La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

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Cinquième pari : Valet de cœur

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MessageSujet: Cinquième pari : Valet de cœur  Mar 29 Mai - 18:12






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Juste comme ils terminaient de passer le col, le paysage changea. Celui de Dasten était beau, vraiment agréable. Mais celui de Hochen était magnifique. Ils venaient de repartir de leur camp monté pour la journée, entre deux immenses murs montagneux, bien à l’abri, et le soleil éclairait encore les collines qui se succédaient sur une longue pente. Sur un fond de ciel écarlate, on distinguait parfaitement toutes les couleurs des petites fleurs qui s’égayaient dans l’herbe bien verte, pas encore grignotée par les bêtes. Miloslaw arrêta son cheval et huma l’air avec délice. Ca ne sentait vraiment pas comme à Dasten.

« On est arrivé. On est chez moi.»

Sa voix était légèrement tremblante, il était ému. Ca faisait si longtemps, plus de dix ans.
Après cette pause, il fit avancer son cheval, au pas. Ils croisèrent des bouquetins, à une distance prudente. Secrètement, il espérait croiser le troupeau de chèvres de sa ferme. Est-ce que c’était toujours Kajetan qui s’en occupait ?

Comme ils avançaient, doucement à cause du relief, Miloslaw repense à tout ce qu’ils avaient dû affronter avant d’enfin arriver sur les terres des Kotka.
Des bandits, un groupe de chasseurs de prime qui pensaient les revendre en tant qu’esclaves et un monstre hideux qu’ils n’avaient vu qu’à moitié, à cause de l’obscurité quasi totale dans laquelle il vivait. Ce moment avait été très éprouvant pour Milo, qui n’avait jamais pensé que Dame Charlette pourrait vraiment tomber dans la fosse d’un tel prédateur et qu’ils auraient dû ensuite crapahuter dans un tunnel, quasiment à l’aveugle.
Cela dit, cette dernière aventure n’avait pas été le plus éprouvant pour Miloslaw. En réalité, ça avait été un bain.

La lettre de Lucius, à l’auberge, l’avait autant surpris que peiné. Jamais il n’aurait pu imaginer que son demi-frère éprouvait de telles choses pour lui. Non, à bien y réfléchir, c’était juste qu’il n’avait pas voulu les voir. Il s’était brusquement souvenu de la nuit où ils avaient fait connaissance avec Luce. Il y avait eu un baiser.
La route, par la suite, avait été le théâtre de comportements bizarres entres les deux frères. Lucius agissait normalement, il ne cessait de l’appeler «frère», comme pour lui rappeler que tout ça, c’était terminé. Le problème c’était que maintenant, Miloslaw se demandait s’il n’avait pas fait une erreur en le repoussant. Il ne cessait de repenser à ce jour à l’auberge, et il regrettait de plus en plus d’avoir mis fin à leur étreinte.
La chose se passa alors qu’ils venaient de rejoindre le pied des montagnes, tout à l’Ouest, mais encore assez loin de la côte pour ne pas apercevoir l’horizon marin. Ils avaient trouvé une cascade et un petit bassin, entouré de végétation luxuriante. Tandis que les filles, Félix et Luce s’occupaient du campement, Milo avait eu l’autorisation d’accompagner le prince Lucius à la cascade. Au vu de son rang, il était apparemment le premier pour ces choses-là. Viendraient ensuite les trois filles, et enfin le plus jeune d’entre eux. Miloslaw appréciait que l’on respecte la bienséance, mais pas à cet instant. Et bien sûr, ça n’avait pas loupé. Cela ne faisaient pas cinq minutes qu’ils étaient tous les deux dans l’eau que Lucius avait commencé à le «laver» de manière très intime. Avec ses doigts d’abord, puis avec son sexe, bien plus imposant que Milo ne se l’était imaginé. La tête sous une douche puissante et glaciale, il s’était fait troncher, gémissant et criant librement, comptant sur le tonnerre de la cascade pour étouffer sa voix. Ca avait été délicieux, Milo s’était senti pleinement aimé, comblé. Ils s’étaient enlacés, embrassés, caressés, puis enfin lavés, véritablement cette fois. Milo avait aimé se débarrasser de la semence de son demi-frère, il avait aimé la trouver là.
Le retour parmi les autres avait été plus brutal. Adieu la sensation de légèreté. La réalité avait frappé, Miloslaw avait été envahi par le doute. Est-ce qu’il avait vraiment envie de recommencer ça ? Lucius l’avait entraîné à l’écart, il avait mis fin à leur embryon mal-formé de relation amoureuse. Et Miloslaw s’était senti immensément soulagé. Chapitre clôt. Ils pouvaient désormais vivre librement en tant que frères.

Ils arrivèrent peu avant minuit en vue de la ferme. Celle-ci était constituée d’une belle maison en pierres blanchies à la chaux et au toit de tuiles rouges pâles, presque roses ; de deux porcheries ; d’une écurie et d’un abri pour les chèvres. Voilà pour les bâtiments. Il y aussi un four en pierres et des enclos. L’entrée de la maison était marquée d’un jardinet où poussaient pèle-mêle fleurs et légumes, le tout encadré d’une barrière peinte en jaune d’or. Miloslaw ne se souvenait pas de cela et à bien y regarder, il y avait plusieurs éléments qui semblaient neufs. Ce n’était pas vraiment étonnant, tenta-t-il de se rassurer. Il fallait bien restaurer la maison de temps en temps. Ca ne voulait absolument pas dire que le comte Shwintour avait déjà pris possession des lieux.

« Bienvenue chez moi !» clama-t-il à la cantonade.

Les cochons n’étaient pas visibles, ils devaient avoir été rentrés il y a peu. Accélérant la cadence de son cheval, Miloslaw avait du mal à refréner son impatience. Et quand il entra, par la cuisine, il ne fut pas déçu. Après les embrassades, les pleurs et les présentations, on les mit tous devant du lait caillé et du pain tartiné de fromage de chèvre.

« Maître Miloslaw, dit alors Polikarp, un solide gardien de porcs. Sans vouloir vous interrompre dans votre collation, il y a quelqu’ chose dont on doit vous entretenir. Vous voyez, un nouveau venu... Enfin, comment dire ça ?»

Polikarp semblait sûr de lui et Miloslaw l’admirait quand il était petit. Mais il ne se souvenait pas qu’il fut un jour si gêné à l’idée de l’informer sur quelque chose.

« C’est le comte ? C’est ça ?
- Oh, non, non. Justement, cet homme l’a tenu à l’écart. Ecoutez, il vaut mieux que vous attendiez son retour, il vous expliquera tout mieux.»

Tous les serviteurs présents dans la cuisine semblaient embarrassés. Mais qu’est-ce qui se passait à la fin ?

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Mer 30 Mai - 16:45

Valet de coeurFenrir & Milo"Fenrir attendait son amant, s'occupant de la ferme comme il le pouvait, rêvant de romance et d'enfants. Hélas cette vie s'écoulait autour de lui sans même l'effleurer. Et puis, un soir ..."

Journal de Kon #1 - Miloslaw Kotka est de retour !

Mood sonore : A Little Wicked - Valerie Broussard

Miloslaw tardait à arriver. Konstantin faisait les cent pas, de long en large dans sa chambre, et il se précipitait dans la cour dès qu’il entendait des bruits de sabots ou de roues. Il en devenait fou, ou peu s’en fallait. Bien entendu, il continuait d’administrer la ferme comme si elle était la sienne et personne ne s’en plaignait. Le vin de Kotka venait de sortir, les vignes se portaient bien comme les cochons et les serviteurs.
La troisième lune venait de passer et plus le temps avançait, plus il avait peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose en chemin. Le messager avait affirmé lui avoir transmis la lettre en main propre et affirmait qu’il allait bien mais pouvait-il avoir menti ? Lassé de sa quête, il avait pu jeter la lettre dans un caniveau et venir empocher sa récompense. Konstantin savait où il buvait ses bières et Konstantin saurait le retrouver si, par malheur, il l’avait trompé.
Il n’avait pas rappelé le serviteur qui l’avait satisfait jusqu’à l’arrivée du messager. Bien sûr, il avait été tenté de se perdre de nouveau dans ce labyrinthe de chair tendre, de muscle et de plaisir. Mais il ne l’avait pas fait. Il attendrait son fiancé.
Il était à peine dix-sept heures quand Aragò vint le prévenir que des loups s’attaquaient à Wieś. Les habitants avaient déjà perdu une bonne dizaine de chèvres et ils commençaient à s’inquiéter pour leurs vies. Konstantin fit immédiatement sceller un cheval et se mit en route pour le village où l’attendait le bourgmestre avec impatience. Ils discutèrent de la situation et Konstantin comprit aussitôt qu’il ne s’agissait pas de loup. Ces traces avaient été faites par un prédateur bien plus grand.
Durant l’hiver de sa quinzième année, son village avait connu de telles attaques. Les bêtes avaient froid et ne savaient trouver à manger en creusant le sol gelé. Un couple d’ours était devenu fou et s’était mis en tête de piller la grange du village. Bien sûr, les hommes les avaient combattu mais les ours avaient eu raison de cinq hommes avant de s’éteindre. L’ours qui avait attaqué le village avait du écraser les chèvres dans sa fuite.
Il poursuivit son chemin dans le vieux quartier de Wieś où la bergère lui expliqua que le loup était épais et haut de presque deux mètres au garrot. Il avait une gueule terrifiante et de grandes griffes. Un ours en somme. Mais il n’en voulait pas aux villageois. Qui aurait cru que des bêtes pareilles s’aventurent ici ? Ils restaient en général en sécurité dans la montagne. L’éveil précoce de cette bête devait être dû à l’hiver glacial de cet année. A moins qu’un chasseur ne soit venu perturber son sommeil.
Sur les terres de son clan et de son père, il aurait assemblé une équipe de quatre ou cinq avant de partir en guerre contre l’ours. Mais ici, il n’avait ni le temps, ni les moyens. Les serviteurs étaient faibles et les villageois encore plus.
Oh, il y avait bien Kajetan mais son aide serait superficielle et la route était encore longue jusqu’à la ferme. Il devait y arriver seul. De toute façon, si ses hypothèses s’avéraient vraies, il pourrait aisément défaire un seul ours affamé.
Une motte de terre fut secouée par le vent et passa à côté de ses pieds. Il soupira doucement. Le chant des sables, le cri des mouettes, les embruns de la mer lui manquait terriblement. Il n’était pas retourné dans son village depuis près de dix ans.
Il suivit la piste qui menait à la grotte de l’ours prudemment, en espérant ne pas se jeter dans la gueule du dragon. Si les choses ne tournaient pas à son avantage, il devrait sans doute utiliser toute la puissance du loup en lui. Il repensa à son clan, aux Engloutis qui devaient vivre sous terre à cause de leur lâcheté ... Il ne pouvait pas perdre.
Lorsqu’il arriva dans la tanière de la bête, il se présenta comme il était : une créature de chair et de fer. La bête était tapie dans l’ombre mais elle était impressionnante, même recroquevillée dans son trou et Konstantin préféra sortir son épée tout de suite. De l’acier pour les bêtes, de l’argent pour les monstres. Il hésita un instant mais dégaina celle en acier. Cette créature semblait naturelle, malgré sa taille.
La bête le repéra au son de ses pas, pourtant légers, et elle le regarda de ses grands yeux noirs. Elle le dévisageait, se demandait ce qu’il lui voulait. Et puis, quand elle vit l’éclat de l’acier, elle n’hésita pas et lui sauta dessus. Il esquiva une fois, deux fois, et réussit à lui porter un coup au jarret. Le hurlement de l’ours vit vibrer les murs de la grotte. Elle s’enragea, réussit à le toucher une fois, deux fois, trois fois. L’heure n’était plus à la dentelle.
Sa transformation fut douloureuse mais rapide et quand le loup sauta à la gorge de l’ours, il ne manqua pas son coup. Le sang se répandit sur son pelage noir et il serra les dents jusqu’à ne plus sentir aucune résistance. C’était fini, pour de bon.
Il reprit une apparence bipède et commença à se rhabiller mais un bruit le fit saisir son épée. Pouvait-elle être encore vivante ? Une petite forme noire bougea dans le fond de la grotte et quand il s’en approcha, il vit un ourson terrifié. Voilà pourquoi la mère avait attaqué le village, donc. Il ne regrettait pas, pourtant, cette ourse avait pénétré dans son territoire et la loi de la nature s’était abattue sur elle. Le petit, en revanche, n’avait aucune raison de mourir.
Lorsqu’il sortit de la grotte, il portait le petit sur son épaule et la nuit était tombée pleinement. Il ignorait quelle heure il pouvait être mais la lune brillait haut dans le ciel. Un grondement avait suffi à soumettre le petit qui tremblotait contre son épaule à nu. Il n’avait pas remis sa chemise, inutile en de telles circonstances.
Il rentra à pied, ne souhaitant pas effrayer sa monture par la présence de l’ourson. Lorsqu’ils passèrent le portail, il remarqua qu’aucun des serviteurs n’était dehors. Les cochons avaient été rentrés mais pas les chèvres qui avaient osé s’approcher dans le potager et la maison ne sentait pas le repas de minuit. Le comte était-il revenu les importuner ? Il posa l’ours par terre et lui intima d’avancer. Celui-ci ne bougea pas.
“Tu as raison de m’admirer et d’avoir peur mais tu dois obéir, sinon tu mourras.”
Lorsqu’il poussa la porte de la cuisine, l’ourson sur ses talons, il remarqua tout d’abord la cohue. Que faisait-ils tous ici ? Peut-être serait-il sage de les entendre mais pour le moment il avait besoin d’un bain. La foule s’ouvrit bientôt et il repéra des étrangers. Pas des hommes du comte. Trois filles entassées en groupe, un garçon aux cheveux blancs, un enfant à peine sorti des couches et ... Miloslaw. Il n’était pas comme il l’avait imaginé mais il le reconnu tout de suite. Malgré tout, il était encore le maître de maison et il ne devait pas se laisser impressionner. Il avait des choses à régler.
Une odeur de corne brûlée lui sauta aux narines quand il inspira et il gronda. Il détestait cet encens. Quand Polikarp s’avança vers lui, il lui adressa la parole dans la langue de Kotka.
“Le problème de Wieś est réglé.”
Puis il désigna l’ourson qui était pressé contre sa jambe.
“J’ai tué sa mère, j’ai dette de sang envers lui. Trouvez lui un coin où dormir en attendant que je m’occuper de lui. Pas trop près des porcs.”
Il se tourna ensuite les autres serviteurs d’un geste vague de la main.
“Vous faire quoi ? Vous croyez que vous être payés à rien faire ? Les chèvres devoir être rentrées et le repas pas encore prêt!”
Deux serviteurs firent mine de se dévisager puis le troupeau se dissipa. Enfin, il s’avança vers Miloslaw et ses compagnons. Par respect pour ses invités, il s’efforça de parler dans la langue commune, mais son accent ne lui facilitait pas la tâche. Il inspira longuement avant d’expirer.
“Miloslaw Kotka. Je penser que te devoir explications, beaucoup explications. Pour le moment, prendre bain mais après je parler. D’accord ?”
Il ne restait désormais plus que quatre serviteurs dans la cuisine. Ils n’étaient qu’une poignée  quand Miloslaw était parti mais Konstantin en avait engagé six autres pendant son ... règne. Ceux qui restaient était les plus attachés à leur réel maître. Ses nourrices, en quelque sorte. Konstantin leva le bras et se tourna vers Anastasy, le plus solide de tous les serviteurs de la maisonnée.
“Préparer moi un bain, s’il te plaît, Stasy.”
Anastasy hocha la tête et ajouta :
“Bien sûr, tu pues le sang et le poil d’ours. Je pourrais parler au jeune maître pendant que tu te décrasseras. ”
Konstantin sourit. Il aimait bien Anastasy.
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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Jeu 31 Mai - 9:59






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Miloslaw ne sut quoi répondre aux regards interrogateurs de ses compagnons. Il se contenta de hausser les épaules et de mâcher lentement son pain. Sa bouche était sèche et il regrettait d’avoir déjà terminé son lait caillé. Il devait faire confiance au serviteurs, se répéta-t-il. Ils étaient loyaux envers sa famille.
Quand la porte de la cuisine s’ouvrit, il lâcha sa tartine, qui s’écrasa sur la table, du côté du fromage bien sûr. Ce n’était pas un homme qui venait d’apparaître, mais bien une bête sauvage. Immense, barbu, la peau assombrie par des éclaboussures de sang, deux épées dans le dos et un ourson à ses pieds. Les employés de la ferme ne paniquèrent pas, ce devait donc être lui. Cet homme dont on lui avait parlé. Son visage lui était vaguement familier mais il chassa l’idée qu’il avait pu le connaître un jour. Il s’en serait souvenu.
Après un bref échange en patois de la région avec les employés, puis quelques mots à son attention dans une maîtrise maladroite de la langue commune, l’homme s’éclipsa pour prendre un bain. Anastasy semblait bien le connaître et Milo faisait confiance à Anastasy. Personne ne semblait avoir de mauvaises intentions à son encontre. Bien sûr, il se demandait qui était cet homme qui lui faisait si peur et il avait donc hâte d’éclaircir la situation.

Quand Anastasy revint, Miloslaw était épuisé d’avoir dû répéter à tout le monde qu’il ignorait tout de ce qui était en train de se passer. Il se mit à l’écart avec le serviteur, souriant et à l’aise dans cette situation étrange. Le reste du groupe était pris en charge par Polikarp, qui distribuait rations de sang et chambres. La ferme en comptait un bon nombre, les combles ainsi que la grange jouxtant la maison ayant été aménagés par sa mère. Il y avait normalement de quoi mettre chacun de ses invités spéciaux dans une pièce différente. Luce serait à l’aise dans la porcherie des porcs de combat.
En cinq minutes, Miloslaw appris beaucoup trop d’information. Il n’eut pas le temps de pousser toutes les exclamations de circonstance. Chaque phrase, chaque mot, était sujet à la surprise. L’homme n’était autre que Konstantin Becjm, il était son fiancé et Miloslaw était le dernier métamorphe femelle de son espèce. Konstantin s’était occupé de la ferme, correctement, en attendant son retour. Il l’avait fait recherché pendant ces dernières années et c’était lui qui avait envoyé le messager qui l’avait trouvé. Apparemment, cela faisait un moment que le comte lorgnait sur la ferme. Sans Konstantin, insista Anastasy, cet endroit aurait déjà changé de propriétaire.
Un peu étourdi par tout cela, Miloslaw alla trouver Lucius. Il essaya de lever l’inquiétude qu’il pouvait éventuellement avoir, lui assurant qu’il connaissait bien le nouveau gérant de la ferme et que lui et sa suite pouvaient se détendre. Sur ordre du prince, tous les deux jouaient une comédie de servant et noble inversée par rapport à leurs habitudes. Lucius était censé être son valet, qu’il aurait engagé peu avant son départ de Ravenwell. Tant qu’ils n’avaient pas une connaissance plus précise de la situation à Kotka, avait avancé Lucius, mieux valait opter pour la prudence. Miloslaw le soupçonnait de trouver cela amusant.

Prenant son courage à deux mains, Milo grimpa les marches en pin qui conduisaient à la chambre de sa mère. Elles ne grinçaient plus, remarqua-t-il avec frustration. Pour combien de choses devait-il être reconnaissant à Konstantin, l’homme qui avait investi la chambre de sa chère mère ? En apprenant cela, Milo avait été envahi par une colère chaude qui ne voulait plus le quitter, en dépit de la quasi adoration qui animait le discours d’Anastasy.
Avec une inspiration profonde, il tourna la poignée ronde en cuivre, si familière. Dès qu’il posa un coup d’œil sur l’intérieur, le désespoir le saisit à la gorge. Les larmes aux yeux, il fit juste assez de pas pour refermer la porte derrière lui. Tout était si différent.
Autrefois, la chambre de sa mère embaumait la cannelle, le jasmin et le chèvre-feuille. Des fleurs fraîches égayaient la pièce, un peu partout, dans leurs vases aux formes délicates et gracieuses. Des voiles fins et colorés donnaient à la chambre une ambiance mystérieuse et confortable. Il y avait toujours des attrape-rêves près des fenêtres et du lit, des peintures sans queue ni tête sur les murs, de la main de sa mère-même. Des cristaux, des petits bols d’eau dans lesquels flottaient des petites fleurs et avec lesquels elle se lavait les doigts et se parfumait la gorge. Les draps étaient en soie.
Dorénavant, toute cette décoration avait disparu au profit de... Rien du tout. Non, pas rien. Mais en comparaison des goûts de sa mère, cela semblait appartenir au vide. Dorénavant, il y a avait des fourrures sur le lit. Des rideaux normaux aux fenêtres. Des sculptures de bois sur les murs, assez peu d’ailleurs. Tout était si propre et rangé. La grande armoire était toujours la même, mais comme elle était ouverte, il remarqua tout de suite que les robes de sa mère n’y étaient plus. Ce n’était que quelques tenues d’homme, ordinaires. Pratiques. Simples.
Les joues humides des quelques larmes qui avaient forcé le barrage de ses paupières, il fit quelques pas en avant, en direction des clapotis qui lui parvenaient de derrière la porte donnant sur la salle d’eau. Et il s’arrêta. Baissa les yeux. Un sanglot mi-triste, mi-joyeux, lui échappa. Ce tapis. Blanc, aux poils généreux, moelleux. Il occupait presque toute la chambre. Petit, Miloslaw aimait s’étendre dessus. Obéissant à son souvenir, il se calqua sur ce fantôme de lui-même, reprenant sa place. Le tapis était assez grand pour qu’il ait l’impression d’y être de nouveau, rien de son corps ne dépassait sur le parquet. Il enfonça le bout de ses doigts dans la fourrure et respira. Derrière cette odeur d’homme, de bête, il restait ces fragrances délicates, accrochées aux murs pendant des années. Tout n’avait pas disparu.

Un bruit d’eau un peu plus fort le sortit de sa rêverie et il se redressa sur ses pieds. Etait-il prêt à rencontrer Konstantin ? Ce dernier avait tellement changé depuis leur première rencontre, depuis leur bref moment d’enfance passé ensemble. Bref, mais assez intense, se souvint Miloslaw. Et heureux. Konstantin, alors, était chétif, malade. Il portait des bandages en permanence, pour se cacher. Mais Milo n’avait pas eu pitié de lui, trop content d’avoir un compagnon pour ses jeux d’exploration. A l’époque, tous deux n’étaient pas vraiment multilingues. Ca avait été un jeu de communiquer dans un curieux mélange de langue commune, de Hochen, de Kotka et de Kalini. Quand Konstantin était parti, Miloslaw attendait déjà son retour. Il était alors persuadé qu’ils se reverraient très bientôt, pour devenir réellement amis. Mais bien sûr, les choses de la vie avaient fait que ça n’avait pas été possible.
Dorénavant, Konstantin avait bien grandi. Il avait apparemment vaincu la maladie et était devenu puissant, un vrai guerrier. Miloslaw, lui, était fragile, gras, en comparaison. Il avait jeté sa veste de majordome, déchirée par les griffes du monstre qu’ils avaient croisé. Ne lui restait qu’une chemise salie par le voyage, un pantalon blanchi en bas des jambes et des bottines crottées. Il ne s’était pas vu dans un miroir, mais sa peau et ses cheveux auraient aussi probablement mérité qu’on s’occupe d’eux.

Finalement, il poussa la porte. Konstantin s’apprêtait visiblement à mettre fin à son bain. Quand il le vit, l’ourson courut se terrer dans un coin de la salle d’eau avec un adorable glapissement. Miloslaw n’examina pas cette pièce, il avait le regard rivé au corps de son fiancé, sans pouvoir l’en détacher.
Konstantin était beau, au moins physiquement il n’avait pas hérité d’un fiancé déplorable. Mais était-il gentil ? Il s’était certes occupé de la ferme, mais ça aurait pu être une stratégie pour en obtenir le titre de propriétaire plus tard. Dans leur enfance, ils s’entendaient bien, mais maintenant ? Miloslaw devait-il planifier sa mort ? Lucius, Félix et Isobel en viendraient peut-être à bout s’ils s’y mettaient ensemble.
Il déglutit et déposa doucement son regard sur le bord du baquet, afin de ne pas importuner son interlocuteur nu. Il avait mille questions à poser, sans savoir par laquelle commencer. Il ne comprenait pas cette histoire d’espèce et de femelle. Il ne comprenait pas pourquoi Konstantin était son fiancé, il n’avait pas souvenir qu’il fut noble de quelque manière que ce soit. Alors, il dit, les yeux toujours pudiquement baissés et dans un Kalini fortement accentué et très formel :

« Pourquoi as-tu choisi cette chambre ? »

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Jeu 31 Mai - 17:09

Valet de coeurFenrir & Milo"Fenrir attendait son amant, s'occupant de la ferme comme il le pouvait, rêvant de romance et d'enfants. Hélas cette vie s'écoulait autour de lui sans même l'effleurer. Et puis, un soir ..."

Journal de Kon #1 - Miloslaw Kotka est de retour !

Mood sonore : Never Ever - Jiyeon

Il avait entendu parler de ce qui était arrivé à ses amis de la capitale, bien entendu, grâce à des conversations de tavernes. Yvan allait toujours bien aux dernières nouvelles et il n’avait pas entendu parler de la mort des autres membres de la garde personnelle du général. Les bateliers du port de Cardinal, où Konstantin se rendait deux fois par an pour vendre le vin de Kotka, ne lui avaient jamais parlé de telles choses non plus.
Mais désormais, penser à cette partie de sa vie lui semblait être comme ouvrir une porte sur l’éther. Il était revenu dans le sud, loin des pluies et du mauvais temps de la capitale et il lui semblait ne jamais l’avoir quitté. Tout était le même que quand il était parti de la ferme pour trouver Miloslaw, onze ans plus tôt. Les porchers, les peaux épaisses des cochons de guerre, la mécanique du talion, toujours en vigueur dans le coin. Une vie simple.
C’était même mieux. Après les incidents, trois ans auparavant, il avait rénové la ferme qui était devenue de mieux en mieux. Le vin était délicieux, les cochons se portaient mieux que jamais et les terres en elle même étaient splendides. Omale, la femme du bougmestre de Wieś s’était montrée plus que généreuse avec lui et elle avait tenté de le persuader de se faire maître du domaine. Il en était hors de question.
La maison attendait son maître, bien entendu. C’était comme dans ce livre de contes que sa mère lui lisait quand il était petit. Les Croisés du Vide était une histoire parsemée de héros, de belles personnes mais, par dessus tout, de personnes en détresse, comme lui à l’époque. Et dedans, un héros refusait toutes les missions puisqu’il attendait que son frère d’armes ne revienne de la guerre. Bien sûr, son frère d’armes était mort et c’était triste mais Milo ne l’était pas. Il en était sûr, désormais.
Qu’allait-il lui dire ? ‘Je t’ai fait venir parce que ta ferme est menacée mais aussi parce que tu me manquais et que je t’aime.’ Il se sentait stupide.
Lorsqu’il arriva dans sa chambre, il poussa un soupir. L’ourson était entré par la fenêtre ouverte. Il avait dû échapper à Polikarp et aux autres. En grondant, il s’avança et ferma la fenêtre. Très bien, il s’occuperait de lui en premier, avant de se lever. L’ourson tenta une retraite stratégique mais Konstantin lui barra le chemin et le prit à bout de bras. Paniqué, l’ourson commença à se débattre et à gémir. Konstantin le prit contre son corps encore sale et couvert de sang.
“Et si nous discutions plutôt ?”
L’ours le regarda de ses grands yeux noirs et effrayés. Il n’était qu’un enfant et il avait été privé de sa mère. Mais Konstantin serait là pour lui.
“Je serais ton maître et ton père, désormais. Tu m’obéiras et tu me serviras, tu ne me feras jamais de mal, ni à moi ni à aucun des habitants de cette maison.”
Il le reposa et grommela en constatant qu’Anastasy avait installé le savon directement dans l’eau pour faire mousser un peu le bain. Konstantin n’avait pas besoin de cela, il était pressé. L’ourson semblait moins paniqué et il vint se placer à côté de lui. Il fallait qu’il lui trouve un nom. Chez lui, l’ourson aurait combattu dans une arène pour prouver sa valeur et sa volonté de vivre mais Konstantin ne lui infligerait pas ça.
L’ourson quitta ses côtés pour aller explorer le reste de la salle de bain et de la chambre. Il gronda quand il examina la porte restée entr’ouverte. Le couloir faisait plusieurs coudes et il semblait plutôt difficile de s’y retrouver mais il suffisait de se tourner dans le bon angle pour voir l’escalier. Il ne voulait pas qu’il aille terroriser le serviteurs qui préparaient son repas. Le garder là semblait une bonne chose.
Avant, tous les serviteurs se proposaient de l’aider à se laver. Il avait accepté Vassil, bien entendu, parce que c’était son amant, mais avait tout refusé des autres. Vassil, d’ailleurs, n’était pas dans la cuisine quand il était rentré. Est-ce qu’il avait été retenu dans les montagnes ? Il avait dû aller chercher du bois puisque c’était le jour de la récolte. Lui était-il arrivé quelque chose ? Il était si jeune.
Lorsqu’il revint de son exploration, Konstantin était en train de frotter énergiquement son torse et l’ourson vint se planter devant lui. Il se dandina, mal à l’aise visiblement et Konstantin comprit qu’il avait faim. Il devrait penser à le nourrir sous peu.
Lorsque Milo entra dans la chambre, il venait de finir de se nettoyer. Il était désormais plus propre, ses cheveux étaient rabattus en arrière et sa peau dorée luisait d’humidité. Un peu plus et on aurait vraiment pu le prendre pour le seigneur des lieux. S’il s’était rasé la barbe et habillé convenablement, sans doute.
La salle de bain était une pièce carrée, dépourvue de toute décoration. Après la reconstruction, il avait préféré laisser la pièce très vierge. Seul le bois brut qui recouvrait les murs avait ajouté au confort de la pièce.
Tout de suite, Konstantin s’aperçut que Miloslaw avait pleuré et il se sentit coupable. Coupable de ne pas avoir été là pour lui quand sa mère était partie, coupable de ne pas avoir su le protéger. Il n’aurait sans doute pas dû faire raconter son histoire par la bouche d’un autre mais il ne se voyait pas franchement parler à Milo en empestant le sang et la chair. Est-ce qu’Anastasy était arrivé à l’amadouer ?
Milo en lui même avait une mise pitoyable et il était si maigre ! Que lui était-il arrivé ? Il lui posa une question et Konstantin soupira doucement. Il sortit de son bain et attrapa une serviette sur le côté pour se sécher. Quand il en eut fini, il la jeta négligemment sur le côté. Elle atterrit dans le panier de linge sale. Puisque Milo avait parlé en Kalini, il répondit dans la même langue.
“C’est une très longue histoire, Miloslaw. Toutefois, si je devais la résumer, j’userais certainement de ces mots : Le Comte était fort mécontent que j’ai osé le confronter lors d’une de ses visites à la ferme alors qu’Anastasy venait de me permettre de l’administrer. Alors, il envoya des mercenaires qui mirent le feu à quelques parties de la maison. Nous ne pûmes sauver qu’une partie du mobilier et lorsque la maison fut rénovée, les serviteurs me conseillèrent de m’installer ici. Ils disaient que c’était une nouvelle chambre et que tu devrais l’occuper quand tu reviendrais. Que ... nous devrions l’occuper.”
Il se racla bruyamment la gorge et s’élança dans la chambre pour prendre les vêtements qui avaient été attirés pour lui - un simple pantalon bleu et une marinière. Quand il eut enfilé le bas, il se tourna vers Milo. Il était si différent mais si beau. L’impatience dévorait son cœur, aussi lâcha-t-il son haut sur le lit et vint-il enlacer Milo.
“J’ai eu si peur. Que tu ne reviennes jamais. J’ai gardé la ferme en l’état, nous avons essayé de reproduire tout ce que nous pouvions. Nous avons tout fait pour que tu te sentes bien en revenant ici.”
Le soulagement déssera l’étau autour de son estomac et lorsque quelques coups furent frappés, à la porte, il ordonna d’entrer sans y penser.

---

Lorsque Lucius ouvrit la porte, ils étaient étroitement enlacés. Malédiction ! Ils en étaient déjà là ? Il adressa un sourire narquois à Miloslaw.
“Le repas est prêt, on m’a envoyé vous chercher.”

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Ven 1 Juin - 13:42






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Ce ne fut pas difficile pour Miloslaw de garder son regard à l’écart du corps nu de Konstantin. Ce n’était pas exactement comme s’il avait envie de le reluquer, si la chose l’intéressait tout court ou encore s’il ne faisait pas passer plusieurs nuits au sein de toute une famille de Von Hochen. Son ami d’enfance était certainement digne d’être admiré, mais Milo s’en fichait, tout simplement. Il voulait juste en apprendre le plus possible sur cette situation. Sur la route pour la ferme, il avait imaginé toutes sortes de choses sur ce qu’il trouverait en arrivant ici. Et aucun scénario ne prévoyait qu’il doive remercier son fiancé pour s’être occupé de ses affaires pendant son absence.

Tandis que Konstantin lui racontait ce qui s’était passé, ce qu’Anastasy ne lui avait pas dit, il releva lentement les yeux, pour le regarder en face. Il en croyait à peine ses oreilles. Un incendie, le comte avait créé un incendie. Il était allé jusque là pour tenter d’obtenir ce qu’il désirait. C’était complètement fou. De nouveau, ses yeux s’humidifièrent, mais il ne comprenait même pas pourquoi.

« Je vois, » répondit-il en langue commune, machinalement et avec un léger hochement de la tête.

Konstantin termina son récit, par une confession plutôt gênante, ce qui le poussa à battre en retraite dans la chambre. Miloslaw laissait son regard errer dans la salle de bain. L’ambiance était lourde, le temps semblait s’étirer plus qu’il ne le devrait, lui donnant envie de partir d’ici au plus vite. Ce qu’il ne fit pas, parce que ça aurait été impoli. Konstantin avait agi au mieux, même si Milo se sentait toujours révolté au sujet de cette histoire de fiançailles dans laquelle il n’avait pas été tenu de donner son avis.
Adossé contre le chambranle, son instinct de protection lui sommant de ne pas dépasser le seuil qui séparait les deux pièces, il se mordit la lèvre et profita que Konstantin lui tournait le dos pour le regarder. Il le vit remonter un pantalon sur un fessier parfaitement fait et inspecta les muscles qui roulaient doucement sous sa peau dorée. Si seulement il pouvait y lire la vérité et les intentions de son fiancé auto-proclamé.
Ce dernier se retourna et Miloslaw se redressa, la peur au ventre. Celle-ci s’amplifia quand il vit Konstantin lui foncer dessus, comme l’aurait fait un prédateur sur sa proie. Il voulut fuir, ne réussit qu’à esquisser un pas en arrière, qui buta dans le mur et le fit tomber en arrière. Mais avant que cela se produise vraiment, il était déjà dans les bras de son fiancé, qui le serrait étroitement mais avec gentillesse. Les craintes de Milo s’apaisèrent, doucement. Ses mots étaient terrifiant, pourtant il se sentait plus que jamais reconnaissant. Il comprenait Anastasy.

« Merci, mais...»

Des coups à la porte. Konstantin répondit aussitôt et Miloslaw n’eut pas le temps de s’extirper de son étreinte. Lucius était là, en train de les fixer. Il prit une inspiration, qu’il bloqua dans ses poumons. Lucius allait-il être peiné ? Il avait peut-être mis fin à leur semblant de relation, mais avait-il vraiment eu le temps de se débarrasser de ses sentiments.
Sauf que le prince se contenta de lui sourire, d’une façon qui laissait présager qu’il y aurait des moqueries. Miloslaw se sentait mal à l’aise, il avait envie de crier que ce n’était pas ce qu’il croyait ! Ils n’étaient pas en train de s’embrasser ou autre chose, c’était juste... Juste des retrouvailles amicales, voilà. Enfin, il ne dit rien, ses mots étaient coincés avec sa respiration. Lucius délivra son message et s’en alla. Les laissant seuls. De nouveau.

« Je suis tout sale, alors que toi tu es propre et tu sens bon. Enfin... Bref, tu devrais me lâcher.»

Il se débattit un peu et n’eut pas de mal à s’extraire de l’étreinte de Konstantin. Ce n’était pas un mauvais bougre. Ils étaient peut-être fiancés, mais au moins il n’essayait pas de lui écarter les cuisses de force. Aussi incroyable que ça puisse paraître, il était aussi gentil que dans son souvenir.
Ils devaient descendre manger. Miloslaw se rendit à la porte, l’ouvrit et se tint dans l’embrasure. Son Kalini était loin d'être parfait, mais il essaya néanmoins de s'exprimer convenablement.

« Je te laisse, tu peux t’habiller et... Heu... Je garde une place à côté de moi. On pourrait reparler de tout ça ensuite...»

En descendant l’escalier en pin qui ne grinçait plus, Miloslaw s’aperçut qu’il avait un peu chaud. C’était bizarre ce qui se passait. Il ne savait pas trop s’il devait foutre Konstantin dehors ou tomber à ses pieds. Pour le moment, il avait décidé de lui laisser une chance, de laisser les choses se dérouler d’elle-même. Il devrait aussi demander conseil à Lucius, il devait avoir l’habitude de ce genre de problèmes. Après tout, il était fiancé lui aussi. Enfin... S’il ne passait pas son temps à se moquer de lui et à faire des insinuations.
Ses compagnons étaient déjà tous installés à table quand il arriva. Il s’assit entre Lucius et une chaise vide, puis s’aperçut que les conversations s’étaient tues, que tout le monde le regardait. Il soupira doucement.

« Oui, c’est bien mon fiancé. Mais je ne sais pas encore comment c’est arrivé. Et Konstantin est le bienvenu ici.»

Il leur expliqua brièvement comment l’homme avait tenu tête au comte pendant son absence et qu’il avait dû restaurer la ferme suite à un incendie. Après quoi, Konstantin fit son apparition et on commença à servir les plats.

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Sam 2 Juin - 9:24

Valet de coeurFenrir & Milo"Fenrir attendait son amant, s'occupant de la ferme comme il le pouvait, rêvant de romance et d'enfants. Hélas cette vie s'écoulait autour de lui sans même l'effleurer. Et puis, un soir ..."

Journal de Kon #1 - Miloslaw Kotka est de retour !

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Chez lui, il s’était battu pour avoir le droit d’épouser Milo. Il avait vaincu de nombreuses fois Livon à l’entraînement et s’était efforcé comme il pouvait de réussir plus vite à chaque fois. Une fois au tournoi, il avait facilement mis à terre ses premiers adversaires. Le chef de sa tribu avait été son dernier opposant et le vaincre avait été dur et long mais il avait réussi. Il était désormais le fiancé officiel de son amour d’enfance.
Pourtant, dans ses pensées les plus secrètes, il savait que son combat le plus dur serait celui qu’il s’apprêtait à livrer. Il devrait bien vite convaincre Milo de ses bonnes intentions s’il ne comptait pas se faire virer comme un malpropre.
Il avait déjà gagné des points, sans doute, en parlant de l’incendie. C’était lors d’un automne particulièrement clément que le Comte avait fait mettre le feu à leur ferme. Quand Konstantin avait été le voir, il avait parfaitement nié en disant que la chaleur du mois d’octobre avait dû mettre le feu grâce à leur négligence. Konstantin avait voulu le tuer mais il s’était retenu. Plus tard, le fils du Comte était venu s’excuser pour son père. Bien sûr, Konstantin avait accepté ses excuses et sa promesse d’essayer de raisonner son père. Il avait refusé son corps, en revanche. Un substitut de plus à Milo était bien inutile puisqu’il avait déjà Vassil.
Lorsqu’il descendit manger avec Milo, il regarda au dehors. Lorsque le soleil inonderait la plaine, il viendrait, comme chaque matin, vérifier l’enclos des poules, des chèvres et des cochon avant d’aller se coucher. Il ne laissait jamais rien au hasard. Il était celui qui avait instauré les poules dans la ferme après tout et il avait juré de prendre soin des cochons. Avec un ourson dans le coin, qui plus est, il ne devait pas laisser sa vigilance être perturbée par Milo.
Ils furent bientôt à table avec les autres. C’était étrange pour Konstantin. Il avait l’habitude de manger avec Polikarp, Anastasy et Vassil. Ils avaient été relégués dans la cuisine avec le serviteur de Milo et Konstantin croisa les bras. Il ne voulait pas que ses invités chassent ses amis sous prétexte qu’ils étaient plus importants mais pour ce soir, les choses avaient déjà été faites. Il en parlerait demain.
Celle qui s’appelait Isobel fut la première à lui poser des questions. Elle lui demanda d’où il venait et comment il s’était retrouvé fiancé à Milo. Konstantin se racla la gorge.
“Je viens de village de ... métamorphe. C’être le île plus petite et plus perdue de Kalin.”
Alors que le homard arrivait, il décrit son parcours jusqu’ici comme il le pouvait en langue commune. Comment il avait rencontré Milo, en était tombé amoureux et comment il était devenu plus fort pour pouvoir l’épouser. Il raconta le tournoi avec de grands gestes qui ravirent ses invitées et les firent rire. Puis il raconta comment il était allé à Ravenwell pour chercher Milo, sans succès.
Isobel frappa alors sur la table avec sa chope de bière qui déborda un peu sur la nappe fleurie. Konstantin fit une moue. C’allait être difficile à faire partir au lavage.
“C’est à la caserne que je vous avais déjà vu ! J’en étais sûr, vous connaissez mon père!”
Le serviteur de Milo apporta le porc braisé et vint s’asseoir à la table. Personne n’en sembla choqué. Anastasy finit par apporter une charlotte aux fruits et tirer le garçon aux cheveux blancs par le col dans la cuisine, malgré sa résistance.
Finalement, Vassil fut celui qui apporta le chocolat chaud de fin de repas et Konstantin fut le seul à recevoir une boule de crème dans sa tasse.
“Comme tu l’aimes.”
Vassil lui fit un sourire, un clin d’œil et s’éclipsa. Comme c’était gênant ! Konstantin n’avait pas honte d’avoir troussé un serviteur pendant que Milo n’était pas là mais ces marques d’affection étaient déplacées. Ils n’avaient jamais eu ce genre de relation.
“Hm, ce chocolat fait avec lait chèvre et miel. Très bon pour digestion !”
Charlette eut un petit rire chaleureux qu’elle cacha derrière la manche de sa grande robe. Elle en voudrait certainement une autre bientôt, celle-ci était sale. Il devrait les emmener chez le tailleur, le lendemain.
“J’espère que vous parlez mieux dans votre propre langue, messire.”
Konstantin ouvrit grand les yeux. Elle avait parlé dans un kalini parfait et sans accent.
“Bien entendu, demoiselle. Je ne suis pour ainsi dire pas familier de la langue commune, que je peine à utiliser, mais Miloslaw la parle avec aisance. Il pourra certainement m’apprendre ... s’il le souhaite, naturellement.”
Isobel protesta qu’elle n’y comprenait rien mas Konstantin sentit qu’une complicité s’était installée entre lui et la jeune fille aux cheveux gris.
Ils allaient quitter la table quand un porcher entra en panique dans la pièce.
“Konstantin ! Deux porcs de combat se sont échappés !”
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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Sam 2 Juin - 11:32






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Konstantin venait de passer le seuil qu’Anastasy embarquait Lucius à l’écart de la table, jusque dans la cuisine. Miloslaw voulut le retenir, mais il n’en eut pas le temps, trop choqué par la scène. Et puis, il réalisa : Lucius était officiellement son valet. Le valet d’un baron. Ca ne devait plus sembler si amusant au prince de jouer un rôle de serviteur... Il s’excuserait auprès de lui plus tard. Et parlerait avec Konstantin du statut des employés de cette maison. Du temps de sa mère, ils mangeaient avec eux deux, à l’exception des deux personnes assignées à la préparation et au service du repas.
Là, toutefois, c’était un véritable festin qu’on leur servit. Le plat de porc braisé qu’apporta Lucius était énorme, même pour toute la maisonnée. Et il lui semblait que toutes les patates possibles avaient été arrachées de terre pour cette occasion là. Mais qu’est-ce qu’il en savait ? Peut-être qu’ils avaient mis au point ce menu depuis que Konstantin avait envoyé le messager.

Durant le repas, Isobel et Charlie se prirent d’intérêt pour Konstantin et ce qui l’avait amené ici, à attendre le retour d’un fiancé qu’il n’avait jamais rencontré d’une fois. Pendant qu’il parlait, Miloslaw inspecta la pièce où ils dînaient. Il essayait de se souvenir de son aspect au moment où il était parti, dix ans plus tôt. Il jugea que Konstantin avait respecté ses paroles et restitué l’ambiance originale de la maisonnée. Il tourna son regard vers l’homme, prit dans le mime du tournoi qui lui avait donné le droit, aux yeux de son clan, de réclamer la main de Milo. C’était une histoire surprenante, d’autant plus qu’il semblait être très fier de sa victoire. Il ne lui en avait même pas parlé dans la chambre, il n’avait pas cherché à légitimer ses intentions par cet événement. Comme s’il... Voulait vraiment le gagner ? En dépit de l’urgence de la situation. C’était touchant. Miloslaw était touché. Et Isobel avait des étoiles dans les yeux, comme si rêvait que quelqu’un se batte pour elle pour remporter sa main. Milo la connaissait juste assez pour être capable de parfaitement imaginer le tournoi qu’elle lancerait en mettant en jeu l’identité de son futur mari.

Le repas s’acheva sans que Miloslaw n’ait prononcé le moindre mot. Il réfléchissait à la confiance, celle qu’il pouvait accorder à Konstantin. Les chocolats chauds arrivèrent, au lait de chèvre et au miel précisa le Kalini. Le serviteur donna la sienne en dernier à Konstantin, y ajouta une bonne cuillerée de crème fraîche. Miloslaw fronça les sourcils en le voyant minauder. Il se tenait trop près de l’homme. Il ne ferait pas la même erreur qu’avec Lucius : les sentiments de ce serviteur étaient évidents. Non, ça allait même au-delà. Ils avaient couché ensemble, c’était évident. Ils étaient amants. L’expression de Konstantin lui confirma son doute. Il aurait probablement préféré que Milo ne le découvre pas tout de suite. Voilà donc ce qu’il attendait de lui : un mariage, des enfants, mais pas d’amour. Tout ce roman à l’eau de rose qu’il leur avait servi était du vent. Ou au moins, ça l’était devenu avec le temps. Miloslaw n’aurait pas dû ressentir autant de ressentiments à l’égard du couple, mais la rage lui consumait pourtant les entrailles. Il noya la réplique cinglante qu’il mourait d’envie de sortir dans le chocolat. Encore une fois, on ne voulait de lui qu’une seule et unique chose. Le sexe. Dans le cas de Konstantin, c’était même pire. Procréation, titre de propriétaire terrien, gloire d’être le sauveur de l’espèce métamorphe. Et bien il allait refuser. Il le renverrait sur son île. Et reprendrait la ferme en main. Personne d’autre que lui n’allait mettre la main dessus.

Dame Charlette distrayait Konstantin dans sa langue tandis que Miloslaw sirotait son chocolat en fusillant ce dernier du regard. Et puis, ils commencèrent à se lever, pour laisser aux serviteurs débarrasser la table. L’un des employés fit alors son apparition, tout affolé. Miloslaw oublia sa rancœur et son dégoût. Deux porcs de combat, c’était très grave. Ils pouvaient se trouver face à de gros prédateurs, détruire des terres voisines ou même agresser des gens. Ces bêtes étaient adorables, mais face à la panique et sans cavalier pour les guider, ils étaient des armes puissantes et imprévisibles. Milo prit le temps de traduire ce qui se passait à Isobel, puis se rua dehors, en direction de la porcherie réservée aux porcs. Ils devaient suivre les traces.

La porte avait été mal fermée après que Luce y avait été installé. La présence du gros lion les avait effrayé. L’animal démoniaque était d’ailleurs couché dehors, l’air peiné. Miloslaw n’avait cependant pas le temps de lui offrir sa compassion. Il devait les retrouver et heureusement, les porcs de combat n’étaient pas spécialement discrets. Il remonta aisément les traces, jusque dans le bois. Il espérait qu’ils n’étaient pas allés se perdre dans la montagne, ce serait bien plus difficile de les tracer sur les cailloux.

« Nieszczęście* ! Ils se sont séparés !»

Il se tourna vers ceux qui l’avaient suivi, ou qui avaient eu aussi suivi les traces des porcs. Charlie, le porcher... Eux seraient utiles, c’était sûr. Konstantin... Il savait probablement pister des proies aussi grosses, mais avait-il vraiment envie, après ce qu’il venait de voir, de lui confier quoi que ce soit ?

« On devrait probablement chercher en groupes distincts, non ?»

Il se tourna vers Anastasy. Après cette longue absence, il ne voulait surtout pas se poser comme un chef immuable. Il ne s’en sentait pas le droit. Anastasy, lui, en revanche... Miloslaw se sentit profondément trahi quand son serviteur le plus loyal leva les yeux vers Konstantin pour lui demander son avis, à lui. Est-ce qu’il le baisait, lui aussi ?

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Sam 2 Juin - 22:05

Valet de coeurFenrir & Milo"Fenrir attendait son amant, s'occupant de la ferme comme il le pouvait, rêvant de romance et d'enfants. Hélas cette vie s'écoulait autour de lui sans même l'effleurer. Et puis, un soir ..."

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Mood sonore : Spring Day - BTS  

Ce repas marquerait-il le début de leur cohabitation ou la fin de leur histoire ? Miloslaw n’avait pas dit un mot de tout le repas.
S’ il avait conscience de tous les sacrifices que Konstantin avait fait pour en arriver là, il n’avait pas montré ni reconnaissance ni réel respect. Oh, il ne s’attendait pas à quoi que ce soit de fabuleux, à vrai dire, il pensait même que Milo se moquerait de lui. Mais ne rien dire, ne rien montrer, comme ça, c’était pire que tout. Il avait l’impression d’être un moins que rien. Juste une gêne.
Pourtant, il lui faudrait convaincre Miloslaw de ses bonnes intentions. Il devait le faire, il allait le faire. Il savait parfaitement que son amitié, autant que son amour, ne lui était pas acquise et qu’il devrait batailler pour se montrer digne de lui. Mais si Milo refusait tout de lui ? Il lui faudrait le mener à son clan pour qu’il choisisse quelqu’un d’autre pour procréer. Et ensuite ? Qu’arriverait-il de lui ? Il se plaisait dans cette exploitation porcine, il ne voulait pas la quitter.
Combien d’heures avait-il passé à rentrer les cochons, à nourrir les bêtes, à faire des batailles de neige avec les enfants de Polikarp, à voyager jusqu’à Cardinal pour le bien de Kotka ? Il ne regrettait rien pourtant. Miloslaw serait à lui, quelque soit le prix à payer.
Il les voyait déjà ici. Ils passeraient les longs hivers à s’occuper de la ferme avec les enfants, boiraient du chocolat chaud et des segments d’agrumes enveloppés de chocolat noir. Ils passeraient du temps à parler aux serviteurs et ils vivraient la vie la plus douce et calme qui soit.
Le chocolat chaud, justement sembla ne pas convenir. Une tâche de plus dans cette utopie qu’il avait imaginé. Etait-ce à cause de Vassil ? Il le punirait si c’était ce que Milo souhaitait. Il ferait n’importe quoi pour lui et remplirait tous ses désirs. Il était son serviteur, après tout, bien plus que ce gamin aux cheveux blancs. Il savait ce qui devrait lui faire plaisir. La cuisine, le ménage, les enfants, la ferme.
Bien sûr, sauter Vassil n’avait aucune espèce d’importance pour lui, mais Milo le prendrait probablement autrement. Il devrait lui expliquer dès qu’il le pourrait. Dès que les cochons seraient revenu là où ils devaient l’être. En attendant, quelqu’un devrait s’occuper du lion impressionnant et de l’ourson pour s’assurer qu’ils ne fassent pas de dégâts en leur absence. On ne savait jamais avec les animaux.
Lorsqu’il se leva, la serviette posée sur ses genoux tomba à terre. Il avait oublié qu’elle était là et il se pencha pour la ramasser. Quand il se releva, son épaule cogna durement sur la table et il gronda. Cela fit rire les filles.
En sortant de la maison, il remarqua que le temps était pluvieux et que les terres étaient noyées de brume. Ce n’était pas bon, son odorat serait perturbé si jamais ils venaient à perdre les traces terrestres des cochons. Il détestait ce genre de situation. Il ne pouvait pas en vouloir aux serviteurs, ils étaient si ... heureux de retrouver leur véritable maître. Il était évident qu’il étaient contents et distraits.
Le jeune maître les conduisit jusqu’à une fourche. Les traces menaient dans deux directions différentes. Il était plus qu’évident qu’ils avaient paniqué et que les choses ne seraient pas faciles.  Finalement, ce fut à lui qu’on demanda son avis. Les traces menaient étrangement dans trois directions différentes.
“Miloslaw avoir raison. Nous séparer en trois groupes. Isobel et garçon maigrichon à gauche, Miloslaw et Charlette au milieu, Stasy et moi à droite.”
Il allait s’avancer d’un pas rapide vers la droite quand le serviteur de Milo leva la main.
“Okay, on peut s’amuser un peu, non ? Puisqu’il y a de toute évidence un problème de chambres, je pense qu’on devrait attribuer la grande chambre aux deux gagnants, non ?”
Konstantin s’approcha du serviteur et le domina de toute sa hauteur. Le garçon aux cheveux étranges n’en parut pas spécialement impressionné.
“Ce n’être pas jeu, petit homme.”
Le garçon pointa un doigt accusateur sur le torse de Konstantin avec un sourire mesquin. Il avait un de ces visages à claquer avec toute la force d’un coup légendaire.
“Tu ne diras peut-être pas ça quand je partagerai le lit de ton fiancé.”
Konstantin grommela un chapelet d’insultes en Kalini et s’élança sur le chemin de droite.

Lorsqu’il revint à la ferme, il avait le cochon sur l’épaule et une main plaquée sur le flanc. Il saignait abondamment mais devait absolument ramener ce cochon ! Il le posa devant Milo, qui avait bien évidemment ramené l’autre.
“Le voilà. Il attiré par baies.”
Et puis, il regarda sa main. Il avait laissé une belle traînée de sang derrière lui et le liquide carmin s’écoulait toujours de son corps.
“J’ai besoin de bandages. Et d'alcool.”
Anastasy et lui s’étaient séparés un peu plus tôt et il était visiblement rentré avant lui. Il se précipita à l’intérieur pour aller l’en chercher. Le cochon de guerre le suivit.
“Miloslaw, je voulais te dire que ... “
Et puis il s’écroula, tout bonnement.

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Dim 3 Juin - 13:21






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La construction de l’équipe Konstantin-Anastasy, décidée par le premier, fit monter un peu plus la colère dans le corps de Miloslaw. Il serra les dents, essayant de se raisonner. Il n’aimait pas cet homme, celui qui clamait être son fiancé. Et il n’avait même pas de bague de toute façon. Konstantin n’était rien pour lui. Qu’il baise autant de serviteurs qu’il le voulait, si c’était là son genre. Milo allait lui reprendre la ferme et lui interdire l’accès à son corps.
Et puis, Lucius intervint. Et Miloslaw ne sut plus quoi penser.

Tandis qu’ils battaient la forêt sur les traces de l’un des porcs de combat, Milo expliqua en chuchotant à Lucius l’utilité de ces grosses bêtes. Issues de décennies de croisements méticuleux, ils avaient servi durant de nombreuses batailles. Et puis, la paix était arrivé au sein de l’Empire de Nox et ils avaient été relégués au rang de simples montures. On continuait à les entraîner et à leur forger des armures, mais il doutait qu’ils puissent réellement se montrer utiles en cas de guerre.

« Pourquoi tu as lancé ce pari stupide ? Je n’ai pas envie d’être dans le même lit de Konstantin. De toute façon, il préfère baiser Vassil et son cher Stasy. Tous les deux se meurent d’admiration l’un pour l’autre.»

Il donna un coup de pied dans une fougère, qui perdit quelques lobes. Et puis il s’arrêta, écoutant la sagesse de Lucius. Bien sûr, il avait raison. Une telle colère ne pouvait qu’être le signe qu’il était jaloux.

« Oui... Peut-être que j’ai envie d’essayer. Je parlerai avec lui.»

Il se sentait un peu mal de discuter de ça avec Lucius, qui avait des sentiments pour lui, ou du moins qui en avait eu, mais le cochon surgit soudain des fourrés avant qu’il ne puisse s’excuser. Charlette lui courait après. Elle semblait heureuse. Une énorme branche surgit soudain de l’obscurité et assomma le cochon, qui s’effondra sur le côté en faisant trembler la terre couverte d’épines de pin. Isobel apparut à son tour, victorieuse.

Il fut décidé que ce serait à Miloslaw de ramener seul le cochon. Il lui fallait, disait Lucius, les meilleures chances avec Konstantin, même si ce n’était que pour avoir une très longue conversation. Longue et nécessaire. Le garçon de compagnie obéit à son prince, parce qu’il partait du principe que Lucius savait mieux que lui ce qui était bon dans les mariages arrangés et les alliances de toutes sortes. Peut-être bien que cette union l’arrangerait. Milo se devait de tenter le coup, ne serait-ce que pour faire honneur à tous les efforts déployés par son demi-frère.
Il allait rentrer son cochon géant, lui flattant le côté, quand Konstantin apparut, seul avec le deuxième porc. Les deux animaux se réunirent automatiquement, attendant sagement d’être ramenés dans leur enclot. Luce avait été bougé ailleurs.
Milo s’avança avec un sourire gêné en direction de l’homme, remarquant d’un coup à quel point sa barbe était foisonnante. Est-ce qu’elle piquait ? Est-ce qu’elle était aussi douce qu’une couverture ?

« Et bien je crois que nous allons devoir nous plier au plan de départ et partager une couche.»

Il espérait que le son de sa voix n’avait pas laissé entendre la promesse d’une journée humide et active, parce que ce n’était absolument pas ce qu’il avait en tête.
La réponse de Konstantin n’était certainement pas celle attendue. Perdant tout sourire, Miloslaw baissa les yeux sur la blessure. Elle était impressionnante, probablement provoqué par le porc qu’il avait ramené. C’était une femelle, elle ne laissait pas beaucoup de place au doute.

« Oh, non, elle vous a eu ! Vous savez, je la connais depuis longtemps. Elle est féroce, mais je suis sûr qu’elle regrette déjà.»

Konstantin était un vampire. La blessure était impressionnante mais un bon nettoyage et ce serait réglé. Il ne voyait même pas pourquoi il y aurait besoin de bandages. Miloslaw suivit Konstantin. Puis, il faillit lui marcher dessus. Choqué, il perdit de précieuses secondes à se demander comment c’était possible. La mare de sang qui se formait sous son fiancé le rappela à l’ordre.

« A L’AIDE !»


Konstantin fut amené dans sa chambre après avoir été soigné sur la table du salon. Miloslaw avait suivi les serviteurs les plus solides aptes à le transporter. Il n’avait pas retrouvé son état conscient et cela inquiétait le jeune homme. Quand il se retrouva seul avec son fiancé, il s’assit sur une chaise, à son chevet. Et puis, après une hésitation, il lui prit la main.

« Je suis désolé, Konstantin. Tu as fait tellement de choses pour moi... Et voilà que tu vas peut-être mourir. Tu vas mourir et je ne vais même pas comprendre pourquoi. Je ne saurai jamais si c’était vrai, tout ça. Le tournoi, tes sentiments...
- C’est un métamorphe, voilà pourquoi. Il a sûrement été blessé sous sa forme de loup. Mais il va s’en remettre. Il est puissant.»

Miloslaw se tourna vers Vassil. Vassil... Il semblait réellement peiné en dépit de l’accent de certitude qui ponctuait ses mots. Soudain, Miloslaw se sentit incongru. C’était lui, l’autre. Il ne devrait pas être ici. Devant le visage du serviteur, il perdit toute volonté de se battre.

« Je vais vous préparer un bain, monsieur le baron. Vous semblez en avoir bien besoin.»

L’insolence de Vassil ne le hérissa même pas. Il avait raison et puis, il était évident que le serviteur voulait rester près de Konstantin. Aussi, quand le bain fut prêt, il bondit aussitôt de sa chaise.

« Peux-tu veiller sur lui pendant que je me lave, s’il-te-plaît ?
- Bien entendu, seigneur. Je serai toujours là pour vous remplacer durant vos absences.»

Il contracta les muscles de sa mâchoire, mais ne dit rien. Le reproche était certainement mérité. Miloslaw avait du mal à en vouloir à Vassil. Ils avaient le même âge, ou presque. Il le comprenait. En plongeant dans l’eau délicieusement brûlante, il se remémora ses moments d’enfance passés avec lui. Vassil était alors le fils d’un serviteur de la ferme. Ils auraient probablement dû passer tout leur temps à jouer ensemble, car ils étaient les seuls enfants du domaine. Sauf que Vassil n’avait jamais rien eu d’un aventurier. Miloslaw n’avait réussi à le traîner à la recherche des fées que trois fois en tout. Vassil affirmait que c’était un jeu stupide, qu’il n’y avait pas de fées. Bien sûr, mais explorer la forêt était amusant. En tout cas, il n’avait pas beaucoup aidé Milo à se sentir moins seul.
Ils étaient si différents, il semblait étrange que Konstantin soit amoureux d’eux deux en même temps, ou même qu’il éprouve un quelconque intérêt pour tous les deux. Il y en avait bien un de trop. Et Miloslaw n’était pas certain de savoir lequel. Encore une question à éclaircir.

Propre et nu comme un porcelet qui venait de naître, il revint dans la chambre. Il avait l’intention d’emprunter quelques vêtements à Konstantin, juste pour la journée. Mais il se figea derrière le seuil en voyant Vassil penché sur les lèvres de son fiancé. Le baiser fut rompu et Konstantin ouvrit les yeux, comme dans un conte pour enfants. Miloslaw serra les poings. Qui pouvait se dresser face à un tel amour ?

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Dim 3 Juin - 15:01

Valet de coeurFenrir & Milo"Fenrir attendait son amant, s'occupant de la ferme comme il le pouvait, rêvant de romance et d'enfants. Hélas cette vie s'écoulait autour de lui sans même l'effleurer. Et puis, un soir ..."

Journal de Kon #1 - Miloslaw Kotka est de retour !

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Anastasy aurait, lui aussi, pu ramener le cochon. Ou la truie, plus précisément. Mais le hasard ou la chance avaient conduit les pas sûrs de Konstantin sur la trace de la bête imposante. Quand il l’avait trouvé, dans une avancée de buissons, il avait sourit. Il s’était changé en loup, pensant que ce serait facile de lui faire peur pour qu’elle rentre vite. Comme il avait eu tort ! La truie n’avait aucune intention de rentrer !
Le combat avait été court, principalement parce qu’il ne souhaitait pas la blesser, mais elle l’embrocha. Ensuite de quoi, en entendant les grondement de souffrance de Fenrir, elle s’était laissé tombé comme une masse aux pattes de son maître.
Il s’était changé en homme et n’avait eu aucun mal à la hisser sur son épaule. Elle était lourde mais il était fort. L’effort le fit saigner plus mais il ne voulait prendre aucun risque. Son ami serait si déçu si elle s’échappait de nouveau. Ils allaient revenir ensemble, homme et porc, pour consoler le cœur blessé de Milo. Malgré ses efforts, la truie ne réussit pas s’échapper de sa prise et finit par abandonner.
Lorsqu’il s’évanouit, Konstantin se sentit plongé dans un bain chaud, plein de sensations différentes. Il repensa à la mine fâchée de Milo, à sa façon de boire son chocolat chaud de façon si accusatrice qu’il en était venu à se sentir mal.
Il se souvint aussi du Comte. Quand il était venu, pour la dernière fois, il avait proposé le double pour racheter la ferme. Il avait effeuillé du pouce la liasse avant de la tendre à Konstantin, qui avait souri doucement en affirmant qu’il acceptait avec grande joie cette contribution à la vie de la ferme. Le Comte s’était enflammé, clamant au vol, mais Konstantin avait affirmé qu’il ne parlait pas très bien le Hocheni et qu’il devrait partir. C’était à la suite de cette entrevue courte mais décisive que le Comte avait engagé ses actions.
Il avait vécu trois ans ici. Ces années avaient été remplies d’une bonne dose de bonheur et si le Comte ne s’était pas pointé, il aurait pu attendre Milo pendant des siècles. Il aimait être ici. Il aimait Anastasy et ses souvenirs frappants de la mère de Milo, Polikarp et son amour inavoué, Kajetan et sa force de taureau et même Vassil et son intellect trop important pour être juste un serviteur de maison. Malheureusement, il n’aimait pas Vassil comme celui-ci l’aurait voulu. Cette partie de son cœur était réservée à Milo.
Il se souvint enfin du tournoi. La rumeur des gradins s’amplifia quand le chef de la meute abattit son sabot de porc imposant près de la gueule de Fenrir. En grondant, le loup se releva et tenta un coup risqué. A la gorge, presque mortel s’il ne réussissait pas. Mais il ne mourrait pas, pas tant que Milo était de ce monde.
Un instant après, le chef se tenait près de lui. Il avait un an de plus et il partait retrouver Miloslaw à la ferme des Kotka. C’étaient les dernières paroles qu’ils s’accordaient et le jeune homme gronda doucement quand le chef lui souhaita bonne chance.
Cette fois, plus de retour en arrière. Il allait épouser Milo, lui faire des enfants et ils vivraient terriblement heureux pour le reste de leur vie commune. Comme il avait eu tort, bon sang ! Il avait mit tant d’années à le retrouver qu’il n’était plus sûr que Milo puisse l’aimer un jour. Son amour à lui était indéfectible mais il avait commencé à douter. Et si Milo était déjà marié ? Et s’il en aimait un autre ? Bon sang, Konstantin détestait ce serviteur à la chevelure de neige.
Il fut réveillé par des lèvres pressées contre les siennes. Sans ouvrir les yeux, il laissa un sourire lui échapper. Il ne le laisserait plus s’échapper, cette fois. Il allait pour sûr s’emparer de son cœur.
“Miloslaw ... Tu es là.”
Mais quand il ouvrit les yeux, il ne vit pas la trombine gênée de Miloslaw Kotka mais bien les sourcils froncés de Vassil. Ils se ressemblaient, dans la forme, mais leurs visages étaient différents. Vassil était blond et portait ses cheveux longs en un chignon négligé la plupart du temps. Leurs yeux, en revanche, étaient les même et Konstantin faillit se laisser happer par ce regard qu’il avait observé en le prenant à de nombreuses reprises.
“Non. Pas Miloslaw. Il s’en fiche de toi. Il ne pense qu’à son serviteur et ... que sais-je encore ? Il n’est pas fiable.”
Konstantin gronda un bon coup et Vassil en sembla surpris. Il s’était retiré de son cercle de proximité le plus restreint et Konstantin put se redresser sans respirer son parfum à même la peau.
“Vassil, nous étions d’accord. J’ai être avec toi uniquement pour le sexe, pour ne pas rouiller et apprendre. Tout ce que je faire, je faire pour Miloslaw.”
Le serviteur ouvrit la bouche mais la voix forte d’Anastasy résonna dans la chambre et fit éclater la bulle de leur confidences. La surprise manqua de faire sursauter Konstantin.
“Jeune maître que faites vous en suspens comme cela ? Et nu en plus de cela ? Je vais vous chercher des vêtements.”
Anastasy et Vassil quittèrent la pièce, l’un après l’autre. Une fois libérés de tous les serviteurs et tous deux nus comme des vers, ils se retrouvèrent dans un silence gênant. Konstantin détourna le regard pour ne pas fixer le corps nu de son bien aimé. Il ne souhaitait pas faire le voyeur.
“Tu as pris un bain. Tu sens bon.”
Konstantin se pencha vers le tas de vêtements qui avaient été posés sur le coffre au pied du lit et commença à les enfiler rapidement. Une chemise noire sans forme, un pantalon assorti et des bottes fourrées. Sans sous-vêtements, il se sentait plus libre.
Quand il fut habillé, il tendit une de ses chemises à Milo pour qu’il puisse se couvrir en attendant le retour du serviteur et se carra dans un siège près du lit. Sa blessure le faisait encore souffrir.
“Je suppose que l’on dormira ensemble quand le soleil sera levé. Ce sera un grand honneur.”
Dehors, la nuit était encore noire. Il ne devait pas être loin de trois heures du matin et ils avaient encore du temps avant de se coucher.

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Dim 3 Juin - 16:32






Valet de cœur
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Miloslaw Kotka était un homme ridicule. Voilà ce qu’il était en train de penser. Nu, il venait d’assister à une scène intime, dont les échanges l’avait rendu plus joyeux. Et puis, il s’était lui-même fait surprendre par l’arrivée d’Anastasy, signalant sa présence aux deux autres. Il s’était retrouvé sous le feu de leurs regards, surpris, horrifiés ou embarrassés. Maintenant il se sentait mal pour Vassil. Le pauvre venait de se faire rejeter juste devant lui. Quand il sortit de la chambre avec l’autre serviteur, Milo se promit de faire ce qu’il fallait pour réparer les choses avec lui. Ca ne pouvait pas continuer comme ça. Il devait mettre les choses au point avec tout le monde d’ailleurs. Demain, il aurait beaucoup de travail. Et il pourrait probablement compte sur Konstantin pour l’aider un peu. Voilà une pensée réconfortante.

« Merci, marmonna-t-il quand son fiancé lui fit un compliment sur son hygiène corporelle. Mais ce n’est que le savon. Toi aussi tu sentais très bon avant de courir la forêt et de transporter une truie de combat sur je ne sais combien de lieues.»

Il enfila ensuite la chemise que lui tendait l’autre vampire. Milo n’était pas petit, mais le vêtement suffit à le couvrir jusqu’à mi-cuisses, principalement parce qu’il n’arrêtait pas de glisser sur ses épaules. Il opta pour un compromis en découvrant complètement son bras gauche, le col retenu par son cou. Puis, il s’assit à quelques pas de Konstantin, sur le tapis qu’il chérissait tant, le dos collé au coffre. Il avait écarté ses jambes en tailleur, une position plus que confortable après des nuits passées sur des chevaux.

« Ha ! Un grand honneur ? ... Je pense que je ne comprends pas ce mot. Il n’y a aucun honneur particulier à dormir avec moi. Je suis juste... Moi.»

Il lui sourit, les yeux brillants. Cet homme avait beaucoup sacrifié pour lui, il venait même de passer un sale quart d’heure. Cela lui rappela quelque chose.

« Bon, tu t’es battu pour moi. Tu mérites de savoir des choses à propos de... Moi.»

Il lui raconta sa vie à Ravenwell, dans les grandes lignes. Son récit fut à un moment interrompu par les voix de Dame Alianora et de Policarp, incapables de se comprendre. Ils couraient dehors et leur échange, qui n’avait rien d’une conversation, passait aisément par la fenêtre ouverte.

« Mademoiselle, s’il-vous-plaît, rentrez à la maison !
- Hahaha ! Rattrapez-moi si vous le pouvez !
- Mademoiselle, pas par là ! C’est dangereux !
- Si vous réussissez à me saisir la main, je vous promets un baiser ! Un baiser de l’héritière d’un duché, n’est-ce pas prodigieux ?
- Mademoiselle !!!!»

Miloslaw ne savait pas s’il devait rire ou pleurer. Alianora était de toute évidence ivre. Lui avait-on servi de ce digestif que buvait sa mère et que lui, petit garçon, n’avait jamais eu le droit de goûter ?
Les voix finirent par être trop éloignées pour qu’ils puissent les entendre, à part, de temps en temps, le rire cristallin de Dame Alianora. Milo poursuivit son histoire. En un heure, il eut raconté à Konstantin dix années d’étude, suivies par son engagement auprès du prince héritier. Pour le moment, il préféra taire son lien de parenté avec la famille impériale ainsi que la véritable identité de son «valet». Il voulait consulter Lucius à ce sujet avant toute chose.
Et puis, il en vint à parler de ses expériences corporelles, ce que la rue avait fait de marquant. Comment il avait offert son corps pour éponger des dettes de jeu, il montra ses tatouages sur la main gauche, ses piercings dans le bas de son dos. Pour finir, il se leva et étudia les vêtements qu’Anastasy avait apportés plus tôt. Il hésita, puis continua de les ignorer. Une fois devant Konstantin, il releva sa chemise, au-dessus de son nombril. Il avait apprécié que l’homme détourne les yeux tout à l’heure, car c’était une notion de politesse qu’il avait lui-même profondément intégrée à l’école des majordomes. Cette fois, pourtant, il lui demanda de regarder. Là, sur le côté de son ventre. C’était un violent coup de couteau hérité dans sa première et seule bagarre de rue. La lame était rouillée et empoisonnée, il s’était laissé recoudre par un novice. La cicatrice était épaisse, boursouflée et totalement irrégulière. Une vraie catastrophe.

« Normalement, dit-il avec un peu d’embarras dans la voix, je ne montre pas ça. C’est... Horreur. Non, horrible. Moche. Je crois que tu as compris. Mais...»

Il laissa retomber sa chemise et réfléchit, les sourcils froncés et le regard rivés sur un clou du fauteuil de Konstantin.

« Je veux remercier toi pour tout ce que tu as fait ici. Avec ma... Quel est le mot ? Zaufanie... Confiance ! Je veux te faire confiance ! Et que tu me fasses confiance.»

Il posa sa main sur celle de Konstantin, plongea son regard dans le sien et lui sourit timidement. C’était un bon début, non ? Lucius serait probablement content d’apprendre qu’il avait fait des efforts en ce sens.

« J’ai une question, pour cette histoire de mariage. Pourquoi personne n’est venu pour me... Désolé, je ne connais pas le mot dans ta langue. M’inséminer. Coucher avec moi. Pour avoir des bébés. Ca suffirait, non ?»

Miloslaw n’étant pas spécialement à l’aise avec l’idée de se faire engrosser sans permission battit en retraite jusqu’à la fenêtre. Il laissa le vent lui lécher le cou, la brise était tiède et humide. On sentait que la pluie allait bientôt recommencer à tomber. Il ne voyait aucune trace de Dame Alianora ou de Polikarp dehors, mais de la fumée s’élevait derrière la forêt de pin. Wieś.

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Lun 4 Juin - 17:26

Valet de coeurFenrir & Milo"Fenrir attendait son amant, s'occupant de la ferme comme il le pouvait, rêvant de romance et d'enfants. Hélas cette vie s'écoulait autour de lui sans même l'effleurer. Et puis, un soir ..."

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Mood sonore : Breathless - The Coors  

LUCIUS

Le prince visita deux salons qui abritaient ses amis. Félix et Alianora, dans l’un et Charlie et Isobel dans l’autre. Son frère s’était beaucoup inquiété pour Konstantin et il était resté à son chevet. Lorsqu’il traversa une pièce commune, plus grande, qui était certainement quelque chose comme une salle de réception, il remarqua plusieurs sabliers sur le manteau de la cheminée. Beaucoup de sabliers étaient épuisés et les autres coulaient lentement. Lorsqu’il se rapprocha, il eut un hoquet. Cet endroit puait la magie de fée.
Il activa son don de double vue et remarqua qu’il y avait quelque chose derrière cette cheminée. Quelque chose de très vieux et de très puissant. Quelque chose de magique. Et cela avait quelque chose à voir avec ces sabliers. Il voulut toucher l’un d’eux mais un champ de protection l’en empêcha et le projeta plus loin. Il se reçut souplement sur le sol et sourit. Un challenge, voilà qui l’occuperait !
Il dénoua une sacoche à sa taille et se frotta les mains de la poussière de fée multicolore qu’il avait volé dans le premier village où ils s’étaient arrêtés. Ses mains se mirent à pétiller.
Une odeur d’azalée lui frappa l’odorat quand la porte s’ouvrit. C’était ce mec, la némésis de Milo, le serviteur qui avait roucoulé avec Konstantin. Il avait l’air passablement fâché.
“Qu’est-ce que tu fais ici ?”

KONSTANTIN

La petite fenêtre gothique en face du lit laissait entendre le pauvre Polikarp et la très charmante Alianora. De toute évidence, la noble s’était torchée la tronche dans les grandes largeurs. Konstantin s’en fichait bien. Il observait Milo, sans trop oser le dévisager ou le regarder comme un pervers. Ses yeux brillaient comme des gemmes et sa peau semblait si claire ...
Milo semblait être l’archétype du jeune homme qui s’était perdu et avait fini par devenir serviteur. Il lui avait conté son histoire de la meilleure façon possible et Konstantin s’était concentré. Les pavés que son fiancé lui avaient servi étaient parfois indigestes mais il devait s’efforcer de les comprendre au mieux. De le comprendre au mieux.
En ce moment, Milo lui semblait être une allégorie de l’injustice autant qu’une représentation de l’insaisissable. Il n’avait cessé de lui filer entre les doigts comme une poignée de sable mais désormais il était devant lui, bel et bien adulte et responsable.
Son air angélique avait dû séduire de nombreux hommes, à la capitale. Avait-il résisté ou cédé à la tentation ? Konstantin devait admettre, avec un peu d’amertume, qu’il aurait aimé lui offrir sa première fois. Oh, il ne lui en voudrait certainement pas s’il l’avait déjà fait mais ... Ces hommes et ces femmes de Ravenwell avaient dû lui offrir des relations sexuelles pressées, mauvaises, dans des ruelles sales. Milo méritait mieux que cela.
Les réponses lui furent bien vite apportées. Oui, Milo avait connu le sexe, dans les pires conditions possibles. Konstantin s’en voulait tant de n’avoir su le trouver plus tôt. Il aurait pu le sauver de toutes ces horreurs, lui faire tant de bien que Milo en aurait perdu la tête. Il n’était pas très expérimenté en allant le chercher mais il avait passé de nombreux mois à s’entraîner avec le corps d’Ancolie, qui s’était plié au jeu avec politesse et peut-être une pointe d’amusement.
Milo parla ensuite de la façon dont son corps avait été transformé. Tatouages, piercings et même une cicatrice. Konstantin regarda, pour faire plaisir à son amant mais refusa tout net de prolonger trop cette vision. Cherchait-il à le provoquer ?
Et puis, Milo osa s’insulter. Il osa prétendre qu’une partie mutilée de son corps était une horreur. Konstantin sentit un grondement monter dans le fond de sa gorge. Pourquoi recommençait-il ? Aucun de ses amants ne lui arrivaient à la cheville. Ni Vassil, ni Ancolie et certainement pas le jeune baron de Viverone qu’il avait rencontré à la capitale. Personne n’atteignait un tel niveau de ... perfection. De gentillesse. De bonté.
Et puis, Milo se laissa retomber. Il parla de confiance et le jeune Becjm hocha la tête. Ils devaient se faire confiance. Oh mais, bien entendu, Konstantin avait déjà une confiance parfaite en son fiancé. Il savait qu’il ne le tromperait jamais, sur quelque sujet que ce soit. Lorsqu’ils étaient petits, il avait toujours prit pour lui. Une fois, Konstantin avait cassé un vase de la mère de Milo. Quand, à minuit, elle était rentrée, Milo avait prit le blâme sur sa personne.
Et puis, une question. Konstantin ne s’y était pas attendu et il se redressa dans son siège. Milo sentait si bon qu’il dût se retenir pour ne pas venir l’embrasser.
“C’est normal. C’était le but du tournoi. Seul le plus fort de la tribu a le droit de procréer dans un cas comme celui-ci, où il ne reste qu’une seule femelle. Pour que ses enfants soient en parfaite santé. Le mariage n’est pas obligatoire mais ... c’est une garantie, pour moi. Qu’aucun autre mâle ne vienne te trouver quand la survie de l’espèce serait assuré. Personne n’osera te toucher si tu m’appartiens. Et que je t’appartiens.”
Puis, cédant à la tentation, il se dirigea vers la fenêtre. Cette odeur portée par le vent tiède de l’hiver était succulente et il avait envie d’y goûter. Il tomba à genoux devant Milo et glissa ses mains sur sa peau. Ses cuisses, ses fesses, son ventre. Elles remontèrent le tissu de la chemise jusqu’à dévoiler sa cicatrice. Il l’embrassa, puis la lécha du bout de sa langue.
“Ne dis plus ça. Aucune partie de toi n’est horrible ou laide. Tout est parfait. C’est ma faute, si je t’avais retrouvé avant ...”
Alors qu’il menait ses mains dans le dos fin de son fiancé et que ses lèvres se rapprochaient à grands coups de baiser de son aîne, il réalisa ce qu’il était en train de faire. Il se retira immédiatement et recula. Évitant à tout prix de le regarder, il rougit comme une pivoine.
“Je suis désolé, je n’aurais pas dû. Le vent m’a amené ton odeur et ... Non, je n’ai aucune excuse. Je devrais aller dormir ailleurs pour la nuit.”
alors il attrapa un oreiller et se dirigea vers la porte d’un pas ferme. Que goujat il faisait ! Il l’avait touché sans sa permission. C’était lui l’horreur.

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MessageSujet: Re: Cinquième pari : Valet de cœur  Sam 9 Juin - 17:45






Valet de cœur
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Quand Miloslaw avait quitté la ferme Kotka, il avait abandonné bien des choses sans le savoir. Le confort, l’amour, la protection. Il avait un peu l’impression de retrouver tout ça ici, avec Konstantin. Grâce à Konstantin. Il avait aussi le sentiment d’avoir retrouvé ce petit garçon faiblard et malade avec qui il avait tant aimé jouer, qu’il avait cherché à impressionner et à distraire en l’emmenant crapahuter dans le bois. C’était drôle comme, à l’époque, c’était lui, Milo, le fort protecteur, celui des deux qui faisait attention à l’autre. Il ne lui avait jamais dit, mais il avait toujours pris les chemins les plus faciles, évité les grosses flaques de boue, les passages les plus dangereux pour passer la rivière. Il ne lui avait jamais demandé de faire l’équilibriste sur ce gros tronc couché en travers de l’eau par exemple. Il ne lui avait jamais fait grimper la falaise pour qu’ils puissent se jeter en bas de la cascade.
Un balayage rapide sur le corps de Konstantin lui fit miroiter la possibilité de le faire, à présent. Car Konstantin était toujours ce petit garçon d’avant, juste dans un corps plus puissant et capable. De nombreuses nouvelles expériences s’ouvraient à lui désormais. Mais peut-être bien qu’il l’avait déjà fait, pendant les trois ans où il s’était occupé de la ferme. Miloslaw devait emmener tout le monde à cette cascade. Charlie et Lucius seraient probablement ravis, non ?

En apprenant tout ce qu’impliquait cette histoire de tournoi, Miloslaw se sentit un peu coupable. A cause de lui, Konstantin s’était battu, pour le protéger des autres. Et il n’avait même pas essayé de réclamer son prix, il n’avait pas exigé de lui qu’il lui procure des enfants. Il aurait pu. Par la force, il aurait pu l’obliger. Le temps que Milo parvienne à s’enfuir, il aurait été trop tard. Mais Konstantin Becjm n’était pas ce genre d’homme. Et pour ça, Miloslaw ressentait une grande fierté. Il était fier que Konstantin l’ait choisi. Le fait qu’il soit la seule femelle des métamorphes restante ne jouait pas, ça avait juste apporté plus de difficultés à son fiancé. S’il n’avait pas été cette femelle, que ce serait-il passé ? Konstantin l’aurait-il quand même attendu à la ferme ? Lui aurait-il demandé sa main illico presto (bien qu’il ne l’ait pas encore fait dans les règles de l’art) ou aurait-il laissé leur relation mûrir tendrement sous le soleil du printemps qui arrivait à grands pas sur le duché de Hochen.

« Hum... Je ne savais pas. Merci.»

Il stoppa là ses balbutiements comme Konstantin se rapprochait de lui. Sans bouger, il le regarda se mettre à genoux devant lui, le caresser. Il songea un instant à le stopper, puis n’en fit rien. La sensation de ses doigts glissant sur sa peau propre et adoucie par le savon était délicieuse. Alors il ferma les yeux et laissa sa tête reposer dans le coin de la pièce, la brise qui venait droit sur son visage était la bienvenue. Il frissonna alors que les caresses de son fiancé esquivaient son entrejambe pour venir englober ses fesses. Le rythme de son souffle s’accéléra.
Avec douceur, Konstantin le réprimanda. Ses paumes plaquées au mur tremblèrent un peu alors qu’il hésitait à lui caresser les cheveux. Ils devaient être doux, comme sa barbe sur son aine. Son corps se tendit tandis que les baisers se poursuivaient, plus bas. Milo se demandait s’il allait oser. Lui-même ignorait s’il le voulait. Ce qui était certain c’était que son corps n’était pas contre. Son membre était plus dur, il se tendait timidement vers la bouche aimante de son fiancé. Ce dernier sembla néanmoins décider que ce n’était pas acceptable et battit en retraite. Miloslaw rouvrit les yeux, à bout de souffle. Lucius aurait probablement dit qu’il y avait une tension sexuelle à couper au couteau dans cette pièce. Parfois, il aurait aimé plus ressembler à son demi-frère. Ce dernier n’aurait probablement pas hésité à rattraper Konstantin et lui réclamer du sexe, là, tout de suite.

« Attends !» s’entendit-il crier sur le ton de l’urgence.

Il avait peur de se retrouver tout seul dans cette chambre. En dépit du changement de décor, elle abritait trop de souvenirs. Pour sa première journée ici, il ne voulait pas y dormir sans quelqu’un pour le distraire du poids du passé. Alors il allait trouver n’importe quelle bonne raison pour l’empêcher de partir.

« Tu as gagné le droit de dormir ici. Des règles de jeu, ça se respecte. Et puis, en plus, c’est ta chambre. Si quelqu’un doit partir, c’est moi.»

Il baissa les yeux, intimidé parce qu’il s’apprêtait à dire.

« Et, tu sais... J’ai bien aimé. Ce que tu as fait.»

Il avait l’impression de fondre sous l’effet de la chaleur de la honte. Alors il se réfugia sous les draps et les peaux de bête du lit, assis contre les oreillers, le tissu formant un bouchon entre ses mains nerveuses.

« Tu veux bien me raconter des choses sur toi avant qu’on dorme ?»

Et puis, il réalisa.

« Je suis désolé ! C’est peut-être le côté du lit où tu dors d’habitude ! Tu veux que je bouge ?»

De nouveau, il osa le regarder. Mince, il était tellement rassurant en dépit de sa carrure. Il n’aurait probablement aucun mal à trouver le sommeil si c’était à côté de Konstantin.

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Cinquième pari : Valet de cœur

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