La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

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Le roseau et la couronne [Lux & Milo]

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Lucius von DastPrince
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MessageSujet: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Lun 16 Avr - 15:52

Le roseau et la couronne
L’homme hésita un instant puis fronça les sourcils. Il avait un front bien trop dégagé et ses yeux de bovins ne faisaient que mettre sa stupidité en avant. Il se doutait bien que l’homme n’était pas un voleur, uniquement un mercenaire payé pour garder l’entrée mais cet homme avait envie de recevoir son argent à la fin du mois. Et il était donc hors de question de faire passer un adolescent et deux jumeaux étranges. Il cracha un peu de tabac à chiquer à leurs pieds et prit la parole.
“Je pense pas que m’sieur Lazarus ait le temps pour vous.
- Eh bien nous couperons court, dans ce cas.”
Il fit un pas vers l’entrée mais l’homme s’interposa, dans toute sa grandeur. Lucius claqua des doigts et l’homme s’écroula comme une poupée de chiffon.
“Oh, Lux, tu sais ce que dirais ton père, pas de magie sur les personnes innocentes !”
Lucius savait bien quel accord Elijah avait passé avec Luscka. Pas de magie en dehors de la nécessité. Mais ils n’avaient pas le temps. Aussi enjamba-t-il le corps inconscient et frappa-t-il trois coups sur la porte en bois vert.
“Personne n’est innocent, papa.”
Sa voix était trop grave et trop sérieuse, mais il avait une mission. Une mission qui lui avait été donnée dès qu’il avait su marcher, parler et faire des bétises. Il devait se protéger et protéger son père. L’Empereur et le Dauphin. En théorie, il n’aurait pas dû ramener Milo mais il tenait trop à son frère. Et puis, malgré la loi du mariage, si lui et son père devaient mourir, il serait celui qui devrait produire un héritier mâle sous la régence d’Oncle Ulrick. Il serait le père du futur Empereur.
On ouvrit le judas de la porte en bois et l’homme derrière afficha un air circonspect. Il dévisagea Lucius et les deux Elijah avant de poser une question.
“Il est où Taylor ?”
Lucius jeta un coup d’œil à l’homme qui ronflait bruyamment, par terre. Il haussa les épaules et sourit à l’homme de la porte.
“Eh bien, Taylor dort à poings fermés pendant son service apparemment.
- Encore?! Bon, qu’est-ce qui vous amène au Reed and Crown?
- Livraison 1827 pour Blake. Moi et les jumeaux on a un colis pour lui.”
Heureusement, il connaissait bien les rouages de la Guilde, grâce à tout le temps qu’il avait passé dans le lit de Lazarus et d’autres voleurs un peu moins importants. Il entendit les cliquetis des rouages s’activer et ils purent entrer sans plus de grabuges. L’homme de la porte alla réveiller Taylor en lui claquant plusieurs fois les joues et ils se frayèrent un chemin alors que la porte se fermait une nouvelle fois.
Le prélude d’une bagarre éclata à leur gauche tandis qu’à droite une fille avec des cornes de bélier, un haut en écorce beaucoup trop court et un pagne élégant en peau de léopard aiguisait une épée beaucoup trop grande pour elle. Les sabots au bout de ses jambes croisées ne touchaient pas le sol.
Elijah regardait autour de lui avec surprise et il retira ses besicles pour profiter de la scène avec tout son potentiel. L’empereur ne portait pas des lunettes pour mieux voir mais bien pour l’exact inverse. Il se laissait bien trop facilement déconcentrer par les fibres du papier quand il lisait, par la texture des légumes quand il cuisinait ...
Une centaines de personnes se pressaient de ci et de là quand cet étrange marché du recel et de l’illégal. Lazarus avait une chambre à l’étage supérieur et Lucius décida d’enjamber un voleur saoul afin de trouver les escaliers. Par un sort qui n’était pas de son fait, ils changeaient toujours de place pour éviter qu’un assassin mal intentionné ne trouve le chef de la guilde trop facilement.
Il n’y avait aucune structure défendable au rez-de-chaussée, ce qui faisait que Lucius aurait pu dévoiler le Reed and Crown aux autorités compétentes il n’en avait aucune intention. Les voleurs vivaient paisiblement et les assassins constituait une grande partie du Jeu des Gaîtés. Il était proprement hors de question qu’il ruine l’économie du pays par une simple descente de police. ‘Nous sommes un mal nécessaire’, lui disait souvent Taesch. Oh bon sang, Taesch allait-il bien ? Lucius adressa une prière pour lui et avança.
Milo s’extasia tout haut de leur localisation et Lucius se retint de le gifler. Plusieurs personnes tournèrent les yeux vers eux, reconnaissant le prince et curieusement, deux fois son père. Un homme tira un sabre percé sur sa gauche - eh bien, leurs têtes étaient constamment mises à prix donc c’était certainement naturel - mais Lazarus, tombé à pic dans cette situation de merde, le força à rengainer.
“Alors, Alan, on n’accueille pas des invités de marque ainsi.”
Il s’avança et sourit doucement avant de le prendre dans ses bras pour lui donner un baiser long et très, très chaleureux. Il entendit son père réprouver la chose - ‘un voleur Lux ? Très sérieusement ? - mais ne  chercha pas à se débattre. Il entendit aussi des encouragement ridicules et puis tout le monde retourna à sa besogne, son arnaque ou sa bagarre.
“Lucius, venir à visage découvert n’était pas très intelligent. Que fais-tu ici? Plus important, que fais ton père ici ? ”
Le prince leva les yeux au ciel si haut qu’il en eut mal et il s’éloigna du voleur, sous le regard un peu plus approbateur d’Elijah.
“Peu importe. Nous avons besoin d’un endroit sûr pour la journée, d’un bol d’eau salée et d’une volière.”
Lazarus ne chercha pas à en savoir plus et les conduisit dans sa chambre. Dès qu’il eut son bol d’eau, il plongea la main de Milo dedans. Un millier de lucioles noires comme l’encre se dispersèrent de son corps et il retrouva son apparence habituelle. Soulagé, Lucius soupira doucement. Au moins, il ne serait pas coincé avec le sosie de son père pour toujours.
“Lazarus, j’ai besoin que tu envoies tes hommes se renseigner sur ce qui se passe au manoir Von Hochen.”
Le voleur fronça les sourcils et fit un geste de la main pour montrer son mécontentement.
“Je suis peut-être ton sujet mais pas ton serviteur, Lucius.”
Le prince releva la tête, son port fier parlant pour ses origines. Il sentait presque le poids de sa couronne sur sa tête.
“Je ne te demande pas d’explications quand je dois sortir tes hommes des cachots ou ouvrir des portes en plein milieu de la journée. Ne poses pas de questions, maintenant, Lazarus Honeycomb. Ne fais pas défaut à ta patrie.”
Le voleur sembla hésiter mais quitta la pièce alors qu’Elijah s’étouffa sous le coup de la nouvelle - son fils frayait avec des bandits ! Finalement, Lucius attrapa le corbeau et lui fixa le message qu’il venait d’écrire à la patte. Il ouvrit la fenêtre et le corbeau se mit à piaffer d’impatience.
“Obéis à ton prince. Apporte ce message à mon père et hâte toi.”
Le calme retomba d’un coup et il sentit ses jambes faiblir. Il avait fait le nécessaire et désormais il s’inquiétait pour ceux qu’il avait laissé derrière lui. En face de lui, Elijah tournait en rond, bien trop inquiet. Alors Lucius décida de le soulager d’un poids et lui lança un sort de sommeil, si puissant que seul un baiser d’amour véritable pourrait le réveiller. L’Empereur ne se réveillerait que quand tout serait réglé.
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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Mar 17 Avr - 15:04






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La Guilde des Voleurs était bien plus impressionnante que tout ce que Miloslaw avait pu imaginer. Après tout, il avait plusieurs rencontré quelques-uns de ses membres. Certains l’avaient battu aux cartes. En fait, maintenant qu’il y pensait, il devait sûrement de l’argent à l’une des personnes présentes ici. Se faire remarquer n’avait certainement pas été la chose la plus intelligente à faire.
Comme pour enfoncer le clou, un homme à l’air très très menaçant fit siffler son sabre près d’eux. Miloslaw était en train de se demander à combien pouvait s’élever la dette qu’il avait envers lui quand un jeune homme qui était le parfait représentant-cliché du voleur de Ravenwell interrompit la naissance d’un échange pour sûr très brutal. Milo était certain d’avoir déjà vu ce visage quelque part...
Quand le voleur sauta sur la bouche de Lucius pour le saluer d’une manière très approfondie, Miloslaw sentit un grand trouble l’envahir. L’Empereur rejoignit l’impression de son bâtard en désapprouvant cette évidente relation. Milo ne pouvait décemment pas supporter Lucius dans cette voie. Enfin, il était le prince héritier ! Il ne pouvait pas fricoter à ce point avec un brigand ! Et sa réputation ? Et puis, Miloslaw était persuadé que Lucius était célibataire, il l’avait bien dragué ! ... Alors Lucius était ce genre de mec ? Le papillon volage qui butinait toutes les fleurs assez belles pour lui, sans souci de fidélité ? C’était... Et bien un peu décevant. Il aurait pensé qu’à son âge, un prince héritier serait surtout occupé à se chercher une compagne, voir un compagnon, stable. Pour son futur boulot.
Milo n’aurait pourtant pas dû être si surpris. Jusqu’ici, Lucius avait soigneusement dérogé à toutes les règles qu’avait apprises le garçon de compagnie à l’école des majordomes au sujet de quelqu’un de son rang. Ca ne faisait que cela en plus. Mais alors pourquoi se sentait-il trahi ?

Une fois le problème en cours exposé à Lazarus, les quatre hommes se retrouvèrent dans une chambre que Miloslaw supposa être celle du voleur. En tout cas, elle lui correspondait bien. Sans lui fournir la moindre explication, Lucius plongea la main de Milo dans le bol d’eau salée qu’il avait demandé et un phénomène aussi beau qu’étrange se produisit. Le garçon de compagnie fixa un moment ce qui ressemblait à de l’encre se déverser dans le liquide, quittant son corps. Son reflet, qu’il pouvait étudier dans la surface troublée du bol d’eau, se modifia lentement. Il finit par redevenir lui-même, avec un grand plaisir.
En essuyant sa main, il confirma le retour de ses tatouages de phalanges. Cœur, pique, carreau et trèfle, chacun sur un doigt. Il rabattit la manche de sa chemise dessus, chemise qu’il s’empressa également de boutonner. Il était peut-être dans la Guilde des Voleurs, mais aussi en présence du prince et de l’Empereur ! En tant que garçon de compagnie, une certaine tenue s’imposait. Et puis il n’aimait pas exposer sa cicatrice.

Lucius avait décidément les choses bien en main. Il envoya Lazarus, qui ressemblait plus à un agent de l’Empereur qu’à l’amant d’un adolescent, en mission pour son propre compte. Lux était sans aucun doute un prince hors normes, il avait néanmoins tout ce qu’il fallait pour succéder à ses parents, Miloslaw en était persuadé.
Lazarus parti, le corbeau envolé avec son message, un silence s’abattit dans la chambre. C’en était gênant. Histoire de rajouter un peu plus de malaise, Lucius trouva judicieux d’utiliser sa magie pour faire tomber son père dans l’inconscience. Milo poussa un petit cri en voyant l’Empereur s’effondrer sur le sol et se précipita à côté de lui. Aucune blessure n’était visible, il semblait bien vivant.

« Mais t’es malade Lucius ! »

Elijah était peut-être son père mais c’était l’Empereur ! Miloslaw souleva le vampire inconscient dans ses bras et le déposa sur le lit en espérant que ce dernier n’abritait pas des puces.

« Pourquoi tu as fait ça ? Il faut le réveiller avant que quelqu’un vienne ! »

Un miaulement discordant le coupa court dans son drame familial et Miloslaw tourna la tête en direction d’une petite porte, qui donnait certainement sur une salle de bain. Ou un passage secret. Difficile de savoir avec ces voleurs.
Luce, le chaton démoniaque, fit alors son apparition, ses moustaches frétillant de fierté. Il sauta sur le lit, renifla Elijah, puis s’assit en regardant tour à tour les deux garçons encore sur pieds.

« Mais comment t'as fait pour venir jusqu’ici ?! s’exclama Milo, au bord de la crise de nerfs. Non, attends, me dis rien. Ca pourrait me faire t’apprécier. »

Luce fronça le nez à son encontre, puis se tourna en direction du prince, certainement pour frimer une nouvelle fois sur ses fabuleuses capacités. Miloslaw ne voulait pas entendre ça et il ne voulait pas rester dans une pièce où son père était inconscient à cause de son demi-frère, qui draguait apparemment tout ceux qu’il pouvait.

« Je vais voir si je peux trouver un peu de sang pas trop rance. A plus tard. »

Il suffit de cinq minutes à Miloslaw pour se retrouver attablé avec trois voleurs autour d’une partie de cartes. Il se sentait en veine et ne fut pas déçu. Il gagna trois parties d’affilée et embrassa les cailloux qui servaient de jetons avec bonheur. Bon, allez, une autre partie ! Ce n’était pas tous les jours qu’on dépouillait la Guilde des Voleurs !  

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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Ven 20 Avr - 15:12

Le roseau et la couronne
Chez lui, on appelait les voleurs les enfants de minuit, puisque la plupart du temps, ils volaient quand on s’y attendait le moins, quand on était occupé à ses affaires de la nuitée. Les voleurs étaient  une puissance avec laquelle il devrait composer quand il serait Empereur et c’était proprement terrifiant de se dire qu’autant d’électrons libres courraient dans les rues et sur les toits de Ravenwell. Malgré tout, il ne pourrait pas tous les éliminer. Et il ne le souhaitait pas.
En regardant par la fenêtre, il soupira. Le haut mur construit en face de la fenêtre de la chambre de Lazarus  - pourquoi avoir une fenêtre d’ailleurs, si elle ne donnait pas vers l’extérieur ? - était peint d’une fresque qui représentait les plus grands voleurs. Il reconnaissait les traits de Taesch sous les coups de pinceaux et le voile qui masquait sa bouche. De toute évidence, le peintre avait côtoyé son oncle souvent pour le représenter aussi bien.
Lazarus ne revint pas tout de suite et ils se retrouvèrent seuls. Lucius fixait désormais le lit sur lequel son père a été allongé par son bâtard de fils. En le regardant, il voyait de terribles ressemblances. Il était plus fin, bien sûr, que l’Empereur, mais certains signes ne mentaient pas. D’autres étaient inconnus et rassurants. Peut-être Milo n’était-il pas le bâtard de l’Empereur, peut-être que Lucius n’avait pas de tendances incestueuse. C’était une chose très étrange que de prier pour ne pas avoir envie d’embrasser son frère.
Son père ressemblait un peu à Mantissa, la princesse au bois dormant qui était représentée dans la jolie boîte à musique que son grand père lui avait offert. Bien sûr, cela devait être dû au fait que le sort de sommeil était le même. Il ne serait réveillé que par un baiser d’amour véritable et personne n’aimait plus Elijah que Lucius lui même. Même pas Luscka, il en était sûr. Lucius vénérait presque ses parents, ils étaient tout pour lui. Il ne pouvait pas imaginer ce qui se passerait s’il les perdait.
Son regard dévia sur la bibliothèque de Lazarus. Rien que des ouvrages abimés sur les serrures écrits par des voleurs sans foi ni loi. Quelques ouvrages sur les grandes familles. Et un sur la vie courte mais mouvementée de Lucius. Étrange.
Et puis, Milo fut animé d’une colère que Lucius n’avait vu que chez son père. Une colère embarrassée et maladroite. Miloslaw semblait être gêné d’être en colère contre son cadet. Les choses étaient différentes de leur relation habituelle, Lucius s’était montré ... eh bien pas franchement doux. Pas du tout. Même glacial. Mais il avait peur et n’avait pas le temps de consulter celui qui était peut-être, ou peut-être pas son grand frère. Il était le prince, après tout.
Les ombres bougèrent sous la porte. On les écoutait. Mais Lucius n’aurait pas pu s’en foutre plus en ce moment. La situation était assez désespérée pour qu’il refuse absolument de se soucier de ce qu’on pouvait bien penser de lui dans la fange et la misère de Reed and Crown. Millington aurait tôt fait de faire taire les rumeurs si elles se présentaient au château. De ce qu’il avait compris, c’était lui qui se chargeait de ça, sous les ordres de Luscka.
Exactement de la même manière que son père, ce qui était d’autant plus troublant, Milo lui reprocha d’abord d’être malade. Malade ? Oui, malade de cette situation. Il en avait déjà assez d’être le prince et il se sentait tout à fait prompt à fuir ses responsabilités. Mais il ne l’avait pas fait. Et s’il prenait des décisions, elles faisaient sens dans son esprit. En plongeant son père dans un sommeil agréable, il l’empêchait de s’inquiéter pour sa famille. Il le protégeait.
Lucius essaya d’expliquer son raisonnement, de donner de l’ampleur aux perspectives de Milo mais celui-ci de l’écouta pas. Et tout de suite après, Luce entra dans la pièce. Ainsi allait-il bien ?! Et il avait passé les défenses de Reed and Crown. Lucius était curieux de savoir comment.
Milo le regarda comme un déchet et décida de se montrer aussi méprisant qu’un prince froissé l’aurait fait. Il était drôlement dans son rôle, pour un serviteur. La porte s’ouvrit et claqua avant même que le jeune homme n’ait pu aligner un mot de plus. Oh quel caractère de cochon ! Il était bien un Von Hochen, aucun doute. Il n’avait aucune chance de se faire passer pour un Butler, même s’il essayait très fort. Le feu coulait dans ses veines.
Lucius se retrouva alors seul avec le chaton démon, qui lui confirma être passé par Wordsworth Street. Il avait grimpé sur les toits, était passé par une cheminée de la maison voisine, ce qui expliquait les traces de petites pattes noires qu’il laissait un peu partout sur son passage. Un echo de conversations lui était alors apparu, quand il avait atteint le mur entre les deux maisons et il s’était précipité dans les conduits de cheminée pour arriver ici, dans la pièce voisine. Arnaqué un certain William en lui persuadant de vendre son âme en chemin, ce qui expliquait son retard.
Lucius demanda ensuite à être seul avec son père et Luce partit quelques temps, pour revenir avec un sourire maléfique et des moustaches pleines de lait.
“Je crois que ton ami a besoin de toi ! S’il croit qu’il va gagner contre des voleurs, il a tout faux.”
Le prince poussa un râle avant de se diriger vers la salle commune, ordonnant au chaton de veiller sur son père. Luce fit la moue mais ne dit rien. Quand il arriva, il repéra d’abord un vieil homme qui lisait le journal - la dernière édition du Pepy’s, un tabloïd dégradant pour Ravenwell - en guettant la partie. Puis il vit Milo. Et pour la centième fois, semblait-il, il se laissait aspirer par les affres du jeu. Il ne se rendait même pas compte de ... Quel idiot.
Lucius vint alors se placer derrière lui et lui asséna une claque sur le crâne. Pas violente mais déstabilisante.
“Milo ? Où sont tes chaussures ? Et ta chemise ?”
Les voleurs étaient doués. Lucius apprécia la vision du dos nu de Milo avant de remarquer ses tatouages. Hm, était-il un mauvais garçon ?
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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Sam 21 Avr - 10:39






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La chance au jeu lui était assez exceptionnelle pour ne pas durer. Mais Miloslaw n’avait pas envie d’arrêter de parier. Jamais il n’avait gagné autant de manches ! S’il insistait, il était possible que ça revienne, que les cailloux et la promesse de richesse qu’ils représentaient reviennent !
Au fond de lui, il se sentait bien stupide et les sourires de ses adversaires confirmaient ce qu’il savait déjà : il était en train de se faire plumer en beauté ! Oui, mais... Il y avait toujours cet infime pourcentage, ce petit doute, qui faisait qu’il poursuivait. Perdre lui offrait d’ailleurs plus de frissons que le gain et la victoire. Sans doute était-ce la raison pour laquelle il s’enfonçait dans la médiocrité, ainsi que le lui avaient souvent rappelé ses professeurs de l’école des majordomes.

« Une autre partie, compagnon Milo ? » lui proposa-t-on.

Le vampire hésita, la main en suspens au-dessus de sa paire de valets perdante. Il avait perdu sa chemise et ses chaussures, ne lui restait plus que comme possession son pantalon. Il avait cependant toujours une chance de se refaire, n’est-ce pas ? Le hasard ne pouvait pas toujours être en faveur des voleurs !
Il ouvrit la bouche pour donner sa réponse, désespéramment affirmative, quand une claque le coupa dans son élan. La voix de Lucius eut l’effet de le ramener à la brutale réalité, tout comme sa remarque.
Quelle honte ! Voilà qu’il se retrouvait à moitié nu en présence du prince qu’il était censé représenter. Que dirait Théophile s’il le voyait ? Il se sentait d’autant plus mal à l’aise que les piercings qu’il avait jusque là cachés au prince héritier étaient à découvert. Il ne savait plus pourquoi il avait dit «oui» quand on lui avait proposé de lui poser ce dégradé en tailles de petites boules d’acier qui courait le long de sa colonne vertébrale, à partir du milieu du dos et jusqu’aux reins. Sans doute que sur le moment, il avait trouvé que cela le rendrait plus citadin, plus ravenite. Il s’y était fait maintenant, alors il n’avait jamais songé à les enlever. Et puis, le majordome du palais impérial avait réussi à leur trouver une utilité inattendue. Théophile... Il serait si déçu de lui !
Piteusement, Miloslaw désigna d’un geste de la tête deux voleurs qui s’étaient approprié ses biens vestimentaires. Techniquement, ça ne lui appartenait même pas.

« Je veux bien vendre la chemise au prince pour cent pièces d’or !
- Et moi les chaussures pour cinq cents. »

Les doigts de Milo raclèrent le bois de la table de jeu, il serra les dents. Comment tous ces brigands osaient-ils parler au prince héritier de cette façon ? Comment osaient-ils l’embrasser sans crainte d’une punition?
Il se leva brusquement, soudain gagné par la colère.

« Comment pouvez-vous manquer autant de respect au futur Empereur ? Rendez-moi ces vêtements, vous les avez volés en trichant ! Maintenant ! Sinon je vous ferai payer tout autrement ! »

Les voleurs ne le prenaient de toute évidence pas au sérieux, mais ils n’eurent pas le temps de rire, car un jeune garçon arrivait en criant à toute vitesse.

« Le manoir des grands barbus ! Le manoir Von Hochen ! Il a disparu ! »

Apparemment, la nouvelle était aussi alarmante par l’ensemble de la communauté brigande que pour la famille du prince consort. On s’empressa de secouer le petit garçon, qui s’appelait Myrtille, pour qu’il raconte tous les détails.
En réalité, le manoir Von Hochen n’avait pas disparu. Il était entièrement recouvert de ronces énormes. Si l’on en croyait Myrtille, c’était comme les corps de milliers de serpents géants enchevêtrés les uns autour des autres, hérissés de piquants et qui cachaient tout à fait efficacement le manoir. Il empêchait aussi tout à fait efficacement l’accès à qui que ce soit. Des ronces, quoi.
Milo fit la grimace en apprenant qu’au moins Luscka s’y trouvait encore. Et même avec son taux faiblard de déductions logiques, il comprit que l’origine de ce maléfice ne pouvait être que ce curieux étranger tout en vert qui avait menacé l’Empereur.
Oh, l’Empereur... Lucius l’avait ensorcelé pour le forcer à dormir et le lien entre les deux malédictions était assez évident pour croire que le prince héritier avait tout prémédité. Si c’était comme dans les contes, il faudrait libérer Luscka de ces ronces pour que le prince consort pour sortir Elijah de ce sommeil forcé. Mais bien sûr, ce n’était pas comme dans les contes. Lucius n’aurai jamais organisé une chose pareille.

Miloslaw avisa un grand manteau de la couleur exacte du vin que l’on avait servi à la réunion de famille des Von Hochen et l’enfila sans demander à qui il pouvait appartenir. De toute façon, tout le monde était occupé à discourir sur la nouvelle que venait d’apporter Myrtille. Il dénicha aussi des chaussons en cuir à l’abandon, le genre de choses plates qui lui donnaient l’air de vouloir paraître plus original que tout le monde.
Ainsi recouvert, il s’approcha de Lucius et lui murmura :

« Est-ce qu’on va jeter un coup d’œil ? Je peux aussi y aller seul si tu préfères ? »

Il laissait tomber le langage protocolaire. Il s’était passé trop de choses dans cette dernière heure.

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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Lun 23 Avr - 14:49

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Milo avait joué et désormais il perdait. C’était dans le cours des choses. Il s’imaginait assez facilement ce qui adviendrait de lui s’il résidait bien trop dans les bas quartiers. Il savait qu’il se ferait plumer et qu’il ne survivrait pas à deux semaines de jeu sans son salaire. Peut-être même avait-il déjà dû mettre en vente des objets chers à son cœur. Ou son âme. Bon sang, heureusement, les démons étaient rares dans le coin. Ils n’appréciaient pas trop de se rouler dans la fange.
Les cailloux qui s’amassaient devant lui étaient bien loin des jetons dorés que l’on retrouvait dans les parties que menaient les Von Hochen. Lucius n’avait jamais eu le droit à autre chose que des jetons en porcelaine, ceux en or étaient pour les meilleurs joueurs. Et personne ne pouvait battre Luscka Von Hochen au poker menteur, même pas Luscka. Bien sûr, il était le plus fort mais son fils n’avait pas hérité de sa chance et de son talent aux cartes. De toute façon, il préférait les échecs démoniaques.
Les voleurs décidèrent de se montrer bons et bien disposés à rendre les affaires de Milo à ce dernier si la bourse de Lucius se déliait. Voleurs. Menteurs. Malhonnêtes. Ce n’était pas le moment de s’attarder sur leur cas.
Lucius soupira doucement et posa un regard plein de jugements sur son frère. Il était du genre à se laisser faire, hm ? Il s’était laissé entraîné dans les plans foireux de son frère sans protester une seule fois et Lucius était persuadé que ce n’était pas le seul qui l’emmenait dans des plans foireux.
Milo était par définition le pigeon facile que Lucius s’était efforcé toute sa vie de ne pas être. La cible facile qui laisserait les autres lui marcher dessus, se servir de lui. Il avait passé un accord avec Lazarus mais ce dernier dépensait bien plus en informations que Lucius en richesses perdues. De toute façon, personne n’avait besoin de toilettes en or, de colliers en marbre et de quatre couronnes. Personne n’avait besoin d’une rose en argent massif boutonnée sur son gilet.
Milo s’énerva, cependant et Lucius recula d’un pas, surpris par cette tornade furieuse de colère. Est-ce qu’il se mettait à avoir une personnalité de véritable Von Hochen ou bien était-ce parce qu’on avait manqué de respect à son frère ? Est-ce qu’il commençait à tenir à lui ? Malgré les brimades, malgré les ordres et malgré les tentatives d’assassinat. Lucius sentit son cœur battre un peu plus fort et il aurait embrassé Milo sur le champ s’il n’avait pas sérieusement pensé qu’il se prendrait une tarte.
Il y eut quelques sourires échangés entre les voleurs et Lucius fut celui qui devint rouge de colère cette fois. Il ne voyait pas en quoi la colère de son frère était hilarante !
La crise fut interrompu par un jeune garçon tout en misère et en halètements. Est-ce que c’était vraiment lui que Lazarus avait envoyé au manoir ? Eh bien, Lucius ne comptait pas vraiment critiquer ces choix mais ... il était ridiculement jeune.
Le jeune homme soupira doucement et écouta d’une oreille distraite l’enfant parler et les autres lui poser des questions, tout en gardant son regard figé sur le dos percé du serviteur. Bon sang, il aurait aimé jouer avec toutes ces petites boules brillantes. Il aurait su comment faire. Ses doigts auraient commencé à remonter le long de sa colonne vertébrale avec douceur avant de pincer la peau juste à côté de la plus basse. Milo aurait vibré à son contact et ... Quoi ? Des ronces ?
Lucius se dirigea vers le garçon afin de lui demander plus d’explications mais il y avait bien plus de gens compressés devant lui et il ne réussit pas à le presser de ses demandes. Il avait un nom ridicule mais finalement, Lazarus avait bien fait de l’envoyer. Il avait sans doute pu se glisser près du manoir avec sa petite taille. Hm, Lucius devait essayer de rejoindre sa famille le plus tôt possible mais que faire de son père, alors ? Le laisser ici ? Le chaton le protégerait.
Il regarda Milo et ils se comprirent. Quelqu’un devait faire quelque chose à ce propos. Quelqu’un devait mettre fin à ce méli-mélo de ronces et seuls eux pouvaient le faire. C’était maintenant qu’ils devenaient des héros et qu’ils se distinguaient des autres. Il ne savait pas pourquoi il désirait tant devenir un héros désormais même si cela ne l’avait jamais intéressé mais c’était le cas. Il serait bien plus facile pour lui de trancher à travers ses ronces avec sa magie.
“ D’abord montons, je dois voir mon père.”
Il décida de remonter dans la chambre de Lazarus mais il n’y avait plus là que Luce, abasourdi. Il leur expliqua que des ronces avaient enveloppé le corps de l’Empereur puis qu’ils avaient disparus, les morceaux de plantes et lui. Il avait essayé de mordre les plantes et sa bouche était en sang. Lucius le prit dans ses bras et guérit sa blessure rapidement. Un nuage brillante entoura ses mains pendant un moment et Lucius hoqueta. Jamais ses pouvoirs n’avaient eu de démonstration aussi physique.
Il se tourna ensuite vers Milo et fronça les sourcils.
“Il se trame quelque chose dans le coin. Quelque chose de magique, même si je ne sais pas. Et je suppose que ça a avoir avec l’homme en vert. Allons au manoir. Et défaisons le mal, quel qu’il soit.”
Il s’arrêta un instant et échangea un regard étrange avec son reflet dans le miroir. Quel vent agitait donc ses cheveux ? Et pourquoi diable voulait-il autant être un héros qui vaincrait le mal ? Peu importe, ils n’avaient pas le temps.
“ Allons y.”

Lucius réessaya encore et s’écrasa une nouvelle fois au sol. Pignant de rage, il finit par tout simplement abandonner, s’asseyant dans la terre.
“Ma magie ne sert à rien. On doit trouver une autre issue.”
Des pas sur sa droite le firent se relever et une dame tout en blanc apparut sur sa droite. Charlette Condé était habillée de la robe la plus blanche du monde et semblait se débattre avec à chaque pas. Ses cheveux n’étaient plus gris mais bien blancs et même ses yeux étaient devenus plus pâles. Pastels en fait.
“Gentilhommes. Je ne sais point pourquoi mon verbe est si fleuri mais j’ai une solution pour les cœurs esseulés que vous êtes. Je pourrais ouvrir une brèche dans ce mur imprenable de ronces si dangereuses et ainsi vous permettre de pénétrer dans le cœur de cette forteresse terrifiante.
- Et ... Et comment ?
- Par le pouvoir ultime de l’amour. Ne vous moquez pas de ce si noble sentiment, il n’y a pas là de sentiment plus pur et plus magique. Vous devez vous embrasser et un passage s’ouvrira pour vos cœurs purs.”
Lucius pensa un instant que son coeur était tout sauf pur mais se retint de rire. Qu’allait faire Milo désormais ?
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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Mar 24 Avr - 14:21






Le Roseau et la Couronne
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Ainsi que l’avait fait remarquer Lucius, les choses devenaient bizarres. Trop magiques. La façon dont il avait soigné Luce, celles dont ses cheveux ondoyaient sous un vent inexistant, le fait que son père se soit fait emporter par des ronces animées de vie... Et tout le reste. Miloslaw avait le sentiment d’avoir été embarqué de force dans un livre de contes de fées. Cela ressemblait un peu aux histoires que lui racontait sa mère pour l’endormir à l’aube, quand il essayait de résister au sommeil en clamant qu’il n’était pas fatigué, juste pour ne pas avoir à terminer la nuit agréable qu’il avait passée. C’était idiot mais quand il était petit, il avait l’impression qu’il n’y aurait jamais de meilleur lendemain. Maintenant, il avait juste hâte de pouvoir se faufiler sous des draps à peu près propres et de se laisser tomber dans le sommeil comme une pierre au fond d’un lac.
Dans les histoires de sa mère, Miloslaw avait toujours préféré le meilleur ami du héros, son compagnon rigolo. Au début, il était juste physiquement drôle, et puis ce personnage avait fini par développer un humour irrésistible. Ces garçons, très peu souvent des filles, finissaient toujours par avoir un avenir plus radieux que celui du héros, ne serait-ce que parce qu’ils restaient en vie après le dernier chapitre. Ils trouvaient une fille jolie et gentille, pas héroïque, ou super belle, mais suffisamment agréable. Ils disaient adieu à leur ami sans beaucoup de regrets et avec de bons souvenirs de leur aventure récente. Et puis, ils représentaient un soutien indispensable. C’était peut-être ça que préférait Milo, ce qui l’avait dirigé vers le métier de majordome. Etre essentiel sans qu’on s’en rende vraiment compte.
Bien sûr, il y avait aussi des histoires ou le meilleur ami du héros était un bel enfoiré. Il lui volait la vedette, la fille, le trahissait, essayait de le tuer et finissait par crever comme une merde à cause d’une stupide erreur. En général, le combat épique se terminait comme ça :
« Tu a pourtant toujours été meilleur que moi ! clamait le héros, les larmes aux yeux, parce qu’en tant que héros, il ne pouvait décemment pas crier victoire après avoir enfoncé sa lame dans le cœur de son ancien allié le plus précieux.
- Je ne pouvais juste pas te laisser te ridiculiser encore une fois, surtout pas devant ta fiancée, répliquait alors le traître en crachant du sang, un sourire triste sur le visage et en évitant de regarder la fille qu’il avait enlevée et qui, de toute évidence, allait choisir de retourner avec le héros. »
Miloslaw espérait ne pas appartenir à la deuxième catégorie mais en voyant Charlette Condé s’avancer dans sa robe toute blanche, il sut que ses pires craintes venaient de prendre forme dans la réalité.

La fille de Taesch Condé parlait drôlement et le garçon de compagnie dût se concentrer pour comprendre ce qu’elle voulait dire avec ses phrases alambiquées. Quand elle lâcha finalement la solution à leur problème de jardinage, un silence de plomb tomba sur eux. Un moment passa, mais personne ne déboula pour mettre fin au malaise dans un temps respectable. Alors Miloslaw prit une inspiration, puis les devants. Il se tourna vers Lucius, baissa les yeux sur ses avants-bras couverts de jolis runes. Ses mains saisirent celles du prince alors qu’il se passait la langue sur la lèvre, réfléchissant à ce qu’il s’apprêtait à faire. Il ne voulait pas faire ça, mais Lucius s’épuisait avec sa magie. Il ne voulait pas savoir ce qu’il arriverait à son frère quand les jolies tatouages atteindraient son épaule. Est-ce qu’il deviendrait chauve ?

« Lucius... Pardonne-moi. Mais nous n’avons guère le choix. »

Il se pencha et enlaça étroitement son frère, juste quelques secondes. Puis il se détourna et s’avança devant dame Charlette.

« Tu te trompes, Lucius et moi ne nous aimons que comme des frères. Aucun baiser d’amour véritable ne saurait éclore de notre étreinte incestueuse. J’espère cependant que cela fonctionne si les sentiments ne sont pas retournés. »

Il saisit alors délicatement le visage de Charlette dans ses mains et, sans lui laisser plus de temps pour réagir, scella leurs lèvres. Il essaya d’y mettre toute la tendresse, toute l’admiration qu’il éprouvait pour la jeune fille. Cela fonctionnerait, il le sentait, il le savait. Et il en était si triste pour Lucius, à qui il volait sa fiancée.

Comme il se redressait, Miloslaw entendit un craquement. Les ronces se retirèrent, peu à peu, sous terre. Le terrain se reforma au-dessus d’elle, et il ne resta plus aucune trace de ce qui venait de se passer, si ce n’est quelques épines. Le manoir Von Hochen était désormais libre devant eux. Mais il aurait sans doute été trop facile de pouvoir y retrouver les invités de la fête intacts. Qu’est-ce qui pouvait encore bien les attendre de l’autre côté de la porte ?

Avant qu’ils ne puissent le découvrir par eux-mêmes, ladite porte exposa en morceaux. Quelque chose de gros, de blanc et de brillant venait de la traverser dans un feu d’artifice d’éclats de bois, avant de rouler plusieurs fois sur le sol et de s’arrêter à mi-chemin de l’endroit où se trouvaient Lucius, Charlette et Miloslaw. La chose brillante se redressa et ils découvrirent un homme en armure. Une queue de cheval blonde ornait son heaume et le pommeau de sa grande épée était orné d’une tête de renard argenté. On aurait dit un chevalier de l’ancien temps.
Son homologue, tout de noir cette fois, apparu tragiquement dans l’encadrement à moitié défoncé de la porte. Son épée était aussi noire que celle du premier chevalier était pâle et un peu de sang goûtait de la pointe de la lame, s’accumulant sur le perron. Une voix familière mais étouffée par le heaume aux gravures inquiétantes résonna dans la cour.

« Abandonne, Luscka von Hochen. Tu n’as pas la puissance nécessaire pour me vaincre. Tu n’es qu’un guerrier raté, comme toute ta famille que je massacrerai sans attendre une fois que j’en aurai terminé avec toi. Je ferai de tes enfants mes esclaves et ils me serviront jusqu’à ce que je me sois lassé d’eux. Tiens, regarde ! Voilà ton pauvre fils, qui va assister à ta mort honteuse. Regarde bien, Lucius ! Regarde et apprends. Apprends qu’il faut se coucher devant l'évidente puissance ! »

Luscka, le chevalier blanc, se rua alors en direction de son adversaire. Miloslaw plaqua ses mains sur ses yeux. Mine de rien, le discours du chevalier noir avait été plutôt convainquant.

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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Mar 24 Avr - 17:35

Le roseau et la couronne
Quand les lèvres de Miloslaw Kotka se posèrent sur celles de Charlette Caprizia Condé, Lucius sentit tout l’air autour de lui devenir glacé. Il se mit subitement à neiger mais personne ne s’en aperçut. C’était terrible, toute cette histoire. Il sentit les larmes poindre et détourna le regard. Cela ne l’aurait même pas étonné de voir une pierre tombale se dresser sous ses yeux. Une pierre qui aurait indiqué ‘Ici l’endroit où gît le respect dû au prince Lucius, décédé lors du plus gros vent de l’histoire de la vampirité.’
Le Mage garda son regard fixé sur un minuscule mont de terre à attendre désespérément que ce baiser long comme un jour sans sang se finisse.
Quand ce fut enfin la fin de ce moment beaucoup trop dramatique, Milo ressortit victorieux de son terrible combat contre les lèvres de Charlette. Celle-ci eut un regard confus. Elle leva sa main comme pour le gifler de la plus grande façon possible mais sa blanche main revint se poser contre l’autre, formant une position de parfaite princesse. La magie qui agissait en ce lieu semblait l’agiter plus que les autres. La pauvre voudrait certainement oublier ce moment gênant.
Charlette posa ses yeux de la couleur d’un lac de montagne sur le passage qui venait de s’ouvrir. Elle en sembla encore plus confuse. Elle ressemblait à Helen, une des filles qui avaient été les suivantes de Luba. Parfaitement candide quant aux faits du monde. Lucius n’aimait pas cette version de la jeune Condé. Lors de la partie de chasse, elle s’était avéré être moins lisse que ce qu’il avait pensé et voilà qu’elle se montrait encore trop parfaite. Merde.
Il voyait d’ici différents blasons, bien trop décorés. Le renard des Von Hochen, les oiseaux des Bathory et les bêtes sauvages des autres clans - sanglier pour les Tepes, fauve pour les Lioncourt - étaient désormais ornés de dorure et de bien trop d’arabesques. Les plumes du clan des moineaux n’avaient jamais été aussi détaillées et elles semblaient avoir été cousu du fil le plus fin et le plus précieux du monde. Tout ce luxe ne correspondait pas à ses souvenirs qui semblaient se tordre et s’effacer dans sa mémoire.
Même la devise des Von Hochen avait été honteusement effacée. “Fils et amants, filles et guerrières, frères et sœurs” avait été remplacé par un ridicule “Chevaliers blancs dans l’éternel, nous nous battons contre les ténêbres”. Tout le verbe avait été perdu ! Il se sentait souillé ! Le paon blanc ridicule de la porte d’entrée lui donna la nausée mais il se força à avancer, sans accorder un regard de plus à Milo et Charlette.
En marchant, il ne pouvait s’empêcher de cogiter. L’amour avait ouvert la porte alors ... Milo aimait-il vraiment Charlette ? Les larmes lui vinrent aux yeux et il les retint . Il n’avait fait que quelques pas quand la porte explosa.
Une fois les débris retombés, il lui sembla assister à la chute de la maison Von Hochen. Tout ici était étrange et sentait la mauvaiseté. Comme si un peintre avait accompli un chef d’œuvre mais avait préféré le gribouiller d’un sourire peint au goudron. Comme si Al Araaf avait renoncé à ce portrait de noble pour peindre une bouseuse avec un voile et un sourire minable qu’il aurait appelé La Rotonde ou quelque chose dans ces intonations. En secouant la tête, il se tourna vers Milo.
“Et alors que le combat entre les deux chevaliers faisait rage, le prince et son comparse arrivèrent. Le Prince, encore amer de la trahison de son faux-frère, n’avait pas oublié ce baiser pernicieux qui venait engluer son cœur.”
Une aventure narrative. Il ne manquait plus que ça. Oh, si, peut-être pourraient-ils s’exprimer en poèmes ridicules à l’avenir, histoire de faciliter les choses. Était-il le seul à entendre le conte ? Sans doute pas à en juger la mine déconfite de Charlie.
Les divagations de l’homme en armure noire le surprirent mais il aurait reconnu cette voix entre mille. Oncle Yvan était sous cette lourde armure de plates sombres. Son père et son oncle se battaient mais pour quoi ? Ils devaient avoir le même objectif, pourtant !
La corruption de cet endroit avait donc atteint le coeur de sa famille. Il devait mettre fin à cette folie  avant que ça ne soit trop tard. Quand Yvan s’approcha de façon menaçante de Luscka , Lucius eut un instant de panique. Que faire dans cette situation. Ses mains étaient tremblantes et il avait déjà bien trop usé de sa magie. Ces derniers jours avaient été bien trop mouvementés et il n’avait plus qu’une seule envie : partir en vacances et laisser les grandes personnes s’occuper des problèmes de l’empire. Luscka tenta de s’interposer mais se fit rejeter au loin. Lucius s’interposa et écarta les bras si fort qu’il crut s’être démit l’épaule.
“Oncle Yvan, non ! C’est moi!”
Le chevalier hésita. Lucius s’était-il trompé ? S’agissait-il de Gérard, illustre inconnu qui n’aurait aucun remords à le décapiter ? Il ferma les yeux et entendit un bruit métallique. Il crut d’abord être mort mais en ouvrant les yeux, il vit Yvan. Le chevalier jetait désormais son casque bien au loin de façon dramatique.
“Je n’ai pas le choix, Lucius. Tu ne comprends pas.”
Une nouvelle fois, le narrateur reprit la parole.
“La méchante reine avait bien entendu les événements qui se déroulaient dehors et la voilà, dans toute sa grandeur.”
Taesch apparut cette fois dans l’encadrement de la porte. Il portait une robe très serrée et fendue qui laissait tout voir de ses formes peu généreuses mais parfaitement proportionnées. Ses cheveux avaient été sculptés en un chignon de l’impossible et son col maintenait sa tête bien droite. Il fit un geste pour désigner Lucius et ses amis mais quelque chose se coinça dans sa manche trop ample. Tout le monde attendit sagement qu’il la décoince. Enfin, il les désigna d’un ongle parfaitement manucuré et verni en noir, bien évidemment.
“Qu’attends-tu, chevalier noir ? Tue ses enfants et rapporte moi leurs cœurs. Commence par la fille. ”
Taesch semblait éprouver une réelle douleur physique à prononcer ces mots. Et au moment où la lame d’Yvan allait s’abattre sur Charlie, qui restait au même endroit comme une potiche, une lame s’interposa. Cela fit quelques étincelles et l’inconnu se redressa. Il était très grand, barbu et il avait l’air humain. Ses vêtements étaient étrangement normaux, dans ce contexte déformé.
“Mais arrêtez bon sang, vous allez pas tuer des enfants. Cette malédiction vous retourne le cerveau !”
Lucius comprit soudain. Ils étaient dans un conte de fées et il savait exactement dans lequel. Le prince et le chevalier vert. Une histoire dans lequel le chevalier blanc perdait son combat contre le méchant chevalier noir et qu’au dernier moment, le prince se faisait sauver par un chevalier errant, le cœur sur la main.
Une voix boudeuse se fit entendre et quelqu’un sauta à terre. C’était l’homme qui avait agressé l’Empereur.
“Caleb ! Tu m’as gâché mon moment ! Le seul qui doit être sauvé ici, c’est le gosse albinos. Les autres doivent mourir, ça rajoute au drame !”
Cet homme était complètement fou. Et Lucius allait lui faire payer. Il saisit l’épée de son oncle Yvan et se jeta sur le chevalier vert, abattant la lame de toutes ses forces sur l’armure. Cela ne lui fit rien.
“Tss tss tss, petit, ce n’est pas dans le conte. Toi et moi on est du même coté et tous les autres doivent mourir. A la fin de l’histoire, ton oncle est mort, tes parents sont morts, ta petite copine est morte, ton side-kick est mort et mon père meurt de la pire des façons. Je suis le seul qui ressort victorieux de ce conte et le pauvre petit orphelin que tu es ne survivra probablement pas au chagrin. Quel dommage.”
Son sourire narquois, Lucius lui aurait bien fait bouffer. Mais il venait de comprendre quelque chose, grâce à lui. Quelque chose qui pourrait jouer en leur faveur. Le chevalier vert ne pouvait pas lui faire de mal.
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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Mer 25 Avr - 15:01






Le Roseau et la Couronne
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Des bruits de pas, des grognements, et finalement un cri désespéré. Voilà ce qu’il fallut à Miloslaw pour qu’il écarte enfin les mains de ses yeux. Le garçon de compagnie vit alors, horrifié, Lucius se tenir entre les deux chevaliers, les bras grands écartés, une cible parfaite. Milo ouvrit sa bouche dans un cri muet, mais ses jambes refusèrent de bouger. Pour faire quoi de toute façon ? Repousser Lucius et demander au chevalier noir de le tuer à sa place ? Ca n’aurait rien arrangé.
Miloslaw regarda donc la scène en espérant que les choses s’arrangent. Et ce fut ce qui se passa. Yvan von Dast apparut sous le casque du chevalier noir, essayant de raisonner Lucius sur la stupidité de son sacrifice.
La même voix sortie de nulle part qui avait souligné la tristesse et le sentiment de trahison du prince héritier annonça l’arrivée d’une reine. Bizarre, il n’y avait pas de reine. Du moins, Miloslaw le croyait-il jusqu’à l’apparition de Taesch Condé. La robe lui allait étrangement bien, même si le haut col largement passé de mode était très étrange. Enfin, c’était toujours plus raccord avec les armures lourdes des deux chevaliers que les vêtements normaux qu’arboraient Lucius et Milo.
Après un moment de flottement assez embarrassant, Taesch Condé formula alors la demande la plus insensée qui fut ! Il voulait que Yvan von Dast tue Dame Charlette ! Sa propre fille ! Un rictus douloureux sur le visage, Yvan leva sa lame devant une Charlette totalement incapable de bouger. Cette fois, Miloslaw ne se cacha pas les yeux. Il fixa la scène sans cligner des yeux, ne réussissant même plus à penser. Si au moins il avait eu un couteau sous la main, il aurait pu essayer de faire quelque chose. N’importe quoi !

La providence s’en mêla alors, incorporant à tout ce drame ridicule un homme qui n’était pas un chevalier, ni un sorcier maléfique à la barbiche en pointe. Il possédait aussi une épée, mais c’était bien là le seul élément concordant avec l’ambiance générale. L’intervenant inespéré parla de malédiction et de folie, Miloslaw était parfaitement prêt à le croire vu tout ce qu’il voyait depuis une heure.
Cela ne suffit néanmoins pas à régler la situation, grâce ce fut l’instant que choisi l’homme en vert pour réapparaître. Miloslaw aurait trouvé drôle qu’il soit devenu l’homme en verre (et bien pratique aussi), mais comme il y avait des chances pour que ce soit lui l’auteur de tout ce foutoir, on n’aurait pas vraiment pu l’espérer.
Lucius s’empara de l’épée d’Yvan et Milo fut impressionné. L’arme avait l’air lourde. Pourtant il la mania avec assez d’aisance pour réussir à toucher l’homme en vert. Qui se gaussa. Apparemment, son armure - toute verte bien sûr - le protégeait efficacement. L’acier rebondit dessus sans laisser une seule marque. La situation semblait désespéré.

« Et alors, le garçon de compagnie qui avait martyrisé le cœur de son frère bien-aimé par son horrible trahison trouva de quoi sauver la situation. Car tout à coup, il sentit sa poche devenir lourde, beaucoup plus lourde. »

Interloqué, Miloslaw observa les autres, mais personne, à part lui, ne semblait avoir entendu la voix du narrateur. Celle-ci reprit, sur un ton quelque peu agacé.

« Le garçon de compagnie, qui avait bien malheureusement réduit en poussière l’amour propre du prince héritier en se montrant vil et déloyal, plongea la main dans sa poche. C’était peut-être pour lui la chance de se racheter. »

Miloslaw obéit à la narration. On ne savait jamais, cette curieuse voix que lui seul entendait pouvait avoir raison. Il fouilla les deux poches de son manteau - car il n’avait senti aucune lourdeur apparaître - et ses doigts se refermèrent avec surprise sur une forme familière. Il s’apprêtait à la sortir à l’air libre, mais hésita. La distance entre lui et l’homme en vert était bien grande. Trop grande.
Un combat épique s’engagea et Miloslaw en tira profit. Il se faufila derrière les buissons afin de contourner le groupe de combattants. L’inconnu barbu et Luscka von Hochen se battaient furieusement contre Yvan von Dast. Pendant ce temps, l’homme en vert admirait le spectacle en arborant un sourire goguenard qui lui allait bien, il fallait bien le reconnaître.
Bien caché derrière un grand buisson taillé en forme de guerrier, Miloslaw attendit le moment propice. Il avait peur de se faire repérer par l’homme en vert et de rater sa chance. Finalement, l’ouverture se présenta alors que l’homme barbu balança un petit couteau sur l’ennemi. Celui-ci l’esquiva, mais il sembla se montrer bien plus attentif à ce qui se passait. Voilà, parfait. Il allait sortir à toute vitesse de sa cachette, s’arrêter à trois pas, frapper puis s’enfuir. Il ne tenait pas vraiment à attendre de voir si son plan allait fonctionner.

Malheureusement, une malédiction était quelque chose contre lequel il était impossible de lutter. Miloslaw se rua bien en dehors de sa cachette, il s’arrêta bien à trois pas, mais là, il ne frappa pas avant de s’enfuir lâchement - ou prudemment, tout dépendait du point de vue. Non, il leva ce qu’il avait trouvé dans sa poche, haut au-dessus de sa tête, et clama :

« De la part du side-kick ! »

Et là, il lança l’œuf d’or au sol, juste devant un homme en vert sidéré de façon tout à fait comique et théâtrale.. Le bijou s’ouvrit en touchant le sol et se mit à aspirer l’homme en vert. Tout le monde, y comprit Miloslaw, regarda se qui se passait sans rien dire. Il fallait dire que tout le monde devait être curieux de savoir comment ça allait se terminer.
Dans un cri horrible et rageur, l’homme en vert disparut tout entier dans l’œuf d’or où avait été autrefois enfermé le chaton démoniaque. Il y eut un petit bruit d’aspiration et l’œuf redevint entier, bien scellé. Victorieux, Milo le récupéra. Le métal clinquant était tiède dans sa main. Et un peu plus lourd.

« Choppé ! Qui c’est qui rigole, maintenant, hein ? »

Il était content. Et fier. Grâce à lui, la malédiction allait cesser, Yvan von Dast et Taesch Condé allaient arrêter de les tuer. Lucius lui pardonnerait peut-être son écart avec Dame Charlette. Enfin, il l’espérait très fort.
Avant qu’ils puissent s’extasier, cependant, l’œuf se mit à vibrer puissamment entre ses doigts. Et éclata avant que Miloslaw ne puisse penser à le jeter au loin. La force de l’explosion le projeta loin, très loin dans les jardins du manoir. Il traversa des kilomètres de pelouse impeccablement taillée et de massifs de fleurs trop colorées, avant de finir dans un mignon petit cabanon. Du moins, il l’était avant que Miloslaw ne le percute. Le petit abri s’effondra aussitôt, presque trop facilement.

Le garçon de compagnie resta étourdi un petit moment. Quand il reprit pleinement conscience, deux choses l’horrifièrent. D’abord, il y avait l’homme en vert, qui riait à gorge déployée, sifflant que personne ne pourrait jamais l’enfermer, ni le vaincre. Ensuite, il y avait le sang. Tout ce sang. Trop de sang.
Miloslaw se tâta, mais ne trouva aucune blessure profonde, aucun objet ou morceau de bois enfoncé dans son corps. Et puis, il le vit. Le corps d’un enfant, un petit voleur venu ici pour observer certainement. Face contre terre, il avait une pelle enfoncée dans le bas dos.
Miloslaw savait avoir affaire à un vampire, aussi il se remit debout en titubant et arracha l’outil du corps de Myrtille. Même avec tout le sang, il comprit que sa colonne vertébrale avait été sectionnée net. Il fallait à tout prix que cette malédiction se termine au plus vite.


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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Ven 27 Avr - 15:30

Le roseau et la couronne
Lucius ne savait pas si cet homme en vert allait mourir. Si oui, tant mieux. Si non ... tant mieux aussi. Il prendrait un malin plaisir à laisser Taesch le torturer. Quoique ... il avait dit que Taesch était son père non ? Tout du moins, quelque chose qui y ressemblait. Est-ce que Taesch avait fait quelque chose de si terrible que cet homme ait pu décider de se venger sur l’entièreté de l’Empire ? Et pourquoi personne n’avait jamais entendu parler de ce fils psychopathe ? Peut-être que cet homme affabulait pour leur donner de bonnes raisons de le craindre.
Le prince se lécha les lèvres avec application. Il avait soif et une gorgée de bière aurait certainement éclairci son humeur mais il n’y avait plus personne dans cette coquille qui se trouvait à la place de leur manoir. Ils avaient dû rester dans une dimension parallèle, en sécurité. Lucius se demanda du coup où étaient Lubalai et les autres Von Hochen. Il serra les poings. Ils devaient vaincre cet homme, le plus tôt serait le mieux.
L’homme était toujours tout sourires et le jeune homme ne pouvait que le détester. Il n’avait aucun trait en commun avec Taesch. La peau de l’homme se rapprochait plus de celle de Charlie, ses cheveux n’avaient pas du tout la même implantation, ses yeux étaient d’un vert forêt vif alors que ceux de Taesch étaient délavés. Pouvait-il vraiment être son fils ? Il regarda Milo, comme pour chercher une réponse, et se mordit la lèvre. Il avait le même regard que lorsqu’il tenait une main gagnante.
Il l’observa avec la crainte de celui qui savait combien les paris de Milo lui avaient été néfastes. Il avait perdu des vêtements plus tôt chez les voleurs, sa dignité encore plus tôt dans ce même manoir. Comment pourrait-il avoir la solution à tout ce qui les dérangeait ? Et puis, le jeune homme se souvint : Milo était son frère. Il avait peut-être hérité de la ruse de leur père en commun. Il était peut-être encore plus intelligent, dû à son éducation pratique dans une ferme. Savait-il se battre ?
Taesch essaya de parler mais un son étranglé sortit de sa gorge. Il arborait une beauté triste que personne d’autre n’aurait pu aussi bien porter. Aucune femme ne pouvait avoir les traits aussi fins, les yeux aussi humides et l’expression aussi douloureuse. Comment ne pas l’aimer ? Il ressentit le regard d’Yvan sur la méchante reine et comprit alors : le chevalier noir obéissait à la reine par fidélité mais surtout, par amour. Charlie avait dit, un peu plus tôt que l’amour était la plus grande magie qui existait. Pour mettre fin à cette malédiction, il faudrait plus d’un baiser.
Taesch, toujours muet, était beau à un point insoutenable. Lucius réfléchit à toute vitesse. Si la reine devenait bonne, l’homme en vert n’aurait plus de raison d’affronter ni le chevalier noir ni la reine. Et pour attendrir son cœur, un baiser d’amour véritable ferait l’affaire.
Milo cessa de réfléchir et se lança. Un frisson glacé naquit dans les reins de Lucius pour remonter le long de son dos et planter sa pointe dans sa nuque. Il espérait que cela marcherait et qu’ils auraient le temps de donner tous les baisers qu’il faudrait pour éteindre cette malédiction. Le jeune homme regarda Milo lancer la boule et tout son corps se réchauffa intensément. Cela allait marcher, c’était bien obligé. Personne n’échappait à ce sort, même pas un démon.
L’explosion suivante le sonna et il cracha plusieurs fois du sang. Il avait été en première ligne. Un sifflement aigu couvrait tous les sons et il resta une bonne minute à regarder la scène. Un enfant était là, il avait été littéralement transpercé par une pelle. Charlie était tombée à terre et sa robe était vilainement tâchée. Les trois combattants avaient été soufflés et personne ne se battait plus. Taesch, recroquevillé, pleurait toutes les larmes de son corps en suppliant l’homme en vert d’arrêter. Les lacets cirés sur sa robe brillaient au clair de lune et Lucius y trouva la force de se redresser. Rien n’était perdu. Pas encore. Yvan devait embrasser Taesch.
Taesch, de son coté, ne savait rien de tout cela. Il se dirigea vers l’enfant et le prit dans ses bras. Il serait sûrement mort avant que le soleil ne soit levé. Le chevalier noir ne cessait de se moquer, encore et toujours.
L’enfant devait avoir treize ans et Lucius avait entendu que c’était l’âge auquel Charlie avait été adoptée. Peut-être avait-il un faible pour les enfants. Quoiqu’il en soit, il le serra contre lui. L’enfant plongea son regard dans celui de Taesch et ce dernier versa quelques larmes. Il y eut un éclat et, tout d’un coup, Taesch se retrouva dans une tenue bien similaire à ce qu’il aurait pu porter en temps normal - une simple chemise à jabot blanche et un pantalon rouge vif. Ses cheveux étaient redevenus normaux et l’enfant portait désormais une sorte de collier brillant.
Aussitôt, Lucius vit avec bonheur l’armure d’Yvan tomber en morceaux. Le prince sourit doucement et regarda l’homme en vert. Ses larmes d’hilarité n’avaient pas fini de sécher et le voilà victime du pauvre petit enfant qu’il avait lui même rendu handicapé. Une volée de papillons fit disparaître Yvan, Taesch et l’enfant. Charlie, Luscka, Milo et lui restaient. Il leur restait donc un rôle à accomplir.
“L’amour est la plus puissante des magies, enculé. Et tu ne pourras jamais nous empêcher d’aimer.
- Oh, mais je peux vous empêcher de vivre.”
L’homme leva bien haut son épée et l’abattit sur Milo mais Lucius ne fit aucun geste. Et quand la lame fut arrêtée par un écran de magie, le prince fixa l’homme en vert.
“Tu es le gentil. Tu ne peux pas faire de mal.”
Il attrapa la main de Milo et le tira à l’intérieur. Il avait bien l’intention d’ignorer cet homme. Et il connaissait le conte comme personne.
“Allons y, le dragon ne va pas tarder à arriver.
- Quel dragon ?”
Visiblement, Luscka ne s’était pas attendu à voir un énorme reptile cracheur de feu atterrir dans la Cour. La bête rugit et Lucius crut reconnaître les yeux de la bête. N’était-ce pas le gros chat roux de ses parents ?
“Les deux chevaliers doivent combattre le dragon et nous on va en profiter pour aller réveiller mon père.”
Il s’élança dans le manoir en tenant la main de Milo. Et quand ils arrivèrent au escalier qui distribuait les chambres de la famille, il s’arrêta devant un ennemi inattendu. Il oubliait toujours le chat poseur d’énigmes dans ce stupide livre. Bien entendu, Luce devait avoir un rôle à jouer. Charlie les rejoint en trottinant comme elle pouvait avec ses chaussures en verre. Ils arriveraient peut-être à vaincre Luce, à trois.
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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Sam 28 Avr - 10:39






Le Roseau et la Couronne
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Miloslaw était couvert de sang, de croûtes, d’herbe, de terre et aussi de sciure de bois. Ses chaussures étaient en lambeaux et son manteau ne ressemblait plus à un manteau. Il se souciait pourtant bien plus de la petite Myrtille que de lui-même. Il était difficile de tuer un vampire, mais tout de même... Avec précaution, il la retourna pour voir son visage. Elle vivait encore mais devait souffrir atrocement. Taesch apparut alors à ses côtés, profondément touché par le drame. C’en était presque trop. La reine au grand col prit l’enfant à moitié dans les vapes contre elle et redevint Taesch Condé, dans toute son excentricité ordinaire. Après quoi, tous les deux se volatilisèrent, disparaissant comme s’ils ne s’étaient jamais trouvés là. Seul le sang qui collait à l’herbe témoignait de ce qui venait de se passer.
Miloslaw se redressa et clopina pour rejoindre Lucius et Luscka. L’homme en vert semblait furieux de l’évolution des choses. Il restait aussi Dame Charlette, dont la robe n’était plus aussi blanche, et l’homme barbu et mystérieux venu à leur rescousse. Le prince était le seul à oser tenir tête à leur assaillant, avec tout le courage dont il disposait, sûrement. Milo se jura de devenir le parfait garçon de compagnie et le parfait grand frère, parce qu’il le méritait amplement.

Finalement, un dragon fit son apparition et cela n’étonna pas vraiment Miloslaw. Toute cette histoire était déjà dingue, alors un grand reptile volant cracheur de feu de plus ou de moins... Il se laissa traîner par Lucius dans le manoir des Von Hochen, boitillant. Une fois à l’intérieur, il examina sa jambe gauche et grimaça. Un bout d’os avait percé la chair et dépassait joyeusement de son membre. La blessure était déjà pratiquement refermée, il allait devoir demander une opération chirurgicale. Pour l’instant, il recouvrit son infirmité de ce qui restait de son manteau emprunté et suivit Lucius et Charlette dans les couloirs. La fille de Taesch n’allait pas beaucoup plus vite que lui, elle avait hérité d’escarpins en verre bien peu commodes. Miloslaw allait d’ailleurs lui suggérer de l’imiter et de marcher tout bêtement pieds nus quand Lucius se stoppa. Milo clopina jusqu’à lui et se demanda pourquoi il semblait aussi embêté. Ce n’était que Luce qui se tenait devant la porte.

« Encore toi ! s’exclama Miloslaw. Allez, pousse-toi. On doit sauver
l’Empereur. »


Il fit un pas en avant, mais Luce grossit tout d’un coup et claqua des dents à un demi-centimètre de son visage. Milo cria et tituba en arrière, se cognant à Lucius.

« Vous devez répondre à mon énigme ! Ne vous en faites pas, ce sera une facile. Mais si vous répondez mal, je serai obligé de vous manger. Plus exactement, je serai obligé de manger la personne qui aura donné la mauvaise réponse. Ca vous laisse trois chances ! »

Charmant. Miloslaw soupira, mais se résigna. De toute façon, même contraint par un sort, le chaton démoniaque allait leur facilité la tâche. Ce serait certainement un grand classique des énigmes, rien de bien obscur. Le chaton se racla la gorge en prenant l’air important le plus agaçant du monde, puis se lança :

« Trois poissons sont dans un seau. L’un meurt. Combien en reste-t-il ? »

Personne n’osa prononcer un son. Miloslaw était perplexe. Luce leur avait promis une énigme facile mais ça ressemblait plus à une question de mathématiques pour enfants qu’à une énigme. Est-ce qu’il y avait un piège ?
Devant leur silence, le chaton s’étonna.

« Et bien quoi ? Vous ne savez pas ? Je pensais pourtant que ce serait facile pour vous. Oh attendez, je vais vous en faire une autre. ... Ah non, attendez, c’est pas possible. Je ne peux pas changer. Oh allez, vous êtes trois de toute façon, alors même si le premier meurt, il vous restera deux chances. »

Malgré l’horreur de ses propos, Miloslaw se rendit compte que le chaton n’avait pas tout à fait tort. Ce qui pressait le plus était de sauver la situation et pour cela, ils devaient impérativement rejoindre l’Empereur. Le garçon de compagnie ignorait pourquoi ou comment, mais il faisait confiance à l’esprit aiguisé de Lucius pour avoir tout compris du mécanisme de cette malédiction. Et si quelqu’un ici devait se sacrifier, c’était bien lui.
Il se tourna vers les deux nobles et prit une inspiration.

« Je vais passer en premier et répondre « deux ». Ca vous laissera déjà plus de chances de réussir. Mais autant éliminer la réponse la plus évidente avec moi, je ne suis pas essentiel. »

Il allait mourir, il le sentait. Mais il ne voyait vraiment pas comment résoudre cette énigme autrement.

Réponse de l'énigme:
 


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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Dim 29 Avr - 17:35

Le roseau et la couronne
Les choses avaient été si simples auparavant. Sa nourrice quand il était enfant, Radégonde - ou avait-ce été Ingonde ? - lui avait raconté de nombreuses fois ce conte. Le chevalier blanc était une sorte de grand héros mais le chevalier noir avait tout de même réussi à se défaire de lui. Finalement, le chevalier vert était le véritable héros de cette histoire. Il sauvait le petit prince et la main de sa fille revenait à ce dernier. Ils vivaient heureux dans un royaume en paix.
Le vieux conte était d’un ennui à pleurer, selon le jeune homme. On n’y trouvait pas de grands combats épiques, à part celui contre le chevalier noir, et il parlait surtout d’amour. ‘L’amour est très important’, disait sans arrêt la nourrice. ‘Il te permettra de surmonter de terribles épreuves et de trouver la paix.’ Lucius n’y croyait pas. Enfin, il y avait cru à l’époque mais il avait cessé de penser que c’était vrai quand elle les avait trahi, lui et sa famille. Pour quelques couverts en argent et un jambon fumé. Luscka l’avait forcé à la regarder se faire exiler. Il avait posé sa main sur l’épaule frêle de son fils et avait dit quelque chose à propos de la trahison mais Lucius n’avait pas écouté. Il n’avait pas pu s’empêcher de penser que personne ne mettrait les mots sur la peine et la déception qu’il ressentait.
Après elle, il y avait eu Clotaire. Puis Francisque. Puis Louis. Puis des tas d’autres gens. Et Milo. Il était le dernier remplaçant en date de cette traîtresse et il ne se remettrait sans doute jamais de celui qui avait osé lui mentir. Par omission, mais il lui avait tout de même menti. Ils étaient frères mais aurait-il jamais une réelle confiance en lui ? Aurait-il ne serait-ce que le soupçon d’un amour familial pour lui ?
Il secoua la tête et se concentra sur Luce qui manqua de dévorer Milo. En hoquetant, il le regarda se gonfler puis revenir à sa taille de chaton. Charlette semblait réellement surprise de la situation. Elle ne cessait de pousser des ‘aaah’ et de ‘oooh’ proprement agaçants et même si elle ne semblait s’en rendre compte, cette main posée devant sa bouche et ses yeux grand ouverts lui donnaient l’air d’un automate grippé.
Bien, si tel était le désir de Luce, ils allaient jouer avec lui. Lucius écouta attentivement les règles avant de déglutir. Okay, ils n’avaient que trois chances. Luscka ne serait jamais assez intelligent pour passer, dans ce conte, il n’était qu’une montagne de muscles dénué de tout cerveau.
Une fois que l’énigme fut posée, il hocha la tête. Cette histoire de poissons était typique des chats et il imaginait assez difficilement une situation dont il se serait plus foutu. Charlette réfléchissait avec des expressions visuelles très féminines, comme la poupée sans personnalité qu’elle était et Lucius décida de ne plus la regarder. Au lieu de ça, il se concentra sur l’énigme. Trois poissons, l’un d’eux meurt. Hmm ...
Milo décida de son propre chef, comme un bon side-kick, de gentiment se sacrifier. Bien sûr, la réponse donnée n’était pas bonne et Luce secoua la tête avec un air désolé. Il était forcé à faire des insanités comme les autres et il aimait sans doute bien Milo. Mais cette situation n’était pas comme celle où il jouait aux cartes. Ici, il ne pouvait pas bluffer. Aussi, Luce se changea en une horreur pleine de dents et se jeta sur lui.
Il n’aurait jamais cru que jouer le jeu serait aussi difficile. Charlette, elle, décida de briser les règles. Elle s’interposa et les crocs de la bête pénétrèrent dans sa chair de poupée, finalement pas faite de porcelaine. Sans trop qu’il ne sache pourquoi, elle se retrouva dans les bras de Milo.
Sa main se leva douloureusement pour caresser la joue de Milo dans un geste tendre et puis, d’un coup, elle redevint Charlette Condé, la fille normale. Elle portait une chemisette, une jupe bien moins grandiloquente et ses cheveux étaient redevenus gris. Sa main se souleva pour prendre de l’élan et elle administra à Milo la plus belle gifle de l’histoire.
“Ne m’embrasse plus jamais sans mon consentement ! Et la réponse c’est trois, bande de débiles.”
Une nuée de papillons l’emporta et Luce élargit son sourire de chaton. Il hocha la tête et se décala sur le côté avant d’être emporté à son tour par les papillons.
“On se revoit de l’autre côté.”
Lucius hocha la tête et sans un mot de plus, Lucius prit la main de Milo et le tira plus profondément dans le manoir. Une chambre étrange tenait la place de la salle de bal et Lucius y vit son père, sur un lit de ronces. Il eut vraiment envie de pleurer mais n’en fit rien.
“Je suis venu te sauver, Papa.”
Il grimpa sur l’autel, s’écharpant les jambes et se tint, à genoux au dessus de son père. Ses lèvres rencontrèrent le front glacé de son père mais rien ne se passa. Quoi ? Mais pourquoi ? Il avait fait les choses dans les règles !
Il rééssaya, encore et encore mais rien ne se produisit. Est-ce que seul son père pouvait bloquer la malédiction. Fort heureusement, il venait d’arriver, dans sa belle armure. Apparemment, il avait vaincu le dragon.
“Mon bien aimé !”
Son air surpris fit soupirer Lucius, qui descendit de l’autel.
“Viens l’embrasser.”
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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Lun 30 Avr - 10:20






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Miloslaw Kotka était arrivé au terme de sa vie. Un grondement sourd le prévint et il se retourna pour faire face à la bête. Luce avait de nouveau grossi et cette fois, le garçon de compagnie eut le temps de l’observer en détail sous cette forme. Il n’était pas exagéré de le qualifier de monstrueux. Le chaton démoniaque ne ressemblait plus du tout à un chaton, il n’était qu’un amas de dents brillantes et acérées, qui renvoyaient des dizaines de fois à Milo son reflet terrifié. Deux langues longues et remuantes, comme deux fouets particulièrement menaçants, s’agitaient vers lui. Est-ce que Luce prenait son temps pour le plaisir de le voir crever de trouille avant de crever pour de bon, ou était-ce par attachement ? Après tout, même Miloslaw avait fini par ressentir une petite pointe d’affection pour ce drôle d’animal. La gueule béante à l’haleine brûlante fonça sur lui et Miloslaw regarda la mort en face, comme l’aurait fait l’un de ses ancêtres Von Hochen. La mort, pourtant, se désintéressa de lui. Elle plongea plutôt sur Dame Charlette, qui venait faire écran entre lui et Luce. Miloslaw poussa un cri de surprise, qui se prolongea sur un cri d’horreur quand le sang de la pauvre adolescente gicla sur lui.
En la voyant tomber sur lui, Milo tendit les bras et l’accueillit. Luce recula, l’air décontenancé. Et Charlette lui caressa la joue en le couvant d’un regard enamouré. Miloslaw se sentit très mal à l’aise, par rapport à Lucius. Mais elle allait mourir, alors il pouvait accorder un dernier geste d’affection à la jeune fille. Il la serra un peu plus fort contre lui.

« Dame Charlette, je ne me doutais pas que... AOUH ! »

La claque lui avait retourné la cervelle. Redevenue elle-même, Dame Charlette le jaugeait d’un air plutôt furieux. Outré. Miloslaw plaqua sa main sur sa joue brûlante. Elle frappait fort pour une aussi jeune personne.
La fille de Taesch Condé leur indiqua la bonne réponse, les insulta, puis disparut dans un flot de papillons lumineux. Miloslaw se tourna vers Lucius.

« Je te promets, Lucius, que j’allais m’excuser. Tout ça c’est à cause de la malédiction. Je ne l’aime pas du tout ! »

Mais il ressentait toujours cette profonde admiration pour la jeune dame. Ce sentiment s’était même amplifié depuis qu’elle avait cherché à se sacrifier pour lui sauver la vie. Même si son comportement avait été guidé par des sentiments amoureux créés par la malédiction, elle avait eu le courage de s’interposer. Dame Charlette était quelqu’un d’extraordinaire, même avec l’esprit embrumé.

Ils purent passer et Luce ne chercha plus à le manger. Apparemment, les règles strictes de la malédiction avaient leurs limites. Une fois de l’autre côté de la porte, Miloslaw s’arrêta. La chambre était habitée par les ronces. Cela ne fit pas hésiter Lucius, qui sacrifia son pantalon pour aller embrasser son père. Voilà. Les choses étaient terminées.
Pourtant, rien ne se passa. L’Empereur ne s’éveilla pas, la chambre aux ronces resta telle qu’elle et quand Luscka von Hochen fit son apparition, il portait toujours cette armure ridicule. Sur conseil de son fils, le Prince consort s’avança vers Elijah. Il marchait d’un air solennel, lent, trop lent. Les ronces caressèrent les plates de ses jambières avec respect et le temps sembla se suspendre alors qu’il se penchait sur la bouche pulpeuse de son mari. C’était beau. Miloslaw s’attendait à une vague de lumière, tiède et réconfortante.
Le baiser se prolongea, se termina et, encore une fois, rien ne se passa. Mais... ! Comment était-ce possible ? L’amour était bien la clef, non ? Pouvait-il y avoir quelqu’un qui aimât plus l’Empereur que son propre fils ou son mari ? Luscka s’effondra à genoux devant le lit, tenant entre ses mains les doigts inertes d’Elijah et se mit à pleurer dessus.

Miloslaw se sentait tellement désolé pour cette famille. Si seulement il pouvait y faire quelque chose... Mais ça aurait été complètement ridicule de croire qu’il pouvait réussir, lui le bâtard qui résidait au château depuis une poignée de jours. Il semblait que jusqu’à ce que l’homme en vert décide du contraire ils allaient rester coincés dans cette réalité de conte de fée.
Il se doutait que Lucius devait se trouver dans un état émotionnel déplorable. Il s’approcha du prince et le fourra de force dans son étreinte.

« Je suis désolé, Lucius. On va trouver une solution. »

Un vertige brutal et soudain lui donna envie de vomir, avant de l’éjecter loin de Lucius. Il lui semblait que le monde pivotait et se retournait comme un gant. Quand il se stabilisa, Miloslaw se retrouva à quatre pattes sur le sol de la salle de bal. Il retint le sang qui affleura contre ses lèvres et le ravala avec une grimace. Lentement, il se remit debout, vacillant. Tout était redevenu comme avant. Luscka von Hochen, la pièce et... Elijah. Bien réveillé.

« Vous êtes plus fort que ce que je pensais, mes petits fours crémeux. »

Miloslaw fit volte-face vers la porte grande ouverte et l’homme en vert. Allaient-ils encore devoir se battre ? Mais l’homme barbu fit alors son apparition et pointa une arme de Lumen sur l’ennemi. Des pointes se fichèrent dans le dos de ce dernier, qui se convulsa, les dents serrées. Electrocuté, il s’effondra au sol, évanoui. Miloslaw aurait choisi ce moment pour fuir au lieu de vérifier l’état de l’homme en vert, mais le barbu ne montra aucune hésitation et le déposa comme si de rien n’était sur son épaule. Il était drôlement fort pour un humain !



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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Lun 30 Avr - 15:27

Le roseau et la couronne
Le malheur qui s’abattait sur sa famille était une malédiction. Lucius eut envie de pleurer quand son père se pencha sur le corps inanimé de l’Empereur. Tout cela devait marcher, il en était sûr.
Pourtant, cela ne marcha pas. Et tout était de sa faute, il en était convaincu. Il avait plongé son père dans un sommeil enchanté dont il ne réveillerai pas. Il avait semé la mort et la destruction dans sa fuite du manoir et il s’effondra sous la nouvelle. Elijah ne se réveillerait pas et tout le monde finirait par mourir comme l’homme en vert l’avait prédit. Il ne les relacherai jamais : il était le véritable maître du jeu.
“Qu’ai-je fait ?” murmura-t-il dans un souffle.
Le bonheur, il l’avait connu et embrassé pleinement. Il était né dans une famille aimante, qui l’avait tout de suite accueilli comme l’un des leurs. Luscka lui avait appris à chasser, Elijah à maîtriser le feu magique qui brûlait en lui. Oncle Yvan et ses sourcils froncés, ses grands parents si fusionnels, Oncle Ulrick, toujours souriant malgré l’adversité, Isobel et Roman, qui ne l’avaient jamais laissé en arrière. Il ne les reverrait plus jamais.
Accoutumé à la liberté, il ne s’était pas rendu compte de la chance qui était la sienne. Il n’était qu’un enfant ingrat. Il aurait mieux valu, au final, que ce soit Milo qui soit né à sa place. Il était bon et, malgré son côté maladroit, il aurait sans doute été un bien meilleur prince que lui. Un meilleur fils que lui. En déglutissant, il regarda le désastre droit devant lui. Luscka était fou de douleur et venait de réaliser qu’il n’y avait pas de porte de sortie pour eux.
Il aurait tant aimé entendre les récriminations de son père à l’encontre de ses habitudes volages encore une fois, voir les deux caméristes de la suite de ses parents glousser alors qu’Elijah tentait de calmer son terrible mari. Voir ses parents s’enlacer très froidement. Ils n’avaient jamais eu de réelle démonstration d’amour devant lui mais il savait que c’était parce qu’ils étaient pudiques et que le réel amour ne se montrait qu’à la lumière du soleil, voilé par des rideaux.
La lueur pleine de défi dans les yeux de Lucius avait disparu et il était désormais résigné. Quand l’homme en vert arriverait, il négocierait la sortie de sa famille du mieux qu’il pourrait, même s’il devait donner sa vie . Luscka essaya encore et Lucius détourna les yeux. C’était pitoyable.
Il se mit à sangloter, silencieusement, gardant ses mains plaquées contre sa bouche. Ils avaient tous eu leur rôle à jouer, ce n’était pas logique. Taesch avec sa peine engoncée dans sa robe trop serrée, Yvan et son amour pour la méchante reine, Charlette handicapée par ses pantoufles en diamant ou en verre, il ne savait plus trop. Pourquoi eux étaient-ils si inutiles ? Est-ce que tout cela n’était qu’une torture de plus, destinée à instiller la foi en eux avant de la leur arracher ?
Il soupira doucement et regarda Milo. La première fois qu’il l’avait vu, il avait l’air d’un majordome raté. Désormais, il était bien plus que cela à ses yeux. ‘Et moi ? ‘, pensa-t-il en lui même ‘Suis-je toujours cette personne horrible et bien trop arrogante pour lui?’ Il aimait désespérément Milo, désormais. Il l’aimait trop. Il rêvait encore de son corps contre le sien, de sa bouche plaquée à ses lèvres. Mais jamais ils ne pourraient ... Il devait se résigner pour cela aussi. Avant de mourir, avant de se sacrifier, il devait offrir à Milo ce qu’il était venu chercher à Ravenwell : une famille.
Il se rapprocha de lui, d’un pouce. Il avait l’air aussi désemparé et triste que lui. Triste n’était ici qu’un état en deçà de la réalité. Il avait compris, lui aussi, qu’ils n’étaient que des marionnettes aux mains de l’homme en vert.
Il ne chercha pas à s’échapper de l’étreinte de son frère et l’accueillit même avec un certain soulagement. Quand l’homme en vert arriverait, il pourrait bien se ficher des mines désespérées du père et des deux frères, Lucius s’en fichait.
Les mots de Milo lui arrachèrent le cœur et il hocha la tête. En déglutissant, il le serra fort contre lui, un peu frustré qu’il soit aussi grand, et répondit en un sanglot.
“Oui. Grand frère.”
Et puis, la réalité changea et se retourna sur elle même. Il en eut la nausée et recracha une flaque de sang. Cela commençait à devenir une habitude. Milo était désormais loin de lui mais son père était là, bien éveillé. Il portait ses vêtements habituels et les ronces s’étaient changées en fleurs rouges, celles qui avaient fait la renommée de Cardinal. Elles formaient un tapis sous son corps et Luscka le serrait fort contre lui en lui murmurant à l’oreille.
Ils étaient revenus du conte.
L’homme en vert fit irruption dans la salle de bal et Lucius retrouva toute sa rage. Il fronça les sourcils et serra les poings. Il était prêt à lui arracher la tête quand il le pourrait. Ici, il avait les idées claires et la vie lui semblait bien plus facile. Ils pourraient sans problème se défaire de lui et il finirait dans un  cachot, à bouffer des rats pour le reste de sa vie. Il se releva et sentit sa magie s’enflammer au fond de son cœur.
Sa victoire lui fut arrachée par l’homme qui les avait sauvé dans le conte avec une arme de Lumen. Il le hissa sur son épaule et Lucius hurla de rage.
“Non ! Je veux son cœur !”
Finalement, il ne savait rien de Lucius et il ignorait que c’était lui, la méchante reine des contes et certainement pas Taesch. Il allait prendre le contrôle de la situation et de cet homme qui avait tant fait pour nuire à son bonheur. Drapé de sa magie, il leva le vent qui souffla l’homme de l’épaule du colosse humain avant de le faire échouer à terre. Un autre sort suffit pour que tout le monde soit paralysé. Il savait bien que la flamme dans ses yeux terrifiait ses parents mais il n’avait d’autre choix. Il devait protéger tout le monde.
Dans toute sa superbe, il se dirigea vers l’homme en vert, allongé sur le dos. D’un coup de pied bien placé, il le réveilla. Il voulait qu’il voit la scène. Sa main plongea dans le corps de l’homme et en ressortit sans créer de dommage externe. Dans la main, il tenait un espèce de joyau rougeoyant qui s’illuminait d’une lumière douce. Grâce à lui, il connaissait désormais le nom ridicule de son assaillant.
“J’ai ton cœur, maintenant, et je vais te tuer.”
Il appuya un peu sur son coeur mais Luscka l’interrompit avant qu’il n’ait pu réduire la pierre rougeoyante en miettes.
“Lucius ! Ne laisse pas la rage te contrôler ! Si tu fais ça à un homme à terre ...”
Il se tourna vers son père, toujours immobilisé et, les larmes aux yeux, protesta. Cette homme méritait de mourir !
“Il a tué Tillie ! C’est un monstre !”
Dans la foulée du conte, il n’avait pas reconnu la petite Myrtille, qui avait tant désiré rentrer dans la Guilde des Voleurs. Il avait partagé des viennoiseries avec elle plus de fois qu’il ne pouvait le compter sur ses doigts. Elle n’avait jamais été très agile mais son rêve prenait le dessus sur sa raison. Et maintenant, elle était probablement morte des suites de ses blessures.
“Écoute ton coeur, mon fils. Les Von Hochen ne sont pas des assassins.
- Oh mais tu en as envie, n’est-ce pas ? Tu sais qu’on se ressemble, non ? Nous sommes puissants. Et nous ne suivons pas les règles. ”
La voix de l’homme en vert était râpeuse et il semblait fatigué mais pas en bout de course. Lucius fronça les sourcils. Le véritable cœur de l’homme était encore dans la poitrine mais le prince aurait aimé lui arracher. Il respira un instant et déglutit, puis relâcha le cœur, qu’il lança à Milo, après avoir relevé son sort.
“Nous ne sommes pas pareil. Moi j’ai encore mon cœur. Si tu oses revenir dans ma ville, je le saurais et tu seras mort avant même d’avoir pu sentir l’air des marchés. Maintenant, tu joues selon des règles : les miennes. Est-ce que c’est clair ?”
Il s’écroula sous le poids de ses émotions et, alors que Taesch rejoignait l’humain et l’homme en vert, Lucius regarda ses parents venir vers lui. Il s’attendait à une énième leçon de morale sur la magie mais son père l’attira à lui avant même qu’il n’ait pu prononcer un mot.
“Papa ...”
Luscka attira Milo dans leur étreinte et Elijah s’y joignit avec joie. Lucius éclata alors et ses larmes ne s’arrêtèrent plus de couler. Il avait une famille. Il n’était pas seul. Il n’était pas comme Slythe Velvet, l’homme sans cœur.
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MessageSujet: Re: Le roseau et la couronne [Lux & Milo]  Mar 1 Mai - 14:11






Le Roseau et la Couronne
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Le cri résonna longtemps dans la chambre, au point que Miloslaw en eut mal à la gorge et aux oreilles quand il cessa enfin. Il aurait aimé serrer sa cuisse pour atténuer la douleur de la morsure, mais ses poignets étaient solidement emprisonnés dans des bracelets de cuir qui le retenaient à la table d’opération. L’aiguille se retira de sa chair et il s’effondra le minuscule oreiller, haletant. Luscka von Hochen déposa la seringue qui avait servi à anesthésier sa jambe et dirigea ses doigts vers la scie. Milo ferma les yeux, détourna la tête et se mordit la lèvre.

Une heure plus tard, groggy et boitant à cause du manque de sensation dans son mollet gauche, Miloslaw fit son apparition dans le petit salon où avaient patienté Lucius et plusieurs autres personnes. Mais seul Lucius comptait vraiment à ses yeux. Il devait avoir une tête horrible, alors il se força à sourire pour rassurer le prince. Une fois assez proche, il mit en avant sa jambe tout juste opérée par le Prince consort. L’os ne dépassait plus et un rectangle de peau rosée était le seul reste de la blessure. Ca et la jambe de son pantalon, découpée aux ciseaux à mi-cuisse. Ironiquement, la seringue avait laissé une marque plus prononcée, la peau était boursouflée et rouge à l’endroit de la piqûre.

« Je suis comme neuf ! »

En revenant, il avait croisé Yvan et Myrtille, toujours inconsciente. Luscka allait également tenter de la soigner, mais Miloslaw n’avait pas beaucoup d’espoir pour la petite vampire.
Avisant les thés glacés disposés sur la table basse, il vint s’asseoir à côté de Lucius et saisit un verre. Il but et l’écouta lui raconter ce qui avait pu se passer pendant qu’il se faisait opérer, mais sans oser le regarder dans les yeux. Pour être honnête, Lucius lui foutait un peu les jetons.
Il avait usé d’un sort sur tout un tas de personnes pour les immobiliser, comme si ça ne lui avait coûté aucun effort. Milo l’avait vu arracher le cœur cognitif de l’homme en vert, qui s’appelait Slythe Velvet. Il n’aurait pas été contre la mort de ce dernier, mais une telle méthode, si froide et puissante au-delà du commun des mortels... Il avait eu si peur à ce moment. Peur que Lucius réduise ce morceau de verre en miettes puis que, totalement consumé par ses pouvoirs, il se mette à faire de même pour tout le monde. Heureusement, son père avait trouvé les mots qui l’avaient ramenés à la raison. Il les avait sauvés. Et Lucius avait confié son nouveau trésor à Miloslaw. Dès que sa peau était entré en contact avec le cœur, un profond dégoût s’était emparé de lui.
Il avait donc été très soulagé de pouvoir s’en débarrasser dans un petit coffret de bois, désormais scellé d’un solide cadenas. La clef, en or très fin, pesait contre son torse. Pour l’instant, le coffret était à l’abri dans le bureau de Luscka, mais il le lui remettrait dès que toute cette folie se serait calmée. Il ne savait pas ce qu’il allait en faire en tout cas et il ne savait pas non plus pourquoi c’était à lui qu’on confiait un objet d’une telle importance. Tout le monde semblait considérer que c’était le choix de Lucius.

Il termina son thé glacé en penchant la tête en arrière, une attitude qui lui aurait valu les remontrances de ses professeurs de l’école des majordomes. Milo se sentait épuisé tout d’un coup, aussi il se laissa tomber contre le dossier du canapé, si moelleux, et ferma les yeux. Seul le verre glacial entre ses mains l’empêchait de s’endormir. Ca et sa jambe qui se réveillait. Des pulsions légèrement douloureuses parcouraient ses nerfs.

« Un courrier pour monsieur Kotka est arrivé. »

Miloslaw souleva paresseusement ses paupières et se redressa lentement. Alfred, le majordome du manoir Von Hochen, lui tendit un pli scellé du sceau officiel de leur famille. Il brisa le cochon en armure et déplia la lettre. Elle était adressé au Baron Miloslaw Kotka. Et le pressait de rentrer au plus tôt au domaine familial sinon ce dernier allait finir entre les mains du Comte Karol Shwintour. Il sentait bien qu’il aurait s’affoler, se mettre en colère et s’indigner. Au lieu de ça, il poussa un très long soupir et laissa tomber le courrier sur la table. Il ne pourrait donc jamais se reposer ?

« Hey, Lucius ? Ca te dérangerait que je parte quelques temps de la ville ? »


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Le roseau et la couronne [Lux & Milo]

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