La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

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Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw

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MessageSujet: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Sam 27 Jan - 10:38






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Cette fois, le grincement de la porte ne le fit pas frémir. Cette fois, il fut même heureux de l’entendre. Le grand soldat a l’air négligé lui fit signe de la tête qu’il pouvait sortir. Miloslaw s’extirpa de sa cellule sans attendre. Au bout du couloir, le responsable des cachots lui fit un petit topo.

« Une courte enquête a suffi à persuader tout le monde que t’y étais pour rien. ... Alors comme ça on fricote avec le prince héritier, hein ? Remarque, tu dois être son genre, d’après ce que j’ai entendu dire. Allez, hors de ma vue. »

Milo ne chercha pas à en savoir plus et fila. Au moins, il était innocenté et il n’avait eu à rester qu’une petite poignée d’heures dans les geôles. Ca avait été les heures les plus effrayantes de sa vie d’ailleurs. Il espérait ne plus jamais avoir à revivre ça. Les plaintes des prisonniers, le bruit de la terre dans les murs, des rats qui grouillaient dans les ombres les plus noires et les cachettes les plus insoupçonnées... L’ambiance n’était pas vraiment au rendez-vous dans ce trou. Il se demandait comment les gardes n’y perdaient pas la raison.

Il n’avait pas mis deux pieds au rez-de-chaussée que Théophile lui tomba dessus. Sans rien dire, il réajusta sa tenue, y ajouta une élégante cravate gris perle finement rayée de noir et lui passa un linge sur le visage. Miloslaw se dit qu’il le touchait un peu plus que nécessaire. Quand il rentra les pans de sa chemise à l’intérieur de son pantalon, il frissonna au contact de ses longs doigts froids sur la peau fine de son aine.

« Tu dois te rendre immédiatement dans les appartements du prince. Il ne devrait pas tarder à se réveiller, tu te dois d’être présent.
- Mais pourtant...
- Es-tu son garçon de compagnie, oui ou non ?
- Et bien... Je suppose.
- Alors hâte-toi. »

Tout le monde n’arrêtait pas de le presser depuis qu’il était arrivé au palais impérial. Est-ce qu’on songeait seulement à son temps libre personnel ? Et puis il fallait savoir ! On venait de l’accuser d’avoir fomenté un complot contre le prince, juste parce que dernier avait prononcé son nom avant de s’évanouir. Roman l’avait accusé vivement, ou plutôt il l’avait bruyamment questionné sur ces paroles. Alors quand la garde civile était apparue, on l’avait embarqué. Mais apparemment, on le voulait à présent tout proche de Lucius.

Quand il y parvint, la chambre du prince était vide. Elle devait être animé peu de temps auparavant pourtant, car on sentait une bonne dizaine d’odeurs différentes, fortes. Enfin, si le prince était tiré d’affaires, il y avait masse de personnes à prévenir. Pauvre Lucius, il serait tout seul pour son réveil. C’était peut-être bien pour ça que Théophile l’avait pressé d’y aller.
Miloslaw s’approcha du lit. Le prince dormait profondément et paisiblement. Une odeur d’onguent se dégageait de lui. Il avisa un petit bol dont le fond était tapissé d’herbes humides et aplaties par un pilon, il le vida dans la cheminée. La senteur du genévrier, ou quelque chose approchant, se dégagea dans la chambre. Ce n’était pas spécialement désagréable.

« Et bien il ne se réveille pas du tout, » marmonna Milo, agacé.

Il ressortit la chemise de son pantalon, froissa un peu son col et se pelotonna sur un fauteuil, enveloppé dans une couverture de sorte qu’on ne voyait plus que son visage. Là, il vida ses poches. Elles contenaient deux pièces d’or qu’il aurait pu parier s’il n’y avait eu ces foutues responsabilités de garçon de compagnie et cette drôle de pelote en or. Un fin interstice en faisait le tour, il essaya donc de séparer les deux morceaux, mais sans y parvenir. Il chercha alors un interrupteur, le secoua, le cogna sur le rebord du guéridon qui supportait le repas de remise en forme de Lucius, le mordit, lui ordonna de s’ouvrir, mais rien ne fonctionna.

« La peste soit de ce truc ! »

Il renfermait forcément quelque chose, car il était en or véritable. Et il ne pouvait y avoir un tel défaut sur une pièce par ailleurs réalisée avec le plus grand raffinement. Le jeune homme déposa la balle et les deux pièces sur le guéridon avec un soupir. Il n’avait jamais possédé autant d’or. Plutôt que d’essayer de l’ouvrir, il devrait la parier... Non, la vendre puis jouer avec l’argent qu’il en retirerait. S’il s’adressait aux bonnes personnes, il était persuadé d’en retirer une très belle somme.
Le prince remua dans son sommeil et Miloslaw se redressa, aux aguets. Mais il ne se réveilla pas. Après plusieurs minutes, il décida de piquer un somme lui aussi. Roulé en boule dans le fauteuil, il s’endormit, bien aidé par l’alcool et les émotions de la nuit.

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mar 30 Jan - 21:38

Cheval de bois et pelote d'orLe jeune homme entendit la porte grincer de nouveau et mit quelques temps à identifier l’odeur de vampire qui venait chatouiller ses narines. Milo. Il ne le connaissait pas depuis longtemps mais l’homme avait une odeur caractéristique de musc et de cidre, probablement un truc de Von Hochen. Enfin, de gens originaires de Hochen. Il ne put empêcher un sourire de se dessiner sur ses lèvres.
On l’avait mis au lit et soigné de nombreuses manières. Quand il s’était réveillé, il avait constaté qu’on l’avait habillé de vêtements plus souples et moins tâchés que sang que ceux qu’il portait quand il s’était évanoui. On lui avait enfilé un de ses pulls chauds, un pantalon de lin fin et un bonnet pour tenir son front et ses oreilles au chaud. Sur sa table de chevet, ses parents avaient posé ses deux doudous favoris de l’enfance : un lapin à l’oreille cassée et un hérisson avec un bonnet. Tous ses vêtements étaient de la même couleur, un nacré reflétant les couleurs de l’arc en ciel.
Il avait aussi constaté qu’une partie de ses cheveux était devenue de la couleur de l’ébène, de la moitié de ses mèches aux pointes. Il avait usé de la magie, sans doute sans s’en rendre compte, pour se soigner. Le poison devait être particulièrement virulent pour lui avoir imposé de telles extrémités. Il avait été dans une sorte d’inconscience tout le long de ses traitements mais quelques souvenirs lui revenaient ... des souvenirs flous, probablement dans le désordre.
Il se demandait bien où Milo avait été ces dernières heures. Il était son garçon de compagnie alors sans doute aurait-il dû être à ses côtés ... mais ses parents ne lui faisaient pas assez confiance, pour cela, si ? Hm ... ce soir ... se serait-il passé quelque chose après qu’il soit tombé dans les limbes que l’inconscience. Enfin, au moins il était rassuré de la savoir en vie. S’il avait dû pleurer sa mort alors qu’il ne le connaissait même pas vraiment ...
Il fit semblant de dormir, surveillant Milo de dessous ses paupières. Il se demandait bien s’il allait se jeter à son chevet et pleurer ou bien rester indifférent. S’il se souvenait bien ... Milo avait semblé surpris de l’attaque. Il était fort peu probable qu’il ait été un complice. De toute façon, il n’avait choisi ni le lieu de rencontre, ni l’heure. Lucius l’avait traîné dans sa combine comme il le faisait toujours avec ses suivants.
Milo ne se jeta pas sur lui et Lucius en fut presque soulagé. Il observa discrètement le jeune homme s’affairer auprès de la cheminée sans trop comprendre son but et plissa les yeux pour mieux voir. Seul le clair de lune perçait à travers la lucarne, la fenêtre la plus grande de sa chambre ayant été recouverte d’un lourd rideau de velours bleu nuit. Une odeur s’éleva dans les airs et Lucius ferma les yeux un instant pour s’en imprégner.
Milo eut une phrase agacée et Lucius faillit complètement se griller et éclater de rire. Mais il ne voulait pas jouer les gâte sauce et réussit à contenir son hilarité. Le jeune homme n’aurait certainement pas parlé comme ça devant Lucius s’il avait eu les yeux grand ouverts. Comme c’était drôle de voir le comportement de chacun quand il pensait que le prince n’était pas là ou, dans ce cas, pas conscient.
Caché en partie à sa vue par la couverture imposant du Royaume des Devins, sur sa table de chevet, Milo se pelotonna dans un fauteuil et commença à s’agiter un peu avant de ne plus bouger. Est-ce qu’il s’apprêtait à dormir ? Pas amusant du tout !
Finalement, Milo ne s’endormit pas. Il s’énerva sur un objet que Lucius ne voyait pas et le prince commença à se sentir ignoré. Il entendit derrière la porte la voix de la plus jeune des Attis, Stephany, qui demandait à voir le prince et prendre de ses nouvelles. Le garde la refoula, une fois, puis deux, puis trois. Elle claqua des talons et s’en alla d’un pas précipité, sans doute décidée à en parler à son père.
Finalement, Lucius se décida à se redresser, sortant la tête de ses épais oreillers et enlevant son bonnet. Il sourit doucement au jeune homme en face de lui et l’invita gentiment à venir s’asseoir sur le bord du lit.
“Bonsoir, Milo ! Tu as eu peur pour moi ?”
Mais il avait dû attendre trop longtemps parce que Milo dormait profondément dans le fauteuil près du lit. Il poussa un soupir et repoussa les couvertures. Tant pis, il lirait.

Quand Milo se réveilla, Lucius avait changé de tenue - un pantalon rouge et doré, une chemise à jabot blanche, accompagnée d’une cape en fourrure blanche et d’un ruban rouge dans ses cheveux. Sa guérison était complète et ses cheveux étaient désormais complètement noirs à part les racines les plus intérieures, restées blanches. Il détestait être vidé de sa magie comme ça, il ne se reconnaissait plus.
Il avait demandé aux cuisines de quoi se mette en appétit pour le deuxième repas des Von Hochen qui se déroulerait dans à peine deux heures. Poivrons aux épices, abricots confits et pêches en sauce se côtoyaient sur la table basse de son petit salon. Il avait eu le temps de finir son livre et le reposa sur la table en buvant une gorgée de sang.
“Ah! Milo ! Viens manger le petit déjeuner avec moi ! Le pain est très frais et la mozzarella t’ouvrira l’appétit pour les nombreux poulets rôtis de ce soir. “
Il ne comptait pas parler de l’incident d’hier avant que le garçon de compagnie n’aborde le sujet. La fête de famille était sacrée, les problèmes pouvaient bien attendre encore deux jours ! Et puis ce soir, il y aurait le concours de chant !
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Jeu 1 Fév - 18:44






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Milo se réveilla brusquement et apparemment sans raison. Le feu chauffait toujours autant la pièce, il n’y avait pas beaucoup de bruit et personne n’avait ouvert le grand rideau qui masquait toute la lumière de la lune. Il fallait croire qu’il avait assez dormi, même s’il en doutait. Après tout, il avait sauté toute une journée de sommeil.
Repoussant la couverture dans laquelle il s’était enveloppé, Miloslaw jeta en premier lieu un coup d’oeil au lit du prince Lucius. Celui-ci était vide. Soit il était mort et on ne l’avait pas remarqué avant d’embarquer Sa Majesté Impériale, soit il était si bien remis qu’il était déjà en train de rassurer tous les nobles sur la descendance de l’Empereur de Nox.
Le jeune homme étira longuement ses quatre membres avec une élégance plus animale que civilisée, puis se glissa au sol. Il regretta de ne pas avoir retiré ses chaussures avant de dormir, ses mollets étaient tout compressés.

Tout en baillant et en se grattant le cuir chevelu, Miloslaw entra dans la pièce adjacente des appartements du prince, comptant demander des nouvelles aux gardes postés devant la porte. Mais il découvrit le prince, tranquillement attablé devant un véritable petit festin. Milo savait qu’en tant que vampire, il n’aurait pas dû avoir à ce point envie d’autre chose que du sang, il n’y avait même pas de viande. Pourtant, la soif et la faim se réveillèrent devant les plats.
Lucius l’invita alors à s’asseoir avec lui d’une voix enjouée. Le jeune garçon de compagnie releva à nouveau les yeux sur lui et eut un mouvement d’hésitation. Etait-ce réellement le prince Lucius ? Fronçant les sourcils, il étudia un peu plus en détail le visages qui lui souriait. Mmm... Pas de doute, c’était bien lui. Ou alors il avait un jumeau aux cheveux bruns.

Essayant de redevenir quelqu’un à l’apparence correcte, Milo s’inclina puis prit place en face de Lucius. Il avisa un pichet de sang et estima qu’il avait beaucoup de chance. Mais avant de tendre la main vers le pain, le garçon de compagnie ne put s’empêcher de poser la question qui lui brûlait presque la langue.

« Prince Lucius... Je suis enchanté à la perspective du défilé de poulets qui nous attend cette nuit, n’en doutez point... Mais, et pardon de changer de sujet, qu’est-il arrivé à vos cheveux ? Est-ce à cause du poison ? Vont-ils redevenir comme avant, pensez-vous ? »

Ce serait presque dommage car à présent Lucius ressemblait un peu plus au fils de ses parents. Il pouvait même presque reconnaître en lui un demi-frère. Milo aussi avait les cheveux foncés, quoique son châtain sombre était lui relevé de quelques mèches aux reflets noisette. Il lui semblait qu’ils étaient un peu moins raides aussi.

Sa curiosité dévoilée, Milo s’attaqua au repas auquel il avait été si généreusement invité et qu’il ne comptait certainement pas esquiver. Il recouvrit son pain de mozzarella, qui était bien meilleure que celle qu’il avait pu avoir à l’école des majordomes. Tout en mâchant, il prévoyait la suite des événements. Quelques poivrons, suivis d’une poignée de fruits en sauce. Il ferait passer le tout avec un bon verre de sang, celui-ci semblait aussi délicieux et fleurait aussi bon que le jus d’un humain fraîchement mordu ! Peut-être oserait-il prendre deux verres finalement.


Le repas terminé, Miloslaw laissa échapper un soupir de satisfaction. Il avait beau connaître par cœur le recueil des bonnes manières de majordome, il ne pouvait pas s’empêcher de se bâfrer devant autant de bonne bouffe. Et dire que ce n’était qu’une mise en bouche avant le véritable repas ! Il avait pourtant hâte d’y être.
Le jeune homme se leva de son fauteuil et se tourna en direction du passage qu’ils avaient empruntés la dernière fois.

« Prenons nous le même chemin qu’hier, votre altesse ? »

C’était sûrement plus prudent de se faire escorter par une horde de gardes en prenant la route normale, car il n’était toujours pas convaincu que ce tuyau secret soit exempt d’araignées géantes mangeuses de vampires.

« Au fait, prince Lucius, lança-t-il avec une soudaine pointe d’embarras. Je voudrais que vous soyez sûr... Je n’ai jamais comploté contre vous et je ne le ferai jamais. Tout ce qu’on a raconté, c’est faux ! La garde civile a même fait une enquête ! S’il-vous-plaît, je ne vous demande pas d’avoir confiance en moi, on ne se connaît que depuis hier, mais... Ne me renvoyez pas ! »

Il aurait été logique qu’un simple doute lui vaille un renvoi pur et simple. Après tout, on ne badinait pas avec la sécurité du prince héritier.

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Dernière édition par Miloslaw Kotka le Ven 2 Fév - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Ven 2 Fév - 20:44

Cheval de bois et pelote d'orPrès de sa table de nuit, Lucius voyait la pierre à affûter préférée de son oncle Yvan. Il avait dû y aiguiser sa dague, récemment. Il le faisait très souvent quand il était stressé et Lucius ne doutait pas un instant qu’il eut été en plein stress au moment où le prince avait commencé à décliner.
Il piqua dans un des poivrons pour l’amener à sa bouche. Ils auraient pu être mieux émincés mais ils lui avaient été rapportés en un temps record pour la nuit et il savait bien qu’on leur menait la vie dure en cuisine. Il avait souvent été voler du poisson fumé en cuisine et dans l’ambiance enfumée, il avait bien entendu des cris et des ordres secs. Les pauvres commis ne restaient jamais bien longtemps.
Le jeune homme voyait aussi de l’habillement remis à la hâte dans une malle. Il savait bien qu’une noble était censée occuper sa chambre pendant sa courte absence mais il se demandait bien ce que l’on avait fait d’elle. En tout cas, il avait trouvé un cheveu gris bien étrange sur son oreiller. Qui donc avait les cheveux gris ? Il était sûr d’avoir connu une demoiselle de la Cour comme cela mais il n’aurait pas su dire qui.
Il sourit doucement en caressant le joli chat blanc enroulé sur ses genoux. Juste frémissant à son contact, le chat se mit à ronronner, comme s’il avait été réveillé de la meilleure des façons. Personne ne savait bien à qui appartenaient les chats qui rôdaient dans le coin mais depuis que Luscka était prince consort, les serviteurs avaient reçu des directives : ils ne pouvaient pas chasser ou tuer un chat du château sauf s’ils avaient la preuve qu’il avait commis un crime grave.
Il goûta un de ces fruits confits inratable dont Théophile seul avait le secret et sourit doucement. Il savait si bien y faire ! Lucius avait beau avoir été élevé dans le luxe et l’opulence, il avait toujours préféré les choses les plus simples. Une boite de chocolats blancs ou de marrons glacés suffisait à lui faire plaisir quand d’autres réclamaient des pierreries, des beaux vêtements ou des compliments par milliers.
Le jeune servant lui posa une question et Lucius tourna la tête vers le miroir. Oui, sans magie il avait vraiment l’air d’un tout autre homme. Avec un soupir, il déglutit pour avaler et secoua la doucement la tête. Il se devait d’expliquer à son garçon de compagnie le principe de ce changement de couleur.
“C’est ma couleur naturelle. Mais quand j’étais petit, je suis tombé dans une source de magie. Mes cheveux blanc c’est un peu le signe que ma magie ... déborde. Elle a été épuisée par ma guérison rapide et va mettre un petit temps à se recharger. Vois ça comme un indicateur de ce que je peux utiliser.”
Si Milo était pressé d’en savoir plus, sans doute lui poserait-il d’autres questions. En attendant, le jeune homme ne comptait pas dévoiler tout de sa magie et de sa vie à un garçon qu’il connaissait à peine. Et puis son en cas de réveil n’était pas fini. S’ils tardaient trop, ils seraient en retard et alors ce serait inadmissible ! Ses parents n’étaient pas au courant qu’il venait et il voulait leur faire une surprise.
Il attaqua les fruits avant qu’ils ne s’évaporent et tendit la main vers le pain pour saucer son assiette. Il ne comptait pas tout laisser à son majordome personnel, tout de même ! C’aurait été beaucoup pour un nouvel homme dans sa vie.
Ils mangèrent avec beaucoup d’appétit et quand il finit la mozzarella cuite au bain marie, le jeune homme sentit qu’il aurait assez d’énergie pour se rendre chez lui. Dans le manoir de son père, du moins. Il l’avait toujours considéré comme sa vraie maison mais il se devait de passer du temps ici pour le bien de l’Empire et de l’image qu’il donnait à son peuple. Il aimait bien faire comprendre qu’il serait un jour empereur.
Il avait hâte de déguster les potages, mets de viande et légumes à la vapeur préparés pour le dernier jour. Alfred et son équipe savaient toujours se renouveler et chaque année était une découverte de saveur !
“Non, Milo, cette fois nous passerons par la voie officielle. Le peuple doit voir que son prince se tient droit, même après une tentative d’assassinat !”
Ils étaient une heure avant le début des vraies festivités du deuxième jour, s’il avait bien compté. Ils auraient tout le temps de se rendre au Manoir et de se faire engueuler pour leur présence avant le début du concours de chant auquel il comptait bien participer. Il chantait comme un rossignol et s’était si bien préparé !
Avant qu’ils ne partent, le jeune servant lui parla de ce qu’on avait pensé de lui. Ainsi, on l’avait accusé ? Quelle idée, alors !
“Ne t’en fais pas, Milo ! Je n’ai jamais cru ce genre de chose ! De toute évidence, tu ne connais pas assez bien le jeu politique pour mettre un assassinat en place et cela m’étonnerait que tu sois assez stupide pour te faire entraîner dans un groupuscule extrémiste. Maintenant, allons chercher les chevaux !”
Il ouvrit la porte pour tomber nez à nez avec Fureku, l’ancien garde du corps de son père qui avait été mis à sa disposition pour ses sorties régulières. Il portait la livrée du prince héritier, parme et dorée, et tout cela allait terriblement bien avec ses beaux cheveux blonds et son teint délicat. Il exécuta une révérence parfaite et se redressa comme un ressort. Lucius savait que sous son pantalon ajusté, il portait un bracelet en or à sa cheville, signe de son appartenance éternelle à la famille impériale. Le garde du corps plaça une fleur violette aux larges pétales dans les cheveux de Lucius. Oh oui, il avait oublié le thème de cette année !
“Vos parents avaient prévu votre rétablissement, mon prince. Me permettrez-vous de vous accompagner, vous et votre garçon de compagnie?”
Il hocha la tête sans dire un mot. Bon sang ! Ses parents avaient donc tout prévu ! Ils étaient terriblement intelligents. Trop pour que Lucius leur fasse des surprises. C’était frustrant !
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Sam 3 Fév - 11:33






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Il savait que sa curiosité était mal placée selon les enseignements qui lui avaient été prodigués, pourtant le prince ne le lui reprocha pas. Il entreprit même de lui expliquer ce qui se passait. Ainsi donc, ce n’était pas la première fois que cette histoire de cheveux lui arrivait. Un indicateur de magie... ? Voilà qui était bien étrange, mais Lucius n’avait pas exactement une histoire ordinaire. Miloslaw était presque fasciné par ce que son demi-frère lui racontait, sur un ton sans mystère. Lui avait vécu une enfance tout à fait ordinaire, au milieu d’un élevage somme toute classique dans son duché. Arrivé à la ville, il avait suivi le chemin de nombreux autres enfants. Débauche et recherche d’avenir. Lui avait réussi à se faire accepter par l’école de majordomes, tandis que beaucoup de filles étaient instruites à servir dans les plus grandes maisons de Ravenwell. D’autres garçons étaient devenus portiers, cochers, il y avait aussi des filles et des garçons de compagnie pour des nobles... Ceux qui se plongeaient totalement dans la boue des bas-quartiers n’étaient finalement pas si nombreux, la jeunesse dévouée était plutôt recherchée au sein de la noblesse de la capitale.
A côté de cela, il y avait Lucius. Héritier d’un couple impérial homosexuel, conçu par la magie, béni par le Diable de bien des façons, il avait encore trouvé le moyen de se rendre un peu plus intéressant en rencontrant une source magique qui lui avait donné des cheveux blancs. Miloslaw se demanda si la vie du prince allait continuer sur cette voie ou si le destin allait lui permettre un peu de repos. Il n’avait que dix-huit ans et avait déjà vécu plus que la plupart des vampires cent fois plus âgés ! Pas étonnant, en fin de compte, qu’il ait ce comportement gorgé d’arrogance.

Ne trouvant pas de meilleure réponse, Miloslaw se contenta de hocher la tête.
Après le repas, il se sentit soulagé d’entendre qu’ils allaient se rendre au manoir des Von Hochen de la plus simple façon. Sa joie augmenta encore quand il entendit Lucius lui affirmer qu’il ne doutait pas de lui ou de ses intentions. Un fier sourire étira les lèvres du jeune homme, flatté à l’extrême. Son demi-frère affirmait qu’il n’était pas stupide. C’était bien plus qu’il n’avait osé l’espérer, alors même qu’ils ne se connaissaient pas depuis vingt-quatre heures. Les choses avançaient dans le bon sens et en dépit de ses maladresses verbales, de ses problèmes de pari et de ses nombreux autres défauts, le prince Lucius l’appréciait.

Ils prirent la porte pour se trouver nez à nez avec un grand homme, tout en blanc. Milo pensa qu’il était foutrement bien assorti à Lucius. Le vampire était toute fois plus impressionnant, presque effrayant. Le garçon de compagnie choisit avec une certaine lâcheté de rester en retrait, bien derrière Lucius. De toute façon, son demi-frère semblait parfaitement connaître l’homme. Il ne s’offusqua même pas quand celui-ci déposa une fleur dans ses cheveux.
Lucius accepta, visiblement agacé, qu’ils soient accompagnés par le grand vampire jusqu’au lieu des festivités. Miloslaw eut également le droit à une décoration florale, mais sous forme de petite couronne violette. Il sentait qu’il devait avoir l’air ridicule et chercha dans les couloirs un miroir pour s’en assurer. Il voulait au moins savoir à quel degré de moqueries il devait s’attendre. Sauf qu’il fut incapable de croiser son reflet.

Le trajet se fit sans incident. Soit que le danger était totalement absent, soit que Fureku le dissuadait très efficacement. En tout cas, Miloslaw se rendit compte qu’il n’était pas vraiment effrayant. Il était juste droit et professionnel au point d’en paraître insensible. En tout cas, il ne semblait pas inquiet, car sa main reposait tranquillement le long de son flanc au lieu de tenir la poignée de son épée.

Une fois au manoir Von Hochen, Fureku disparut rapidement. Il était peut-être retourné illico au château, ou alors il s’était noyé dans la foule, Miloslaw l’ignorait. De toute façon, il ne s’en soucia plus très rapidement. La nourriture l’accapara, ainsi que les conversations agréables de la famille Von Hochen. Il était bien plus détendu que la veille, même sans avoir consommé assez d’alcool pour cela. Il avait compris que ça ne servait à rien d’être coincé et distant. Ce n’était pas ce qu’on attendait de lui.
Il essaya néanmoins de tenir sa promesse et de ne pas boire plus d’un verre d’alcool toutes les deux heures. Il garda aussi toujours un œil sur le prince, ne le quittant pas d’une semelle, en tout cas il ne s’éloigna pas de plus de dix mètres.

Le repas, déjà entamé quand ils avaient débarqué, fut suivi d’une annonce de divertissements. Miloslaw se demanda s’il serait à nouveau question de jeux de cartes, mais ce ne fut pas le cas. On servit des digestifs et Charles Henry se mit debout sur la table, au milieu des plats vides. Il donna un « la » vibrant, puis annonça l’ouverture du concours de chant. Ohoh. Milo espérait de tout son cœur de ne pas avoir à participer. Il chantait comme un vieux coq déplumé qui tenterait sans succès de saluer le soleil. Une vraie catastrophe.

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 4 Fév - 13:15

Cheval de bois et pelote d'orLucius salivait déjà à la pensée des œufs pochés à la sauce hollandaise qu’il dégusterait très bientôt. Holland était un petit village du Duché de Hochen connu pour deux choses : ses fromages et sa sauce au fromage d’un délice absolu. Et si Lucius devait un jour faire un pèlerinage dans son duché de naissance, ce serait probablement un arrêt obligatoire.
Il avait beaucoup discuté avec Justen, un de ses cousins les plus éloignés, qui amenait toujours du fromage de qualité au réunion, et celui-ci lui avait décrit avec exactitude la fabrication de nombreuses perles de lait tourné et conservé dans des caves humides. Lucius savait combien de nombreux nobles trouvaient la passion des Von Hochen pour la nourriture ‘non naturelle’ horrible mais il était fasciné par toutes ces choses.
Il posa une selle sur le dos de son cheval en regardant Fureku. Est-ce qu’il serait présent à la réunion ? Très peu de personnes étaient admises aux réunions de Von Hochen s’ils étaient étrangers. Yvan et Taesch étaient une exception mais même leurs enfants n’étaient pas autorisés que le jour de fermeture de la réunion.
Le jeune homme regarda Milo en soupirant doucement. Pour beaucoup, il n’était qu’un accessoire au pouvoir de Lucius et c’était bien la raison de son admission aussi aisée mais le jeune prince ne s’était jamais résolu à considérer ses serviteurs comme cela. Milo, s’il ne les lui avait pas encore comptées, avait connu des mésaventures, des joies, des amours. Il avait vécu et on ne pouvait pas enlever tout cela à ceux qui travaillaient pour eux.
Il se mit en selle, hâté de se mettre au chaud, et rajusta la fleur dans ses cheveux, doux iris presque déjà gelé par les températures extérieures. Lucius n’était pas dérangé par le froid, il l’avait toujours aimé, et Fureku était à l’image du prince, un homme de la neige, mais Milo n’était sans doute pas habitué à autant de fraîcheur. Le duché de Hochen était situé au sud, près de la mer et de Lumen, où le temps était plus clément. Pour éviter les grumeaux dans leur relation, il valait mieux lui épargner tout inconfort inutile !
Leur trajet fut court et Fureku n’eut même pas à se méfier une seule fois. Le jeune homme en fut rassuré et il ne discerna que peine et soulagement dans les yeux des sujets qu’il croisait. Quelques femmes les bénirent sur leur chemin et Lucius leur sourit du mieux qu’il pouvait.
Lucius entendit plusieurs fois son prénom dans la foule mais il n’y eut pas de houle réelle alors il supposa que toutes ces paroles étaient bienveillante. Il était plus ou moins rassuré, en réalité. Il avait tellement peur que son peuple le haïsse ! Que deviendrait-il s’il était le prince le plus détesté de tous les temps ? Oh bon sang, il n’osait même pas y penser.
Quoiqu’il en soit, il ne pouvait pas souiller son nom, aucun des deux. Il était le premier prince issu des deux grandes familles qu’il représentait et le poids qui pesait sur ses épaules était terrible mais il ne pouvait pas flancher. Heureusement, sa famille était toujours là pour lui, à le pousser en avant et à le retenir quand il tombait en arrière. Combien de fois Elijah l’avait-il pris dans ses bras et l’avait-il rassuré ? Combien de fois Luscka l’avait-il bercé de sa voix jusqu’à ce que ses doutes ne se dissipent ?
Lucius était un prince et il comprenait bien combien sa tâche était lourde. Mais si des groupes extrémistes remettaient en cause son pouvoir avant même qu’il n’ait pu projeté de fonder une famille, comment voulait-on qu’il puisse établir un plan de règne ?
Une fois arrivé au manoir, Lucius posa le pied à terre, laissant les serviteurs s’occuper de son cheval et pénétra dans la demeure des seigneurs du feu. Il était ravi de voir combien les choses semblaient se dérouler, de la même façons qu’elles auraient dû s’il n’avait pas failli être tué. Ses parents devaient faire bonne figure et l’on s’occuperait de tout cela bien plus tard, quand tous les Von Hochen seraient repartis.
Son grand père vint le serrer contre lui avant qu’ils ne puissent prendre place et lui passa une main dans les cheveux avec une sorte de nostalgie dans le regard, comme si le jeune homme ne pourrait plus jamais pratiquer de magie. En réalité, Lucius se doutait bien que Ludwig était plus peiné que son petit-fils doive retrouver sa chevelure blanche un jour plutôt qu’il l’ait perdu. En plus de l’empêcher de porter les couleurs des Von Hochen, cette magie rompait la tradition de cette famille de détester toute forme de présences surnaturelles.
Ses parents restèrent à distance de lui et Lucius comprit bien qu’ils lui en voulaient. Il se vengea sur la nourriture et essaya de faire comme si tout allait bien, conversant avec tous ceux qui passaient devant lui. Ce n’était pas bien dur ... tout le monde était si gentil.
Arriva le moment du concours de chant et la mère de son père, Lukkrezia von Hochen, fut la première à passer sur scène. Elle hypnotisa la salle, autant par sa voix gracieuse et son talent à la harpe que par son apparence. Ses cheveux roux étaient retenus en arrière par une rose noire et sa robe noire et blanche, était recouverte d’un sur jupon d’un rose délicat.
Quand on demanda qui serait le suivant, Lucius se leva et se dirigea vers la scène. Son père était celui qui devait l’accompagner mais il ne fit pas mine de bouger alors il tendit la main vers Milo, en désespoir de cause.
“Tu viens ? C’est une chanson traditionnelle de Hochen, tu devrais la connaître.”
La boule au ventre, il grimpa sur la petite estrade en bois et jeta un coup d’oeil à ses parents. Elijah le regardait fixement mais il semblait se retenir de le rejoindre, comme pour lui donner une leçon. Après tout, il avait désobéi et mis sa vie en danger et il était celui qui avait supplié son père de l’accompagner sur cette chanson.
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 4 Fév - 14:15






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Miloslaw avait vaguement entendu parler des concours de chants des Von Hochen. Au temple de chez lui, les messes noires étaient toujours chantées. A chaque fête des villages alentours et même de la grande ville la plus proche, tout le monde donnait de la voix. Alors évidemment, il s’y était essayé. Etant un enfant, on s’était juste gentiment moqué de lui, avant de signifier à sa mère qu’il était grand temps qu’on lui enseigne le chant. Apparemment, il avait une jolie voix, bien qu’ordinaire à mourir.
Par la suite, il s’était rendu compte qu’il était sans espoir sur ce plan. Il était nul en chant et le serait toujours. Il ne devait pas avoir assez de sang de Von Hochen dans les veines. Ou alors trop de l’autre. Son regard, accusateur, glissa sur l’Empereur. « C’est de ta faute, » songea-t-il sans réelle animosité.

Une femme fut la première à chanter. Miloslaw fut fasciné dès les premières notes. Il avait déjà terriblement envie de l’applaudir, mais se retint pour ne pas l’interrompre. En tout cas, tout le monde l’écoutait. Ceux qui mangeaient le faisaient en silence.
Lorsque la chanson se termina, il se fit mal aux paumes à force d’applaudir. Il n’était peut-être pas doué pour chanter, mais son oreille appréciait la musicalité vocale.
Après quoi, quelques regards dévièrent sur lui, associés à quelques sourires mauvais. Miloslaw savait très bien ce qu’ils voulaient dire. Ca aurait été tellement amusant de mettre le suivant du prince Lucius sur scène, histoire de rigoler un bon coup. Miloslaw se ratatina sur lui-même et tâcha de se concentrer sur sa purée baignant dans la sauce de viande. Il stressait, attendant que quelqu’un finisse par le désigner du doigt ou beugler son nom, à supposer qu’ils s’en souviennent.
Lucius se porta néanmoins volontaire avant qu’une telle chose arrive. Milo le regarda avancer vers la scène, puis se stopper, tourné vers la table. Il observa ses parents, un instant. Ces derniers ne semblaient pas vouloir réagir. Se passait-il quelque chose ? Miloslaw pensa qu’il était de son devoir d’en faire mention à Lucius. Il était là pour cela, n’est-ce pas ? Alors plus tard, quand ils pourraient être seuls, il tâcherait de faire vider son sac au prince.

Contre toute attente, Lucius tendit sa main en direction du garçon de compagnie. Celui-ci écarquilla les yeux, de stupeur et de peur. L’invitation se précisa à l’aide de quelques hommes et sa gorge devint soudain toute sèche. Avait-il vraiment le choix ? Pas vraiment. Lucius était bien la personne à qui il devait obéir, en particulier pour des broutilles pareilles. Et puis, il avait l’air un peu triste et ajouter à son malheur était bien la dernière chose que désirait Miloslaw actuellement.
Incapable de rassembler le peu de courage que les dieux avaient mis à sa disposition, il vida d’un trait son verre de sang, puis d’un autre le verre de liqueur de son voisin de droite - qui cette fois n’était pas Lubalai. Les jambes légèrement flageolantes, il se leva. Son trajet jusqu’à la scène lui sembla durer une éternité de torture, le tout sous une salve d’applaudissements moqueurs.
La situation lui rappelait douloureusement cette partie de jeu de l’hombre ou les tours de ses adversaires lui semblaient passer avec la plus grande lenteur. Et à chaque minute, il désespérait de gagner ne serait-ce qu’un sou supplémentaire. Il avait alors mis sa vertu, comme on l’avait appelée durant la partie, sur la table. A la fin, il avait perdu. La suite n’était pas spécialement joyeuse à se remémorer.

Miloslaw savait que ça ne se terminerait pas de cette façon, pourtant il avait une sensation désagréable au creux du ventre, dans la poitrine et dans la gorge, nouée. Ses jambes le portèrent tant bien que mal aux côtés de Lucius, qui commença immédiatement à chanter. Milo reconnut l’air tout de suite, il savait les paroles. Un duo... Il allait devoir assurer, même s’il ne le pouvait pas.
Quand ce fut son tour, il éleva une voix inégale et tremblante en réponse à celle de Lucius. Il fixait ses pieds, honteux de se donner ainsi en spectacle. Il voulait que ça se termine, mais ce n’était que le premier couplet. Que quelqu’un, n’importe qui ! lui vienne en aide !

Au deuxième couplet, mortifié, Miloslaw se demandait bien comment il allait pouvoir donner le change à la voix plus que magnifique du prince, quand quelqu’un couvrit merveilleusement sa piètre tentative à peine audible. Il redressa la tête et vit le majordome, Alfred, qui prenait la suite. Ses prières avaient été entendues !

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mar 6 Fév - 16:15

Cheval de bois et pelote d'orC’était si difficile de refouler cette douleur oppressante qu’il crut qu’il allait s’évanouir. Cette chanson, il avait prévu de la chanter avec son père, pas avec un garçon qu’il venait de rencontrer. Il aurait aimé pouvoir dire qu’il le détestait mais c’était faux. Il ne pouvait pas haïr son père comme il aurait détesté un simple manant qui lui aurait manqué de respect. Son père était l’homme le plus gentil du monde et il l’avait déçu, encore. Tout était de sa faute et il le savait.
Sa tenue du jour, tout en bleu et en voiles était assortie d’une lourde couronne de plumes à l’effet glacée, supportée par une armature de métal, sans doute très embarrassante. C’était probablement à cause de lui que son père devait porter ça, pour réaffirmer son autorité, même ici, chez sa famille d’adoption. La fourrure blanche qui lui couvrait les épaules avait dû coûter bien trop pour être portée dans l’intimité, chez les Von Hochen.
Comme enveloppé d’un halo de lumière perçant les ténèbres, Elijah luisait dans ce coin de la pièce occupé par les gens les plus importants de Ravenwell. Le feu ardent brûlait avec force derrière lui mais Lucius savait bien que ce n’était pas à cause de cela. Elijah brillait comme un phare à cause de sa magie. Lucius la percevait à des centaines de mètres, même dans le noir. C’était la chose qui les unissait.
Comme on l’indiquait au chapitre dix du ‘Guide du Prince parfait’ que son oncle Rozen lui avait offert pour son quinzième anniversaire, le jeune homme fit une courbette et salua l’assemblée. ce chapitre là, Lucius le détestait. Cacher ses émotions, retenir ses sentiments à l’intérieur, faire bonne figure. Être plus faux que les diamants sur la couronne de l’Empereur.
“Froid devant, Lucius va chanter.”
Il prit amicalement les encouragements de sa famille. Il ne savait pas qui avait parlé mais il aurait donné n’importe quoi pour que ses parents le fassent. Au lieu de ça, ils ne bougèrent pas. Il déglutit en les fixant que quand la présence sombre de Luscka remua, c’était pour lui faire signe de chanter. Il souriait, doucement. Ses parents ne le détestaient donc pas vraiment ? Avec un peu de chance, il n’irait pas à l’école militaire et pourrait se rattraper !
Milo mis du temps à venir sur scène et Lucius souffla de soulagement quand il rejoignit finalement.
Ils entamèrent l’air de l’hymne des Von Hochen, qui parlait d’alcool et de feu, alors qu’on amenait les gigots d’agneaux et Lucius remarqua tout de suite que Milo chantait comme une casserole. Mais il ne dit rien et continua à le regarder. Lui qui se trouvait misérable avait trouvé bien pire que lui . Son garçon de compagnie subissait la chanson et Lucius se sentit un peu mieux. C’était horrible, sans doute, mais il ne se sentait plus aussi triste.
Alors que la plupart des Von Hochen faisaient l’exploit de mettre plusieurs aliments à la fois dans leur bouche - un nombre impressionnants pour certains - ils continuèrent sur le deuxième couplet. Lucius prit la main de son garçon de compagnie pour le soutenir mais celui ci ne sembla même pas s’en rendre compte. Le jeune homme avait envie de tout arrêter mais il savait parfaitement qu’ils seraient hués s’ils n’allaient pas jusqu’à la fin.
Quand Alfred décida de les rejoindre de sa voix bouillante, le jeune homme sourit et fit signe aux autres Von Hochen de chanter avec eux. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Des coups furent frappés sur les tables et les sauvages de sa famille se mirent alors à beugler de toutes leurs forces. Mais ils beuglaient de façon très harmonieuses.
La chanson de finit rapidement et Lucius eut le bon geste de remercier les autres. Du coin de l’œil, il vit ses parents se lever et s’éclipser en le regardant. Ils devaient avoir une discussion et apparemment elle se déroulerait maintenant. Alors, sans lâcher la main de Milo, il l’entraîna dans l’alcôve proche où ses parents les attendaient. Ce qu’ils avaient à lui dire, Milo pouvait l’entendre aussi. Après tout, il partageait sa vie maintenant.
Il s’attendait à être giflé, disputé mais certainement pas à être enlacé. Les visages de ses pères s’attendrirent et il fut rapidement catapulté dans les bras puissants de Luscka et ceux, plus fins mais tout aussi étouffants, d’Elijah. Milo fut convié à l’étreinte par Elijah sans qu’on ne lui demande son avis et Lucius sentit son cœur s’emballer, les larmes monter aux yeux. Il était tellement désolé.
Lucius entendit un verre de vin être brisé derrière le rideau mais il s’en fichait bien. Il déglutit et ne recula que quand Luscka rompit l’étreinte. Lucius se prit alors la plus grosse gifle de sa vie. La moitié gauche de son visage devait en être rendue rouge. Il ne céda pourtant rien et ne lâcha pas une seule larme. Il savait rester digne et prendre les responsabilités de ses actions. Il avait faillit priver Nox de son héritier.
“Ne refais plus jamais pareille bêtise. J’ai eu tellement peur que j’ai senti mon cœur s’arrêter à plusieurs reprises !”
Elijah, plus doux que le brasier incontrôlable de Luscka, vint poser une main sur sa joue meurtrie. Ses mains étaient glacées et cela lui fit du bien. La température ambiante baissa d’un cran mais Lucius ne contrôlait plus parfaitement ses pouvoirs.
“Ton père et moi avons discuté. Nous avons compris que nous ne pouvions pas t’empêcher d’aller en ville, de vivre ta vie. Mais désormais, tu seras toujours accompagné de Fureku, en plus de Miloslaw. Et ce dernier recevra une formation spéciale dispensée par Taesch pour ... assurer tes arrières de façon discrète.”
Le regard du prince dévia sur Milo et il cligna plusieurs fois des yeux. Milo en avait-il été averti ? Il l’entretiendrait de bien des choses plus tard ! Mais seulement une fois qu’ils seraient seuls.
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mer 7 Fév - 8:47






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Alfred lui avait largement sauvé la mise et pendant le reste de la chanson, Milo se détendit un peu. S’il continua à chanter, il le fit assez peu fort pour ne pas être entendu. De toute façon tout le monde s’en fichait à présent. La salle de bal était emplie des voix des invités, toutes puissantes et harmonieuses ainsi qu’en harmonie. Des percussions se joignirent aux chants et le concours devint une pure manifestation de joie sauvage. Le cœur de Miloslaw sembla vouloir s’envoler. Il se sentait bien ici. Il aurait voulu que cette réunion de famille ne se termine jamais.
Elle aurait cependant une fin, tout comme la chanson. A peine deux secondes après la dernière note, Lucius l’entraîna à l’écart. Dans une alcôve plus précisément, où l’attendait le couple impérial. Modérément à l’abri derrière le prince, Miloslaw ne put s’empêcher d’ouvrir de grands yeux ronds en se trouvant en présence de l’Empereur et du Prince Consort. Il avait bien du mal à les voir comme les parents de Lucius ou même faisant partie de sa famille. L’aura qui émanait d’eux était si puissante ! Ca lui faisait vraiment bizarre d’être aussi proche d’eux. Dans un cadre complètement officieux.
Sans comprendre ce qui était en train de se passer, Milo vit Lucius se faire happer par l’étreinte de ses parents. Leurs mains se séparèrent brutalement, puis le garçon de compagnie fut lui aussi invité à se joindre au câlin de famille. C’était incongru au possible et il n’arrivait vraiment pas à se focaliser sur l’idée que c’était son père qui l’entourait de son bras. Ou qu’il était tout serré contre son demi-frère.

Cette fois, il ne se sentit pas vraiment à l’aise et le soulagement l’envahit lorsque ce fut terminé. C’était néanmoins toujours à n’y rien comprendre. Et ce fut pire lorsque la large main de Luscka von Hochen s’abattit sur le visage de son fils. Milo plaqua sa main sur sa bouche pour étouffer un cri. Venait-il réellement de le frapper ? Haussant timidement les yeux en direction du prince consort, il s’aperçut toutefois que ce dernier n’était pas heureux d’avoir agi ainsi. Le garçon de compagnie espérait que ce n’était pas quelque chose qui arrivait régulièrement... Quelle surprise d’apprendre que le prince héritier se faisait battre sinon ! Il savait que la violence était un trait de famille chez les Von Hochen, mais il n’avait jamais entendu dire que ce genre de pratiques d’éducation était courant chez eux. A tout le moins, sa mère s’était toujours abstenu de procéder de cette manière. Elle préférait les punitions utiles, la plus sévère étant de nettoyer la porcherie à lui seul pendant une semaine. Etant donné l’importance de leur élevage, la tâche avait été ardue pour l’enfant qu’il avait été. Aussi il ne l’avait expérimentée que deux fois.

La tension qui venait de naître au sein de la famille impériale s’apaisa en même temps que la douce main d’Elijah von Dast se posait sur la joue blessée de son fils. Ils le punissaient pour s’être enfui la veille. Au moins, pensa Miloslaw, ils n’avaient pas l’air de vouloir le renvoyer. Certainement une très maigre consolation du point de vue de Lucius. En tout cas, ce dernier ne protesta pas, il ne pleura pas non plus. Miloslaw était un peu impressionné, sûr qu’à sa place il se serait ratatiné au sol sous la force du coup.
Finalement, il fut décidé que Fureku, le grand homme qui les avait accompagnés au manoir cette nuit, assurerait avec Milo la surveillance du prince héritier. Le garçon de compagnie était vexé et s’en voulait. Il avait déjà échoué à ce point-là. En plus, le couple impérial lui imposa des cours spéciaux avec Taesch Condé. Lucius se montra au moins aussi surpris que lui en apprenant la nouvelle.

Tandis qu’ils retournaient à leurs places, Miloslaw réfléchissait au nouvel ordre des choses concernant la garde du prince. Monsieur Taesch, de quoi s’occupait-il ? Il savait que l’homme était connu pour son utilité à la Cour, mais il aurait été bien incapable de dire pourquoi. Cela ne devait pas concerner les cours de danse qu’il dispensait aux jeunes têtes couronnées. A quoi cela aurait-il servi à la sécurité de Lucius ?
Pendant la suite du repas, il observa à la dérobée Taesch Condé. Que pouvait cacher ce flamboyant danseur ?

On imposa une pause dans les festivités. Qui voulait fumer la pipe ou le cigare, qui désirait s’entretenir en privé avec l’un ou l’autre des invités... Lucius en profita pour l’attirer à l’écart lui aussi.
Confortablement installé sur un petit sofa, Miloslaw observa le prince. La rougeur de son visage avait disparu, mais il semblait toujours remué psychologiquement. Peut-être plus par la culpabilité que par la gifle en elle-même.
Milo savait qu’il n’aurait probablement pas dû émettre de tels doutes, mais il avait besoin de savoir. Parce que l’empereur était son père, le prince son demi-frère et qu’il désirait ardemment se rapprocher d’eux.

« Mon prince, avança-t-il à voix basse avant que Lucius ait pu prononcer un mot. Est-il... Courant... Que le Prince Consort vous assène de telles corrections ? »

Il parlait sur le ton de la prudence et craignait que quelqu’un l’ait entendu et s’insurge contre ses paroles, il craignait aussi que le prince pique une colère et le foute à la porte de manière définitive.

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mer 7 Fév - 18:23

Cheval de bois et pelote d'orElijah n’avait jamais été un parent fabuleux mais il était le père avec lequel Lucius se sentait le plus en harmonie. Dans l’ensemble, il lui ressemblait plus et le jeune homme sentait bien que, si Luscka l’aimait à en mourir, il était hésitant sur la façon dont il devait agir avec lui. Sa magie avait dressé comme une barrière entre eux, fine mais bien présente. Il dépendait alors de leur comportement de la briser ou, en tout cas, de ne pas la laisser s’épaissir.
Quand il était petit, il enviait les parents des autres. Ils avaient l’air si normaux si ... hétérosexuels. Mais en grandissant, il avait compris que cette différence était aussi une force. Les Von Dast étaient étranges, même s’ils faisaient de très bon dirigeants, c’était quelque chose que tout le monde savait. Et étrangement, Lucius avait commencé à se dire qu’il se serait ennuyé sans son père obsédé par la lecture et l’autre, brutal mais aussi attentionné qu’un majordome expérimenté.
Auparavant, il avait détesté ses seconds prénoms rattachés à ses oncles mais il comprenait désormais qu’un bon prince se devait de mêler toutes les qualités de ses aînés. Aussi courageux et impétueux qu’Yvan, aussi passionné et érudit que son père, aussi généreux et social qu’Ulrick. Il se devait d’être un exemple.
De l’autre côté de sa famille, ils étaient moins excentriques. Les Von Hochen savaient se battre, faire la fête et ils le faisaient bien. Le seul élément détonnant dans la famille avait été le couple formé par le cousin proche de son père et une forgeronne de Hochen. Jasper était un homme étrange, fragile pour un membre de cette famille, un homme de sciences qui détestait la violence et Willow était indépendante et fière.
Sa tante ne détonnait pas dans ce paysage rempli de femmes fortes à l’image de sa grand mère mais elle avait tout de même réussi à scandaliser toute la famille, jusqu’au bourgeon le plus neuf de ses branches bâtardes : elle était humaine et refusait d’être transformé avant que cela ne soit vraiment nécessaire. Elle avait même déclaré qu’elle se fichait bien d’avoir des enfants. Lucius en avait entendu parler pendant des mois.
Heureusement, la naissance de Lubalaï avait apaisé les tensions dans la famille et plus elle grandissait plus elle avait l’air d’être une parfaite héritière pour la famille. Et si elle ne désirait pas prendre mari, l’un des nombreux enfants qu’elle aurait des conquêtes qu’on lui imaginait déjà ferait bien l’affaire. Le mariage ne comptait pas tant que ça chez les Von Hochen, le sang primait sur tout le reste.
Le surplus de gras des plats de viande flottait dans l’air et le jeune homme se souvint brusquement qu’ils étaient toujours à la réunion de famille. Ils devaient se montrer bientôt ou bien on risquait de les imaginer dans une situation inextricable. Son père le serra contre lui, si fort que Lucius se sentit fondre dans les muscles durs et éprouvés de son paternel et, quand il fut relâcher, il constata une raideur dans sa nuque.
Ils retournèrent à leurs places et le jeune homme sourit, soulagé. Il put profiter de la sauce trop liquide mais délicieuse des rôtis de veau et reprit même deux fois de suite des pommes de terre sautées. Toute cette tristesse lui avait terriblement ouvert l’appétit. Il servit plusieurs fois Milo, tout heureux de ne pas en être séparé.
Le repas et le concours de chant s’étendirent jusqu’à une pause bienvenue où tout le monde, avait le dessert, décida qu’il était grand temps de se dégourdir les jambes.
Ils se retirèrent dans un petit salon peu agité où Mademoiselle Phoebe, la suivante de Lubalaï s’escrima à lui redonner des cheveux corrects. La jeune fille s’était amusée à couper des mèches de ses belles boucles rousses avec un couteau à viande pour les brûler à table comme elle s’ennuyait. Sans doute qu’on lui imposerait de la garder pour le reste de la soirée.
Milo lui posa alors une question et, distrait pas la suite de la soirée, le jeune homme lui répondit par l’affirmative sans se soucier. Il était vrai que son père lui donnait souvent la leçon et il n’était pas vraiment rare qu’il élève le ton. Il était après tout un Von Hochen et ils avaient la violence et la passion dans le sang. Mais Lucius était un adolescent et même s’il savait que son père cherchait juste à le protéger, il avait envie de vivre sa vie normalement.
Il y eut une minute de silence pesant et Lucius se souvint alors que Luscka l’avait frappé au visage. Il sursauta, sorti de son monde, et cligna des yeux. Il prit son air le plus mutin et donna un léger coup de poing dans l’épaule de son nouvel ami.
“Je parlais de la leçon, pas de la gifle. Père ne me frappe pas, qu’est-ce que tu vas imaginer?”
Les volutes de fumée qui sortaient des braises du feu s’échappaient dans le tuyau d’évacuation avec une sorte d’obéissance dolente et Lucius le sentit se raviver. Le manoir sentait bien qu’on commençait à avoir un peu froid.
La suivante de sa soeur réussit à mettre de l’ordre dans ses cheveux juste avant que la cloche qui signifiait le retour à table ne sonne. Elle sourit et Lucius le lui rendit. Les deux dents de devant de Phoebe, larges et proéminentes, lui donnaient un peu l’air d’un lapin sans tout enlever de son charme.
Quand ils furent revenus dans la salle à manger somptueuse du manoir, le dessert était déjà dressé et on avait ajouté une assiette à leur table. Elle devait sans doute appartenir à la jeune dame qui discutait avec Taesch et tenait une missive à la main. Elle avait de longs cheveux gris - ce qui dénotait une certaine magie en elle - et portait une robe à la jupe épaisse sans être démodée, bleue nuit. Les camées délicates ajoutées à sa ceinture et à son corsage dénotaient d’un certain rang social. Elle devait être Charlette, la fille du Duc, à qui on l’avait présenté à Yule !
Charles Henry, visiblement éméché et amusé par l’innocence de la jeune fille, interrompit sa discussion avec son père.
“Jeune Lady Condé, maintenant que tu es là, nous ferais-tu l’honneur de nous chanter un petit quelque chose ?”
La jeune fille écarquilla les yeux et son teint hâlé pâlit légèrement. Taesch n’en dit rien et fixa sa fille. Visiblement, il attendait de voir comment elle réagirait. Tout était toujours un test avec lui ...
“Comment ? Je suis juste venue donner une lettre à mon père et ...
- Oh allez, ne te fais pas prier ! La table a déjà été dressée pour toi ! “
Elle déglutit, visiblement, gênée et hocha la tête. Taesch mis fin à sa torture en se levant et en passant une main dans son dos.
“Charlie m’accompagnera au luth et je chanterai. Je ne crois pas que qui que ce soit mérite d’entendre la voix de ma fille !”
Un éclat de rire le salua et il monta sur la scène. Charlette hésita, tourna en rond avant de confier la missive qu’elle tenait en main à Elijah et de lui faire une révérence parfaite. Une fois sur scène, Taesch lui donna quelques indications et commença à chanter. Et alors qu’elle jouait, Lucius comprit au regard de ses parents quelque chose : ils avaient prémédité cette scène. Ils avaient prémédité de créer un moment pour qu’il tombe amoureux de l’héritière des Condé.
Cette partition, c’était lui qui l’avait écrite. Et elle la jouait à la perfection.
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Ven 9 Fév - 14:26






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La réponse silencieuse de Lucius fit naître sur le visage de Milo une expression d’horreur pure. Le prince dût s’en apercevoir, car il se corrigea aussitôt. Miloslaw devait bien admettre qu’il était soulagé. Passer son temps auprès d’un enfant battu serait vite devenu insupportable s’il n’avait rien pu y faire. Après tout, ce n’était pas vraiment défendu et qui oserait critiquer les principes d’éducation du couple impérial ?

« Je suis désolé ! bafouilla-t-il expressément. Je craignais que... Enfin je m’inquiétais... Je veux dire que... Heu... Peu importe. Je me suis trompé. »

Il ne voyait pas de bonne façon de tourner ça. Coup de chance, l’attention du prince alla se focaliser sur la suivante de sa soeur. Une jolie fille, estima Miloslaw. Bien indigne de l’héritier du trône, mais Lucius avait bien le temps de batifoler à droite et à gauche s’il le souhaitait. Ses parents n’étaient pas près de laisser leurs trônes vides.
Son regard vira sur la princesse Lubalaï, de toute évidence de très méchante humeur maintenant que sa coiffure avait été arrangée de manière à tenir hors de sa porté les mèches bouclées qu’elle aurait pu vouloir brûler. Milo ressentait un peu de peine pour la petite fille. Jouer avec le feu n’était certainement pas très prudent, mais ce manoir était à l’évidence un lieu sécurisé pour ce qui était de ce genre d’activités pyromaniaques. Le feu de la cheminée ronflait plus fort désormais, sans que personne n’y ait fait quoi que soit. Miloslaw n’était pas très instruit, mais il avait entendu des histoires sur cet endroit.

Le prince et lui rejoignirent la table où les attendait un somptueux dessert, accompagné bien sûr de la suite du concours de chant. Miloslaw se servit généreusement en pudding et crème sucrée avant de s’apercevoir de la présence d’une personne supplémentaire. Guère plus jolie, selon lui, que la suivante de Lubalaï, elle était en grande discussion avec monsieur Taesch. Il ne mangea pas, essayant de lire sur leurs lèvres ou d’entendre quelques mots. Peut-être était-elle l’une de ses élèves ! Auquel cas, il pourrait lui demander des détails sur l’enseignement prodigué par le légendaire vampire.
Charles Henry dissipa malheureusement tout espoir. La jeune fille n’était autre que l’enfant de monsieur Taesch. Alors ça ! Miloslaw ignorait qu’il eut une fille et il trouvait cela étrange que son cours des influentes familles nobles, qui s’étalait généreusement sur les Condé, n’en n’ait jamais fait mention.
Embarrassée, la jeune Condé se vit forcée à être la prochaine candidate au chant. La bouche pleine de pudding, Miloslaw regarda le couple se lancer sur la scène. Lady Condé se contenta de jouer du luth dans une performance parfaite. Milo n’était pas un expert, loin de là, mais à son niveau il ne décelait aucune faute. La voix de Taesch, bien qu’assez ordinaire en comparaison du gang de ténors présent dans cette salle, rendait parfaitement hommage aux paroles.
Mangeant plus lentement, le garçon essaya de comprendre de quoi parlait cette chanson. D’amour, très certainement. Peut-être bien aussi de sexe, il avait généralement du mal à capter les allusions évidentes pour tous les autres. En tout cas, le ton était plutôt triste. Au moins, même si le sentiment était flou, la prestation laissa quelque chose au fond du cœur du garçon de compagnie.

Son assiette terminée, il jeta un coup d’œil à Lucius. Ce dernier affichait une expression plutôt orageuse. La chanson lui déplaisait-elle ? A moins que ce fut la prestation ? Il avait peut-être décelé des fausses notes rédhibitoires. Cherchant à le provoquer pour en savoir plus et éventuellement le dérider un peu, car c’était son rôle, Milo se pencha doucement vers lui et lui murmura :

« C’était plutôt bien, non ? Ca ne tient pas la comparaison avec votre grand-mère, pour sûr, mais c’était agréable. »

A quelques chaises de lui, la princesse Lubalaï faisait un caprice.

« Mais cette ceinture était si jolie ! Avec le petit cheval de bois gravé sur le cuir. Je veux la même ! On ira en acheter une demain, n’est-ce pas Phoebe ?
- Mais enfin, princesse, où avez-vous une telle chose ?
- Tout à l’heure, quand tu me tirais les cheveux ! Par la fenêtre ! Il y avait cet homme. Bizarre, il n’est pas à table. Sûrement un employé. »

Milo se redressa sur sa chaise, un frisson glacé dressa les cheveux sur sa nuque. Il agrippa brutalement le coude de Lucius tout en fouillant nerveusement les ombres de la salle de bal de ses yeux sombres.

« Lux, ils sont là, encore. »

Ce n’était certainement pas une manière de s’adresse au prince héritier, mais il y avait urgence. Il fallait prévenir tout le monde, sans doute. Mais est-ce qu’il valait mieux ne pas effrayer l’assassin potentiel ? S’il réussissait une nouvelle fois à toucher Lucius, ce dernier survivrait-il à la dose de poison ? Il n’avait plus de magie pour le purger cette fois.
Rapidement et à voix basse, il lui répéta ce qu’il avait entendu dans la bouche de Lubalaï. La peur le gagna, de plus en plus à chaque seconde qui passait. Il s’attendait à ce qu’un fou furieux atterrisse soudain en plein milieu des assiettes de choux à la crème et décoche ses flèches empoisonnées à tours de bras.

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 11 Fév - 14:18

Cheval de bois et pelote d'orTaesch faisait-il partie de la conspiration que ses parents avaient monté pour l’assagir ? Avait-il seulement donné son accord à la réalisation de cette mise en scène ? Pour sa part, il semblait plus intéressé par le fait d’épater la galerie qu’autre chose. Il parlait d’un amant - ou d’une amante - aux cheveux noirs et aux yeux magnifique. Cela aurait parfaitement pu correspondre aux trois hommes qui avaient fait un concours de testostérone devant lui pendant la partie de poker, mais Lucius aurait plus parié sur Yvan.
Il les imaginait parfaitement entretenir une relation dans le plus grand des secrets. Un secret absolument empoisonné pour eux. Taesch se devait d’être impartial et de guider Elijah du mieux qu’il le pouvait et Yvan était censé être trop occupé pour avoir une relation, c’était ce qu’il disait toujours à ceux qui le demandaient en mariage du moins. Lucius ne savait pas s’ils étaient vraiment ensemble mais ils auraient en tout cas formé un couple puissant.
La chanson prit finalement fin et les deux artistes improvisés saluèrent un public, aussi bouillonnant que ravi. L’alcool devait jouer une bonne part dans cette euphorie, peut-être autant que la tenue bleue et moulante du Duc. Quand il bougeait, Lucius aurait pu jurer voir les poisson délicats brodés sur le bas de son manteau danser et nager dans une eau claire. C’en était hypnotisant.
Ils descendirent de scène et Lucius entendit distinctement plusieurs personnes lui demander comment il se sentait. Quelques personnes étaient arrivées en retard, parmi elles une ou deux cousines qu’il avait fréquenté dans ses jeunes années. Il répondit que tout allait bien et que les choses qui s’étaient passées la veille avaient été exagérées mais il ne savait pas franchement s’ils le croiraient.
Alors que Luhan, un serviteur de la famille, apportait des thés chauds, Lucius soupira doucement. Le serviteur avait un corps qui avait dû autrefois être massif et musculeux mais qui n’était plus que fin et presque trop fragile pour celui d’un Von Hochen. Un corps que Lucius aurait parfaitement pu désirer. Il vivait parmi des bêtes sauvages aux muscles hypertrophiés, bien entendu il aimait désormais la finesse et la grâce.
Milo se pencha vers lui et lui souffla une remarque dont l’inanité fit rire le prince. Oui c’était bien, c’était même cela le problème. Il hocha la tête et se pencha à son tour vers l’oreille de Milo, tout proche, tellement que ses lèvres princières effleurèrent bientôt le lobe de son serviteur.
“Cette mélodie, c’est moi qui l’ai composé. De toute évidence, mes parents ont tenté de me faire apprécier la jeune Condé dans un but d’alliance. Probablement pour que j’arrête d’aller courir dans les bas fonds et de me battre au Gobelin Rouge. Mais ça ne marchera pas, elle n’est pas mon type.”
Milo, dans son genre, aurait été bien plus son type que Lady Condé. Il avait un défaut pour le jeu, un comportement pas franchement toujours inapproprié et une tendance à voler des choses qui ne lui appartenaient pas, du peu que Lucius avait pu voir. Non vraiment, cette fille semblait n’avoir aucun mordant. C’était une belle petite poupée que son père agitait sous les nez des nobles pour leur montrer que son héritage était assuré.
Tùrin fut le prochain à s’avancer sur la scène. C’était un gros bonhomme bourru, idole de jeunesse d’oncle Yvan et ancien général de l’infanterie, sous les ordres de Papy Ludwig. Il était absolument terrifiant quand il avait une épée en main mais pour le reste, il agissait juste comme un ours. Brutal sans vraiment le vouloir et très protecteur de sa famille, surtout de son amant, même si celui-ci aurait pu allonger la moitié de la salle en un coup.
Elijah applaudit alors que les premières notes de musique s’élevaient dans les airs. L’empereur semblait de bien meilleure humeur depuis qu’ils s’étaient entretenus dans l’alcôve et cette chanson, sa préférée parmi toutes les chansons à boire des Von Hochen, venait encore ensoleiller son humeur. Sa tête couronnée était ornée d’une masse de cheveux en désordre et il avait un visage attendrissant ... comment Lucius aurait-il pu lui en vouloir ? Il en était bien incapable.
La demoiselle, une fois qu’elle eut fini a discussion avec son père, vint les rejoindre. Elle était à côté de Lubalaï, à quelques chaises de Milo. Le prince lui sourit et elle rougit, visiblement gênée. Lucius fut rassuré que son charme marche toujours aussi bien. Il finit son dessert et respira le doux parfum de la tasse de thé qu’on lui avait apporté. Il plaignait secrètement les serviteurs qui auraient bientôt à récurer de nouveau une ménagère de cent trente couverts mais savoura tout de même son thé sans trop culpabiliser.
Milo lui attrapa le coude de sa poigne discrète mais puissante et Lucius renversa un peu de thé sur son gilet. En grognant, il tourna la tête mais vit sa colère refroidie immédiatement. Il savait déjà de qui voulait parler Milo et bientôt son thé renversé et son gilet ruiné furent relégués au bas de sa liste de priorités.
“Vraiment ? Je dois prévenir mes parents.”
Il se leva et frappa trois fois dans ses mains, assez fort pour qu’on lui accorde une attention soutenue pendant plus de trente secondes.
“Robin, le garde chasse vient de m’apprendre qu’il avait aperçu des ours dans la forêt. Je propose donc une partie de chasse !”
La chasse à l’ours était un passe temps adoré par les Von Hochen mais proposer une chasse était un moyen pour les membres de sa famille de signaler une attaque ou une nouvelle importante à donner en toute discrétion. Il vit Taesch se tendre et ses parents se tournèrent vers lui, comme s’il avait commis une grosse faute. Ses grands parents le fixèrent et quand il hocha la tête, ils se proposèrent pour mener la chasse.
La salle fut bientôt vidée, les Von Hochen prenant la route du troll jusqu’à la forêt sans même finir leur dessert. Luba eut exceptionnellement le droit d’assister à une chasse et bientôt il ne resta plus que ses parents, Yvan, Taesch et sa fille, Milo et lui. Le prince rejoignit rapidement ses parents et vit Taesch envoyer un message par corbeau. Sans doute à Roman.
“Milo a vu un assassin. J’ai pensé qu’en faisant partir les autres, nous aurions les coudées franches.”
Luscka hocha gravement la tête et retira sa couronne. Il ne la portait jamais quand il savait qu’il devait combattre.
“Tu as bien fait, fils. Étant donné tout l’alcool qui a coulé cette nuit, je ne suis pas sûr qu’ils auraient été une protection viable.”
Et après ? Qu’allaient-ils faire ? Taesch sortit de son manteau deux dagues et sa fille lâcha son chignon travaillé, en retirant de très fines aiguilles qui suintaient de poison. Ainsi peut-être la jolie poupée était-elle douée de conscience ? Il s’arma lui même d’une épée toute de glace faite, fabriquée à l’instant grâce au fond de l’air. Quand la première flèche fut décochée, il l’arrêta à quelques centimètres de Milo grâce à son arme. Un deuxième projectile traversa l’air, bien trop vite. Ils étaient plusieurs.
“Si quelqu’un a une idée c’est le moment !”
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 18 Fév - 23:20





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Ainsi donc, le prince héritier Lucius avait aussi le don de composer de la musique. Miloslaw n’aurait jamais pu penser que quelqu’un d’aussi jeune puisse disposer d’un tel talent. Lui-même n’avait rien de semblable et il se sentit tout d’un coup bien piètre à côté de Lucius. Ce dernier était en plus très intelligent, puisqu’il avait décelé la ruse de ses parents pour tenter de le faire fréquenter une noble plutôt que les bas quartiers. Raté, apparemment. Milo se demandait bien quel était justement le genre du prince, mais il n’allait pas commettre l’indélicatesse de le lui demander à table.

Un peu plus tard, avec son oreille traînante, Miloslaw provoqua un énorme mouvement de Von Hochen, ce qui était un événement conséquent. Les chaises raclèrent le parquet sans aucune discrétion et les éclats de voix joyeux les couvraient péniblement. Apparemment la chasse à l’ours était une excellente raison de se réjouir pour un Von Hochen, même la panse bien rempli et le gosier bien rafraîchi de bière. Miloslaw se serait probablement inquiété de leur santé s’ils se retrouvaient effectivement face à un gigantesque plantigrade, mais il avait bien d’autres inquiétudes en tête. En apprenant le danger qui se cachait quelque part au manoir, le prince Lucius avait ni plus ni moins congédié toute sa famille. Ce qui était une bonne chose pour la princesse Lubalai, mais pourquoi se priver de toute cette force ? Etait-il fou ?

Le garçon de compagnie n’eut cependant pas le loisir de donner son avis ou même de prononcer un mot. Lucius s’expliqua et tous ceux qui étaient restés semblaient plutôt d’accord avec son point de vue. Tout le monde était armé, même l’Empereur qui avait dessiné quelque chose dans le fond plein de sauce d’un plat de viande presque vide. Miloslaw se sentait bien nu et petit à côté d’eux. Il n’avait que cette grosse boule dans la poche pour se défendre.
Quelque chose siffla dans l’air, un éclair bleuté passa devant ses yeux et stoppa un trait. Il écarquilla les yeux et bloqua sa respiration en comprenant ce qui venait de se passer. Si Lucius avait réagit un millième de seconde plus tard, il aurait eu la tête transpercée. Et peut-être bien qu’il ne s’en serait pas remis.
Cette flèche ne fut pas la seule à être décochée. Il était évident qu’ils étaient cernés. Le prince Yvan renversa la grande table, projetant aliments, sauce et vaisselle. Apparemment, il y avait un endroit que les assaillants n’occupaient pas, ce qui faisait de cette table un excellent bouclier. Milo ne tarda pas et alla se réfugier derrière avec les autres.

Tout le monde se battait, tout le monde sauf Miloslaw. A sa manière, chacun essayait de débusquer et de toucher les attaquants qui décochaient désormais leurs flèches avec une rapidité hors du commun. Malgré les feux flamboyants, ils ne pouvaient les voir. Pourquoi ?
Le garçon n’eut pas la réponse à sa question, mais il en débusqua un tout à fait par hasard. La fille de monsieur Taesch écrasa par erreur le pan de sa chemise qui traînait par terre. Dans un mouvement réflexe, il se retourna un peu pour se dégager. Juste assez pour voir que tout à fait soudainement, un homme enveloppé de tissus noirs et armé d’une dague courbé venait d’apparaître derrière Lucius. Il avait ce curieux blason de cheval en bois au niveau de son cœur. Personne ne l’avait remarqué. Miloslaw ne sachant quoi faire, il laissa sa stupidité réagir. Sa main plongea dans sa poche et il balança la pelote d’or. La boule frappa la tempe de l’assassin, qui eut un mouvement de recul surprit. Du sang maculant sa surface, la boule heurta le sol avec un bruit sonore et roula plus loin. Un grand flash de lumière, aveuglant à souhait, envahit toute la salle de festin. Miloslaw ne vit pas grand chose, à part une paire d’yeux jaunes lumineux et terrifiants, ainsi que d’immenses crocs luisants. Il y eut un craquement sinistre, un bref cri et l’assassin disparut. Le temps que ses yeux aient recouvré toutes leurs capacités, la chose géante qui venait de manger l’homme avait laissé la place à un minuscule petit chat aux poils noirs et ébouriffés. Il avait un peu de sang sur le nez.

Pendant ce temps, il se passait quelque chose de presque plus spectaculaire dans la salle de bal. Quelqu’un avait trouvé un moyen de débusquer les assaillants un par un. Ils tombaient comme des mouches, devenant soudain visibles et mourant dans des conditions assez dégoûtantes. Miloslaw n’avait jamais vu autant de cervelle de sa vie.

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mer 21 Fév - 22:06

Cheval de bois et pelote d'orLucius se sentait aussi inutile qu’un ouvre boite dans de telles circonstances. Certes, un ouvre boite pouvait être utile autrement mais en amener un à un combat aussi dangereux ressemblait à du suicide. Eh bien voilà, ce genre de choses ne pouvait pas être combattues avec sa magie sauvage ou ses piètres qualités de combattants. Alors il se retrouvait à se cacher derrière ses parents comme un pleutre qui n’aurait reçu aucune formation militaire - ce qui ne s’éloignait pas vraiment de la vérité.
Il aurait aimé voir une de ses tantes fendre la pièce d’un coup de hallebarde ou quelque chose de toute aussi classe mais malheureusement, toute sa famille était loin, de son fait. Ils étaient tous bien trop saouls pour raisonner correctement et porter des touches. Il savait bien que les choses n’étaient pas si simples pour les Von Dast mais chez les Von Hochen, l’alcool ingurgité en grande quantité était la principale variable à considérer dans un combat.
Lucius s’inquiétait aussi pour son garçon de compagnie. Il avait beau chanter comme une casserole, il était agréable à fréquenter et il avait l’impression qu’ils s’étaient liés en un rien de temps. Ce n’était pas comme s’ils étaient vraiment devenus amis mais ça s’en rapprochait et ce n’était pas désagréable. Lucius avait rarement connu des gens qui osaient le regarder en face alors Milo était ... un rafraîchissement agréable.
Le prince se concentra pour former une énorme boule de neige à former au dessus des attaquants. Il invoqua plusieurs runes et souffla un bon coup pour changer son état au cours de la chute sur le sol. La boule y atterrit dans un plouf sonore et, si les attaquants étaient désormais plus enragés que jamais, ils étaient aussi plus vulnérables à sa magie de glace.  Bien caché derrière sa table de repli, il essaya de manier les éléments mais il avait déjà épuisé le peu de magie qu’il avait regagné depuis son réveil. Ses racines devaient être noires comme les ténèbres. Il se sentait désespérément vide.
Il eut le vague pressentiment d’un danger mais quand il se retourna, il ne vit qu’un chat adorable aux moustaches tâchées de sang. Une grande magie émanait de lui et le prince eut un frisson. Cette chose n’était pas un chat et sa présence lui donnait le même sentiment d’euphorie qu’une source de magie. Comment tant de force pouvait bien se loger dans ce corps si petit ? Le jeune homme sourit doucement et caressa la tête du chat qui se mit à ronronner.
“Vous avez un sacré toupet de vous montrer ici ! Rendez-vous et vous ne serez pas exécutés!”
Il n’y avait que Luscka von Hochen pour utiliser le mot toupet et rester tout de même très classe. Sauf peut-être oncle Rozen.
Taesch avait disparu et quand Lucius le revit, caché derrière sa table, il en eut le souffle coupé. Ils ne faisaient pas le poids à côté de lui et son corps aussi malléable qu’un élastique. Il avait la grâce d’un signe, la violence d’un ouragan et la rapidité d’un guépard. Jamais quelqu’un n’avait autant donné envie à Lucius de devenir un assassin. Bien sûr, son meilleur ami ayant choisi la voie de la Dague et du Sang, il savait parfaitement quelles étaient les épreuves qu’il devrait endurer et n’avait aucune envie de s’y soumettre.
L’entrée de Roman fit voler un tabouret en soie décolorée et Lucius eut envie de l’encourager mais se tût. Finalement, le silence retomba assez rapidement. Taesch et Roman faisaient un duo des plus efficaces et quand on ajoutait à cela les deux puissances de son père et de son oncle ... Malgré leur nombre, tous ces assassins n’avaient aucune chance de remporter la bataille. Et puis pourquoi diable lui en voulaient-ils à lui spécifiquement ? Juste pour sa couronne ?
Il ressortit la tête de sa table pour se redresser et constata le massacre. Alfred allait être ravi. Ces gars avaient tâché les beaux tapis de la salle de bal et cassé quelques portes fenêtres. Mais le pire et le plus grave, ils avaient renversé une poularde toute bonne. Désormais immangeable, elle trempait dans le sang d’un grand brun masqué. Quel gâchis.
Roman se cogna à plusieurs reprises en venant le voir, de toute évidence, il avait été sonné par le combat. Il n’était qu’un apprenti après tout. Il le rejoignit et le prit dans ses bras avant de se tourner vers Milo.
“Hey, désolé pour hier, de toute évidence, j’ai eu le mauvais coup d’oeil.”
Les deux amis rirent de bon coeur et quand le prince réalisa que Milo pouvait ne pas comprendre ce bon mot, il passa sa main devant les yeux du fils de son oncle.
“Oh oui, ça ne se voit pas de premier abord mais Roman est aveugle comme un poisson des abîmes.”
Taesch se baissa pour ramasser un des insignes sur les ceintures des assassins et soupira doucement en le jetant à Yvan.
“Apparemment, ils viennent de la maison du Veston. J’ai comme l’impression qu’ils vous en veulent toujours pour votre dernière querelle.”
En grognant, Yvan attrapa l’insigne et tenta de le réduire en bouillie, ce qui était bien impossible puisque l’insigne était en tissu. Lucius, lui, était épuisé. Alors il s’assit et but un verre de liqueur à moitié vide. Avec une grimace, il avala le tout cul sec. Il aurait aimé être un enfant normal ...
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 25 Fév - 12:08





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Le combat était inégal, en leur faveur. Taesch Condé virevoltait dans la salle, faisant gicler le sang par rivières. Roman se joignit soudain à lui, sorti de nulle part, et leurs efforts combinés sonnèrent la fin des attaquants du manoir Von Hochen. Les forces musculaires eurent tôt fait de terminer le travail une fois les assaillants débusqués et tout d’un coup le calme s’abattit sur eux. Plus de trait volant à travers la pièce, plus de râles d’agonie. Miloslaw osa se relever et jeter des coups d’œil tout autour de lui. Il semblait bien qu’il ne restait plus personne à tuer. Le jeune homme baissa les yeux pour examiner le petit chat qui avait tout d’un monstre, sauf qu’il avait disparu. Seule restait la pelote en or, désormais scindée en deux. Il ramassa l’objet précieux et le regarda de près. Rien ne permettait de conclure à une méthode de soudage. Pas de résidus de colle, pas de charnières... Comme si les deux morceaux n’avaient jamais été destinés à finir réunis.

Il enjamba un pied de table pour rejoindre le centre du massacre. Il ne se sentait pas mal devant ce spectacle, ce qui était une bonne chose. D’après ses instructeurs de l’école des majordomes, un serviteur de la noblesse devait avoir le cœur bien accroché, car les cadavres étaient fréquents et le poison donnait rarement de jolies choses. La plupart des gens ne supportaient pas de telles visions, ils étaient habitués à des tas de cendres ou une décapitation propre et nette.
Milo regarda Roman s’avancer vers Lucius et lui, apparemment content de ses exploits même s’il avait du mal à mettre un pied devant l’autre. On aurait dit qu’il avait trop bu. L’assassin enlaça son cousin avant de se tourner vers le garçon de compagnie.

« Ce n’est rien, » marmonna Miloslaw après avoir reçu les excuses de Roman.

Fatigué, il s’était contenté d’une banale politesse. Peut-être que plus tard, quand toute l’émotion se serait évaporée, il considérerait ce geste un peu plus. Cela fit rire les deux cousins, sans que Miloslaw ne comprenne vraiment pourquoi. Il supposa que les deux princes se moquaient de lui.
Pourtant, ce n’était pas le cas. Il apprit avec beaucoup de surprise le handicap qui affectait Roman.

« Vraiment ? Ca ne se voit pas du tout ! »

Se rendant compte trop tard de sa bêtise, il plaqua sa main sur sa bouche. Un geste que Roman ne pouvait pas voir. Mais avant qu’il puisse s’excuser, Taesch et le prince Yvan s’échangeaient quelques mots intéressants. Miloslaw leur prêta une attention discrète. Ainsi donc, ce n’était pas après le prince Lucius qu’ils en avaient, mais Yvan von Dast. Curieux, dans ce cas, qu’ils s’en prennent précisément à l’héritier du trône impérial. Il y avait certainement bien d’autres façons de punir Yvan. Miloslaw avait envie de savoir ce qui s’était passé exactement entre la maison du Veston et le prince Noir, il voulait savoir ce que Lucius avait à voir là-dedans et il comptait bien fouiner pour satisfaire cette curiosité.
Pour l’instant, néanmoins, il devait faire bonne figure auprès de Lucius. Alors il vint s’asseoir à côté de lui et l’imita en vidant un verre de liqueur, plein celui-ci. Sa bouche le brûla.

« Prince Lucius, nous devrions rentrer. Vos cheveux sont entièrement noirs et vous ne semblez pas aller bien. »

Alfred intervint alors pour signaler que des chambres avaient été mises à la disposition des invités et qu’il n’y avait aucun besoin de retourner au palais impérial. Parfait, songea Miloslaw. La bibliothèque des Von Hochen possédait une réputation internationale et ce serait un bon point de départ pour sa petite enquête. Bien sûr, celle-ci ne pourrait se dispenser d’un petit tour dans les bas-fond de Ravenwell, mais ce n’était certainement pas ça qui faisait peur à Milo.

« Vous avez entendu, prince Lucius ? Je vous y emmène de ce pas. »

Grâce à l’état de Lucius, Miloslaw ne rencontra pas de résistance et il grimpa d’un pas un peu chancelant jusqu’à l’étage des chambres. Quand ils passèrent devant les portes de la bibliothèque, il tâcha de mémoriser le chemin pour la retrouver le plus rapidement possible.
Finalement, ils s’arrêtèrent devant la chambre indiquée par Alfred. Miloslaw ouvrit la porte pour découvrir un endroit bien plus chaleureux que ce à quoi il s’attendait et ses yeux s’arrêtèrent d’une façon tout à fait inhabituelle sur la petite bibliothèque qui la meublait. Et si ce qu’il cherchait se trouvait déjà ici ? Ce serait tout de même difficile pour lui de se concentrer sur la maison du Veston avec le prince endormi pas loin.

« Et voilà, prince Lucius. Je vous laisse à votre sommeil. Qu’il soit paisible et reposant. »

Il s’inclina brièvement et fit volte-face pour quitter la chambre.

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Lun 26 Fév - 22:00

Cheval de bois et pelote d'orMilo ne s’en rendait probablement pas compte mais la guerre venait d’éclater. La maison du Veston était un organisme puissant si on écoutait Taesch en parler. Lucius, dans ces cas là, avait toujours un peu de restes de son repas d’hier soir qui remontait à ses lèvres. La nausée le prenait de temps en temps quand le danger était palpable pour sa famille, quand il était bien présent, tapi dans l’ombre, prêt à frapper. Était-ce trop demander, une semaine sans problèmes ?
Il aurait donné beaucoup pour convaincre un de ses plans cul de venir au château pour se consoler dans ses bras mais aucun d’entre eux n’était stable et surtout, personne ne savait qu’il était un foutu prince. Il avait toujours gardé son identité secrète pour ceux qui partageaient sa couche le temps d’une nuit ou d’une semaine  ... Et heureusement. Il n’était pas assez stupide pour mettre a couronne sous le nez des pires voleurs des bas quartiers, ceux qui avaient ses faveurs.
Il passait tout son temps avec ses parents généralement quand cela arrivait mais il sentait bien qu’ils avaient des obligations cette fois-ci. Ils ne pourraient le consoler et le choucouter. De toute façon, n’avait-il pas l’âge de dormir sans avoir peur des ombres dans le noir ? Il était peut-être un prince mais il était un homme avant tout désormais et il savait combien il était important pour lui de se montrer courageux. Ce n’était pas une mauvaise chose de grandir ...
Ce n’était pourtant pas sorcier de s’appliquer à devenir adulte, mais Lucius avait du mal. Il avait tellement l’habitude d’être privilégié, mis en avant par rapport aux autres.
Il jeta un coup d’oeil à une fleur, tombée par terre, dont il ne restait plus que le pédoncule. La tige était tellement fine et gracieuse, ce ne pouvait qu’être un croisement du jardinier des Von Dast. Sa famille laisserait-elle ces assassins détruire encore tout ce qui lui était cher longtemps ? De toute évidence, Yvan avait commis une erreur et il lui faudrait alors la réparer, très bientôt. Il refuserait probablement l’aide de Taesch ou du couple impérial mais on ne lui laisserait probablement pas le choix.
Quand son regard se porta sur un plat de foie gras tombé à terre dans une tâche immonde, il se sentit révolté. Mince, on lui avait bien apprit à lui à ne pas gâcher la nourriture ! Il reporta son regard sur Roman qui dégustait des myrtilles, sorties d’on ne savait où.
Milo fit une gaffe et Lucius esquissa un sourire. Le pauvre majordome en formation semblait médusé par sa bétise. Le prince haussa les épaules, bien conscient que son cousin n’en avait que faire des mauvais mots sur sa condition.  
Puis, Milo se concentra sur son état préoccupant. Il était vrai qu’il avait siphonné les restes de sa magie et qu’il ne dirait pas non au repos bien mérité du mage. Il aurait bien profité des bienfaits d’un carré d’agneau mais cela attendrait demain. Il ne rêvait désormais plus que de coussins moelleux, de draps doux et de la présence de son chat à ses pieds.
Il se laissa guider à sa chambre et apprécia étrangement la présence de Milo. Il se sentait comme emporté par la situation et rougit un peu du fait d’être emmené par un homme à a chambre alors qu’il avait pensé à des plans culs un petit peu plus tôt dans la soirée. Mince, est-ce qu’il ne faisait que ressentir la tension entre eux, à cause du rejet un peu trop précipité de Milo ? Cela cachait quelque chose, il en était persuadé, mais quoi ... qui aurait pu dire, à part le serviteur ?
Une fois en haut, Lucius se rafraichit à l’aide un bol d’eau fraîche laissée à sa disposition et frissonna. Elle était vraiment glacée, même un peu trop pour lui. Les serviteurs avaient tendance à geler les choses pour lui plaire mais ce n’était que rarement le cas. Il restait quand même un Von Hochen et aimait aussi la chaleur réconfortante des serviettes laissées dans sa salle de bain ou de ses draps quand il s’y glissait. Mais certains avaient du mal à le comprendre.
Il se retrouva couvert de ses draps sans trop savoir comment et apprécier leur contact doux et agréable. Il n’aurait donné le confort d’un bon lit contre rien au monde. Il chercha Milo et quand ses yeux se posèrent sur lui, il sourit doucement. Il était beau quand il n’avait pas son style de majordome ennuyeux tiré à quatre épingles. Il était même sacrément attirant ... Les rouages dans la tête du jeune princes commencèrent à se mettre en place tandis ce qu’il lui demandait de rester.
“Non, Milo, reste avec moi. Je ne suis pas rassuré.”
Ils se retrouvèrent donc allongés sur son grand lit, côte à côte, jusqu’à ce que Lucius ne se tourne. Il s’avança, appuyé sur un coude pour mieux le regarder, et sourit.
“Je t’aime bien, tu sais. Assez pour me soucier de te sauver la vie.”
Et puis, il se pencha pour l’embrasser. Il utilisa la toute dernière étincelle de sa magie pour mettre une sensation pétillante dans ce baiser et se sentit étrangement complet, là, tout contre Milo.
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mar 27 Fév - 21:29





Cheval de bois et pelote d'or
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Cette nuit était celle où Milo comprit que sa vie allait être un véritable chemin semé d’embûches. Servir le prince Lucius, être son garçon de compagnie, était plus qu’un job. C’était devenu son état. Il n’avait plus d’autre identité désormais. La seule façon pour lui d’évoluer serait de révéler sa véritable identité à la famille impériale. Il était cependant bien trop tôt. Et puis il voulait s’assurer que ça n’allait pas créer une scission dans le couple. Son dernier souhait était bien de séparer Luscka von Hochen et Elijah von Dast.

Suite à la demande de Lucius, Miloslaw garda le silence quelques secondes, le visage neutre et dirigé vers l’héritier affalé sur le lit. Il semblait mal, à cause de quelque chose qui se tramerait dans sa tête lourdement couronnée. Outre le fait qu’il s’agissait de son devoir, Milo décida de rester par bonté de cœur. Il n’avait pas l’impression d’avoir le choix. C’était son frère, après tout. Il ne pouvait pas l’abandonner.
Avec un sourire jovial, il clama donc :

« Bien entendu, prince Lucius ! »

Il retira ses bottines encore propres et s’allongea à côté de Lux, se mettant à contempler le plafond. Devait-il entamer une conversation ? Lui prendre la main pour le rassurer ? Au moment où il commençait à envisager la possibilité de le prendre dans ses bras, il vit Lucius bouger dans sa direction du coin de l’œil. Il avait donc vu juste, songea-t-il. Il voulait un câlin !

Le compliment qui suivit ravi le garçon de compagnie et surtout le frère caché en lui. Miloslaw pivota très légèrement, assez pour lever son bras et le déposer autour des épaules de Lucius. Tout se passa bien, sauf le baiser. Ce contact lèvres contre lèvres n’était pas normal. En plus, il y avait une espèce d’électricité statique entre eux.
Les doigts de Milo se crispèrent sur l’épaule de Lucius et il l’agrippa fermement pour l’obliger à reculer. Horrifié, dégoûté, il réfléchit à toute vitesse pour essayer de comprendre comment il avait pu induire le prince hériter en erreur à ce point !

« Lucius, non ! s’exclama-t-il avec une peur non dissimulée. Il ne faut pas ! C’est sale ! C’est...»

Le regard du prince qui suivit ses paroles le fit flancher. Il déglutit avec difficulté et bondit du lit, avant de marcher nerveusement dans la chambre. Il devait le lui dire, sinon Lucius allait mal le prendre. D’un autre côté, il avait terriblement peur des conséquences.

« Prince Lucius, c’est compliqué à expliquer... Je ne voulais pas vous le dire tout de suite. On ne peut pas avoir ce genre de relation. Je suis votre... Garçon de compagnie. Et puis vous êtes... Fiancé. Et puis nous, on est... Enfin vous êtes comme un petit frère pour moi. »

Il se tordait les mains, cherchant à tout prix une bonne excuse qui ne foutrait pas tout en l’air. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser à l’image de la famille impériale déchirée à cause de son existence. C’était trop tôt, trop tôt.

« Je ne suis pas gay ! J’aime les filles, c’est tout ! »

Un mensonge pur, qui allait l’obliger à surveiller son comportement. Mais c’était toujours mieux que la vérité, pour le moment en tout cas. Attendant le verdict, il se posta devant les pieds du lit, raide comme un piquet. Lucius allait-il piquer une colère que seul pouvait se permettre l’héritier du trône impérial ? Ou bien allait-il avaler ses arguments ?

C’est alors qu’une petite boule de poils noirs sauta du sol sur le milieu du lit, coupant court au drame qui se déroulait dans la chambre surchauffée. Le chat qui était semblait-il né de la pelote d’or se mit à parler d’une voix étrange et difficilement descriptible.

« J’en ai ras la couenne d’attendre que vous ayez fini. On peut passer au truc le plus important de la soirée ? C’est à dire moi, pour ceux qui douteraient. Hum, hum ! »

Il tapota son poitrail de sa minuscule patte en prenant un air très important, ce qui constituait un spectacle plutôt déstabilisant.

« Je m’appelle Lucifer. »

Milo lâcha un «QUOI ?» impoli et sonore. Lucifer, là, juste devant lui, sous la forme d’un chaton ? Ce n’était pas possible. En théorie, ça l’était, mais que faisait Lucifer ici et comment avait-il fini dans cette boule ? Trop de questions venaient s’ajouter à une situation personnelle déjà bien compliquée. Est-ce qu’il pouvait démissionner de la vie ?  

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Ven 2 Mar - 10:05

Cheval de bois et pelote d'orIl entendit quelques notes de l'Adagio pour une ombre être soufflées au cor, les autres Von Hochen étaient revenus, de toute évidence triomphants. Tout était si étrange qu'il n'aurait su se réjouir de savoir qu'ils mangeraient de l'ours en sauce le lendemain. Milo était pour le moment sa seule préoccupation et ses lèvres contre les siennes étaient si douces que Lucius crut en mourir. Il avait toujours préféré les bandits mais il aurait donné n'importe quoi pour corrompre son majordome de compagnie.
Prince de tous les territoires du crépuscules, il avait une position importante et cela faisait de lui un très bon parti, si ce n'était le meilleur du moment, comme son père l'avait été un jour en son temps. Pourtant, la noblesse le dégoûtait ou, au mieux, le laissait indifférent. Il ne s'intéressait qu'au bas peuple, plus rustre, plus naturel ... plus sexy.Les jardiniers qui travaillaient la terre, les bandits qui échappaient d'une pirouette à une mort certaine, les bretteurs qui s’exerçaient dehors en été... Bon sang, que ces métiers offraient des visions agréables.
Mais, comme dans un conte de terreur, Milo échappa à sa pris.Il se recula avec un tel dégoût et une telle force que Lucius crut bien défaillir. Vraiment ? Il était donc si laid et repoussant ? Il se figea avec la même violence que s'il avait rencontré une gorgone et le regarda s'éloigner. Comment avait-il pu être si bête ? Tout se passait si bien, il avait pensé que tout irait bien, qu'ils vivraient une passion complice.Mais Milo n'avait pas l'intention de le laisser faire.
Il rejeta la tête en arrière pour se laisser retomber sur le lit,dénouant l'écharpe enroulée autour de son cou et fixant ainsi le miroir fixé au plafond. C'était une fantaisie d'un de ses grands oncles qui avaient un jour habité ici. Lulee avait été considéré comme un obsédé sexuel la moitié de sa vie avant de devenir un prêtre du Temple de Ravenwell. Quel retournement de situation et quel scandale cela avait alors été chez les Bathory. Luscka prenait toujours beaucoup de plaisir à raconter cette histoire ridicule et Lucius adorait écouter son père parler.
Pourtant, à en juger le miroir, il était sexy. Beau comme une gravure de Winklevoss, un artiste en vogue, il avait de soyeux cheveux noirs, juste assez long pour être sexy, juste assez court pour rester princier. Son corps, s'il n'était pas aussi musclé que celui de son père, était tout de même sculpté comme celui d'un Von Hochen et ses abdos bien dessinés se détachaient parfaitement sur sa peau légèrement hâlée, une exotisme très Hochenien qui plaisait bien à la Cour.
Pourtant, Milo le qualifiait de sale. Il déglutit, des larmes de colère pointant au bord de ses yeux.Il n'avait jamais été aussi négligé, repoussé, rejeté. Comme une vieille pute de Trigger Street, il avait été délaissé, jugé trop repoussant. Est-ce qu'il l'était vraiment ? Il n'aurait su dire. On lui disait sans arrêt qu'il était beau mais tout n'était que duperie et manipulation à Ravenwell alors peut-être l'avait-on trompé.Peut-être ressemblait-il à un cauchemar ?
Milo lui asséna le coup final d'une voix désolée et Lucius eut envie de le gifler. Un petit frère ? Ca voulait dire quoi? Qu'il était trop jeune ou trop con pour mériter une autre place que celle du petit frère un peu con qu'il fallait protéger de sa stupidité. La gorge serrée, il détourna un regard troublé par les larmes vers la cheminée qui  flambait doucement en ronronnant. Il se sentait souillé, pour la première fois. Milo avait raison : il était sale.
Mais la machoire de la vipère n'était pas décidée à s'arrêter. Il proféra un autre mensonge : il préférait les filles. C'était faux. Il l'avait vu avec Théophile, il l'avait vu regarder Alfred avec envie et Taesch Condé avec désir. S'il devait écarter les cuisses, ce ne serait certainement pour aucune fille qu'ils avaient croisé ensemble. Milo était un menteur et Lucius hésita à le renvoyer. Il n'avait pas besoin d'un menteur, d'un comploteur à ses côtés. Certainement pas d'unqui ne pouvait même pas le regarder en face. Il pourrait inventer un complot ou tout simplement l'accuser d'incompétence.
Sale. Lucius était sale. Il avait envie de vomir rien qu'à s'entendre penser. Quelques billes humides roulèrent sur ses joues. Comment pouvait-il avoir si peu d'honneur ? Il était premier de son nom, premier de sa lignée, il ne pouvait pas se laisser emporter par des caprices pareils. Et si, désormais, il désirait encore plus Milo, il devrait se refroidir les idées. Il ne pensait désormais plus qu'à la sensation qu'il aurait eu si Milo l'avait ... Peu importait désormais, ce n'était qu'une perte de temps d'y penser.  
Le chat du massacre approcha et vint sauver la situation avec une suffisance et un dégoût propre aux démons.A son âge, Lucius en avait assez vu, sous n'importe quelle forme, pour en reconnaître un quand il en voyait.Le nom dont il s'affublait ne fit qu'encourager Lucius à penser qu'il s'agissait d'un démon important. Un laquais n'aurait pas survécu neuf heures ici, son énergie aurait été bien trop faible et se serait fait aspirer par la force de la nature.
Il regarda dans le miroir et faillit se jouir dessus. Le corps reflété du chaton était tout à fait différent. Il était un vrai démon humanoïde, sensuel et attirant. Les courbes de son corps laissaient imaginer les plaisirs qu'il pourrait offrir et Lucius fut hypnotisé quelques secondes.Pas plus. Quand il reposa ses yeux sur le chaton, toute trace de magie du désir avait disparu. Les démons étaient doués pour jouer avec les mortels mais lui même n'était pas tout à fait mortel.
Il passa sa main sur les poils du chaton, caressant doucement son dos, puis sa queue touffue. Une vague de magie parcourut son corps et ses cheveux redevinrent blanc comme la neige.
“Je vois, tu es un de ses Scions... Qui est ta mère ? Negev ?”
Sans même lui répondre, le chaton se mit à feuler et lui mordre la main. Lucius se laissa faire, même quand quelques gouttes de sang perlèrent sur les draps bleus glacés.
“Oh ... Lilith.”
Il se tourna vers Milo, pour lui expliquer.La tension entre eux avait disparu, du moins du côté du prince.
“Tous les fils de Lucifer s'appellent comme lui. Il est un de ces fils et un des plus hauts dans la hiérarchie visiblement.”
Les morsures s'étaient arrêtées. Elles s'étaient déjà refermées.
“Alors Luce, qu'est-ce que tu viens faire ici et comment tu nous as trouvé?”
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 4 Mar - 10:44





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La situation était étrange, beaucoup trop étrange. Bien entendu, Milo était un fervent pratiquant du satanisme et rencontrer Lucifer en personne aurait dû le combler d’une certain manière. Il sentait qu’il devrait se prosterner et se mettre à son service, mais devant un chaton ? Si seulement il leur était apparu sous la forme d’un homme démoniaque cornu et auréolé de la magie infernale, il n’aurait pas hésité.
En tout cas, l’apparition tombait au bon moment, en quelque sorte. Miloslaw avait vu les yeux de Lucius se mettre à briller sous l’effet des larmes, il avait vu son visage passer par la colère et peut-être la tristesse, une immense tristesse. Il se sentait mal, coupable. Il aurait dû lui avouer la vérité, mais il ne le pouvait pas. Il avait trop peur.
Lucifer subit l’examen du prince héritier, qui semblait drôlement s’y connaître. Ce qui était sans doute normal, pour l’enfant d’Elijah von Dast. Il s’avéra qu’il était non pas Lucifer en personne - Milo se détendit sensiblement à cette nouvelle - mais l’un de ses enfants. Egalement celui de Lilith, s’il avait bien suivi. Ce chaton était donc quelqu’un d’extrêmement important. A coup sûr, c’était après le prince Lucius qu’il en avait. Après tout, pourquoi se serait-il intéressé à quelqu’un comme Milo ?

Après s’être léché les babines, le chat grimpa l’un des piliers du lit et se gonfla d’importance. Il ressemblait tout à fait à un véritable chat, bien orgueilleux. De sa voix toujours aussi étrange et difficilement descriptible, il commença à conter son histoire.

« Je suis arrivé ici, non par pur hasard ou malchance, mais bien par le fait de ma subtile intelligence et de ma capacité à prévoir ce qui va se passer.
Il y a maintenant mille cinq cents ans, c’est vous dire si j’avais prévu mon plan de longue date, un maléficien - que vous appelleriez aujourd’hui invocateur - m’a invoqué dans ce plan pour nourrir ses noirs desseins de conquête. Je cédai pour tromper mon monde et accomplis les quelques menus travaux qu’il m’imposât. Quand j’en sus assez sur ce monde, je provoquai sa mort. Orgueilleux qu’il était, je le laissai s’essayer à l’invocation de Lilith. Enfin, bien sûr, je la lui avais suggérée très habilement et il ne se rendit aucunement compte de mon implication. Toujours est-il qu’il déploya de grands pouvoirs, une immense puissance, mais ne parvint pas au but. Un arc d’énergie trancha la poutre au-dessus de lui et il finit écrasé, bien stupidement. Quand à moi, j’étais alors enfermé dans une fiole, car il comptait utiliser mon énergie vitale dans le processus. Evidemment, comme je l’ai déjà signalé, tout faisait partie de mon grand plan et était minutieusement calculé.
Je restai ainsi quelques années, au milieu des débris et côtoyant un corps en décomposition, jusqu’à ce qu’un jeune fermier un peu aventureux ose se promener dans cette partie des bois où le maléficien aimait s’isoler. Il me découvrit, moi petite boule de lumière flottante dans une fiole scellée, et me ramena ainsi qu’un bête objet de curiosité dans sa demeure. Quelques temps passèrent encore mais je ne m’inquiétais pas, je savais que mon heure allait bientôt venir. Le jeune fermier vieillit, prit possession de la ferme familiale et eut des enfants. L’un d’eux, bête comme ses pieds, fit tomber la fiole. Evidemment, je l’avais prévu. Je fus libéré et me fis passer pour un génie exauceur de souhaits, comme on le disait à l’époque dans ce petit village, parce qu’on n’y parlait pas très bien.
L’enfant me demanda d’abord un joli cheval de bois à bascule, je le lui offris sans effort. Se rendant compte de la réalité de ma puissance, il commença à me vénérer et je sus que dès lors, je pouvais en faire ce que je voulais. Je lui expliquai donc que je ne pouvais exaucer que trois souhaits. Boudeur, il souhaita que ses vœux soient illimités et je lui ris au nez. Il m’enferma ensuite dans une toute petite jarre scellé d’un bouchon de liège saupoudré de gros sel et je lui laissai croire que sa vieille astuce de grand mère fonctionnait. Il me trimballa un peu partout dans l’empire, jusqu’ici, Ravenwell. Là, il se dégota un mage, comme on disait à l’époque. Le mage lui donna un dessin, un schéma, et le gamin partit pour le duché de Hochen, où il pouvait trouver le seul forgeron capable d’honorer la commande qu’il voulait lui faire. Cette commande, c’était la pelote en or. Grâce à cette pelote, lui avait promis le mage, il pourrait me contraindre à exaucer tous ses souhaits tant que j’y serai enfermé. J’étais au comble de la joie, car toutes mes prévisions se vérifiaient à la perfection.
Le forgeron de Hochen m’enferma donc dans cette pelote d’or, mais il ne me rendit pas au fermier, qui avait été assez benêt pour tout lui expliquer. Il le tua d’un coup de faucille et m’utilisa. Bien sûr, cette pelote ne me retenait pas, c’eut été bien stupide pour un démon de mon rang. Elle me servait en revanche de véhicule et cet idiot de forgeron dont j’exauçais par amusement les vœux ignorait à quel point je me servais de lui !
Bref, me voilà de retour à Ravenwell après quelques temps. J’avais appris tout ce que je souhaitais savoir et il était temps de me débarrasser de mon valet. Comme tous les autres, il mourut, assez bêtement d’ailleurs. »


Milo plaça sa main devant sa bouche pour masquer un bâillement qu’il avait finalement, après de longues minutes, échoué à retenir. Il n’y connaissait pour ainsi dire rien en théologie ou démonologie, mais il avait assez côtoyé le bas peuple de Ravenwell pour être sûr d’une chose. Ce chaton était un vrai mythomane. Il y avait probablement du vrai dans ce qu’il disait et il était évident qu’il n’était pas qu’un petit chat. Il restait que le respect qu’il ressentait pour lui avait grandement diminué.

Le chaton continua à babiller sur la mort des uns et des autres, il suivait son grand plan affirmait-il. Tout ça pour finir dans une vente aux enchères qui était censé avoir lieu aujourd’hui mais qui avait sûrement été annulée puisqu’un voleur y avait mis son grain de sel. Quand il eut terminé, le chaton démoniaque se tourna face à Miloslaw et le scruta de ses yeux jaunes pernicieux.

« Je ne t’ai pas choisi par hasard, cher Milo. Je connais ton secret. En fait, je connais tous tes secrets, mais sache que je connais aussi celui que tu cherches à cacher.»

Milo se raidit un peu, la peur prit le dessus. Il devait trouver une parade et vite. Qui sait ? Ce chaton savait peut-être réellement qu’il était le fils d’Elijah von Dast. Alors il le choppa par la peau du cou et l’amena devant son visage, gardant une distance suffisante pour s’éviter des coups de griffes.

« Toi, un petit chat, tu serais Lucifer en personne ? Tu m’as l’air d’un gros menteur. Prince Lucius, nous ne devrions pas perdre de temps avec cet animal parlant. »

Il le jeta au milieu du lit, où le chat rebondit plusieurs fois avant de finir contre le mollet du prince.

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mer 7 Mar - 12:36

Cheval de bois et pelote d'orLe jeune prince regarda la trace de patte de chat qui se détachait très clairement sur la peau de bête de son lit. Il ne savait vraiment pas quoi en penser. Tout semblait si facile à déterminer, un héritier, un scion. Mais ce chaton avait vraiment l’air fragile, malgré son attaque précédente. Il ne savait pas franchement s’il devait croire en cette hypothèse ou virer le félin par la fenêtre. En déglutissant, le jeune homme réalisa qu’il avait peut-être un de ses cousins face à lui. Un lointain cousin.
Encore dix secondes plus tôt, il avait été lèvres contre lèvres avec Milo et il ne pouvait pas s’empêcher d’y penser. Tout pointait vers le rejet le plus douloureux de sa vie mais il ne pouvait s’empêcher de désirer cet homme légèrement plus vieux que lui. Il avait l’impression de le connaître depuis toujours.
Les jeunes hommes avaient été coupés dans leurs occupations et c’était agréable de voir ainsi la tension entre eux s’abaisser. Et si un creux continuait de se creuser dans sa poitrine quand il regardait Milo, il ne lui en voulait pas vraiment. Il avait juste envie de le prendre dans ses bras, de lui demander de le pardonner. Il n’avait pas tout gâché mais ce n’était pas passé loin. Est-ce qu’il devrait abandonner et se trouver quelqu’un pour passer la journée de façon agréable ? Les regards sur lui n’avaient pas été rares ces deux dernières nuits. Cette année, il avait eu seize ans et était donc devenu intéressant pour les hommes et les femmes de la famille.
Est-ce qu’il pourrait rattraper une coup une fois qu’ils auraient commencé à partager plus que leur quotidien ennuyeux ? Est-ce qu’ils partageraient bientôt leurs hobbies, leurs rêves ? Lucius adorait monter à cheval et lire, ce n’était pas franchement des choses que l’on pouvait faire à deux de façon intéressante.
Trois ans plus tôt, il n’aurait jamais pensé qu’il pourrait ... tomber amoureux d’un serviteur. Amoureux. C’était peut-être bien cela, cette sensation qui lui brûlait le ventre, qui lui tendait les mains, qui le poussait à vouloir l’embrasser dans le cou, à vouloir le serrer dans ses bras. Bien sûr, tout cela ne se ferait jamais puisque ... pourquoi d’abord ? Il était évident que Milo lui avait menti à propos de son hétérosexualité ! Il était évident que le jeune homme avait des attirances pour ceux qu’il avait vu regarder. Oh ... que des hommes plus vieux.
Dans le noir clair de la pièce, il pouvait parfaitement voir ses lèvres, un peu rouges. Il avait envie de les embrasser, encore, elles semblaient faites pour cela. Elles avaient été si agréable à embrasser ... Il secoua doucement la tête et s’installa plus confortablement pour écouter le chaton débiter son histoire. S’il était vraiment le fils de Lucifer et de Lilith, il ne ferait sans doute aucune erreur dans son conte.
Rapidement, Lucius se rendit compte qu’il était un beau parleur et qu’il n’avait sans doute aucun lien de paranté avec le dieu cornu. Par Kresnik, d’où venait donc cette bestiole ?
Il l’étudia alors qu’il parlait et hocha la tête pour lui même. Avec un bain d’eau salée tous les trois jours, sa flamme devrait être facilement contenable.
Son regard ne put que se poser sur Milo ensuite. Merde, il était sacrément mordu. Mais quand on y regardait de plus près, Milo n’avait pas franchement grand chose d’exceptionnel, rien pour que Lucius ne pense qu’à l’embrasser et l’appeler Darling. A part son corps finement taillé, sa peau appétissante, ses lèvres rouges, ses yeux couleur chocolat chaud ... Est-ce que son étreinte serait douce ou bien violente ? Est-ce qu’il aimerait les pique nique au bord du lac ? Merde, non, il devait se sortir ces idées de la tête.
Mille fois, il soupira au cours du récit ridicule du chaton. Il avait hâte de le confier à Milo et de renvoyer celui-ci. Il avait hâte de sortir dans les bas quartier et de .... hm, non, ce ne serait sans doute pas prudent en ce moment.
Le démon n’arrêtait pas de parler et Lucius ne rêvait que d’air supplémentaire. La pièce lui semblait bientôt étouffante. Il jeta un coup d’oeil au miroir fixé au plafond et remarqua que le chaton avait toujours une apparence appétissante. Celle d’un homme rompu aux arts du plaisir. Est-ce qu’il était un simple incube ? Cela expliquerait la chaleur de la pièce ... ?
Il envoya quelques cristaux de glace calmer le feu de la cheminée et delaça rapidement sa chemise travaillée. Il aurait aimé que Milo ne le fasse mais il n’était pas sûr de se retenir de le toucher en retour si le suivant posait ses mains un peu rêches sur sa peau. Le démon parlait toujours mais Lucius ne l’écoutait plus que d’une oreille, au cas où un terme important serait évoqué. Ce ne fut pas le cas et quand il termina son récit, Milo et Lucius baillèrent de concert.
Le respect que portait Lucius au chaton était passé de haut à ras les pâquerettes. Le chaton, qu’il avait décidé d’appeler Luce, leur servirait probablement de garde du corps mais pas plus. Il n’était pas franchement une grande puissance mais Lucius avait regagné tous ses pouvoirs grâce à lui. Une simple caresse. Il lui servirait de réservoir d’énergie, de porte d’accès rapide vers l’enfer.
Les choses devinrent carrément chiantes quand le chaton affirma qu’il connaissait le secret de Milo. Quel secret pouvait-il cacher ? Oui, il avait un problème avec le jeu et avec l’affirmation de l’autorité mais ce n’était plus vraiment un secret depuis qu’il s’était donné en spectacle la veille. Il fronça les sourcils et lâcha un grognement.
“Oh come on !”
Quel spectacle pour pas grand chose !
Milo sembla bien plus énervé par la situation que lui et s’emporta rapidement. Il jeta le chat sur le lit et Lucius le récupéra par le col.
“Ecoute, Luce, je sais que tu es un mythomane compulsif mais tu restes un démon, même minable. Tu peux me rendre mon énergie et apparemment tu sais te battre. Je te confie à mon garçon de compagnie et tu devras faire tes preuves. Je te donne trente jours pour me prouver que tu as ta place dans la garde de la famille impérial. En attendant, cou-couche panier.”
Il le reposa sur le sol et lui fit signe de se diriger vers la cheminée. Dans le mouvement, sa chemise s’était entièrement délacée mais il s’en fichait bien puisqu’il allait bientôt se coucher.
Il avait envie d’aller retrouver ce serviteur au corps fin qu’il avait aperçu plus tôt dans la soirée mais le chaton l’avait fatigué. Il retira donc ses vêtements puis s’enfonça sous les couvertures.
“Tu peux disposer, monsieur Kotka, à moins que tu n’aies changé d’avis.”
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mar 3 Avr - 14:50





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Milo retint son souffle le temps que Lucius décide quoi faire du chaton démoniaque. Il ne lui accorda fort heureusement aucun crédit au sujet de ses élucubrations insensées et ne mentionna même pas le fameux secret du garçon de compagnie. Par contre, il décida de le garder. Pire encore, il décréta que ce serait à Miloslaw de s’occuper de lui. Pour quoi faire, franchement ? Il ne savait pas se battre, pas dans les règles de l’art. Il pouvait éventuellement se bagarrer quand l’adversaire n’était pas trop imposant. A Ravenwell, il était rare qu’il gagne un combat, les gens d’ici semblaient tous doués dans l’art de donner des coups qui faisaient mal. Malgré tout le temps qu’il avait passé ici, il n’avait jamais réussi à atteindre un niveau respectable. Peut-être parce qu’il préférait généralement prendre la poudre d’escampette avant de se retrouver avec le nez cassé. Ces choses-là se remettaient très vite mais étaient incroyablement douloureuses.

L’ultimatum lancé, le chaton démoniaque, Luce comme l’avait surnommé le prince, rejoignit docilement la place qui venait de lui être attribuée près du feu. Miloslaw regarda sans y penser Lucius se mettre nu, puis quand les creux de son bas-ventre commencèrent à apparaître, il détourna pudiquement les yeux. Vu ce qui venait de se passer entre eux, le garçon de compagnie ne devait pas laisser planer le doute sur ses intentions. La vision de l’intimité du prince n’aurait rien éveillé en lui, il était son frère après tout, mais Lucius n’était pas au courant. Il devait le mettre au courant.

Le prince se cacha sous les draps et lui proposa de choisir comment passer sa nuit. Miloslaw déglutit doucement, indécis. Il avait envie de tout lui raconter, de lever le voile du mensonge qu’il avait créé. Mais la présence du démon félin le retint et il s’inclina bassement et lentement.

« Que vos rêves soient prophétiques et optimistes, prince Lucius. Je viendrai vous réveiller au crépuscule. »

Sur cet au revoir, il pivota et prit la porte. Dès qu’il aurait un moment, il devrait aussi s’occuper de ce démon qui venait de s’incruster dans son quotidien déjà bien perturbé. Avant de lui apprendre quoi que ce soit, il veillerait à avoir une discussion privée avec lui. Il l’aurait bien fait dès maintenant, si Lucius ne lui avait pas déjà confié un couchage dans sa propre chambre. Miloslaw devait vérifier de quel secret parlait Luce et, s’il s’agissait bien de ce qu’il soupçonnait, trouver un moyen de s’assurer son silence. S’il le fallait, il le tuerait. Les enjeux étaient bien trop importants et leur contrôle complètement hors de la portée du garçon de compagnie.
En refermant la porte, Milo ressentit une profonde tristesse. Il avait le sentiment d’abandonner Lucius. Est-ce qu’il pleurait déjà, silencieusement, parce qu’il l’avait repoussé ? Le pauvre jeune héritier impérial ne devait pas subir de tels traitements bien souvent. Sa sœur étant encore très jeune, il devait être la coqueluche de la cour. Celui qui attirait tous les regards.

Les mains dans les poches, Miloslaw se mit à arpenter le couloir du manoir. Il se rendit compte qu’il commençait à sérieusement accuser la fatigue avec toutes ces péripéties. Et il ne savait pas où dormir.
Au moment où il pensait qu’il devrait essayer de mettre la main sur le majordome, il croisa Théophile. Au début content de son sort, il se rendit compte de l’incongruité de la présence de l’homme. Arrivé devant lui, il ne mâcha pas ses mots.

« Que faites-vous ici Théophile ? On n’a pas besoin de vous au château ? »

Le majordome lui jeta un regard à la fois méprisant et amusé.

« Je n’ai franchement pas à m’expliquer devant un petit garçon de compagnie. Mais je vais être généreux. Il y a eu une attaque sur les personnes impériales. Ma présence est donc on ne peut plus justifiée. De plus, il ne serait pas correct de laisser le majordome de cette maisonnée entreprendre seul le nettoyage. J’ai amené quelques gens du château avec moi. »

Voilà pourquoi Théophile était un si grand majordome. Il avait la vivacité d’esprit nécessaire pour servir l’empereur et sa famille. Impressionné, Miloslaw se laissa prendre au dépourvu par la question qui lui fut posée et bégaya maladroitement sa réponse.

« Vous, que faites-vous ?
- Ah et bien, je… Le prince, il m’a congédié jusqu’à demain et… Je cherchais. Une chambre. Pour dormir. »

Un sourire énigmatique étira les lèvres de Théophile et Miloslaw frémit violemment. Il allait se passer quelque chose.


Miloslaw alluma d’abord toutes les bougies, puis rajouta deux bûches dans l’âtre. Le chaton démoniaque se réveilla en premier, baillant et s’étirant. Ne faisant pas attention à lui pour l’instant, le garçon de compagnie attira quelques vêtements qui iraient à Lucius et les déposa soigneusement sur une chaise, en essayant de ne pas les déplier. Après s’être assuré que le sang qu’il avait apporté pour le prince était encore tiède, il le secoua doucement.

« Prince Lucius ! C’est l’heure de se lever ! Un copieux petit déjeuner vous attend en bas et votre famille souhaite chevaucher en forêt avec vous. »

Miloslaw n’avait pas oublié ce qui s’était passé la veille mais sa bonne humeur était assez envahissante pour qu’il ne se laisse pas démoraliser par ce souvenir. Il était aussi fier de sa tenue, très stricte, propre et parfaite en tous points. C’était Théophile qui l’avait habillé, il ne pouvait pas en être autrement.

« Prince Lucius ! Je vous ai apporté un peu de sang ! »

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mar 3 Avr - 16:20

Cheval de bois et pelote d'orLa naissance de Lubalai avait perturbé Lucius, quand il était plus jeune. Il l’avait détestée avant de l’aimer. Apparemment, il en allait toujours de même pour les premiers princes.Yvan avait été très compréhensif sur ce genre de sujet, Yvan le comprenait mieux que ses propres parents dans bien des cas. Il était une sorte de balise, une sorte de mentor. Pendant un moment, Lucius avait souhaité être comme lui, fort et belliqueux, avant de se rendre compte que sa force était dans sa magie et dans son intelligence.
Peut-être qu’Yvan comprendrait son attirance pour cet énigmatique garçon de compagnie. Même le prénom de cet homme ne cessait de le hanter. Miloslaw. Il sentait qu’il renfermait une puissance informe, quelque chose de magique qui méritait d’être travaillé et façonné. Les noms avaient une importance capitale dans la plupart des sorts, ils renfermaient des secrets, des capacités insoupçonnées. Ils pouvaient devenir des armes ou des boucliers, dans bien des cas. Parfois, ils étaient bien plus que cela.
Il failli demander à Milo de faire passer un disque dans son grammophone mais il n’avait pas envie de lui parler, pas plus que ce qu’il venait de faire. Milo le punissait d’avoir été trop gourmand alors très bien, Lucius le punirait de ne pas avoir voulu de lui. Il savait combien c’était mauvais, égoïste. Il savait aussi combien ce genre de comportement le ferait passer pour un enfoiré aux yeux des autres serviteurs s’ils l’apprenaient mais il s’en foutait royalement. Princièrement, même.
Courtiser un serviteur aurait été stupide de sa part mais si Milo avait voulu, ils auraient pu se fréquenter, tout de même. Bien sûr, Miloslaw valait mieux que cela, apparemment. Est-ce qu’il baisait son père ? Son oncle ? Est-ce que c’était comme ça qu’il avait obtenu cette place ? Il se retourna dans son lit. Il ne devait pas penser comme ça.
S’éprendre aussi facilement de quelqu’un d’aussi bas était d’une stupidité sans nom mais son grand père Emilien le disait bien souvent ‘le cœur est un oiseau fragile qui choisit lui même où faire son nid’. Poétiquement, cela voulait dire qu’on ne choisissait pas qui l’on aimait. Ce qui était foutument logique. Et qui faisait sens de la meilleure des façons quand on voyait le couple que ses grands parents Von Dast formaient. Un Empereur et une ancienne humaine.
Dans ce cas là, on pouvait bien dire “Tel grand père, tel petit fils.”. Un serviteur putain ! Et un serviteur qui ne pourrait même pas lui donner d’enfants. Il devait tuer cette amourette dans l’œuf, de lui même, avant que ses parents ne l’apprennent et qu’ils ne lui arrachent Milo. Un frère, le serviteur devait être un frère pour lui.
Il était tenté de sortir de sa chambre, de cueillir un garde devant sa porte et de l’entraîner dans son lit. Mais permettre à un garde de l’avoir fâcherait encore ses parents et il savait bien que cela ne résoudrait pas son problème. Alors il se recroquevilla dans le fond de son lit, ordonnant au chaton de lui tenir compagnie. Et quand il s’endormit, ce ne fut pas sans avoir pleuré un bon coup, sans vraiment savoir si ce qu’il tentait d’expulser était de la tristesse ou de la rage.

Avoir faim n’était pas une chose commune pour un prince. Cependant, quand il se réveilla, il avait une faim de lion. Il aurait pu absorber la force toute entière du démon qui surmontait sa tête comme une couronne de son corps de chaton s’il ne savait pas qu’il s’agissait de faim bien physique et non spirituelle.
Il allait se décider à s’extirper de sa couche agréable réchauffée par la magie du démon quand quelqu’un entra dans sa chambre. Il sentit tout de suite l’odeur caractéristique de Milo, terreuse et très physique et se détendit un peu plus. Le démon était toujours collé à sa tête, tranchant clairement avec le blanc si pur des cheveux du prince. Le chaton était paresseux, en bon démon. Il était retourné se coucher devant l’âtre quand Lucius avait fait mine de se lever.
Une autre odeur flottait autour du garçon de compagnie mais Lucius n’arrivait pas à l’identifier. Quelque chose d’agréable mais aussi de piquant, comme un chocolat pimenté ou de la crème remontée. Comme une pièce de viande arrosée trois fois de tabasco avant d’être servie. Il était persuadé de connaître cette odeur mais il n’aurait su dire d’où il la tenait. Au moins, Milo semblait joyeux. Peut-être avait-il bien mangé. Mangé avant son maître ? Impossible.
Quand il reconnut enfin l’odeur, Milo s’était rapproché. Il sentait comme Théophile, ce qui était très étrange. Théophile aurait dû se trouver au château des Von Dast.
Milo le secoua alors que les rouages faisaient sens dans son esprit. Voilà comment Milo avait obtenu sa place : il baisait le majordome des Von Dast. Voilà aussi pourquoi il avait refusé de faire quoique ce soit avec lui. Oh, si c’était le cas, Amaterasu vienne en aide à Miloslaw Kotka parce que sa vie deviendrait un véritable calvaire. Il s’extirpa du lit à la deuxième supplique de Milo et s’étira.
“Du sang ? Est-ce qu’il a le goût amer de la trahison et de la tromperie? Je n’en veux pas, si c’est toi qui l’as préparé.”
Et les dieux savaient qu’il crevait de faim. Sans se justifier, il marcha jusqu’à la bassine d’eau fraîche dans laquelle il se lava le visage avant de se tourner vers son serviteur. Il ne lui avait jamais demandé d’effectuer les basses tâches de sa profession, par égard pour leur amitié naissante, mais les cartes venaient de changer.
“Habille-moi.”
Le noeud parfait du serviteur ne laissaient aucune place au doute. Putain. Il écarta les bras pour que Milo puisse le vêtir convenablement. Un futur majordome n’aurait pas mis autant de temps, normalement, mais cela lui permis de le questionner.
“Quelle famille ? Les Von Dast ou les Von Hochen ? Yvan sera là?”
Le jeune homme n’en avait cure d’être désagréable. Il était un prince et tel était l’apanage de son rang supérieur. Milo ferait bien ce que Lucius lui ordonnerait, sans rechigner. Il était payé pour cela, non ?
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mar 3 Avr - 17:12





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Enfin, Lucius manifesta son réveil et un signe qu’il allait se lever. Miloslaw lui sourit et se pencha pour servir une coupe de sang au prince. Cependant, la réplique de ce dernier le coupa dans son élan. Milo savait très bien ce qui avait provoqué ces mots, mais il choisit de ne pas rentrer dans ce jeu-là, ainsi qu’on le lui avait appris à l’école des majordomes. Il fit donc mine de ne pas avoir relevé le sous-entendu flagrant et versa du liquide sirupeux dans le gobelet d’argent finement ciselé. Le dessin qui marquait le pourtour de la coupe représentait une chasse à cour. L’animal était un gigantesque sanglier, de la taille d’un bon grizzli. Voilà une pièce qui venait à coup sûr de la capitale de Hochen, peut-être bien qu’elle était le fruit d’une commande pour ce manoir.
Miloslaw goûta un peu de sang normalement destiné à Lucius, occupé à se rafraîchir le visage. Reposant la coupe, il rétorqua :

« Si le sang est amer, il n’a ni le goût de la trahison, ni celui de la tromperie, prince Lucius. Sûrement parce que je ne l’ai pas moi-même préparé. Soyez rassuré ! »

Il ne laissa filtrer aucune émotion particulière dans sa voix, si ce n’était la vivacité qui le caractérisait en cette soirée. Il ignorait pourquoi, mais il supposait que c’était parce qu’il avait passé du temps dans le manoir de sa lointaine famille.

Sur ordre de Lucius, il le rejoignit pour lui faire revêtir les vêtements qu’il avait lui-même préparés en vue de la chevauchée. Il s’était déjà entraîné sur des camarades de classe et n’était pas mauvais en ce domaine, mais Lucius ne lui avait jamais demandé de faire une telle chose jusque là. Il se trouvait tout stressé, soucieux de ne pas se rater. Il avait l’impression que Lucius comptait enfin sur lui, il l’autorisait à le toucher et lui donnait sa confiance.
Miloslaw se montra donc très pointilleux et surtout, il essaya de ne pas toucher la peau du prince héritier. Ce n’était pas le moment de commettre ce genre de bourde.
Comme il hésitait à lui révéler son secret, un œil rivé sur le chat, Miloslaw se vit contraint à répondre à une question. Ou plutôt une flopée de questions.

« Et bien… Les Von Hochen, mon prince. Mais il y aura certainement votre oncle Yvan. Et probablement monsieur Taesch, ainsi que sa fille, bien que je n’en sois pas certain. Les informations que l’on m’a communiquées n’étaient pas… Très précises. »

Il termina de l’habiller, espérant ne pas avoir été trop long.

« Est-ce que cela vous va, prince Lucius ? »

Il se mordit la lèvre inférieure, espérant que pour son premier essai, Lux n’allait pas dénigrer tout son travail. En attendant les résultats de l’inspection, il remplit de nouveau la coupe et l’apporta au prince. Ensuite, il se dirigea vers la cheminée devant laquelle était lové Luce, le chaton démoniaque. Il le saisit par la peau du cou et le rangea dans le creux de son coude replié.

« Pendant que vous prendrez le petit déjeuner, je serai à la cuisine avec le chaton. Si vous le permettez, mon prince. »

Il tâchait de garder sa gaieté du réveil, qui semblait-il n’atteignait en aucune façon Lucius. Ce dernier avait été très sec avec lui. De toute évidence, il lui en voulait énormément pour s’être refusé à lui. Miloslaw espérait que son demi-frère se calmerait tout seul. A coup sûr, cette petite escapade en forêt lui ferait le plus grand bien. Il passerait du temps avec sa famille. Quant à Milo, il serait en fin de groupe, avec les quelques serviteurs qui accompagnaient la promenade.
Il devait aussi se débrouiller pour avoir un moment seul avec Lucius au cours de la nuit. Maintenant que c’était devenu difficile, il brûlait de tout lui raconter. Pourquoi ne l’avait-il pas fait plus tôt ? Quelle réaction stupide il avait eue ! Le mensonge, l’hésitation… Tout ça allait peut-être bien lui coûter ce qu’il avait cherché à sauvegarder en gardant le silence !

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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Jeu 5 Avr - 18:00

Cheval de bois et pelote d'orLucius en voulait beaucoup à Milo mais il ne pouvait que comprendre les moteurs de ses motivations. Il voulait un bon salaire, une bonne position. Peut-être qu’il avait repéré Théophile ou peut-être bien qu’ils étaient tombés amoureux sans même s’en rendre compte. Peut-être que Théophile avait envisagé cette relation sous l’étoile de la praticité : un homme ne pouvait pas être enceinte, ne pouvait pas attendre un enfant qui deviendrait un jour un bâtard.
Il ne pouvait pas voir leur relation être baptisée des éloges de la famille des Butler alors ils avaient dû s’aimer en secret et quand Milo avait quitté l’école des majordomes, à cause de ses multiples échecs, ils avaient décidé de le placer chez les Von Dast, de façon bien moins officieuse. Ce ne pouvait être que cela : un garçon comme Milo, sans nom de famille important, ne pouvait être arrivé à ce poste de manière légitime.
Il regarda la coupe que Milo lui avait servie. Il ne pourrait rien avaler de ce que le jeune majordome lui aurait servi. Il ne pourrait rien avaler d’ailleurs. Il abhorrait le mensonge et la façon dont il s’imaginait l’arrivée de Milo à ses côtés lui retournait l’estomac. Est-ce qu’il se souciait seulement de lui ? Est-ce qu’il avait été triste d’autre chose que du fait de perdre son boulot quand Lucius avait failli mourir ? Lucius le détestait autant que son cœur souffrait déjà du manque de leur embryon de relation.
Il comprenait désormais qu’il avait été trop gourmand. On ne pouvait pas être jeune, beau, riche, puissant et heureux en amour. Il soupira doucement alors que Milo serrait les nœuds de ses manches. Il savait d’expérience qu’ils étaient horribles à faire d’une seule main mais le serviteur pouvait se servir des deux alors ce devait être un jeu d’enfant pour lui. Pourquoi les choses étaient-elles toujours si facile pour les serviteurs ? Il lâcha un nouveau soupir et se regarda dans le miroir.
S’il se concentrait sur ses quatre sens de démons - il en avait neuf au total mais la plupart des gens ne le savaient pas, c’était bien trop flippant - il pouvait entendre le crépitement de la viande que l’on faisait rôtir. Il pouvait entendre sa soeur lécher une glace - probablement un sorbet à la pêche de vignes - et il pouvait aussi ressentir le désir d’Yvan de frapper un serviteur qui avait eu le malheur de bousculer Isobel. Les paroles du serviteurs le ramenèrent à la réalité de ses cinq sens ordinaires et il sourit doucement. Cruellement.
“ Pas précises ? Peut-être que Théophile devrait s’entraîner à briefer les serviteurs plus efficacement pendant qu’il les tronche.”
Il monta sur un tabouret face à son miroir triptyque et délaça un peu sa chemise au niveau du col. Il ajouta quelques bijoux et redescendit.
“Ça peut aller.”
Il posa sa couronne sur ses cheveux. Elle était aussi légère en ce jour qu’un simple morceau de métal. Ses parents s’étaient toujours assuré qu’il ne souffre pas trop des affaires de l’état mais ses soucis sentimentaux lui faisaient tout à coup oublier sa condition de prince.
“Je le permets. Ce doit être une tâche à la hauteur de tes médiocres capacités, monsieur Kotka. Mais assure toi d’être à mes côtés quand le cortège de chasse s’élancera.”

Charlette Condé et son père étaient bien là. Yvan, un peu plus loin, s’entretenait vivement avec sa fille. Lucius avait fait apprêter un cheval pour Milo, bâtard et bien indigne. Un cheval de serviteur. Le sien avait la robe bai et était brossé et distingué, bien plus que le canasson grisâtre de Milo. Les Condé montaient des licornes et le palefrenier semblait bien embêté de les recevoir sur son territoire.
“Je suis désolé, ma’am, il ne veut pas me laisser lui mettre sa selle.”
Charlette affirma que ce n’était pas grave et qu’elle monterait à cru. Qu’elle ne voulait pas voir ce brave homme se faire empaler par Lune de Miel - Lucius supposa que c’était le nom de la bête à corne dorée et au pelage blanc. Elle même portait une robe ajustée d’un vieux rose délicat et une châle en fourrure brune. La dentelle de son petite chapeau couvrait son visage et ses cheveux, remontés en un chignon sévère pour l’occasion. Elle était la définition même de la grâce et Lucius se demanda bien quelles tortures elle avait du subir pour en arriver là.
Quand Milo arriva, on lui indiqua son cheval. Lucius le salua de la tête et fit une manoeuvre avec son cheval pour lui faire face.
“Eh bien, ton retard n’est pas trop important et tu n’es même pas débraillé. Es-tu toujours si prompt à jouir ?”
Le jeune prince se positionna correctement et la charge partit quelques minutes plus tard. Plusieurs fois, Lucius manqua sa cible, alors qu’à côté de lui, Charlette brillait par ses talents d’archère. Cette fille l’irritait. Tout le monde aurait voulu qu’il se marrie avec elle mais elle était trop parfaite, trop lisse. Un putain de robot à la solde de Taesch Condé. Et puis, comme disait le dicton “Qui se marrie à la hâte, se repent à loisir”. Il ne souhaitait pas épouser quelqu’un avant ses mille ans. Au moins.
Il lança une flèche dans l’obscurité d’un coin de forêt, ratant encore sa cible et maugréa de dépit. Une idée lui vint alors pour éclairer son humeur.
“Milo, vas la chercher.”
Taesch fronça les sourcils. Sans doute savait-il reconnaître un caprice de prince quand il le voyait mais Lucius s’en fichait bien.
“Nous avons des serviteurs pour cela, Lucius.”
Il s’était permis de ne pas lui donner son titre. Sans doute pour le remettre à sa place. Cela irrita d’autant plus Lucius qui réitéra sa demande.
“Mais Milo sera ravi d’obéir à mes ordres. N’est-ce pas, Milo ?”
La suite se passa très vite. Alors que Milo se dirigeait vers le coin d’ombre, une bête avait jailli des fourrés. Un loup, d’une taille impressionnante. De toute évidence, il voulait se mettre le majordome sous la dent, et mâcher avec application. Charlette était descendue de son cheval alors que Lucius s’apprêtait à le cribler de flèches. Elle avait tendu une de ses proies à l’animal - un lapin- et l’avait calmé avec sa voix. Bien sûr, quand elle avait demandé à Lucius s’il voulait vraiment tuer le loup, il n’avait pas eu d’autre choix que de répondre par la négative. Même s’il aurait aimé tuer tout le monde en face de lui. La si parfaite Charlette. Milo l’inconscient. Et puis aussi Taesch Condé, qui réprouvait toutes ses décisions.
Sans un mot de plus, il fit tourner son cheval brusquement et s’élança au galop vers une prairie non loin de là. Sa bête obéit docilement et galopa, ventre à terre, vers cette clairière. Une fois arrivé, il quitta sa selle et s’affala dans l’herbe enneigée. Il les détestait tous, mais plus encore, il se détestait.
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MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Jeu 5 Avr - 18:47





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La réponse de Lucius le glaça jusqu’à l’échine, aussi sûrement que s’il venait de l’envelopper d’une gangue de glace par magie. Miloslaw ne bougea plus pendant quelques secondes, les doigts légèrement tremblants. Il essayait de digérer la réplique acide du prince. Alors il savait ? Mais comment ? Sûrement ce salopard de chaton à la gomme qui l’avait espionné et avait tout rapporté à Lux ! C’était une réponse ridicule, mais il n’en voyait aucune autre.
Se reprenant, il poursuivit son habillage du prince, retenant sa langue. Il avait tellement envie de lui demander d’où il tenait son information, lui dire que ce n’était pas Théophile qui lui avait donné ses ordres pour la sortie à cheval, le supplier de cesser d’être ainsi en colère après lui. Mais ça ne ferait probablement qu’empirer les choses, alors il se tût.

Sa bonne humeur atténuée par l’attitude de Lucius refit surface dès que le garçon de compagnie eut rejoint les cuisines en compagnie du démon Luce. Il s’était informé auprès d’Alfred et savait qu’il avait une bonne heure de libre avant de devoir se présenter aux écuries du manoir. Plaisantant avec aisance en compagnie des serviteurs, il se sustenta et nourrit le chaton en lui lançant de minuscules bouts de viande crue. De l’ours.
Il réserva quinze minutes à son habillage. Il ne pouvait pas courir la forêt avec ses chaussures vernies ! Le personnel du manoir se montra plus que conciliant pour l’aider dans cette tâche. Aussi, quand il apparut au milieu de la noblesse déjà partiellement à cheval, il avait l’allure d’un cavalier. Pantalon moulant et souple, bottes de cuir, veste courte et chemise noire. Il avait bien sûr gardé ses gants gris et une cravate assortie. Il ne fallait pas qu’on puisse le confondre avec l’un des membres de la famille impériale !
On lui indiqua un cheval, qui ne payait pas de mine à côté des autres montures – en particulier les licornes – mais qui semblait vigoureux. Il le monta sans trop de mal, n’étant plus habitué à chevaucher. C’était quelque chose qu’il pratiquait régulièrement dans la ferme de son enfance, plus beaucoup depuis son emménagement à Ravenwell. L’équitation n’était pas une pratique courante chez les majordomes, plutôt confinés au foyer.
Lucius vint le trouver tout de suite, juché sur son magnifique destrier. Miloslaw lui sourit largement, bien que l’humeur du prince ne semblait pas s’être améliorée. La pique qu’il lui lança confirma largement ses soupçons.

« J’étais simplement en train de me changer, prince Lucius. Ce retard ne se répétera pas. »

Il inclina légèrement la tête et soupira discrètement quand Lux détourna la tête, semblant se désintéresser de lui.
Alors qu’ils attendaient le départ, la fille de Taesch Condé se trouva un peu par hasard à côté de lui. Miloslaw ne réussit à se contenir qu’une trentaine de secondes avant de lancer la conversation. Il lui semblait qu’il ne devait pas avoir peur de s’adresser à Charlette. Au moins, il était à peu près certain qu’elle ne le rembarrerait pas comme Lux se plaisait à le faire aujourd’hui.

« C’est une vraie licorne, dame Charlette ? Elle est si belle ! Je n’en avais jamais vue ! Je doutais même de leur existence en fait ! Vous savez, chez moi, on monte des montures beaucoup plus imposantes ! »

Ils échangèrent agréablement, juste un peu, avant que le groupe ne s’élance. Comme il l’avait soupçonné, son cheval ne montrait aucune difficulté à suivre les étalons de sang pur et noble. Milo devait même régulièrement tirer un peu sur ses rênes pour le forcer à ralentir le pas. Le canasson était fougueux et brûlait à l’évidence de piquer un sprint entre les arbres. Il semblait même un peu outré de devoir toujours rester derrière la croupe du cheval de Lucius.

Le prince et Charlette Condé semblait se livrer un étrange duel d’archers. Et Lucius perdait à plate couture. S’il n’était pas en froid avec lui, Miloslaw aurait bien cherché à encourager son demi-frère… Il se contenta donc de le regarder échouer, souffrant pour lui en silence.
Au bout d’un moment, le prince trouva une raison de s’adresser à son garçon de compagnie. Une nouvelle manière de lui signifier à quel point il lui en voulait pour… Il ne savait même plus vraiment pourquoi. Le fait qu’il puisse être jaloux de Théophile était trop difficile à admettre pour Milo.

« Bien, prince Lucius. »

Tandis qu’il scrutait les ténèbres dans l’espoir d’apercevoir l’empennage du trait, il entendit Taesch essayer de lui épargner cette recherche. Miloslaw pensa que c’était peine perdue et il avait raison. Devant l’insistance du prince, il abaissa le chef et s’enfonça entre les arbres.
A quelques pas d’un buisson dans lequel il pensait pouvoir trouver la flèche, Milo mit pied à terre et commença à marcher doucement, ses yeux scrutant le sol. Il était si concentré qu’il n’entendit pas la bête avant qu’elle ne grogne à un mètre de lui. Son cheval piaffa et s’éloigna, le laissant seul et sans défense face à un énorme loup. Miloslaw leva les mains pour lui montrer qu’il ne lui voulait aucun mal, ce qui était inutile. La bête désirait apparemment se repaître de lui. Une chose qui ne pouvait arriver qu’à côté du manoir des Von Hochen, il en était sûr !

Soudain, le loup se détourna de Milo. Il s’intéressa au lapin mort que lui tendait Charlette Condé et ne mit pas de temps à disparaître. Le garçon de compagnie poussa un gros soupir de soulagement et sourit à la fille de Taesch.

« Merci beaucoup, dame Charlette ! Dans quel embarras aurais-je mis le prince Lucius avec des vêtements en lambeaux et couverts de sang ? »

Le battement rapide des sabots sur la terre lui fit lever la tête et il vit Lucius galoper loin du groupe. Son visage ne reflétait pas vraiment de bonnes choses. Sans vraiment y réfléchir, Miloslaw se rua sur son propre cheval et fonça à sa poursuite. Le reste du groupe sembla décider qu’il fallait le laisser ramener Lucius, car personne ne lui emboîta le pas.
Si le prince avait de l’avance sur lui, les traces qu’il avait laissées dans la neige lui permirent de le pister facilement. Il tira sur ses rênes en apercevant la monture de Lucius et sauta à terre. Il retrouva le prince allongé au sol. Il était époustouflant de charisme dans cette neige. Le froid et l’hiver étaient vraiment ses éléments.
Le sol craquant sous ses bottes, Milo le rejoignit. Il se tint au-dessus de lui, les bras croisés sur son torse. Le moment était idéal, aussi il se lança sans préambule.

« Autant vous le dire maintenant que nous sommes seuls. Je suis le fils de l’empereur Elijah. »

S’adossant à un arbre, il lui expliqua alors les circonstances dans lesquelles lui-même avait appris la nouvelle et son plan pour tenter de se rapprocher de sa famille en douceur. Qu’il n’avait pas voulu se déclarer trop rapidement par peur de créer le chaos au sein de la famille impériale. Et surtout, qu’il n’avait aucune prétention au trône.

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