, une sorcière vendait un rituel pour raviver la passion et tenta de les alpaguer avec des belles paroles. Ailleurs, une vieille dame leur suggéra un sortilège de renfoncement amical ... ou plus si affinités. Lucius haussa les épaules et continua sa route.
Enfin, ils arrivèrent devant la petite porte violette du Thristy Scholar Pub et purent se mettre au sec. Dans leur coin, près du feu, l’attendaient Isobel et Roman. Habillé comme à son habitude d’un simple pantalon en toile et d’une chemise lâche bien trop sexy pour un garçon de seize ans, Roman avait choisi le blanc pour sa tenue du jour. Ses lunettes et son sac rempli de rouleaux divers suggéraient qu’il avait étudié avec Taesch avant de venir. Bien plus impériale que son frère, Isobel portait une robe rouge et dorée et une cape en velours pourpre dont la capuche était rabattue sur ses cheveux. Elle dégustait un sucre d’orge en discutant avec Roman.
“Romy ! Izzy ! Je suis là !”
Laissant une traînée de flotte derrière lui, Lucius rejoignit ses amis, traînant Milo par le bras. Il fit les présentations rapidement puis s’assit et commanda deux bières au sang. Il espérait que ça plairait à Milo.
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Mer 24 Jan - 11:43






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La situation était critique, car Miloslaw n’était pas un coureur spécialement rapide. Le voleur, le vrai, avait disparu en un clin d’œil bien sûr. Quant aux gardes, en dépit de leur équipement, ils le rattrapaient. Pour le moment, le jeune homme ne devait son salut qu’à son avance de départ, qui s’amenuisait de plus en plus. Est-ce qu’on prendrait la peine de l’enfermer ou est-ce qu’on lui couperait les mains tout de suite avant de les brûler sous ses yeux horrifiés ?
Il ne serait pourtant pas question de feu, car une pluie soudaine et violente leur tomba soudain dessus. Son pied glissa sur un pavé déjà glissant et il se rattrapa de justesse à un mur, mais devant laisser choir nombre des trésors volés qu’il avait dans les bras. Cela fit un grand bruit, mais qui recouvrit à peine le son l’eau battant le sol. Il n’avait jamais vu ça ! Est-ce que ça arrivait à Ravenwell, vraiment ? Il ne pouvait même pas dire si les gens autour de lui étaient choqués, il ne voyait et n’entendait rien à part lui-même.
Quelque chose se referma sur son bras et le tira sur le côté. Ca y était, les gardes l’avaient rattrapés. Dans le mouvement, il perdit encore quelques objets précieux supplémentaires.
La pluie était moins dense par là et il fut surpris de reconnaître la tignasse pâle du prince Lucius ! Il l’avait retrouvé ! Il était sauvé ! Mais pourquoi courait-il ?

Quand Lucius s’arrêta finalement, la pluie était passée, les bords des toits dégoûtaient à grand rythme et il n’avait plus qu’un petit objet en or dans sa poche. Ca ressemblait à une pelote de laine, de la taille d’une grosse noix. Il la glissa dans sa poche, intrigué.
Regardant autour de lui, Miloslaw reconnut alors la Grand Place. Les marchands se remettaient déjà de la violente averse, accostant les clients potentiels. Milo et Lucius se faufilèrent plus qu’ils n’avancèrent au milieu des passants. Bizarrement, ils n’arrêtaient pas de se faire accoster par des vendeuses de charmes. Le jeune homme en connaissait certaines. Il n’y en avait qu’une qui n’était pas un charlatant et elle n’insista pas en le reconnaissant.

Leur première rencontre datait de la seconde année de Miloslaw à l’école des majordomes. Avec trois autres garçons, il était allé la voir, «pour s’amuser». Ses camarades avaient eu le droit à des conseils et un produit de sa conception, soit des herbes à infuser, soit une potion à boire. De quoi leur permettre d’obtenir ce qu’ils désiraient en amour. Mais alors que c’était au tour de Milo d’obtenir ses faveurs - qui n’étaient certainement pas gratuites ! - elle lui avait présenté une paume de main ferme et blanche. « Pas toi. Tu n’as besoin de rien. »
Milo avait longtemps médité sur ce rejet, sans trouver de réponse. Bien sûr, la vendeuse n’avait jamais voulu lui révéler ce qu’elle avait voulu dire par là. Apparemment, il comprendrait en temps voulu.

Lucius les fit entrer dans un pub à la porte violette, un détail curieux. Il s’appelait le Thirsty Scholar Club. Un endroit pour les étudiants branchés alors. Miloslaw y avait invité plusieurs fois, mais il avait toujours préféré se rendre à l’un des deux Gobelins. Lucius semblait un habitué... Peut-être que s’il avait daigné y aller au moins une fois, il aurait croisé son demi-frère ! Quelle andouille il pouvait être parfois.
La chaleur et la sécheresse de l’endroit le frappèrent de plein fouet et il prit pleinement conscience de son état désastreux. Il devait ressembler à un chaton sorti du fleuve ! Suivant docilement Lucius et les traces détrempées qu’il laissait derrière lui, il parvint rapidement devant un couple de jeunes gens plutôt curieux. La fille avait l’air agressif mais était apprêté comme une fille de la haute noblesse, ce qu’elle devait être. Quant au garçon, on aurait plutôt dit un bourgeois, le fils d’un homme d’affaires accompli. Ce devaient être des amis que retrouvait fréquemment le prince. On ne pouvait pas dire qu’il s’encanaillait, mais le garçon ne devait sûrement pas faire partie des relations normalement autorisées à quelqu’un de son rang prestigieux. Peut-être que la fille était sa fiancée. Amis d’enfance, ils n’avaient pas encore découvert à quel point ils pouvaient être intimes mais leurs parents avaient déjà tout planifié. C’était comme ça que ça se déroulait dans la noblesse, d’après les manuels et les cours de l’école des majordomes en tout cas. Il devait donc être de son devoir et du souhait du couple impérial que Miloslaw encourage leur idylle naissante.

Lucius, en bon jeune homme courtois, fit alors les présentations. Miloslaw écarquilla des yeux ronds en comprenant toute l’étendue de son erreur d’analyse. La princesse Isobel et le prince Roman ? Mais c’était impossible ! Pourquoi est-ce que les princes et les princesses ne ressemblaient-ils pas du tout à ce qu’on lui avait raconté ? C’était du grand n’importe quoi !
Milo s’inclina néanmoins selon l’usage, projetant un peu d’eau sur les côtés dans le mouvement. Après quoi, on l’invita à déguster une bière au sang. Si c’était offert, il n’allait certainement pas refuser. Ce n’était pas correct, de plus il venait de promettre à Lucius de ne plus boire en sa présence. Mais enfin, ledit prince venait de l’entraîner dans un pub pour étudiants et il était en compagnie des enfants du prince Yvan von Dast ! Maintenant qu’il y pensait, la fille avait le même regard terrifiant.
Tandis qu’il prenait une gorgée de bière, elle planta soudain ses yeux dans ceux du garçon de compagnie. Elle avait remarqué qu’il la détaillait et n’appréciait pas du tout. S’il voulait sauver sa peau, il devait donc dire quelque chose, quelque chose d’intelligent. Et rapidement.

« Princesse Isobel, vous êtes en réalité très jolie ! Une vrai dame de la Cour ! »

Apparemment, ce n’était pas ce qu’il fallait dire.

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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Jeu 25 Jan - 22:04

Le prince des glaces ... Milo aurait pu avoir bien plus de fun en emmenant Milo dans un sanctuaire consacré ou ce genre de choses mais il avait ce rendez-vous avec ses cousins et il était hors de question de le manquer. Il n’avait qu’une seule parole et il la tenait dans la mesure du possible. Il ne comptait pas déshonorer aucune de ses deux familles.
Derrière le dernier mauvais chanteur de la soirée se tenait une belle peinture du Temple principal, doté d’une haute flèche et de vitraux roses disposés en triangle. Il était tout simplement magnifique et Lucius s’y était toujours senti vraiment bien. Quand il priait, il ressentait toujours une forme de complétion qu’il ne ressentait nulle part ailleurs. Là bas, il se sentait plus proche de sa nature de démon, de demi-dieu.
L’étrange tremblement dans la voix du chanteur fit frissonner Lucius qui se sécha d’un coup d’air chaud et en fit profiter son serviteur. Il avait bien le droit à un peu de chaleur, non ? Il était plutôt gentil avec lui et il l’avait suivi, au moins. Il avait risqué une rencontre avec des voleurs, des bandits de grand chemins, des mécréants pour les beaux yeux - et ils étaient magnifiques - du prince Lucius.
“Tu devais être discret dans ta fuite. Vous avez pas l’impression d’avoir un peu chié là dessus ?”
Lucius étouffa un rire et donna un coup de poing symbolique dans le bras musclé de son meilleur ami. En effet, ils avaient fait une entrée remarquée mais ils étaient partis du manoir des Von Hochen en toute discrétion. Avec un peu de chance, les deux jeunes hommes reviendraient à midi sans que leur absence ne fut remarquée.
“Qu’est-il advenu de nous ? Tu es en retard ... visiblement tu étais trop occupé à te traîner un nouveau boulet.”
Isobel, comme à son habitude, tranchait dans le vif. Lucius haussa les épaules et but quelques gorgées de sa bière au sang. Bon sang, ça réchauffait correctement cette chose ! Elle avait beau être bien fraîche, elle savait réveiller le feu qui sommeillait toujours en lui comme si les braises des Von Hochen avaient élu domicile dans son corps. Il soupira de bien être et incita Milo à boire la sienne.
Il était temps que les scientifiques entre en scène quand Milo lâcha une énorme bourde. Le temps sembla se figer et le jeune homme cligna doucement des yeux. Mais quel boulet !! Il semblait tout à fait à l’aise pourtant, quelques secondes auparavant. Lucius regarda avec attention le visage d’Isobel se transformer en une moue à la fois indignée et furieuse. Dans quelques secondes, elle lui reprocherait d’être un porc misogyne.
Milo lui lança un regard qui voulait dire quelque chose comme “J’vais mourir ou pas?” et Lucius eut soudain une idée géniale. Il tira sa bourse de sa poche à gousset et glissa deux pièces en or massif vers Milo. Elles étaient frappées du profil de Luscka, digne et solide sur une face et d’Elijah, gracieux et souriant, sur l’autre. Un symbole que la force et la diplomatie ne pouvaient être dissociées.
“Tiens, Milo, je ne pensais pas que tu en serais capable, pas mal pour un débutant !”
Isobel leva les yeux au ciel et se détendit en pensant que c’était un pari lancé par le prince. Lucius accorda un sourire à sa cousine et observa le premier scientifique qui préparait ses papiers.
C’était un garçon d’une quinzaine d’années, habillé d’une longue cape marron en velours qui cachait maladroitement ses bottes boueuses, ses chausses bleues rayées noir et sa chemise blanc sale. Il devait venir de la bourgeoisie et affirmait être un élève de l’école de philosophie de Ravenwell. Urgh, un philosophe, rien de bien intéressant.
Ah ! Quelle déception ! Il se laissa retomber dans le fond de sa chaise et sirota un peu plus de sa savoureuse bière. En souriant doucement, le jeune homme étudia les réactions d’Isobel par rapport à Milo. Il lui plaisait bien, hésitant, bien élevé. Et donc elle serait très désagréable avec lui. Pas étonnant que la princesse ne soit toujours pas mariée à son âge si elle faisait fuir tous ceux qui lui plaisaient de cette façon !
“Alors, Izzy, tu t’es bien amusée aujourd’hui?”
Un soupir, suivi d’un long mouvement horizontal de tête. Visiblement, mademoiselle avait passé une mauvaise nuitée.
“Non. Grand mère m’a fait répéter une centaine de fois les bonnes manières pour le prochain bal. Ce qui explique que je sois fagotée comme une vraie Dame. Franchement, j’ai l’air d’une cruche et je déteste ça.”
Roman posa ses coudes sur la table en s’avançant. Il avait l’air d’avoir passé une bien mauvaise semaine, lui aussi.
“Et moi je ... vais devenir fou. A force d’apprendre les outils de torture et les différents poisons, je crois que je vais finir par tout confondre et faire une grosse connerie. Comme paralyser Taesch à vie !”
Relâchant les genoux qu’il tenait toujours repliés, Lucius soupira doucement et donna une petite tape au bras de Roman, affalé sur la table désormais. Une salve d’applaudissement se fit entendre et Lucius releva la tête comme une mangouste à l’affût du danger. Le jeune homme avait quitté la scène, remplacé par un homme d’âge mûr, muni d’un monocle. Oh, ça promettait d’être intéressant.
Quand il entendit parler de magie, Lucius se sentit partir. Cet homme allait parler de la chose qu’il préférait au monde !
Cependant, ses attentes furent rapidement déçues. En effet, l’homme avait apparemment écrit un pamphlet enflammé sur le fait que la science devait remplacer la magie, que les deux ne pouvaient s’entendre que ce que l’on comprenait valait mille fois cette ‘chose tirée de contes pour enfants’. Lucius l’écouta jusqu’au moment où l’homme affirma que l’alchimie était la plus grande hérésie qu’on ait pu inventer.
“C’est faux ! Complètement et totalement faux ! La science comme la magie peuvent être dangereuses si on les manie à la légère et l’alchimie est ... une source incroyable de découvertes ! ”
Il en conçut une telle rage qu’il sentit la glace parcourir ses veines. Mais il ne pouvait pas la laisser sortir, pas maintenant au pire moment ! On le regarda, on le dévisagea et finalement on lui demanda qui il était. Alors, fièrement, la tête haute et le port noble, il défia du regard le scientifique qui se gaussait de tels propos sur son estrade.
“Je suis le prince Lucius Elijah Yvan Ulrick von Dast et vous devriez tous vous incliner devant le miracle de la science et de la magie que je suis.”
Il n’avait que rarement été aussi impérial et digne. Aussitôt, la salle se courba et même le barman fit une révérence pitoyable, si caractéristique des bas quartiers. Il ne lâcha pas du regard le scientifique et décida de lui asséner le coup de grâce.
“Comment pouvez vous vous prétendre scientifique avec l’esprit aussi étriqué ?”
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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Ven 26 Jan - 14:21






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Hésitant sur ce qu’il adviendrait de lui dans les prochaines secondes, Miloslaw tournait son regard vers les trois compagnons de table qui l’encerclaient. Il n’aurait pas dû se mettre contre le mur, il n’avait pas grand espoir de fuite avant que la princesse Isobel ne l’attrape et ne lui fasse sa fête. Mais allait-elle seulement lui cracher une insulte au visage ou lui refaire le portrait. Sa réputation ne jouait pas en la faveur du jeune homme.
Et puis, le salut débarqua sous la forme de deux pièces d’or. Lucius inventa une histoire de pari et Milo ne fit pas la bêtise de le contredire, car cela sembla fonctionner. Il empocha l’argent avec un sourire désolé pour la princesse et noya ce qu’il lui restait de peur dans la bière. En voilà une boisson qui apportait du réconfort !

Le prince Lucius prit alors des nouvelles de ses cousins et le discours qu’ils tinrent tous les deux étonna au plus haut point Miloslaw. Il ne pensait vraiment pas que des gens aussi fortunés, qui obtenaient tout ce qu’ils voulaient sur un plateau, puissent connaître de tels déboires. Peut-être bien que Lucius aussi avait ce genre de problèmes, ce qui expliquerait pourquoi il avait besoin de s’évader au milieu du peuple.
Comme Milo voulait essayer de rattraper le coup avec les cousins de l’héritier impérial, il leur balança une petite dose de son expérience. Pour ce qu’il en savait, il était plus âgé qu’eux.

« Princesse Isobel, vous êtes beaucoup trop charismatique pour avoir l’air d’une cruche dans cette robe. D’ailleurs, je suis certain que n’importe quel vêtement vous irait à ravir, même le plus usé et simple. Enfin, vous n’êtes tout de même pas femme à vous dicter votre allure par un bout de tissu. En tout cas, c’est ce qu’on m’a dit et ce que je constate.
Quant à vous prince Roman, si monsieur Taesch vous fait confiance, c’est sûrement à raison. Il a beaucoup trop d’expérience pour prendre le moindre risque. A l’école des majordomes, j’ai dû apprendre beaucoup de choses. La clef, c’est de former des groupes et des sous-groupes dans votre mémoire, de cette façon vous ne risquez pas de commettre de grosse erreur. Après tout, un poison paralysant et un autre paralysant auront fondamentalement le même effet. Si vous en confondez deux, l’erreur sera minime. »


Est-ce qu’il venait vraiment de faire la leçon à des adolescents princiers ? Mais oui ! Et il était plutôt fier de lui. Dans la mesure où il pensait leur avoir été utile d’une certaine manière. Mais des applaudissements nourris l’empêchèrent d’en savoir plus à ce sujet dans l’immédiat.
L’intervenant sur l’estrade débitait tout un tas de mots incompréhensibles pour Miloslaw, mais qui semblaient incroyablement captivants pour le prince Lucius. Du moins, au début... Le garçon de compagnie sifflait sa bière en fixant distraitement l’homme, quand Lucius pesta soudain haut et fort. De toute évidence, il n’aimait pas du tout la tenue du discours.

L’ambiance dans le pub changea. Tout le monde se tourna vers leur table et Miloslaw reposa sa choppe presque pleine. Lucius ne se laissa pas impressionner et accéda à la demande générale. Il se présenta, dans les formes et avec une arrogance bien digne de son rang. Juste avant d’insulter l’intervenant.
Celui-ci parut ne pas savoir quoi dire. La colère déformait ses traits mais il hésitait vraisemblablement à rembarrer le fils de l’Empereur, ce qui se comprenait sans peine. Jusqu’à ce que quelqu’un, qui n’était autre que le barman, n’intervienne pour dénouer la situation.

« C’est bien joli d’être prince, monsieur Lucius Elijah Yvan Ulrick von Dast et je vous respecte, pour votre illustre personne et tout ce que vous représentez, enfin vous connaissez la chanson... Mais vous devriez peut-être venir débattre en bonne et due forme sur ce plancher, sinon on dira que mon établissement sert la propagande de la couronne impériale. Et on ne vous respectera plus tellement. »

Il avait raison bien sûr. Si le prince ne parlait pas intelligemment sur son point de vue, alors on ne retiendra de lui que le respect qui lui était dû par la naissance. Hors, il devait faire valoir l’homme qu’il était.
Milo ne savait pas ce qui allait se passer par la suite. La princesse Isobel semblait avoir envie d’en découdre par le poings. Lucius allait-il s’avancer sur la scène avant qu’elle n’explose ?
A cet instant, un éclair zébra le ciel, le tonnerre roula et une pluie fine commença à se déverser sur la ville. La porte du pub s’ouvrit et, dans la lumière éclatant d’un second éclair, un homme apparut dans l’encadrement. En fait d’un homme, il s’agissait plutôt d’une silhouette encapuchonnée et on n’y voyait rien de lui. Il resta encapuchonné jusqu’à s’asseoir à une table libre, resta couvert et se contenta d’un signe pour prendre sa commande. Mystérieux...

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MessageSujet: Re: Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme  Ven 26 Jan - 21:51

Le prince des glaces ... Il aurait tellement aimé que Kresnik lui vienne en aide, avec ses gigantesques ailes dorées, son feu divin et toute cette colère qui était la sienne, mais il devait se débrouiller seul, comme il l’avait toujours fait. Parce qu’il était un prince et que sa jeunesse ne pourrait pas toujours lui servir de motif pour sa fuite.
Ses pieds quittèrent presque le sol quand il prit une inspiration profonde en regardant l’homme sur l’estrade. Il sentait la magie l’envahir. Cette magie sauvage qu’il pensait pourtant avoir réussi à maîtriser. Oh quel idiot il faisait, elle lui murmurait à l’oreille les pires vengeances, les pires atrocités. Et il avait envie d’y céder, ô Dieux, il avait tellement envie de céder à cette tentation plus que terrible.
Le jeune homme avait pourtant été élevé dans la raison et la retenue. Alors il secoua doucement, très doucement la tête et s’accrocha désespérément à la dague frappée du symbole des Von Hochen que son père lui avait offert. Elle pendait souvent à sa taille sans réelle utilité mais il se sentait nu quand il ne l’avait pas avec lui. Elle était comme un point d’ancrage, pas franchement indispensable mais agréable.
Deux autres lanternes furent allumées par sa magie, qui semblait parfaitement contrôlée, et le jeune homme se permit un port plus droit, plus impérial. Taesch lui disait dans les cours de Bonnes manières qu’il lui donnait de ne jamais laisser voir sa faiblesse à l’ennemi. Il affirmait même qu’en attaquant les points faibles de l’ennemi on cachait les siens. Lucius n’était pas sûr de la véracité de cette technique et il ne connaissait pas les points faibles de l’homme au monocle de toute façon.
Il s’apprêtait à donner la réplique à l’homme quand le barman décida de s’en mêler. Il devait bien apprécier les débats puisqu’il dirigeait ce trou à rats pour étudiants d’une main de maître depuis bien des années. Et si ses quiches étaient absolument immangeables - il y avait limite trop de goût en fait, sa bière était bonne et Lucius se voyait mal éviter ce pub jusqu’à la fin de sa vie parce qu’on lui avait apprit la rhétorique ici de la plus cruelle des façons.
“Très bien.”
Il se rendit jusqu’à l’estrade et prit place à côté de l’homme au monocle. Les choses étaient pour le moins tendues mais il s’en fichait bien. Il allait leur montrer par a + b qu’ils avaient tort.
Au delà de tout, il devait se montrer patient et pédagogue dans son intervention et ne laisser aucune place au hasard, malgré l’improvisation courageuse dont il faisait preuve. Il hocha doucement la tête pour se donner du courage et releva des yeux vaillants sur son public, visiblement très intéressé. Il n’avait franchement pas intérêt à se rater.
“Je suis un fils de Hochen. Et vous savez très bien comment on traite la magie dans ma famille. Et pourtant, pourtant, la magie et la science peuvent s’unir de bien des façons, pour le meilleur ...”
Il développa son point de vue de la manière la plus intelligente possible, essayant par dessus tout de ne surtout pas envoyer des vibrations de “Y’en a qui veulent se taper ?” au public, captivé par ses mots. S’il avait su que les cours de Taesch lui serviraient si tôt dans sa vie, il les aurait peut-être plus travaillé. En attendant, le jeune homme ne pouvait pas franchement raccourcir ses arguments et il avait peur que son public ne s’ennuie.
“Regardez l’alchimie par exemple ! Elle a permis de trouver de nombreux remèdes à des maladies jugées incurables pour de nombreuses personnes, à des malformations ... et si certains ne la pratiquent que pour chercher la richesse, elle peut apporter bien plus cela !”
A ce moment là, le jeune homme perçut un mouvement dans le fond. C’était l’homme encapuchonné qui était entré juste avant qu’il ne captive la salle avec son discours. Il tendit son bras et Lucius en conçut une douleur soudaine et surprenante. Il ne comprit pas tout de suite mais remarqua au bout d’interminables secondes une arbalète dans la main de l’encapuchonné.
“Le peuple t’envoie ses respects, Prince de pacotille !”
Tout d’un coup, le jeune homme se sentit étouffer, suffoquer. Il porta une main à sa poitrine, où la flèche avait pénétré et découvrit une énorme flaque de sang qui s’étalait sur son torse, comme une rose qui fleurirait de sa défaite. On avait utilisé un projectile empoisonné, bien entendu, pour plus d’efficacité. Sa vision se troubla et son souffle ne fit que s’accélérer. Il se sentait déjà partir et s’écroula sur le plancher déjà tâché de son sang.
Les sons produisaient des effets étranges à ses oreilles, à la fois accrus et étouffés. Il vit Isobel se jeter sur son assaillant qui tentait de fuir et lui arracher sa cape. C’était en réalité une femme d’une vingtaine d’années mais qui semblait déjà fatiguée de la vie, aux cheveux blonds cendrés retenus en arrière et à la robe rouge et blanche. Elle portait une marque étrange sur son serre taille, quelque chose qui ressemblait à un cheval en bois pour enfant.
Il vit aussi Roman se précipiter à ses côtés et sortir des aiguilles de sa sacoche avant de les plonger dans de minuscules fioles colorées. Où était Milo ? Est-ce qu’il avait été touché lui aussi ? Cela ne l’aurait guère étonné.
“Mi ... lo ...”
Roman plongea une de ses redoutables aiguilles dans son cœur et Lucius perdit bientôt connaissance. Dans ce monde noir, il sentit quelqu’un lui serrer la main puis lâcha prise.

To be continued ...

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Premier pari ♦ Le prince des Glaces tout feu tout flamme

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