La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

Partagez|

Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw

Aller à la page : Précédent  1, 2
avatar
Prince
Lucius von DastPrince
Messages : 72
Date d'inscription : 06/01/2018
Age : 16
Localisation : La bibliothèque !

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Héritier de la Couronne
Rang : Prince
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Ven 6 Avr - 15:05

Cheval de bois et pelote d'orSes histoires sentimentales étaient ridicules. Son grand père Emilien était tombé amoureux de sa femme alors qu’elle n’était qu’une humaine et l’avait tirée de sa condition précaire. Ses parents étaient tombé follement amoureux lors d’une épidémie de Grande Mort qui avait bien failli les tuer tous les deux. Oncle Yvan et Sir Taesch vivaient une sorte de triangle amoureux avec son grand père et/ou Charles Henry. Tout cela était beau et tragique. Et lui, il flashait juste sur un serviteur qui le trouvait nul. Moins bien qu’un majordome.
A 14 ans, il avait connu sa première histoire d’amour, aussi plate que la poitrine de sa partenaire. Une noble tout à fait bien pour lui, une fille de grande famille, même s’il ne se souvenait plus laquelle. Il avait vite réalisé qu’il aimait ceux et celles qui avaient plus de tripes que de fard à joue. Ceux qui se battaient pour survivre. Il avait collectionné les amants mais personne n’avait trouvé grâce à ses yeux bien longtemps. Et désormais que son cœur se serrait pour quelqu’un, il était pris. Et au lieu d’agir en adulte, il faisait un caprice, et mettait en danger celui qu’il aimait.
Peut-être qu’il aurait dû s’en tenir à aimer des filles bien, comme Isemillia. Comme Charlette. Ses parents le forceraient peut-être à la fréquenter mais il ne savait pas s’il serait capable de l’aimer un jour. Elle lui semblait bien trop mécanique pour avoir un cœur et elle avait sans doute déjà été formée à jouer avec celui de ceux qu’elle fréquentait.
Charlette était un plat de luxe quand Milo était une bière tiède accompagnée de cacahuètes. Pourquoi diable, alors, sentait-il ses tripes remuer quand il était en présence de lui ? Son cœur papillonnait quand il souriait, son estomac se retournait quand il le touchait. Est-ce qu’il pourrait un jour pousser ces émotions encombrantes tout au fond de son être, ne plus y penser. Ignorer la douleur. Oh bon sang, voilà qu’il se mettait à envier un serviteur ... C’était absurde.
C’était sa faute et il se devait de l’assumer. Ne plus penser à son garçon de compagnie autrement qu’à un frère. Il en était capable, il le savait. La Cour l’avait entraîné à duper aisément.
Il ferma les yeux pour se persuader que tout cela était ridicule. Stupide. Il n’était qu’un imbécile. Est-ce qu’il courtiserait alors Charlette ? Oui. Il se forcerait, pour ses parents. Pour l’Empire.
Et puis, Milo semblait bien s’entendre avec elle. Il semblait la rendre plus ... mortelle. Plus atteignable. Il pourrait tout simplement lui demander de glisser un mot pour lui, en sa faveur. Voilà ce que des camarades, de bons camarades, faisaient l’un pour l’autre. Il ne serait plus un sot. Il n’agirait plus comme un enfant, plus jamais.
Distrait par la course d’un faon qui rejoignait sa mère, il ne remarqua pas tout de suite la présence de Milo. Il devrait se redresser, sourire, tout oublier. Son estomac se noua et il ne pensait pas pouvoir le faire, pourtant, c’était son devoir.
Paresseux, il se redressa sur un coude, peu habitué à se traîner dans la neige. La glace, plus dur et moins pernicieuse, était son élément. S’il avait pu, il aurait érigé un château de glace, aurait fui ses responsabilités, sa sœur et tout le reste. Mais il connaissait son devoir et ce genre de choses n’étaient réalisables que dans les contes pour enfants. Il devrait se donner du mal toute sa vie pour satisfaire son peuple, il le savait bien. Il serait, plus tard, un Empereur travailleur. Il le souhaitait, du moins.
Milo fit du bruit et Lucius tourna la tête vers lui. Remuant les bras pour dégager de la neige, il se gratta le crâne. Sa magie le démangeait dans cet environnement glacé.
Tout ici était si calme, tranquille. Silencieux. Si agréable, au final, dans sa simplicité. Il ne pourrait jamais obtenir un tel calme au château ou au manoir de son père et cela le peinait plus qu’il ne pourrait jamais l’admettre. La seule pièce aussi paisible était la bibliothèque mais c’était le royaume de ses parents. Lucius préférait éviter de les déranger.
“Ma tête me fait mal, Miloslaw. Je vais rentrer.”
Une relation fraternelle, voilà tout. Peut-être même pourrait-il cautionner sa relation amoureuse dans le futur.
Une seconde supplémentaire suffit à l’horrifier. Milo, s’il avait entendu ce qu’il avait dit, n’en tint pas compte. Il annonça quelque chose de si terrible, de si étrange, que Lucius se fit un devoir d’analyser ses mots. Que leur arrivait-il ? Le froid entra dans son corps comme une terrible infection et le bout de ses doigts commença à geler.
“Enfoiré ! Qu’est-ce que tu racontes ? Tu ne peux pas être ... Impossible. Impossible putain ! Ca voudrait dire que tu es ... Impossible !”
Sa magie sortait peu à peu de lui, comme une rivière augmentant en violence, se changeant en torrent. Elle gravitait autour de lui, entraînant des flocons de neige avec elle. Il avait envie de prendre sa tête dans ses mains mains. Il avait envie que Milo n’ait jamais parlé. Un courant violent repoussa le serviteur plus loin, comme une gifle glacée et Lucius fit l’effort de se calmer. Il tomba à genoux, calmant le flux neigeux autour de lui et rendit la totalité de son petit-déjeuner sur la neige. Un peu de sang éclaboussa sa chemise.
“C’est pour ça que tu es venu à Ravenwell, n’est-ce pas ? Pour ... je ne sais pas, m’usurper le trône ? Non, tu as dit que ...”
Il avait embrassé son frère. Son vrai frère. Il avait rêvé de le sentir contre lui, en lui. Et le pire, c’était peut-être que cette nouvelle ne changeait rien à son cœur qui battait fort, quand Milo était là. Était-ce une réaction fraternelle, finalement ?
Milo, adossé à un arbre, lui avait bien expliqué son plan. Il ne comptait pas prendre le trône. Alors pourquoi ? Pour la richesse ? Le luxe ? Lucius lui aurait bien donné tout ce qu’il voulait pour ne pas revivre une telle explosion d’émotion. Il avait encore le goût du sang régurgité en bouche.
“Alors mon père ne sait pas que tu es son bâtard ? Tu compte lui dire ou j’ai le privilège de savoir ?”
Il retomba dans la neige, désespéré. C’était encore pire que ce qu’il pensait. Comment Milo avait-il été conçu ? Pourquoi ? Est-ce que ses parents étaient déjà ensemble ? Oh merde. Son père. Son autre père.
“Tu ne seras jamais un Von Dast. Mon père ... Luscka ne te laissera jamais. Il sera furieux. Oh merde, il sera furieux.”
Et personne ne voulait voir Luscka von Hochen furieux.
© 2981 12289 0



I'll be good, I'll be good
For all of the time that I never could
avatar
Garçon de compagnie
Miloslaw KotkaGarçon de compagnie
Messages : 88
Date d'inscription : 11/12/2017
Age : 20
Localisation : Là où IL est.

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Garçon de compagnie
Rang : Roturier
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Ven 6 Avr - 15:35






Cheval de bois et pelote d'or
feat. Lucius von Dast
Pour être honnête, Miloslaw s’était attendu à ce que Lucius se jette dans ses bras et l’inonde d’excuses. Tout ce serait arrangé entre eux, ils auraient pu reprendre leur relation sur des bases saines et être de parfaits amis liés par un demi-lien de sang. C’était ce que le garçon de compagnie avait espéré, mais ce ne fut pas du tout ce qui se passa.
La première réaction du prince fut de l’insulter copieusement. Il n’arrivait apparemment pas à le croire. La rage consumait visiblement Lucius, pour une raison qui dépassait le garçon de Hochen.
Quelque chose d’effrayant commença alors à envelopper le prince héritier. Des flocons de neige volèrent en tempête autour de lui, comme pour souligner la puissance de sa colère. Il vit venir le flux de magie mais ne fut pas assez rapide pour l’éviter. Un coup puissant et glacé heurta sa poitrine et il fut propulsé en arrière avec force. Les membres en l’air, il heurta le sol gelé sans douceur et le côté de son crâne entra en contact avec une pierre. Etourdi, il mit un peu de temps à se remettre et s’agenouilla dans la neige fine pour découvrir que le col de sa veste avait été éclaboussé de sang. Un peu chancelant, il se redressa et fit un pas hésitant en direction de Lucius.
Ce dernier s’était calmé et l’herbe gelée devant lui baignait dans le sang. Il était terrifié, mais c’était son demi-frère. Il lui causait déjà trop de mal pour l’abandonner. Il allait rester avec lui, se forcer à ne pas le fuir.

Lucius l’accusa d’en vouloir à son trône, avant de se rétracter. Apparemment, ce n’était pas ce qui le contrariait vraiment.

« Non, personne d’autre ne sait. »

Le prince s’allongea et Milo osa le rejoindre, gardant un pas de distance avec lui. Juste au cas où.
Il ne répondit pas à son autre question, parce qu’il ne savait pas quoi dire. Bien sûr qu’il avait envisagé de tout dire au reste de sa famille, avec le soutien de Lucius. Sauf que le prince ne semblait pas vraiment enclin à le soutenir, finalement. Leur relation était un véritable chaos. Rien ne se passait normalement. En fait, Miloslaw commença à se dire qu’il aurait mieux fait de se barrer durant la journée, pendant que Lucius dormait. Il aurait pu retourner à la ferme Kotka, reprendre sa vie d’éleveur de porcs. Il lui manquait quelques connaissances, mais il aurait rapidement appris les ficelles en compagnie des serviteurs qu’il avait laissés là-bas.
Soudain, sa terre natale lui manqua. Il s’imagina les paysages qu’il avait laissés derrière lui, des années de cela. Il avait déjà eu le mal du pays, mais jamais avec une telle force.

Lucius évoqua alors le Prince consort. Miloslaw le pensait généreux, ouvert d’esprit et gentil. De toute évidence, il se trompait. Un frisson le parcourut et il s’imagina recevoir les foudres dévastatrices de Luscka von Hochen. Avec sa chance, l’époux de l’empereur trouverait en plus le moyen d’assimiler ça à une trahison envers la branche des Kotka et à l’ensemble du clan Von Hochen.

« Dans ce cas, je crois que je vais m’abstenir de révéler tout ça à quelqu’un d’autre, au moins pour un moment. »

Un bruit discret le fit dresser l’oreille et il tourna brusquement la tête sur sa droite. Il vit un mouvement dans les buissons, puis plus rien. Son estomac se serra, mais il tenta de se rassurer. Ce devait être un animal de la forêt, rien de plus. Il aurait vraiment fallu un manque de chance ahurissant pour qu’il se fasse en plus espionner à ce moment-là.

Miloslaw prit son courage à deux mains et se laissa tomber à côté du prince, les avants-bras posés sur ses genoux écartés.

« Vous pouvez toujours me considérer comme votre garçon de compagnie, si vous le préférez. On pourrait toujours faire comme si je ne vous avais rien dit de tout ça. J’aimerai juste que vous me croyiez quand je vous dis que ma seule motivation, c’est de connaître ma famille. »

En tout cas, maintenant, il n’avait plus du tout l’intention d’annoncer quoi que ce soit à qui que ce soit. Et il comptait aussi, à moins que Lucius ne lui ordonne de disparaître de Ravenwell, tout faire pour que leur relation redevienne correcte.

« A propos de Théophile, je suis désolé de ce qui s’est passé. Je ne vous fâcherai plus, promis ! »

Il le regarda et lui sourit largement, espérant lui transmettre un peu de bonne humeur et lui remonter le moral.
Après quoi, il utilisa de la neige pour nettoyer le sang collé à sa peau et se remit debout. Il ne pouvait malheureusement rien faire pour le col de sa veste.

« On ferait mieux de rejoindre les autres avant qu’ils s’inquiètent et partent à notre poursuite. »

Il lui tendit sa main pour l’aider à se relever, espérant que Lucius allait symboliquement enterrer la hache de guerre en acceptant le geste.

©️ A-Lice
avatar
Prince
Lucius von DastPrince
Messages : 72
Date d'inscription : 06/01/2018
Age : 16
Localisation : La bibliothèque !

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Héritier de la Couronne
Rang : Prince
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Sam 7 Avr - 14:49

Cheval de bois et pelote d'orC’était le dernier cataclysme de sa vie mais ce n’était certainement pas la chose la plus importante qui lui était arrivée ces derniers temps. Il savait bien que son ... frère ne souhaitait que le meilleur pour lui mais comment pouvaient-ils s’en sortir de cette situation ? Il ne pourrait pas garder le secret pour toujours et il avait bien peur de vendre la même avant de pouvoir s’expliquer au calme avec ses parents. Ils avaient besoin de crever l’abcès avant qu’il ne devienne visible.
Il savait bien que les choses ne pouvaient pas rester ainsi pour toujours. Un vent de nostalgie souffla sur son cœur et la paresse reprit le dessus sur la motivation qui avait bien pu illuminer son humeur par mégarde. Il avait juste envie de laisser les choses comme elles étaient, de laisser la bombe exploser quand elle devrait le faire. Il se doutait bien que rien ne se résoudrait. Ses parents se sépareraient peut-être. En tout cas, une crise éclaterait au cœur de son foyer. Luscka s’était assuré de n’engendrer aucun bâtard, lui.
Il soupira doucement et déglutit. Il ne pouvait pas laisser un bâtard détruire sa famille, même si ce n’était pas son intention.
L’emploi du temps du couple impérial était serré mais ils y avait quelques jours où ils déléguaient pour prendre du temps pour eux. C’était une chance inespérée qui était celle des deux frères : ils devaient annoncer leur nouvelle cette nuit, alors que Elijah et son mari n’avaient pas encore repris les rênes du royaume. Ils auraient du temps à leur accorder et ils seraient détendus par la chevauchée. Ils auraient certainement entendu parler du comportement douteux de leur fils mais cela ne ferait que faciliter la nouvelle.
Milo serait alors interrogé par Luscka, très certainement pas Yvan, Taesch et tout un tas de gens pour s’assurer qu’il ne cherche pas la puissance et la gloire du titre de prince.
Mais Lucius serait derrière lui et le soutiendrait. Ils étaient frères après tout, ils pouvaient parfaitement se tenir les coudes. Après tout, même après s’être pris un coup dans le thorax, Milo ne l’avait pas fui. Il n’était pas allé tout rapporter à ses parents. Mince alors, il était bien plus fidèle que n’importe quel garçon de compagnie. Ils devaient tenir bon et peut-être bien qu’ils pourraient ensuite ... Non. Ils étaient frères. Les frères ne faisaient pas ce genre de choses.
Pourquoi ne pas transformer tout cela en grande nouvelle ? Si Lucius était optimiste face à la révélation, ils pourraient bien convaincre Luscka de ne pas les détruire. De ne pas envoyer Milo dans un monastère isolé du reste du monde pour ne plus le voir. Oh bon sang, Luscka était terrifiant, Lucius le savait, mais il avait un instinct paternel dingue. Ils devaient jouer là dessus.
S’ils réussissaient à présenter Milo comme un garçon perdu sans famille - sa mère était morte après tout - et qu’ils jouaient assez bien les choses, Luscka pourrait le prendre sous son aile. Il venait de Hochen, aussi, cela pouvait jouer en leur faveur. Si le prince consort voyait un enfant potentiel en lui, tout serait facile. CQFD. Bon, il leur restait tout de même à rendre cela crédible. En regardant bien, Milo partageait des traits avec Elijah et Lucius. La bouche, rouge et pulpeuse, la forme des yeux, en quelque sorte, et quelques mimiques.
Il détourna les yeux et ces lèvres et réfléchit alors que Milo émettait des réserves et lui signifiait sa fidélité. Il  secoua lourdement la tête et se redressa. Ils devaient frapper maintenant. C’était comme pour aspirer le venin en cas de morsure de serpent : ils avaient un temps limité. Sauf qu’eux devraient infliger la morsure ET trouver une solution en même temps.
“Non, Milo ! Il faut prendre le cochon par la queue ! Mes parents ont passé une bonne journée, il faut leur annoncer tant qu’ils ne sont pas encore accaparés par les soucis de l’état. Nous devons leur dire cette nuit.”
Il soupira doucement quand Milo aborda le sujet de Théophile. Cela l’irritait, c’était vrai. Mais son frère était un serviteur et Théophile était très gentil. Il ne trouverait certainement pas un meilleur parti, même s’il retournait à Hochen.
“Tu as raison, retournons auprès des autres.”
Il tenta de se rendre présentable et s’essuya la bouche du mieux qu’il put en faisant fondre de la neige. A peine avait-il finit de reboutonner son col qu’il entendait des serviteurs approcher. Parfait, ainsi, ils sauraient si la charge avait avancé.
“Où t’as vu que c’était une bonne chose ? Si le prince s’embrouille encore avec un larbin, ses parents vont encore être chiants à propos de la surveillance. J’en ai marre de le suivre en ville, moi. Shiko me tuera si je rentre encore après le lever du soleil.”
Lucius se racla la gorge quand ils arrivèrent à sa hauteur. Il accepta la main de Milo et se releva avec son aide. Le regard qu’il lança aux deux serviteurs ne laissait en rien penser qu’il ne les avait pas entendu. Malgré tout, il ne leur fit aucune réflexion, les mots étant superflus dans cette situation.
“Conduisez-nous à la charge.”
Le retour à la charge fut bref mais silencieux et pesant. Lucius réfléchissait, perché sur son cheval et, quand il rejoignirent le groupe, il fonça directement sur ses parents pour leur demander une entrevue , une fois de retour au manoir. Lorsqu’elle lui fut accordée, il retourna voir Milo.
“C’est réglé. Nous leur parlerons cette nuit, dès qu’ils auront géré les congés de mi-trimestre des serviteurs.”
© 2981 12289 0



I'll be good, I'll be good
For all of the time that I never could
avatar
Garçon de compagnie
Miloslaw KotkaGarçon de compagnie
Messages : 88
Date d'inscription : 11/12/2017
Age : 20
Localisation : Là où IL est.

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Garçon de compagnie
Rang : Roturier
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Sam 7 Avr - 17:50






Cheval de bois et pelote d'or
feat. Lucius von Dast
La main glaciale de Lucius le réchauffa au contact de la sienne. Il sourit en coin et le souleva facilement du sol. Le prince était excessivement léger. Quelques serviteurs étaient là, sans doute à leur recherche. Miloslaw les reconnaissaient : ils faisaient partie de la promenade.
Durant leur chevauchée retour, les deux demi-frères restèrent silencieux. Milo était légèrement en retrait par rapport à Lucius et son cheval piaffait d’impatience toutes les deux minutes. Le garçon de compagnie s’en fichait bien, il essayait de se préparer à ce qui l’attendait tout à l’heure. Lucius était apparemment bien décidé à tout révéler au couple impérial cette nuit-même. Miloslaw espérait que le prince avait prévu un discours bien rôdé, parce qu’il sentait qu’il céderait rapidement à la panique. Ce qu’il lui avait dit au sujet du Prince consort n’était vraiment pas pour le rassurer. Est-ce qu’il était vraiment jaloux au point d’arracher la tête de Milo et de la suspendre au balcon du palais ? Le garçon de compagnie passa sa main sur sa gorge, grimaçant. Il ne voulait pas mourir. Il n’avait cependant pas vraiment le choix, il lui était impossible de se dresser contre le prince.

Il ne fallut guère longtemps à Lucius pour arranger un rendez-vous avec ses parents. La chose en elle-même était assez surprenante. Il ne serait jamais venu à l’esprit de Miloslaw de convenir d’une heure pour parler à sa mère ! Le jeune homme soupira discrètement en voyant revenir le prince à l’air déterminé. C’était décidé, ils allaient vraiment tout révéler. Son père allait savoir.


Durant les heures qui suivirent, Miloslaw tourna en rond dans la chambre de Lucius, au manoir Von Hochen. Il avait envie de jouer des parties de cartes, de parier des sommes d’argent beaucoup trop importantes ! Il voulait échapper à cette situation. Plusieurs fois il songea à foncer aux écuries et s’enfuir. Il pourrait rejoindre sa ferme.
Décidément, la situation avec Lucius ne cessait de ramener ses pensées au pays de son enfance. Il avait envie d’y voir un signe. Le signe qu’il devait fuir Ravenwell avant d’y trouver la mort.
Pourtant il n’en fit rien. Son désir de ne pas faire faux-bond à Lucius surpassait son instinct de survie apparemment. A moins qu’il ait encore de l’espoir, en fin de compte. L’espoir d’être accepté dans la famille de son père. Qu’il le reconnaisse, même officieusement.

Lucius lui indiqua qu’il était l’heure de descendre rencontrer l’empereur et son époux. Miloslaw poussa un gros soupir dans l’espoir que cela atténue un peu a panique qui lui étreignait les entrailles et le suivit dans le couloir. Ils croisèrent une servante, qui exposa un sourire narquois en les voyant. Une petite bourse pleine occupait le creux de sa main. En passant à côté de Milo, elle agrippa son avant-bras et lui murmura :

« J’ai déjà tout révélé au Prince consort et à l’Empereur, le bâtard. Tu ferais mieux de fuir la ville. Et encore, je ne suis pas certaine que ce soit assez loin de Luscka von Hochen. »

Miloslaw regarda le bout du couloir, submergé par la peur. Plus que jamais, il imaginait la mort qui venait le cueillir. Il fit un pas en arrière et toute sa détermination s’envola. Il secoua la tête.

« Désolé, Lucius. Je ne peux pas. Je ne peux vraiment pas. Laisse tomber. »

Sans attendre la moindre réponse, Milo fit demi-tour et courut, comme jamais il n’avait couru. Il fuyait un formidable adversaire après tout. La fin de sa vie elle-même.
Le garçon de compagnie, l’apprenti majordome, le fils bâtard de l’empereur... Il abandonnait tout ça, maintenant. Une fois dehors, il ressentit le puissant désir d’être déjà en dehors des murs de Ravenwell. Les quelques personnes qu’il croisa sur sa course lui jetèrent des coups d’œil interrogatifs, il les ignora.
Le cheval qu’il avait utilisé plus tôt se laissa sceller sans poser de difficulté. Et cette fois, Miloslaw le laissa aller aussi vite qu’il le désirait. Le hasard avait bien fait les choses en lui permettant de monter un canasson aussi fougueux.
Il l’emporta loin, choisissant lui-même le chemin. Il emprunta des rues assez larges et peu fréquentées, Milo ne mit pas de temps à comprendre qu’il allait tout droit vers une porte de la ville. Comme s’il avait lu dans ses pensées. Le cheval ralentit en arrivant à destination et Miloslaw vit la herse se soulever. En pleine nuit, on ne questionnait pas ceux qui voulaient sortir.
Il lança un dernier regard en direction du château, hésitant. Mais sa monture décida pour lui, se ruant vers la liberté.

Tous ces efforts pour rien, pensa-t-il alors que le vent fouettait son visage. Dix ans gâchés. Pour quoi ? Un malheureux baiser.

Dans la campagne qui enveloppait Ravenwell, le cheval décida de lui-même de faire une pause près d’une rivière. Miloslaw descendit et attacha les rênes à une branche d’arbre qui ployait en direction de l’eau. Un éternuement aigu le fit sursauter et il regarda tout autour de lui. Avant de comprendre, avec horreur, d’où venait ce bruit.
Fouillant la sacoche mystérieusement rembourrée de la salle, il extirpa bien vite Luce, le chaton démoniaque.

« Tu es vraiment un fouille-merde, tu le sais ça ?! »

Le chaton lui cracha au visage et Miloslaw le lâcha dans l’herbe tendre, avant de se laisser tomber sur un petit rocher. Une fois que son cheval se serait reposé, il devrait décider d’une destination. Pour l’instant, il ne voyait rien d’autre que Hochen, son village, sa ferme. Ou alors, il pouvait tenter l’aventure. Il ne connaissait rien d’autre de l’empire de son père. Ce serait une façon comme une autre de se rapprocher de lui, puisque le plan initial avait échoué.

©️ A-Lice
avatar
Prince
Lucius von DastPrince
Messages : 72
Date d'inscription : 06/01/2018
Age : 16
Localisation : La bibliothèque !

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Héritier de la Couronne
Rang : Prince
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 8 Avr - 14:26

Cheval de bois et pelote d'orAaah ! Quel stress ! Il n’en revenait pas d’être si anxieux. Certes, ils avaient longtemps eu une relation fusionnelle, ses parents et lui, mais il s’était grandement détaché d’eux à l’adolescence. C’était bien normal, à son sens. Même Yvan le disait : il n’était pas sain pour un homme de rester collé aux basques de ses parents alors qu’il était en âge d’avoir lui même des enfants. Mais en ce moment même, il regrettait un peu de ne plus être le fils chéri de ses parents. Il regrettait un peu de ne pas pouvoir faire passer la pilule plus simplement.
En un rien de temps, sa vie s’était retrouvée chamboulée comme jamais : des assassins qui en voulaient à son oncle et qui essayaient de l’atteindre par lui, un tout nouveau frère et une romance impossible. Bien sûr, avec sa chance, Luscka n’accepterait pas Milo. Ou bien il l’accepterait tellement qu’il déciderait d’en faire leur héritier et Lucius ... eh .... ce ne serait pas forcément une mauvaise chose. Lucius pourrait être aussi libre que sa petite sœur.
Ha la la, que d’émotions. Il sentait son coeur fourmiller de nouvelles sensations terriblement excitantes. C’était son tout premier complot : il espérait juste que cela ne mettrait pas le couple de ses parents à mal. En déglutissant, il avisa Milo. Il était aussi responsable de ces transformations. Est-ce que ce serait pour le mieux ? Lucius ne s’était jamais imaginé avoir un autre frère que Roman - qui était plus un frère d’armes qu’un véritable frère - mais ce serait sans doute pour le mieux. Du moins l’espérait-il.
Une fois que toute cette histoire serait réglée, Lucius prendrait bien des vacances. Il prendrait le bateau au port de Ravenwell pour atteindre un port très loin d’ici, un endroit paisible ou rien ne se passerait jamais. Un simple petit village sur un littoral ennuyeux. Il boirait des soupes à base de poisson et pourrait paresser toute la journée sur des plages de sable fin.
D’accord, c’était décidé. Une fois que ses parents seraient au courant, ils partiraient ensemble, juste Milo et lui, loin d’ici. Ils iraient en bateau et rentreraient à cheval. Ils passeraient par le village abandonné où habitait, deux millénaires plus tôt, la fillette révolutionnaire qui avait renversé plusieurs escadrons de soldats avec sa seule force et son sens de l’ingéniosité. Rares étaient les personnes à savoir qu’elle était ensuite devenue nonne au Temple et qu’un Empereur était tombé amoureux d’elle ...
Ils pourraient enlever leurs vêtements et aller se baigner dans la source gelée des Monts Lesczinkà, mettre des pièces dans les urnes à voeux du Temple à la frontière, porter des seaux d’eau sacrée jusqu’à la fontaine éternelle, s’habiller de fleurs et de soie pour la fête du Printemps à Cardinal ... Ils feraient le tour du monde. C’était ce qu’était censé faire un prince après tout ! Et ils commenceraient à Hochen !
En attendant, il s’était mis sur son trente et un pour rencontrer ses parents. Il ne pouvait décidément pas aller les voir habillé d’une tenue de chevauchée ! Il portait un élégant pantalon en velours marron par dessous une tunique légère mais solide, d’une teinte légèrement plus rouge. Ses manches étaient courtes et laissaient ses bras bien visible. La moitié de ses doigts étaient recouverts de runes mais ces inscriptions rougies s’en iraient très bientôt. Ses avants bras étaient recouverts de tissu solide, dans les même tons. Eh bien, il ne lui manquait plus qu’un casque à corne pour être assorti au reste de sa famille. A défaut, il avait posé sa couronne sur ses cheveux, plaqués en arrière.
Il savait bien que ce serait un bordel pas possible quand il devrait ôter ce sort de ses cheveux et se déshabiller pour aller se coucher mais ce n’était pas important. On n’allait pas voir le couple impérial habillé en gueux. Surtout si on comptait leur demander une aussi grosse faveur que d’accepter un bâtard dans leur famille chérie. Tout cela allait être compliqué.
Et puis, pensa-t-il, il y avait des miracles parfois, même dans la réalité. Cela ne serait pas le cas cette fois. Ils croisèrent une servante, qui passait dans le couloir. Elle murmura quelque chose à Milo que Lucius n’entendit pas. A vrai dire, la seule chose qu’il comprit, fut le mot “bâtard”.
Et le monde de Lucius vola en éclats. Milo prit la fuite et il comprit brusquement que ses parents étaient au courant de tout. Il hésita un instant puis se précipita au bout du couloir.

“Vous ne m’écoutez même pas ! Milo n’a jamais voulu le trône, il veut juste -
- Là n’est pas le sujet, Lucius. Il nous a manipulé pour se faire une place ici. Il -
- Oh Luscka, est-ce que tu t’entends parler au moins ? Le pauvre garçon -
- Toi, tais toi ! J’ai assez souffert de tes trahisons !
- Oh Luscka, ne sois pas stupide ! J’ignorais que tu m’invitais à ce banquet pour flirter !
- Et tu as trouvé judicieux de trousser une de mes cousines apparemment.”
Lucius poussa un soupir et se laissa aller dans son siège. Il savait que ses parents avaient commencé à flirter trente et un ans apparemment mais apparemment, seul Luscka l’avait remarqué. Et voilà qu’ils se déchiraient pour savoir si Elijah avait trompé le Von Hochen. Mais ce n’était pas le plus important dans l’histoire ! Le plus important s’était enfui ! On l’avait vu quitter le manoir et il était, de toute évidence, loin. Lucius brûlait d’aller le retrouver. Alors il se leva et quitta la pièce. Sans un mot. De toute façon, ses parents ne l’auraient pas écouté.

Il ne passa même pas par le vestiaire des écuries et, vêtu de sa tenue élégante, s’élança à la poursuite de son frère. Il avait un peu froid mais rien ne pourrait l’arrêter. Il s’arrêta plusieurs fois pour demander si on avait vu Milo mais apparemment sa course avait été plutôt claire. Il eut assez de renseignements pour le suivre. Il avait emprunté le cheval le plus rapide de toutes les écuries, celui de son père. Il partageait son corps avec celui d’un démon, ce qu’Elijah s’était bien gardé de dire à son mari.
Tandis que le cheval-démon volait presque au dessus du sol, Lucius ne pensait qu’à une seule et unique chose. Il avait une question à poser à son frère, désormais, et il ne laisserait personne, jamais, l’en empêcher. Pas son père, l’Empereur, pas son autre père, pas même son frère lui même. Cette question était essentielle pour la suite de sa vie, elle pouvait tout faire basculer d’un côté ou d’un autre.
Il arriva finalement à retrouver le cheval gris de Milo et descendit du sien. La neige avait fondu sur son passage et formait une sorte de sentier de vapeur. Cet animal était vraiment issu du cœur de l’enfer. Avec son pouvoir, il rassembla une demi-livre de neige et forma une boule avec. Il la lança de toutes ses forces sur Milo, qu’il voyait de dos et planta ses pieds dans la neige, bien décidé à ne pas bouger d’ici avant qu’il soit reparti avec lui.
“Tu es le pire garçon de compagnie du monde ! Tu désobéis, tu t’enfuis, tu emportes même mon chaton démoniaque ! C’est la première fois que tu m’emmènes faire un tour et tu m’oublies derrière toi ! Le pire, je t’assure! Une véritable pièce de collection. ”
Il s’avança de quelques pas et fit craquer son cou.
“J’ai un peu d’argent de côté. On pourrait s’enfuir, tous les deux, loin, élever des cochons, ce genre de choses. Ou tu pourrais avoir des tripes, te ressaisir, affronter mes parents et devenir le meilleur bâtard que cette lignée ait jamais porté !”
Il lui tendit sa main gauche à Milo, assez proche pour que le serviteur puisse la prendre.
“Alors ? Qu’est-ce que tu en dis ? Tu veux être mon frère?”
Les histoires d’amitié dans leur famille étaient plus importantes que celles d’amour. Rien n’égalait l’amitié indéfectible de Luscka et Yvan, rien n’empêcherait Elijah et Taesch de se protéger. Et rien, jamais, rien, n’empêcherait Lucius de faire en sorte que son frère reste à ses côtés. Rien. Jamais.
© 2981 12289 0



I'll be good, I'll be good
For all of the time that I never could
avatar
Garçon de compagnie
Miloslaw KotkaGarçon de compagnie
Messages : 88
Date d'inscription : 11/12/2017
Age : 20
Localisation : Là où IL est.

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Garçon de compagnie
Rang : Roturier
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 8 Avr - 18:14






Cheval de bois et pelote d'or
feat. Lucius von Dast
Miloslaw retira sa veste de majordome et la tint devant lui pour l’observer. Il avait fait tellement d’efforts pour se rapprocher de son père et de son frère. Il devait se débarrasser de ces vêtements qui ne lui correspondaient pas à la première ville traversée. Petit à petit, il allait redevenir ce garçon de ferme qu’il avait été enfant.
Il posa la veste sur un rocher et regarda sans broncher le chaton démoniaque s’installer dessus. Quel impudent... Mais c’était son seul compagnon de voyage, son cheval était génial mais il lui manquait la parole.

« Alors, Luce, si tu me racontais la vérité à propos de ton histoire ? Tu n’as jamais été le fils de Lilith ou je sais pas quoi, hein ?
- Peut-être pas ! Mais je l’ai côtoyée très longtemps ! »

Surprise, l’animal s’ouvrait à lui.

« Jusqu’à ce qu’elle me jette comme une vieille godasse... Et me transforme en petit félin histoire de marquer le coup. Tu vois, on n’est pas vraiment différents. »

Et bien, Miloslaw avait toujours des pouces opposables mais il voyait où voulait en venir Luce. Il hocha la tête et contempla l’horizon, pensif. Est-ce qu’il allait prendre la route ou traverser les montagnes ? L’un des chemins était plus direct, l’autre plus tranquille. On ne savait jamais, le couple impérial avait peut-être déjà envoyé des assassins à sa poursuite. N’importe comment, l’existence d’un bâtard n’était pas très bénéfique à l’Empire de Nox. Même quelqu’un comme lui le savait.

« OH ! Ca alors ! » s’exclama le chaton.

Miloslaw baissa les yeux sur l’animal, qui fixait avec une stupeur heureuse un point dans son dos. Avant que le jeune homme ne puisse se retourner, une masse froide et humide se colla violemment dans son dos, lui arrachant un cri étranglé. Dans un élan, il se retourna et découvrit Lucius, plus charismatique que jamais. Il ressemblait à son père. Le fou furieux.
Le discours du prince fit affleurer quelques larmes aux coins des yeux de Miloslaw. Lucius était prêt à tout quitter pour lui, un simple garçon de compagnie qui affirmait être son demi-frère et qu’il ne connaissait que depuis deux jours. Il n’avait pas ressenti une telle chaleur à l’intérieur depuis... Depuis qu’il avait quitté la ferme des Kotka.
Se retenant de se mettre à chialer pour de bon, Milo ignora la main qui lui était tendue et enlaça étroitement Lucius, lui tapotant un peu brutalement l’arrière de l’épaule.

« Bien sûr que je veux être ton frère ! répondit-il d’une voix forte et étranglée par les sanglots qu’il retenait. Je SUIS ton frère ! »

Il recula et prit une inspiration afin de retrouver ses esprits. Il n’allait quand même pas vraiment se mettre à pleurer. Lucius venait de lui demander de faire preuve de courage. Alors il allait s’y efforcer. Il aurait le courage d’affronter son père et son mari. Le courage d’entendre leur verdict. Le courage d’accepter tout ce qui pourrait suivre, même le plus inacceptable, du moment que ça lui permettait de rester en vie et avec Lux.

« Très bien, frangin. En route ! Je peux t’appeler Lux ? »

Alors qu’il ramassait sa veste et s’apprêtait à remonter en selle, Milo fut jeté au sol par un brusque tremblement de terre. Il tomba à quatre pattes et une pluie de cailloux lui tomba dessus. Relevant la tête, il ne put que regarder, impuissant, sa monture se faire avaler par une créature rampante, géante et sortie du sol. Quelle horreur !
Il tomba sur les fesses et aperçut Luce du coin de l’œil.

« Dépêches toi de faire quelque chose avant qu’on y passe tous, créature inutile ! »

Le chaton lui feula dessus, puis grossit tout d’un coup, soulevant un gros nuage de poussière qui vint piquer les yeux de Milo. Alors, une bataille de titans s’engagea. Le gros ver, mine de rien, avait une solide rangée de dents pour répondre aux coups de griffes de Luce.
Miloslaw se remit debout et trébucha jusqu’à Lucius, à qui il murmura :

« Et si on se tirait d’ici avant de mal finir ? »

Il avait bien conscience que cela signifierait l’abandon pur et simple du chaton démoniaque, mais honnêtement, il s’en foutait complètement.

©️ A-Lice
avatar
Prince
Lucius von DastPrince
Messages : 72
Date d'inscription : 06/01/2018
Age : 16
Localisation : La bibliothèque !

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Héritier de la Couronne
Rang : Prince
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Lun 9 Avr - 15:09

Cheval de bois et pelote d'or
Pécaïre, cette situation était vraiment horrible. Ses parents étaient en train de se déchirer et il devait ramener le sujet même de leurs disputes sous leur toit. Il se sentait comme un traître mais rien, jamais, ne devait justifier le rejet d’un membre de la famille. Leur devise elle même le disait : la famille, c’est le pouvoir. Sans le soutien d’Yvan, Elijah aurait été bien moins doué en temps qu’Empereur. Eh bien, cette fois, c’était Lucius qui sauvait son frère.
Il laissa tomber sa ceinture dans la neige. Elle était lourde et ne lui servirait en rien. Elle ne servait que d’apparat et il n’en avait plus rien à faire des apparences. En aucun cas, leur vie ne dépendait d’une jolie ceinture.
Il avait pensé qu’ils pourraient régler les choses à l’amiable. Mais il se trompait. A cause de cette maudite servante ... Il devait la retrouver. Et lui faire payer ses confidences au couple impérial. Si Lucius était loyal à ses parents, il se devait de leur cacher les choses qui pouvaient lui faire du mal. Comme le fait de savoir, par exemple, que leur fils s’était retrouvé dans le lit du capitaine des pirates qui avaient ravagé les côtes non loin de Ravenwell et qu’il l’avait occis de son épée pour régler la situation. Ils pensaient qu’il avait fui avec ses hommes mais c’était bien faux.
L’ennui lui était venu si vite, mais c’était bien parce qu’il avait vécu des choses exceptionnelles. C’était sans doute pour cela que les dieux lui avaient envoyé Milo, pour qu’ils ne s’ennuient plus jamais, tous les deux chacun de leurs côtés.
Lucius n’avait jamais eu de bonheur avec les garçons de compagnie mais Milo était bien différent. Il n’était pas un garçon mais bien un homme, pour commencer. Et puis, il était son frère. Ensemble, ils pourraient connaître les plaisirs que deux frères pouvaient expérimenter, même si leur rencontre était tardive. Lucius s’était juré, alors que se parents se disputaient, qu’il ne laisserait plus jamais tomber son frère, qu’il lui resterait fidèle jusqu’à son dernier battement de cœur. Comme un véritable frère.
Ils se battraient côte à côte. Son père voudrait sûrement l’envoyer au Temple pour le faire sortir du radar des nobles mais c’était ridicule. S’il montait en chaire, au Temple, comment pourrait-il proclamer son serment sur les dangers du jeu ou bien celui de la chair avec un majordome ? Non, Milo devait rester à ses côtés. Hochen pouvait bien se passer d’un serviteur, le Temple d’un prêcheur. Quand il serait Empereur, Lucius aurait bien besoin d’un grand frère.
Il fut projeté dans les bras de son frère et des images bien peu conventionnelles d’une relation fraternelle lui traversèrent la tête.
“Ohé ! Ohé du calme, Milo.”
Il sourit et refoula son triste secret tout au fond de son cœur, juste à côté de ces souvenirs de leurs premiers jours qu’il chérissait tant. Il passa une main dans ses cheveux et soupira. Pauvre de lui, tomber amoureux de son frère. Quelle idée ! Ce ne serait certainement pas une erreur qu’auraient commis ses oncles et son père, malgré les rumeurs qui couraient dans le bas peuple que l’aîné et le cadet de la famille entretenaient plus qu’une relation habituelle.
“Tu peux m’appeler Lux mais si tu prononce encore une fois le mot ‘frangin’ ou une de ses variantes, je te fais châtrer.”
Il ne s’était même pas rendu compte qu’il pleurait. L’émotion avait submergé son cœur, laissant des larmes de joie couler sur ses joues et son menton. Elles se perdaient ensuite dans son cou et dans le col trop ouvert qu’il perdait. Milo avait le même air de misère et d’abandon qu’un enfant qui venait de perdre ses parents. Mais désormais qu’ils s’étaient trouvés, il ferait le nécessaire pour qu’il ressemble un prince épanoui. Une sorte de prince illégitime de l’ombre, un peu à la façon de Taesch.
Une chose singulière survint alors. Un tremblement de terre les ficha à terre et ils virent alors une sorte d’animal géant sortir de terre. Une chose horrible, dotée d’autant de dents que de jurons prononcés dans la nuitée habituelle de son Oncle Yvan. Il frémit et son intérieur fut retourné. Cette créature venait-elle des enfers ? Voilà quelque chose de bien étrange, qui n’arrivait pas si souvent. Il respira l’air alors que Luce grandissait et se lançait sur le ver. Merde.
“Du métal ! C’est une machine !”
Une machine dont ils devraient détruire le cœur. Luce se battait avec ferveur mais ses grosses pattes ne trouveraient jamais la personne qui manipulaient les rouages ou le moteur. Il lui fallait alors ... Non. Ils devraient fuir et prévenir le château. Descendre la bête à eux seuls ? Il n’y fallait pas songer. Et pourtant, Lucius ne pouvait pas laisser leur compagnon en arrière, aussi insupportable soit-il. Il était des leurs désormais, et les Von Hochen ne laissaient jamais personne derrière.
“Bonne idée, Milo, reste en arrière. Ou fuis ! Aussi loin que tes jambes peuvent te porter. Luce, continue de l’occuper. J'ai une idée.”
Pour sa part, il se forgea un escalier en glace, qui le mena jusque dans la gueule du monstre. Il s’y engouffra, manquant de peu d’être broyé, et se retrouva dans un conduit qui sentait l’huile et l’acier. Ouf. Il avait vu juste, heureusement.
Il courut dans le long conduit métallique jusqu’à arriver à une sorte de salle des machines. Il gela la porte et la fit exploser en morceau. Il sentit le monstre chuter et, quand il s’engouffra dans la cabine, remarqua que le pilote avait quitté les commandes. Ils étaient quatre dans la salle. Merde, ç’allait être plus ardu que prévu.

Quand il ressortit de la bête, se faisant une sortie avec un torrent de flammes, il traînait derrière lui deux humains. Les autres n’avaient pas survécu à ses assauts. Il espérait que ceux-ci seraient bavards, il n’avait pas vraiment eu le temps de trier.
“Je crois qu’on a un plus gros problème qu’un bâtard ou le courroux de mon père, Milo.”
Milo comptait à présent autant qu’un vieux joueur de fifre qui aurait mendié une pièce dans les affaires de l’état. Une incursion de Lumen, aussi proche de Ravenwell, c’était une menace avec laquelle il fallait compter. Et maintenant.
© 2981 12289 0



I'll be good, I'll be good
For all of the time that I never could
avatar
Garçon de compagnie
Miloslaw KotkaGarçon de compagnie
Messages : 88
Date d'inscription : 11/12/2017
Age : 20
Localisation : Là où IL est.

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Garçon de compagnie
Rang : Roturier
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mar 10 Avr - 11:01






Cheval de bois et pelote d'or
feat. Lucius von Dast
Etre prince ça ne s’improvisait pas, Miloslaw s’en rendait bien compte. Lucius était là, devant un ver géant qui venait de bouffer un cheval et un chaton démoniaque qui pouvait changer de taille à volonté, capable de se faire aussi grand que le précédemment nommé ver géant. Le garçon de compagnie s’était souvent imaginé que les majordomes devaient faire preuve de calme et de sang-froid pour pallier aux absurdités de la royauté, à leurs faiblesses, pour être un pilier sur lequel les gens de la couronne et les nobles pouvaient compter. Maintenant, il commençait à se dire que c’était peut-être bien le contraire.
Beaucoup se plaignaient de la déchéance de la noblesse, de leur fainéantise. Avant, disait-on facilement, les nobles méritaient leurs privilèges, parce qu’ils protégeaient le peuple. Mais l’empereur Elijah n’aurait fait qu’amasser ce que ses ancêtres avaient amassé au prix du sang et il lui serait permis de se la couler douce en dégustant les fruits de mer payés par les taxes.
Lucius, pourtant, se tenait debout devant le danger, devant l’horreur, devant l’impensable. Et Milo étant son garçon de compagnie, ancien aspirant majordome, il devait tenir. Il devait rester calme en dehors, même si en dedans il paniquait totalement. Parce qu’un majordome devait être toujours là pour aider son maître, il devait être fiable et devait donc être capable de supporter toutes les situations improbables et pleines de danger dans lesquelles s’embourberait le précédemment nommé maître.
Le prince héritier étant ce qu’il était, il compris immédiatement qu’ils avaient affaire à un monstre de métal. Miloslaw se sentit d’abord rassuré sur la non-existence d’une telle horreur naturelle. Puis, il réalisa que si des gens pilotaient ce truc, cela devait signifier quelque chose de bien plus grave qu’une simple bête à la recherche de quoi se nourrir. Et merde !
Lucius, loin donc de profiter de l’atout que représentait le chaton, décida de rester affronter le ver d’acier. Bon seigneur, il permit néanmoins à Miloslaw de s’enfuir. Impressionné par le courage débordant de son cadet, le garçon de compagnie tenta de raffermir ses jambes tremblotantes et serra les poings. Si son petit frère se sentait capable de faire quelque chose, alors il devait rester ici. Le temps de la lâcheté était terminé ! Il était un Von Dast maintenant !
Lucius s’élança et termina dans la gueule du ver de métal. Milo plaqua ses mains sur son visage, étouffant un hurlement. Il vit les jambes du prince disparaître dans le gouffre obscur qu’était la gorge du monstre et pria tous les dieux qu’il connaissait de le protéger du démembrage fatal.
Que lui conseillait le courage ? De suivre Lucius ? ... Il n’était pas un Von Dast à ce point-là. Mais il aurait dû se douter que cette famille était complètement folle. La réputation d’Yvan, l’oncle de Lux, était assez équivoque à ce sujet.
Au lieu de mettre fin à ses jours, Miloslaw avisa plutôt le paysage. Il n’avait pas les pouvoirs magiques de Lucius, ni son intelligence, ou sa connaissance... Ou encore son entraînement physique... Bref, il n’était rien à côté de son cadet. Mais il avait un atout ! Sa connaissance de la nature.
Des rivières comme celle au bord de laquelle ils se trouvaient, il les connaissaient bien. Avec un peu de chance... Doucement, il rentra dans l’eau, à bonne distance du combat de titans qui se déroulaient devant lui. Avec précautions, il se mit à soulever les plus grosses pierres du fond de la rivière, se souciant peu de finir complètement trempé. Après deux ou trois minutes, il mit enfin la main sur ce qu’il cherchait ! Il attrapa le petit poisson bleu électrique qui chercha à le fuir et le fourra dans sa veste, en faisant bien attention à ne pas le sortir de l’eau lors du processus.
Le percomorphe avait un système de défense très particulier et il était décidé à s’en servir. Courant jusque dans les environs du ver géant, en faisant attention aux déplacement violents de Luce, il chercha un petit interstice dans la coque de la machine. Il le trouva, à la base de la queue, encore enfoncée dans la terre.

« Pourvu que ça marche ! »

Il balança le percomorphe dans le point faible du ver et attendit. Quelques secondes passèrent, puis le ver se crispa au niveau de la queue alors que de petits éclairs couraient sur la coque. A l’air libre, le poisson libérait de grosses décharges d’électricité, espérant venir à bout de son agresseur. Ce dernier était plus généralement un mammifère sauvage qui l’aurait pris dans sa gueule.
S’il ne lui occasionna pas de grands dommages, le percomorphe interrompit les mécanismes du ver géant pour un petit temps. Assez pour que Luce endommage sa tête d’un bon gros coup de patte. Assez, l’espérait Miloslaw, pour que Lucius parvienne à un résultat.

Quelques minutes plus tard, le prince apparut. La machine avait été détruite et il traînait avec lui deux humains inconscients. Soulagé comme jamais, Milo se précipita sur son demi-frère et lui tapota l’épaule pour le féliciter de son coup de force. Luce, éreinté, repris sa forme la plus petite.
Après avoir discuté de ce qu’ils allaient faire dans l’immédiat, Luce et Milo installèrent leurs prisonniers sur le cheval du prince. Milo ouvrit de grands yeux ronds quand il s’aperçut que l’animal avait fait fondre toute la neige qui parsemait le sol.
Le garçon de compagnie put récupérer les rênes de son infortunée monture et les utilisa pour ligoter les responsables de l’attaque. Luce s’installa sur son épaule pour dormir et ils prirent la route de Ravenwell. Miloslaw n’était plus du tout stressé par son entrevue avec le couple impérial. Il fallait dire qu’il venait de combattre un monstre. Ce genre d’événements avait tendance à vous faire relativiser.


La colère de Luscka von Hochen ne fut pas aussi terrible que son visage le laissait sous-entendre. Miloslaw parla beaucoup, s’embourbant souvent dans ses phrases, essayant de ne surtout pas paraître envieux de la fortune de Lucius et en ayant l’impression de ne pas du tout réussir.
Pourtant, à la fin, il lui suffit de jurer deux ou trois petites choses sur l’honneur pour se faire promettre qu’il ne serait ni tué, ni emprisonné, ni exilé. Pour le reste, à voir. En somme, il devait prouver sa bonne fois et sa valeur à la famille impériale.
Après tout ça, un bain s’imposait. Miloslaw se hâta de prendre le sien dans la chambre aménagée pour lui juste à côté de celle du prince. Une porte reliait les deux pièces. Une fois propre, le garçon de compagnie patienta dans l’un des fauteuils des appartements de Lucius, parcourant des yeux les pages d’un livre sans en comprendre un mot. Il était bien trop excité par tout ça !
Quand, enfin, son demi-frère réapparut, il ne put s’empêcher de lui lancer la question qui lui brûlait les lèvres depuis une heure.

« Alors ? Qu’est-ce que en as pensé ? Tes parents me détestent tu crois ? »

Il savait qu’il aurait surtout dû se soucier de cette attaque de Lumen, ou au moins faire semblant d’en être inquiété, d’autant qu’il devait assister Taesch Condé lors de l’interrogatoire, mais il ne pouvait pas s’empêcher de ressasser cette entrevue. Et il ne serait pas tranquille tant que Lucius ne l’aurait pas assuré qu’il n’avait aucun soucis à se faire.

©️ A-Lice
avatar
Prince
Lucius von DastPrince
Messages : 72
Date d'inscription : 06/01/2018
Age : 16
Localisation : La bibliothèque !

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Héritier de la Couronne
Rang : Prince
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Mer 11 Avr - 18:17

Cheval de bois et pelote d'or
Les deux charlots qu’il avait ramené de leur petit affrontement étaient sacrément sonnés. Est-ce qu’ils protesteraient ? Est-ce qu’ils le traiteraient de diable ? Les Lumeni étaient toujours en train de prendre les mages pour des démons - ce qui n’était pas vraiment faux dans son cas mais qui n’était pas quelque chose qui allait forcément avec des pouvoirs runiques - et à hurler des bêtises comme des ‘Vade Retro, Satanas’ et des ‘Pater Noster’ quand ils sentaient qu’ils allaient se faire rétamer par un sorcier.
Voilà pourquoi, à la Confrérie, le credo principal était de ne pas se servir de ses pouvoirs sauf en cas d’absolue nécessité, en face des Lumeni. Bien sûr, Lucius n’était pas resté bien longtemps à la Confrérie - il s’était fait mettre dehors pour être plus précis - et il appréciait particulièrement de foutre les boules aux habitants de Lumen, par tous les moyens. Il ne comptait pas franchement faire son mea culpa quand ils se réveilleraient. Ils avaient mérité leur sort : ils avaient attaqué la campagne ravenite avec une machine en forme de limace ! Ils pouvaient bien murmurer des oremus à longueur de trajet, il n’en aurait cure !
Le vent de la campagne soufflait, ébouriffant ses cheveux blancs et ceux, plus foncés, de son frère. Milo avait d’une aide non négligeable d’après le chaton et il le prenait au mot. Son frère avait essayé de le sauver, malgré toute la confiance dont le prince avait fait preuve. Et c’était quelque chose de beau à pleurer, pour le jeune homme. Est-ce qu’on pouvait dire qu’ils étaient frères d’armes ? Très certainement.
Il avait hâte de rentrer et de sentir le doux parfum des dindes rôties au manoir Von Hochen mais ce qui les attendait là bas ne serait certainement pas un festin. Il y aurait d’abord les trivialités avec certains de ses cousins - leur départ était pour bientôt - et puis ils devraient expliquer la situation à ses parents et certainement à Taesc Condé et Oncle Yvan. Il y avait aussi cette histoire de bâtard à régler. Il sentit sa gorge se serrer en pensant qu’il ne reverrait peut-être jamais Milo.
Pour rentrer, ils se laissèrent guider par le feu des torches, disposées de part et d’autre de la route qui menait à Ravenwell. Quelques gardes les saluèrent mais ne dirent rien en voyant à qui ils avaient affaire. La nuit était claire et ils n’essuyèrent aucune averse sur le chemin, ce qui leur permis de prendre un peu leur temps en discutant. Lucius brûlait de mille questions, sur Milo, sur Hochen, sur sa ferme. Sur cette dernière question, Milo semblait vouloir rester évasif et le prince ne poussa pas trop.
Passés le pont levis et la poterne des fortifications de Ravenwell, Lucius rabattit sa capuche. Il ne souhaitait pas être reconnu avant d’arriver au manoir. Le fait qu’il traînait derrière lui deux hommes à présent pleinement réveillés mais ensorcelés ne marqua personne et ils purent cheminer paisiblement.
Ils pourraient bientôt débriefer la situation avec le Conseil rapproché devant un pot de vin chaud - le temps était glacial dehors et cela avait peut-être à voir avec l’humeur de l’Empereur - et puis ... il ne savait toujours pas quoi faire de Milo, mais il ne voulait pas qu’il le quitte. Ils étaient frères, désormais, et il le chercherait si ses parents l’exilaient. Même s’il devait fouiller l’intégralité de Nox et provoquer la grande colère de ses parents. Peu lui importait.

Une fois au manoir, il bénéficia d’un verre de vin et on envoya, sans trop qu’il ne comprenne pourquoi, Milo à l’abattoir. Il discuta, pour sa part, de sa bonne prise avec son père et Taesch Condé. Ce dernier souleva que ces Lumeni n’étaient certainement pas là pour ouvrir une minoterie de vapeur dans les environs. Ils devaient certainement avoir loupé Ravenwell de peu - et encore heureux - ou bien cherchaient-ils quelque chose dans les environs de la campagne. Mais quoi ? Il n’y avait que l’ancien Temple dans le coin.
Yvan, quand il apprit l’attaque, se mit à bouillonner de colère. Et quand Elijah rejeta sa proposition de guerre ouverte, il se mit à tonner. De mâle rage, il brisa même un pot d’eau, laissé ici par Théophile. Mais Elijah resta calme et ne se laissa pas impressionner. Il siffla même quelque chose à propos de jouer des muscles et Yvan s’en alla en claquant la porte.
Vivette, la charmante calice de ses parents, abandonna sa lecture et s’en alla leur chercher un autre pichet d’eau. Lucius aurait pu avoir peur qu’elle ne répande des rumeurs s’il ne la connaissait pas depuis qu’il n’était encore qu’un bambin. Elle avait été sa nourrice et celle de Lubalai avant de devenir la calice du couple impérial. Elle était loyale et, de toute façon, rien ne l’intéressait plus qu’un livre bien construit.
Lubalai, qui avait assisté à la discussion comme le voulait son statut de princesse, semblait inquiète. Pas autant qu’une enfant de neuf ans aurait dû l’être mais elle était encore plus avancée que Milo ne l’était à son âge. Elle n’avait pas été choquée par la réelle nature de Milo - elle pensait d’ailleurs que tout le monde était au courant étant donnée l’aura du bâtard, elle oubliait souvent que tout le monde n’avait pas sa double-vue. En revanche, la nouvelle du ver l’avait secoué.
“Papa, allez-vous trouver une solution ?”
Elijah sortit de ses pensées et passa une main aimante sur la joue de sa fille, avant de serrer la main de son fils. Il souriait sincèrement, sans chercher à cacher un fond de trouble qui persistait dans son regard.
“Toujours, mes enfants. Nous sommes des Von Dast. Et nous venons de gagner un tout nouvel allié.”

Alors qu’il parcourait les couloirs du manoir après la réunion d’urgence - il avait été décidé de ne pas rompre la réunion de famille pour ‘si peu’ - il entendit les rumeurs sur son chemin. Il y avait un nouveau Von Dast dans la famille et cela faisait beaucoup jaser tout le monde. Etrangement, la moitié des Von Hochen considéraient Elijah comme un Von Hochen, ce qui rendait Milo un membre de la famille principale, comme s’il avait été le fils de Luscka lui même. L’autre moitié avait envie de voir le bâtard pour lui faire des farces et des mauvais jeux de mots. En tout cas, tout le monde s’accordait à dire que la colère de Luscka avait été exagérée et injustifiée.
A la longue, Lucius finit par en avoir assez et prit un raccourci qui le mena directement à ses appartements. Il avait bien besoin de dormir : demain, ils mangeraient une dernière fois avant de dire au revoir à tous ceux qui devaient prendre la route. Il y aurait certainement  des jeunes gens qui s’était rendu amoureux l’un de l’autre durant la fête et devraient se séparer en se promettant de se revoir avant la prochaine réunion. Cela arrivait à chaque fois.
Comme il arrivait à son étage, il bouscula maladroitement Taesch, en se demandant ce qu’il faisait encore là. Ses yeux rouges et gonflés laissaient supposer qu’il avait été tout en larmes quelques minutes auparavant mais il lui offrit un sourire éclatant avant de se diriger vers la cage d’escalier.
Le coeur à l’envers, il pénétra dans sa chambre et sourit doucement à son frère, qui lui sauta pratiquement dessus. Il était désormais bien tard et Lucius avait besoin de se reposer avant que le jour ne se couche de nouveau. Aussi, il se déshabilla de prime abord et se dirigea vers la bassine d’eau fraîche pour se laver du sang qui tachait sa peau.
“Mes parents ne te détestent pas, je crois même qu’ils ont envie de te découvrir. Tu seras à la droite de mon père, demain, lors des adieux, à la place de Lubalai.”
Il se sécha le visage et le corps à l’aide d’une serviette qu’il jeta dans un panier à linge sale. En se regardant dans le miroir en pieds, il se fit la réflexion qu’il ressemblait à un démon. Il regarda le battant communiquant avec la chambre de Milo -  une porte d’argent toute constellée de croix noires - et soupira. Il se tourna et continua à parler, d’une voix rauque de dolente.
“Voudras-tu dormir avec moi, cette journée? Je ne crois pas pouvoir fermer l’oeil sans une compagnie.”
Ensuite de quoi, il souhaitait un beau matin à son frère et se glissa dans le confort de ses draps chauffés par il ne savait qui. Il sentait bien que le lendemain serait éprouvant.

Il faisait encore nuit quand les clairons d’urgence sonnèrent, à trois reprises. Alerte noire. Il entendit des cris dans les couloirs - on se préoccupait de la Dauphine, de l’endroit où il fallait la mettre en sécurité. Il se redressa et enfila ses vêtements de la veille rapidement avant de courir vers la salle de réunion où il retrouverait certainement ses parents, y entraînant Milo.
Mais, passant devant la cour, il s’arrêta. Il y avait là Oncle Yvan, haletant, son sang bouillonnant d’une plaie au torse et Taesch Condé, en très mauvaise posture. Il se tenait le flanc et tenait un homme en garde. Un homme habillé de cuir vert au sourire sadique que Lucius n’avait jamais vu. Un homme qui tenait l’Empereur contre lui, le menaçant d’une dague. Son père. Cet homme allait ...
Il pouvait encore sauver la situation mais il avait besoin du sang de son père. Il avait besoin de ... Oh, Milo ! le sang d’Elijah coulait en lui, pur de toute magie démoniaque. Et tout le monde n'avait pas le don de Lubalai.
“Milo, je dois sauver notre père. Est-ce que tu ... accepterai que je modifie ton apparence ? Je peux te changer en lui.”
La trompe ne sonnait plus et une centaine de Von Hochen se massaient aux balcons donnant sur la cour intérieur. Mais personne n’osait intervenir, heureusement. Et son père qui était parti au château pour la nuit ... Merde !
© 2981 12289 0



I'll be good, I'll be good
For all of the time that I never could
avatar
Garçon de compagnie
Miloslaw KotkaGarçon de compagnie
Messages : 88
Date d'inscription : 11/12/2017
Age : 20
Localisation : Là où IL est.

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Garçon de compagnie
Rang : Roturier
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Ven 13 Avr - 14:20






Cheval de bois et pelote d'or
feat. Lucius von Dast
L’angoisse de Miloslaw fondit comme neige au soleil quand il entendit la réponse de Lucius. Alors comme cela, il intéressait- intriguait même peut-être - Luscka von Hochen ? C’était un immense honneur ! Après tout, le Prince consort était connu pour son intellect brillant. Et dire qu’il se tiendrait à la place de Lubalaï... Grandiose ! Il espérait juste que la princesse, sa demi-sœur, ne serait pas fâchée. Il n’avait pas réussi à bien la cerner. Elle était plus complexe que son frère, semblait-il.
Tout joyeux, Milo ne réfléchit même pas quand Lucius lui demanda de dormir avec lui et retira ses vêtements. Il garda seulement un caleçon long en laine noire avant de se coucher à côté du prince. Le lit était chaud, il n’y avait qu’ici qu’on pouvait trouver ça, il en était sûr ! Peut-être aussi dans les maisons des Von Hochen de sang pur, mais ça il l’ignorait.
Eprouvé, Miloslaw ne mit que quelques minutes à s’endormir, le sourire aux lèvres.

Le premier son de clairon se mêla à son rêve. Le second le sortir de son sommeil. Le troisième le fit sursauter et Miloslaw se redressa dans son lit en criant : « C’est cuit ! C’est cuit ! Sortez le cochon ! »
Son cerveau mit quelques secondes à comprendre que la trompette venait bien de la réalité et qu’il sortait d’un rêve. Des gens s’agitaient dans le couloir devant leur chambre, on voyait des ombres fractionnées passer sous la porte alors que des personnes équipées de torches couraient devant. En dépit de ses yeux encore collés par le sommeil, Milo suivit l’exemple de Lucius et tituba jusqu’à son tas de vêtements. Il enfila rapidement sa chemise, s’apercevant trop tard qu’elle était toute retournée, l’envers apparent.
Il ne savait pas ce qui se passait, pas plus que le prince, mais tous les deux se hâtaient en direction de la salle de réunion, là où ils pensaient pouvoir retrouver le couple impérial. Au vu de l’empressement de tous ceux qu’ils croisèrent, Miloslaw regretta de ne pas s’être armé d’au moins un coupe-papier.
Il faillit percuter Lucius quand celui-ci marqua une halte brusque sur le chemin. Il suivit son regard, découvrant une scène à faire pâlir un mort. Ou un vampire. Plus exactement un vampire émotionnellement impliqué dans le malheur dont dégorgeait cette scène.

« L’Empereur ! »

Celui qui maintenait Elijah von Dast était doué. Un simple coup d’œil à l’état du général Yvan et à celui de Taesch Condé suffisait à le deviner. En tout cas, maintenant, les choses en étaient à l’état de statu quo. Le preneur d’otage arborait un sourire lumineux, c’en était presque blasphématoire, tandis que les deux guerriers étaient tenus en respect par leurs blessures mais surtout par la peur de ce qui pourrait arriver à l’Empereur de Nox. L’inconnu n’était armé que d’un couteau, mais un coup bien placé pouvait occasionner de gros dégâts.
Miloslaw pensa que seul l’arrivée de Luscka von Hochen et de son armée familiale serait à même de résoudre ce conflit en gelée. Mais c’était sans compter sur Lucius von Dast, prince hériter à la couronne de l’Empire, toujours prêt à se mettre en danger pour sa famille. Milo ne s’était pas plaint quand il avait failli terminer écrabouillé par un ver mécanique. Alors il supposait qu’il était de son devoir de faire quelque chose en retour. Mais quelque chose de bien trop dangereux, de suicidaire même !

« Bon... Très bien. J’espère juste que ça ne durera pas trop longtemps. »

Il contempla les tatouages qu’il avait sur les phalanges de sa main gauche, soupirant. Est-ce que ça reviendrait quand il retrouverait son apparence ? Est-ce que ça disparaîtrait en devenant Elijah von Dast ? Et ses vêtements... Il n’était pas du tout habillé convenablement pour un Empereur !
Mais la magie étant de la magie, il devint tout à fait le sosie de son père. Vêtements inclus. Curieusement, la tenue était confortable. L’Empereur aimait s’habiller simplement semblait-il. Milo l’ignorait jusque là, mais il était vrai qu’il n’avait jamais vu Elijah en dehors de circonstances officielles.

S’armant d’un courage qu’il ne possédait pas, Miloslaw s’avança dans la cour, en essayant d’avoir l’air très sûr de lui. Quand il parla, il se surprit à avoir une voix différente. La voix de l’Empereur. Elle semblait beaucoup moins douce qu’à ses oreilles.

« Relâche ce serviteur. Il ne t’est d’aucune utilité. C’est moi que tu veux, alors viens me chercher.»

Yvan von Dast allongea une tête de six pieds de long, bouche grande ouverte. Taesch Condé, lui, gardait un visage assez énigmatique pour qu’il ne puisse pas savoir s’il avait deviné la supercherie.
Le preneur d’otage perdit un peu de son sourire, mais ne lâcha pas sa prise autour de l’Empereur.

« Dans ce cas, je peux le tuer, tout le monde s’en fiche. »

Il amorça un mouvement et Miloslaw fit un pas en avant, les bras tendus devant lui.

« NON NON NON ! »

L’inconnu se stoppa, l’air triomphant. Le garçon de compagnie décida de tenter une pirouette.

« C’est mon fils. Mon bâtard. Il me sert de doublure avec une petite aide magique. »

Mais maintenant, que faire ? L’inconnu avait toujours un otage, qui était soit l’Empereur, soit son fils bâtard auquel il tenait de toute évidence beaucoup. La donne n’avait pas beaucoup changé. Mais peut-être que ça allait suffire. Ne serait-ce qu’en tant que distraction. Miloslaw l’espérait.

« Bon, si tu me disais ce que tu veux ? Ensuite, on jouera aux devinettes. Si tu gagnes, tu remporteras ce que tu es venu chercher. Si je gagne, tu t’en iras sans faire de mal à qui que ce soit. Vendu ? »

Miloslaw n’avait rien d’un bon joueur de devinettes. En fait, il n’avait même rien d’un bon joueur tout court. Mais bon, si ça pouvait laisser le temps à Taesch Condé de concocter un plan brillant, ou à Yvan de se remettre et de le maîtriser, ça suffirait. Ou encore à Lucius d’avoir une nouvelle idée de génie, magie en main !
Tendu, Miloslaw osa jeter un minuscule coup d’œil à son demi-frère, espérant lire sur son visage l’ébauche d’un plan génial. Peine perdue.

©️ A-Lice
avatar
Prince
Lucius von DastPrince
Messages : 72
Date d'inscription : 06/01/2018
Age : 16
Localisation : La bibliothèque !

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Héritier de la Couronne
Rang : Prince
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Sam 14 Avr - 14:56

Cheval de bois et pelote d'or
A la fin de la journée, il y aurait eu un mort au Manoir des Von Hochen. Il restait juste à savoir si ce mort vaudrait qu’on lève les drapeaux noirs de la défaite dans tout Ravenwell. Le jeune homme n’arrivait pas à imaginer la mort de son père mais il supposait que c’était une chose qui devrait arriver tôt ou tard. Le plus tard possible serait l’idéal.
Il voyait parfaitement plusieurs Von Hochen, prêts à tirer leur épée au clair dès que l’Empereur serait en sécurité. Notamment Lucius Augustus, un de ses cousins les plus proches. Il partageait une arrière grand mère avec le prince, en plus d’un prénom. Bien sûr, ayant un sang plus pur, Lucius avait gagné le droit bien injuste de garder son prénom intact.
Le grand père du prince semblait hésiter à se jeter dans les jardins, qui s’étaient transformés en arène. Ludwig avait été le général de Nox pour une bonne raison : il avait un esprit logique et, présentement, il cherchait certainement une bonne stratégie, une bonne façon de désarmer l’homme en vert.
Enfin, il vit Lawrence, le mari d’Alfred, penché sur la rambarde, anxieux. Il n’était pas un Von Hochen, à vrai dire il avait même grandi dans le Duché de Castel, non loin de Castillon. Il n’avait pas l’âme d’un guerrier mais il était jardinier et il avait une connaissance incroyable en plantes empoisonnées.
Il s’agissait d’abattre ici un criminel avant qu’il ne commette un crime de plus. Il était hors de question de le laisser tuer l’Empereur alors qu’ils se retrouvaient au milieu du manoir des Von Hochen. Ils étaient chez eux et personne ne faisait du mal à l’un des leurs chez eux.
Il compta mille et une façon de mettre à terre l’homme en vert par magie - 1586 très précisément - mais dans tous ses scénarios, il avait le temps de tuer son père avant de mourir. Il était hors de question qu’il le laisse faire ce qu’il souhaitait.
“Ne t’en fais pas, j’aurai bientôt fait d’annuler le sort une fois qu’on aura un temps.”
Il le tira un peu plus loin, espérant secrètement que cette insulte que venait de lancer Dimitri à l’homme en vert ne ferait pas tuer son père. Calmement, il fit le vide dans son esprit, dans son cœur. Il le sentit se geler, doucement, centimètres par centimètres. Et puis il libéra sa puissance en traçant un pentacle magique dans l’air. Il les entoura avant de se résorber sur Milo. Quelques runes supplémentaires remontèrent le long des bras de Lucius et voilà, en un instant, son père était devant lui, le dévisageant avec les yeux bruns de Milo. Pourvu que l’assassin n’y fasse pas attention !
Quand ils repartirent vers la scène, personne n’avait bougé. Taesch essayait, à voix basse, de le faire changer d’avis. Il essayait de le brosser dans le bon sens, de lui dire que personne ne lui ferait du mal s’il lâchait Elijah. Mais apparemment, l’homme s’en fichait éperdument.
Il ne cessait de répéter qu’ils resteraient ici aussi longtemps que nécessaire. Mais pour quoi faire ?
Rolinda, fatiguée de cette situation, fit un mouvement pour sauter dans la cour mais l’apparition de Milo l’arrêta. La moitié de la salle s’arrêta de respirer, l’autre moitié tomba presque à la renverse. Lucius vit Ludwig qui tentait de percer le mystère de cette double Majesté. Il devait se douter que c’était un stratagème de Lucius.
Ses yeux parcoururent la scène et Lucius se mit à prier comme il ne l’avait jamais fait. Il pria Amaterasu, il pria Kresnik et même la grande Yggdrasil. De l’autre côté de la scène, il remarqua que Charlette Condé avait les mains jointes et faisait de même.
Milo opéra une prestation à couper le souffle mais l’autre ne se laissa pas avoir. Or, il était celui qui avait l’arme, ce qui rendait la situation encore pire.
Les choses suivantes se déroulèrent rapidement et Lucius continua de prier. La tension était à son comble et, quand il descendit dans l’arène, elle ne fit que s’empirer. Il essaya à son tour de raisonner le preneur d’otage mais celui-ci ne l’écouta même pas. Alors, Lucius décida d’opter pour la stratégie des derniers secours.
“Oh mon dieu, derrière vous!”
L’homme en vert ne se laissa pas démonter et se mit à le fixer d’un air narquois. Il ne vit donc pas Taesch lever son poignard et le planter dans son cou. Sur la douleur, il laissa échapper l’Empereur et tenta de retirer le poignard dans sa nuque. Lucius en profita pour écarter les bras et prononcer un sort rapide.
“Invocatum libretto !”
Le plus gros livre de la bibliothèque du manoir - la très assommante Biographia Literaria, quatre mille pages de biographie d’auteurs classiques - tomba alors sur le crâne de l’homme en vert. Ils auraient pu s’estimer heureux et se reposer sur leurs lauriers mais il n’en était aucunement question. Lucius connaissait le protocole. L’Empereur au dessus de sa famille.
“Milo ! Au pied !”
Il attrapa la main de son père - le bon- et le tira vers la sortie de la Cour. Ils passèrent vers un passage plus tellement usité de nos jours qui donnait sur Bellshaples Street. Ensuite, il vira à droite, s’assurant que son frère le suivait. Arrivé à une intersection, il fonça droit dans un mur, qui se dématérialisa à son passage. Une illusion qu’il avait lui même créé pour un de ses amants.
Un homme se tenait à l’entrée du tunnel, barré d’une petite porte ronde. Lucius n’avait pas le temps de parler en ballades lyriques avec lui pour le convaincre, aussi se plaça-t-il devant lui, alors qu’Elijah et Milo, identiquement étranges, se tenaient derrière lui.
“Je viens voir Lazarus Honeycomb, prévenez le.”
Une clameur horrible lui vint aux oreilles. Quelque chose de terrible venait de se passer au manoir. Mais il se força à tenir bon, à ne pas se retourner. La sécurité de l’Empereur avant celle de sa famille, même si cela devait tuer Yvan. Même s’il ne pourrait jamais se pardonner.
© 2981 12289 0



I'll be good, I'll be good
For all of the time that I never could
avatar
Garçon de compagnie
Miloslaw KotkaGarçon de compagnie
Messages : 88
Date d'inscription : 11/12/2017
Age : 20
Localisation : Là où IL est.

Carnet de Bal
Race : Vampire
Emploi: Garçon de compagnie
Rang : Roturier
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  Dim 15 Avr - 11:44






Cheval de bois et pelote d'or
feat. Lucius von Dast
Cette situation était incroyable et dépassait tout ce que Miloslaw avait osé s’imaginer en était le garçon de compagnie du prince héritier de l’Empire de Nox. Quelqu’un avait osé prendre l’Empereur en otage. Dans le manoir de la famille Von Hochen. Plein de Von Hochen. La famille dont faisait partie le mari de l’Empereur. Milo devait bien reconnaître que l’étrange attaquant tout de vert vêtu avait des couilles en acier trempé.
La situation ne devait pas vouloir se débloquer, son petit stratagème avait fait un gros flop. Enfin, il se consola un peu en se disant que personne n’avait trouvé mieux et que de toute façon, son père n’avait jamais été connu pour être un champion de la joute verbale.
En remarquant que toutes ces années d’étude à l’école des majordomes lui avait finalement servi à quelque chose, Miloslaw sourit presque, fier de lui-même. Si seulement ça avait pu aussi servir à sauver la situation !
Lucius, sans doute à bout de nerfs, tenta la chose la plus stupide qui soit. Il essaya de détourner l’attention de l’agresseur en lui faisant croire que quelque chose venait dans son dos. Et bien, ils étaient littéralement encerclé d’une meute de Von Hochen, alors s’il y avait vraiment eu quoi que ce soit, il y aurait déjà eu du grabuge.
Sans surprise, l’agresseur vert défia l’intelligence de Lucius d’un sourire supérieur. Son regard passa même sur Milo, avant de les englober tous les deux. Une lueur dans son œil droit attira l’attention du garçon de compagnie. Son instinct lui souffla qu’il avait deviné que le prince avait manigancé quelque chose et maintenant, il se moquait d’eux deux. Miloslaw ne pouvait franchement pas lui en vouloir sur ce point. Lucius et lui s’étaient montrés bien prétentieux et incompétents.
Et pourtant...

Pourtant, il sembla que leurs prières avaient été entendues par les dieux. Leurs bêtises avaient finalement servi à quelque chose et Taesch Condé ne laissa pas filer l’opportunité. Une lame bien aiguisée s’enfonça dans le cou du type vert, qui en lâcha l’Empereur de surprise. Miloslaw se raidit, choqué et complètement pris de court. La bouche entrouverte et les yeux écarquillés, il resta immobile à regarder la scène en ayant l’impression qu’elle se déroulait au ralenti. Son cerveau était envahi par un épais brouillard et ses oreilles semblaient obstruées par la ouate. Un cri perçant parvint néanmoins à traverser toutes ces couches isolantes et il sursauta, juste avant de cligner plusieurs des yeux et de se reprendre.
Lucius tirait son - leur - père par la main. Sans réfléchir, obéissant à l’ordre qui avait réussi à l’atteindre, il courut à leur suite. Juste avant de se détourner, il vit une horde de Von Hochen enragés se jeter sur l’intrus du manoir.

Lucius connaissait apparemment tout un tas de passages secrets, car le chemin qu’ils empruntèrent pour sortir du manoir ne semblait en rien officiel. Miloslaw se focalisa sur la route et l’endroit où il posait ses pieds, parce que s’il laissait son esprit dériver, il finirait probablement submergé par la panique. Il regrettait un peu de ne pas s’être un peu plus impliqué dans les cours d’escrime. La dernière fois qu’il avait tenté l’examen, il avait tout juste obtenu la moyenne pour la blessure par couteau caché sous un plateau de service à thé. Une banalité pour la plupart des étudiants. Mais voilà, Milo n’était pas doué pour se battre.

Tout d’un coup, Lucius et l’Empereur disparurent. Miloslaw se stoppa, fixant le mur où ils auraient logiquement dû s’écraser. Magique, ce devait être magique. Comme ils n’avaient pas de temps à perdre, il ferma les yeux et fonça droit devant. Un fourmillement pas tout à fait désagréable s’empara de son corps et il sentit un changement aussi brusque que net dans les températures et l’atmosphère. Il rouvrit les yeux et retrouva les membres de sa famille, un peu plus loin. Sans se rendre compte tout de suite de l’étrangeté de la chose, il vint se placer juste à côté d’Elijah. Son père. Dont il avait actuellement la tête. Comme il sentait son regard peu franc sur lui, Miloslaw lui sourit. L’Empereur tira une tête bizarre. De toute évidence, il n’avait pas aimé aussi Milo s’empressa de détourner son visage. Ca devait effectivement être assez perturbant d’avoir son sosie en face.

Lucius exigea de voir un certain Lazarus et tout de suite après, on entendit un cri à vous glacer les sangs. D’ailleurs, Miloslaw se sentit tout glacé. Il essaya de ne pas se dire que ça venait du manoir Von Hochen. Oh. Trop tard.

Finalement, ils purent passer et le décor était tellement évident que Miloslaw ne pouvait même pas faire semblant d’ignorer où ils se trouvaient. Un type entièrement encapuchonné passa près d’eux. C’était peut-être même une fille, pour ce qu’il en savait. En tout cas, cette personne sentait bon la vanille. Et l’amande amère. Glups.

« On est à la Guilde des voleurs, c’est ça Lucius ? »

Il sentit plusieurs paires d’yeux meurtriers se fixer aussitôt sur lui. Mmmmh... Il n’aurait peut-être pas dû prononcer le prénom du prince héritier entre ces murs.

©️ A-Lice
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw  

Deuxième pari ♦ Cheval de bois et pelote d'or #Luslaw

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Sujets similaires

-
» Le test de robin des bois !!!!
» Tanoukui,un panda qui a d'la geule (de bois) !
» tuto pour un superbe aspect bois
» Seigneurie issue de mérite de Le Bois d'Oingt (Vicomté d'Oingt)
» [Knockando - TOP Vente de bois illégale]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nox : Res Novae :: Vive le vent, vive le vent ♪ :: Archives :: Archives de la saison 1-