La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

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20 août : Welcome to the Wasteland

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MessageSujet: 20 août : Welcome to the Wasteland  Jeu 28 Juin - 21:29

Welcome to the Wasteland  
Il n’y avait pas encore de cours et le complexe était en grande partie désert. Il y avait bien quelques élèves comme lui, les élus, comme on aurait pu les appeler si leurs situations étaient bel et bien enviables : les enfants de profs. Pour Lucius, cependant, c’était la double peine. Il était, pour sa part, le rejeton du bibliothécaire et le neveu du CPE. C’était carrément rasoir mais on ne choisissait pas sa famille.
Il faisait bon, aujourd’hui. Il faisait rarement caniculaire ici puisqu’ils étaient protégés grâce aux forêts et aux bâtiments plus vieux que Mathusalem. Mais aujourd’hui, il faisait spécialement frais pour un jour de fin août.
Au delà de la météo carrément avantageuse, il y avait quelque chose qui le rendait heureux aujourd’hui. Il allait revoir son cousin Milo ! Il avait gagné une bourse toute spéciale pour venir passer sa dernière année et son année de prépa ici. Au milieu de rien, mais Lucius supposait que c’était le meilleur truc pour un mec qui aimait autant l’agriculture. Il devait aimer les infusions aux plantes des montagnes et le lait de chèvre comme Monsieur Von Hochen, le prof de cuisine et de bio. Un bon pote de Tonton Yvan.
Lucius s’étira doucement. Il regarda avec joie la vue de sa chambre. Il adorait cette vue imprenable sur la forêt qui s’éveillait peu à peu. Il avait la même chambre depuis sa première année et la partageait avec un de ses aînés un peu bizarre, Aleister. Lucius et Elijah étaient venus ici après le divorce de ses parents, aussi inattendu que brutal. Sa mère avait décidé qu’elle en avait assez d’eux et était partie faire un tour du monde en kayak. Sympa.
Mérovéa Cambrai avait toujours été étrange aux yeux de son fils. Elle était si absente, si lointaine. Comme si avoir un fils était juste pratique pour se défaire des critiques sur les convenances sociétales. Elle était toujours fourrée dans une grotte ou dans des ruines et son métier d’archéologue ne lui permettait pas d’avoir une vraie vie de famille. Lucius ne lui en avait jamais voulu, entre son père et la passion de civilisations disparues, il aurait aussi choisi les ruines.
Quoiqu’il en soit, cette inconnue qu’était sa mère était partie après le divorce, son père avait retrouvé son nom de jeune homme et ils avaient quitté l’Italie pour la France quand son cousin Yvan lui avait trouvé un poste avantageux dans un endroit historique. Les Von Dast voyageaient beaucoup de toute façon et puis on n’offrait pas seulement un poste de bibliothécaire de lycée à son père mais aussi celui de conservateur des trésors du lycée. Plus loin que le fait d’indexer des livres et d’intimer à des jeunes cons de se taire, Elijah passait ses journées à fouiller les sous-sols du château-lycée, à prendre soin des archives des monastères du coin et, parfois, il allait explorer l’un des nombreux sites historiques du coin pour compulser toujours plus d’informations.
Bien sûr, Lucius avait mis un certain temps à s’adapter. Son père était polyglotte - il parlait vingt et une langue couramment dont quatre aujourd’hui mortes - et il lui avait appris l’allemand, l’anglais et le français avant même qu’il ait l’âge de fumer sa première cigarette. De toute façon, tout le monde parlait anglais ici.
Elijah n’avait pas non plus pleuré le départ de son épouse. Il s’était noyé dans le travail et il lui arrivait de temps à autres de flirter avec le prof de cuisine, solide bête pleine de muscles plus intelligente qu’il n’y paraissait.
Lucius se retourna pour contempler le capharnaüm de leur chambre. Il avait beau la vider régulièrement, Aleister ramenait régulièrement de nouvelles choses inutiles. Actuellement, en plus de deux lits, deux bureaux et un grand dressing, leur chambre contenait un cerceau, une toupie, un mélange étanche pour faire des entremets, une peluche en forme de pomme de terre, une autre en forme de tomate et Aleister lui même, endormi au milieu de ses cours de chimie.
Après une douche, Lucius enfila un pantalon en cuir noir, un t-shirt blanc et une veste parfaitement fashionable noire. Il s’assit sur son lit pour enfiler ses bottines mauves - détail fashion absolument indispensable à sa tenue - alors qu’Aleister s’éveillait doucement. Il ouvrit un oeil et Lucius lui sourit alors qu’il se dirigeait vers la salle de bain pour brosser ses cheveux ébouriffés par la douche.
“Je sors.”
Aleister grommela quelque chose et Lucius attrapa le paquet de clopes dans sa veste en cuir verte qui pendait dans le petit hall de leur minuscule appartement. Il lui rembourserait plus tard.
Il regarda l’heure et fit la moue. Si cela continuait, il allait être en retard. Il devait couper par la pelouse mais ses bottines seraient fichues. Oh merde, tant pis, il allait courir. Il valait mieux cela que tâcher ses chaussures.
Quand il arriva devant les grilles, trois personnes attendaient déjà. Yvan, bien sûr, puisque Miloslaw était le fils de de son frère, mais aussi le directeur Condé, étrangement, et son assistante, une ancienne élève sans beaucoup de personnalité. Lucius ralentit un peu l’allure quand il entendit leur discussion.
“Qu’est-ce que tu fais là, Taesch ? Je peux accueillir mon neveu seul. Tu peux dégager.
- Oh, nul besoin d’être aussi véhément, administrateur Von Dast. Miloslaw est celui qui a décroché notre seule bourse dans la filière d’agriculture. Je tiens à le voir pour le féliciter et ...”

Lucius n’écouta pas la suite. Yvan et Taesch s’entendaient comme chien et chat et, de toute façon, il voyait la jolie touffe de cheveux hirsutes de son cousin apparaître au loin. En courant, il s’élança sur la grande allée gravillonnée et sauta dans les bras de Miloslaw, un grand sourire aux lèvres. Ils retombèrent ensemble sur le sol dur.
“Milo !! Tu vas bien ?”
La dernière fois qu’ils s’étaient vus, Lucius avait douze ans et c’était en Pologne. Depuis, ils s’étaient parlé tous les jours par message et messageries instantanées. Son meilleur ami était arrivé !

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MessageSujet: Re: 20 août : Welcome to the Wasteland  Ven 29 Juin - 13:49




20août :

Welcome to the Wasteland

Feat. Lucius







Le cœur de Miloslaw battait la chamade et son estomac lui semblait tout tordu. A mesure que le taxi se rapprochait des tours du château qui était déjà officiellement devenu son lycée, l’excitation et l’impatience s’ajoutaient à l’appréhension. Un sourire béat étira ses lèvres sans qu’il puisse s’en empêcher quand la voiture s’arrêta devant les grilles de l’établissement. Un peu tremblant, il sortit du taxi et attendit que le chauffeur sorte ses deux valises du coffre, profitant du moment pour admirer la vue. Le château était immense et son parc encore plus. Il devinait que derrière se cachaient des champs et des bêtes pour le cursus d’Agriculture, celui qu’il avait choisi. Il avait hâte de voir tout ça.

« Ca fera 52 euros 56.»

Miloslaw lui donna des billets et attendit sa monnaie sans se départir de son admiration. Quand il se retrouva seul, sa nervosité augmenta d’un cran, voir deux. Il poussa la grille, soulagé de la trouver déverrouillée, peut-être bien juste pour lui.

Il n’eut à faire que quelques pas et emprunter deux petits virages dans l’allée gravillonnée avant d’apercevoir un visage connu. Un peu choqué par l’apparition quasi-soudaine de son ami, Milo se stoppa. Il se fit happé par la tornade Lucius, lâcha ses valises et tomba sur le dos avec un petit «ouf».

« Lux ! Ca fait vraiment bizarre de te voir ! En vrai je veux dire. Tu as beaucoup changé

Il ne le lui dirait jamais, mais son lointain cousin était beaucoup moins beau dans la réalité. Sans doute parce qu’il ne lui envoyait que des photos Instagram. Sans la lumière adéquate, la pause travaillée et le filtre, Lucius était bien plus normal. Bien que son sens du style dépasse très certainement le niveau de tout le lycée.
Une fois debout, il retira sa veste de costume pour l’épousseter. Il tenait à être impeccable pour son arrivée ici, même si sa valise regorgeait de sweats à capuches et de pulls en grosse laine.

« Ca ne fait que quatre ans mais j’ai l’impression qu’on s’est quittés depuis plusieurs vies ! Je suis content de connaître quelqu’un ici

Ce n’était pas facile pour un nouvel élève qui débarquait en troisième année. Miloslaw n’aurait cependant pas la chance d’être dans la même classe que Lucius. Il espérait pouvoir rapidement se faire un ou deux amis. Sa filière n’était pas faite pour les solitaires.
Deux autres personnes, des adultes cette fois, les rejoignirent assez rapidement. Il en reconnut un immédiatement.

« Oncle Yvan ! Bonjour !
- Tonton ! Et parle anglais, par pitié.»

Il avait oublié, quand il s’adressait à Lucius il le faisait en polonais. Son cousin pouvait, de cette façon, s’entraîner. Lui-même parlait un anglais presque courant et il ne doutait pas que quelques semaines ici suffiraient à combler ses lacunes.
L’autre homme n’était autre que, à l’immense surprise de Miloslaw, Taesch Condé. Alias le directeur du lycée Charles-Hubert de la Monchoyotte. Quand il lui serra la main, Milo sentit que sa propre paume était bien moite à cause de sa nervosité. Pourtant, le directeur Condé n’avait rien d’effrayant, bien au contraire.

« Merci monsieur le directeur. Je ferai de mon mieux monsieur le directeur.»

Le moment fut intimidant, mais ne dura pas. Bien vite, Yvan confia à Lucius la charge de faire faire le tour à Milo. Et puis, les valises de son neveu dans les mains, le CPE ajouta :

« Au fait, comment vont tes parents ?»

Miloslaw savait parfaitement ce que voulait savoir Yvan.

« Papa est en train d’établir un plan pour ouvrir son propre établissement. Il a besoin d’une certaine licence pour de l’alcool, un prêt à la banque... Enfin pour ça il faut déjà qu’il choisisse une banque...
- Qu’est-ce qu’il veut ouvrir au juste ?
insista Yvan sur un ton suspicieux.
- Un cabaret.»

Tonton Yvan ne dit rien, mais son soupir et ses yeux levés au ciel furent assez parlant. Il s’en alla en grommelant. Miloslaw, de son côté, n’était pas inquiet au sujet des projets de son père. Sa mère avait ouvert sa boutique de magie, La licorne ailée, avant même que Milo n’ait finalisé son inscription et qu’ils aient acheté une maison. Elle avait vécu dans un appartement minable pendant deux mois, préparant le terrain pour son mari et son enfant. Et elle avait appelé Milo tous les jours, pour vérifier que son père ne faisait rien d’irréparable. Sa mère était tout bonnement géniale. Mais Milo n’en parlait pas trop à Lucius, il avait toujours peur que son cousin soit jaloux.

« Est-ce qu’on peut commencer par les terrains d’agriculture ? Et les bêtes ? Vous avez quoi ? Des vaches j’imagine, vu la région

Après un moment à marcher et tout découvrir avec des yeux écarquillés d’émerveillement, Miloslaw décida qu’il pouvait se risquer à lancer Lucius sur des sujets possiblement sensibles.

« Et ton père, ça va ? Il sort toujours avec le prof de cuisine ? Non, attends... Ils n’ont toujours pas eu de rendez-vous officiel, c’est ça ?»

Il se demandait aussi quelle était la relation de Lucius avec son colocataire, mais ne savait pas comment poser la question. Devait-il lui demander s’il s’entendait bien avec ou s’il venait sous ses draps toutes les nuits ?

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MessageSujet: Re: 20 août : Welcome to the Wasteland  Ven 29 Juin - 15:00

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Lucius avait tellement de choses à montrer à son cousin qu’il ne savait vraiment pas comment lui présenter les choses. Ils devrait commencer par la bibliothèque, probablement, ou la cafétéria. Pour le moment, vu qu’ils n’étaient qu’une trentaine de personnes dans tout l’établissement, c’était Luscka qui préparait les repas chaque soir et tout le monde s’arrangeait dans un village ou avec un sandwich le midi. Mais bientôt, quand tous les élèves seraient revenus, il faudrait retourner au régime dégueulasse et équilibré. Miam miam les haricots vapeur beaucoup trop healthy.
Il devrait peut-être lui présenter ses amis, aussi. Il en avait quelques uns déjà présents. La fille du directeur, pour commencer. Charlie passait tous ses putains d’étés ici, il ne savait pas comment elle faisait. Lui était allé en Italie voir ses parents fin juin, aux Etats-Unis rendre visite à sa tante Lucie et, plus cool que tout ça réuni, en Egypte avec son père où ils avaient visité des pyramides anciennes fermées au public et des tombeaux datant d’avant les pharaons.
Il y avait Aleister aussi, mais il devait encore dormir ou escalader une palissade pour aller en ville, à l’heure qu’il était. Même si, en été, les portes étaient grandes ouvertes et ils pouvaient aller dans un des villages alentour sans besoin d’avoir une autorisation, son aîné affirmait qu’il devait “garder les bonnes habitudes pour ne pas rouiller”. Aleister était le pupille de Taesch et il ne se faisait pratiquement jamais punir pour ses retards et ses absences. Lucius avait entendu Taesch dire à son père, une fois, qu’il était un peu spécial et qu’il ne fallait pas le brusquer.
Isobel, elle, n’était encore rentrée de Paris où elle avait suivi un stage d’entraînement spécial avec un maître d’arts martiaux assez cool, d’après ce qu’elle avait dit. Alianora, étant une élève normale, ne rentrerait pas avant le moment où tout le monde s’engouffrerait dans l’allée qui menait au lycée. Elle prendrait la première opportunité pour leur raconter son été mais en attendant, elle lui manquait. Sa mère étant très stricte, elle était actuellement enfermée dans un chalet en Suisse, une sorte de camp de vacances pour jeunes filles riches et correctes. L’enfer.
Yvan s’avéra particulièrement froid avec son neveu mais Lucius savait que ce n’était pas méchant, il faisait la même chose avec lui. Le misanthrope de leur famille n’était pas vraiment du genre à laisser passer des effusions d’affection mais il était là quand il le fallait.
Le directeur, quant à lui, fut bien plus chaleureux et Lucius eut envie de se moquer de Milo qui semblait si guindé. Bien sûr, il était impressionnant mais c’était le cycle normal des choses, non ? Lucius était immunisé puisque Taesch venait souvent manger dans le petit appartement de son père, dans le bâtiment des professeurs et que, donc, il le voyait souvent, décontracté, un verre de vin en main, à badiner. La dernière fois que ç’avait été le cas, c’était en mai et Taesch demandait des nouvelles d’Yvan.
Alors que la gêne passait doucement, le jeune homme réfléchit. Il serait bien passé par le bâtiment des élèves pour lui montrer sa chambre mais la possibilité de tomber sur Aleister, entièrement à poil, l’en dissuada. Il n’avait aucune notion d’espace privé ou de pudeur, ce mec, il pourrait parfaitement draguer Lucius devant Milo sans gêne. Une fois, il lui avait mit une main au cul sur le chemin de retour des cours sans aucune putain de raison valable. Devant chez son père en plus ! Lucius était sûr qu’Elijah les avait vu mais n’avait pas osé demander.
Finalement, Yvan reprit la situation en main et Milo étala ce qu’il savait sur les projets de son père. Visiblement, ce qu’il ne pensait pas possible était arrivé : son frère avait décidé d’ouvrir un cabaret. Lucius voyait bien que cela pourrait servir à quelque chose mais, non, bien sûr, Yvan s’en fichait. Il abhorrait la danse et la musique qui n’était pas violente pour une raison qui échappait à Lucius.
Lucius se demanda si ce serait grandiose. Sans doute étant donné le caractère de son oncle. Hm ... Milo avait vraiment des parents géniaux. Lucius était coincé avec une mère absente et un père aimant mais un peu maladroit. Avoir Luscka von Hochen ou Yvan von Dast comme père, ça devait être super cool ouais ! Il aimait son père mais ... parfois il était un peu déçu.
Dans un accès de mauvaise humeur, Yvan décida de ne pas en dire plus et Lucius se mordit l’intérieur de la joue. Est-ce qu’Isobel allait être aussi chiante que lui plus tard ? Taciturne et tout ? Il ne l’espérait pas, parce que pour le moment elle était fun. Enfin, si les parents les définissait ça voudrait certainement dire que ... plus tard il deviendrait un historien chiant embourbé dans une relation à sens unique avec un mec beaucoup trop sexy pour lui. Joie.
Lorsqu’ils furent assez loin d’Yvan et Taesch, Lucius sortit une cigarette pour lui et en proposa une à Milo avant de se souvenir qu’il ne fumait pas. Il alluma la sienne avec un briquet et le rangea dans sa veste. Il décida de répondre d’abord à la seconde question de Milo.
“Non, ils sont toujours bloqués au même endroit. Parfois, j’essaye de lui en parler mais c’est assez nul. Il est gêné et nie tout en bloc.”
On disait d’Elijah qu’il était timide mais la vérité c’était qu’il était un vrai boulet des temps modernes. C’était un miracle qu’il ai pu être marié et avoir un enfant.
“J’ai pas accès aux bâtiments d’agriculture et aux champs, il faut un pass spécial. C’est le grand manitou de la filière qui te montrera ça. Il arrivera un peu avant la rentrée.”
Il tira une taff de sa cigarette avant de lui montrer la grande bibliothèque. Son lieu préféré dans ce foutu lycée, avec la cafétéria.
“Papa est là bas, tu veux le voir ?”

Lorsqu’ils rentrèrent dans le frais de la bibliothèque, le jeune homme eu un frisson. La température était si différente !
En effet, Elijah était bien là, à ranger les rayonnages avec application et précision. Mais il n’était pas seul. Luscka von Hochen aussi était là et il était proche de son père. Réellement proche. Il se racla la gorge, et, aussitôt, son père s’écarta.
“Salut papa, Milo est arrivé !”
Elijah, apparemment troublé, remonta ses lunettes sur son nez en rougissant un peu. Wow, troublant. Il murmura quelque chose mais Lucius ne saisit pas.
“Milo, voici monsieur Von Hochen ! Il est prof et il est kazakh !”
Il était traditionnel ici, quand on se présentait, d’indiquer sa nationalité. C’était une bonne façon de se trouver des points communs. Luscka s’avança et attrapa la main de Milo qu’il serra avec force.
“Enchanté. Miloslaw Kotka, c’est bien cela ? Tu auras quelques cours avec moi. J’espère que le lycée te plaira.”
Luscka était rayonnant mais ce n’était certainement pas à cause de sa rencontre avec Milo. Que se passait-il avant qu’ils ne rentrent ?


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MessageSujet: Re: 20 août : Welcome to the Wasteland  Ven 29 Juin - 15:46




20août :

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Le père de Lucius était un peu désespérant quand il s’agissait d’amour. Ou de relation en règle générale d’ailleurs. Miloslaw avait du mal à comprendre comment Lucius pouvait réellement hériter de lui. Il avait aussi du mal à comprendre cette timidité. Chez lui, les gens étaient plus ouverts lui semblait-il. Mais c’était peut-être juste à cause de ses parents. Son père était un livre ouvert, bourré d’émotions à chaque page, plus positives que le contraire. Il n’avait pas chômé pour se mettre en couple avec sa mère. Pour elle, il avait déménagé et appris le polonais sur le tas. Il disait souvent que Meluzina Kotka était la seule créature de cette planète capable de le faire tomber amoureux. Et d’autres choses très niaises, à peine compréhensibles. Sa mère n’était pas une séductrice, mais une femme très sûre d’elle et elle avait toujours encouragé Milo à explorer sans crainte, à partager avec tous les gens qu’il pouvait rencontrer. Quand il y réfléchissait, avec le recul, il se disait qu’il avait eu de la chance. La prudence n’était pas vraiment une notion qu’on lui avait inculquée.

« Arfh, c’est dommage. Il est plutôt canon, non

Miloslaw n’avait pas eu l’occasion de voir l’homme en photo, mais les descriptions de Lucius étaient assez équivoques.
Après cette petite mise au point, ce fut l’heure de la déception pour Milo. Il ne pourrait donc pas voir les champs avant quelques jours. Il se demanda de quel genre était le responsable dont parlait Lucius. Il espéra que c’était quelqu’un qui ne lui poserait pas de problèmes, de facilement abordable. Il n’avait pas envie de se faire des ennemis.
Lucius rattrapa rapidement la situation en lui proposant de faire un tour à la bibliothèque. Bien entendu, Elijah s’y trouvait. Souriant, il hocha doucement la tête.

« Bien sûr

Miloslaw n’était pas un grand fan de lecture, mais il savait que Lucius était un vrai rat de bibliothèque, tout comme son père. Il décida donc de ne pas casser son enthousiasme, et puis ça lui faisait plaisir de saluer Elijah.
Quand ils arrivèrent, cependant, le bibliothécaire n’était pas seul. Un grand homme, bien bâti, charismatique et beau comme un dieu, se tenait à côté de lui. Juste à côté. Avant même que Lucius ne fasse les présentations, il avait deviné de qui il s’agissait.

« Bonjour, monsieur Von Hochen. Je suis... Polonais. J’ai... hâte de commencer les... Cours. Avec vous.»

Son kazakh était hésitant, car il n’avait pas souvent l’occasion de le pratiquer, mais il espérait avoir fait bonne impression auprès du futur beau-père de Lucius.
Libérer du professeur, Miloslaw put enfin saluer Elijah. En anglais cette fois, son érudition n’allant pas jusqu’à parler l’allemand, une langue que son père ne s’était jamais donné la peine de lui enseigner.

« Bonjour monsieur Von Dast, content de vous revoir. Tout se passe bien ici ? Vous avez de quoi vous occuper !»

On lui disait parfois qu’il se montrait un peu trop familier. Si Miloslaw faisait des efforts considérables pour être très formel face à quelqu’un qu’il ne connaissait pas, il ne pouvait pas s’empêcher d’être amical avec une personne de son entourage. De toute façon, si ce n’était pas lui qui faisait la conversation, jamais Elijah ne se lancerait et tout resterait au point mort.
Après avoir échangé quelques nouvelles, fait un tour rapide de la bibliothèque, Miloslaw réclama à Lucius de lui montrer sa chambre. Si sa mère avait acheté une maison dans un village d’à côté dont il n’avait pas encore réussi à retenir le nom, il avait été décidé qu’il utiliserait aussi sa bourse d’études pour vivre dans le lycée durant l’année. De cette façon, disait-elle, il travaillerait mieux. Miloslaw n’en était pas foncièrement convaincu, mais l’idée lui plaisait beaucoup.

« J’ai des cadeaux pour toi, Yvan et Elijah. Tu pourras lui donner plus tard. Mais il faut absolument que tu vois ce que je t’ai acheté

Une veste, brillante, impeccablement coupée. Miloslaw avait longuement étudié les photos de Lucius pour essayer de déterminer ses mensurations. Il savait qu’elle lui taperait dans l’œil immédiatement, car c’était une réplique d’un élément de la fashion week de l’année passée.
Une fois arrivés à bon port, Miloslaw examina les lieux. Il était encore tout seul, mais la rentrée n’était pas encore arrivée. L’un des deux lits n’avait même pas encore de draps. Le sien était encombré de ses deux valises. Il y avait également une petite armoire et un bureau, avec des étagères. La chambre du parfait petit étudiant.
Milo ouvrit sa valise rouge et débarrassa quelques vêtements soigneusement pliés, un paquet de cartes à jouer, une trousse de toilette, avant d’enfin mettre la main sur un sac plastique contenant un paquet cadeau mou. Il tendit avec fierté son cadeau à Lucius. Mais avant que ce dernier ne puisse le déballer, son téléphone portable sonna. C’était son père.

« Tato ! Je suis avec Lucius. Le lycée est super... !
- Il faut que tu rentres ce soir.
- Mais pourquoi ?! Ils m’ont préparé une chambre, tu sais...
- Oui mais... Ecoute, il faut qu’on parle. Mais tu sais quoi ? Ca peut attendre un peu. Amuse-toi, profite bien. Je te rappellerai plus tard


Miloslaw raccrocha après l’avoir embrassé et fixa un instant son téléphone, troublé. C’était bizarre. Son père n’était jamais aussi sérieux.

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MessageSujet: Re: 20 août : Welcome to the Wasteland  Sam 7 Juil - 15:18

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Elijah était doué pour parler des pharaons, de catachrèse dans les œuvres littéraires classiques ou même de mondanités dans la Cour de Louis XIV mais quand il s’agissait de choses normales de la vie courante, il était incapable d’enchaîner deux phrase cohérentes. Il ne savait même pas faire de mayonnaise, merde ! Qui ne savait pas faire de mayonnaise ? Bien sûr, il comprenait que tout cela n’était qu’une vaste armure qu’il avait érigé autour de lui pour se protéger.
Il avait mis une fille enceinte à seize ans, il n’était même pas encore un homme qu’il était déjà père. Obligé de devenir adulte rapidement, il avait privilégié l’éducation de son fils au reste. Il avait mené de front ses études, sa vie de famille en tant que père presque célibataire et il s’était éloigné progressivement de tous ses amis qui menaient des vies ‘normales’.
L’esprit chargé de tas de problèmes compliqués, il s’était retranché dans ses livres quand tout devenait trop compliqué. Avoir à élever un enfant hyperactif et intentionnée était une chose horrible et, en plus de cela, il avait dû le faire presque seul tandis que sa femme s’échinait pour qu’ils ne se retrouvent pas à la rue. Leur couple n’aurait certainement pas survécu à la fin du lycée si Lucius n’était pas né et sa mère avait attendu tout juste assez de temps pour qu’il puisse comprendre ce qu’impliquait un divorce.
Lucius ne leur en voulait pas, à aucun des deux, mais il en voulait toujours un peu plus à ses grands parents. Ils n’avaient rien fait pour aider leur fils dans ces moments durs, pour forger son caractère. Désormais son père ne savait même plus comment dire bonjour à un inconnu sans baliser comme un employé des travaux publics.
‘Ecoute’, lui avait dit Lucius alors qu’ils emménageaient ici ‘je vais m’occuper de tout, okay ? Laisse moi gérer’. Et depuis, il s’occupait des déclarations aux impôts, des contacts aux organismes officiels et de tout le reste.
Miloslaw était de tout évidence impressionné par la masse de muscles que représentait le terrible professeur de cuisine qui avait traumatisé une fille qui n’avait pas mis de sel dans ses blancs en neige l’année dernière. Tant qu’on ne massacrait pas des ingrédients de choix, il était plutôt sympathique, surtout avec Lucius et ses amis. Était-ce parce qu’il voulait sortir avec son père ? Il se doutait bien que les choses étaient plutôt bien parties mais il serait vexé de savoir que les fesses de son père était ce qui lui valait ces sourires entendus de la part de son prof de bio.
Puis, Milo fut sympathique avec son père et Lucius sourit doucement. Il était adorable même si Elijah était carrément pourri à côté de ses parents. Merde ! Sa mère tenait une boutique de magie !
Ils furent relaxés du tribunal qu’était la bibliothèque et Milo lui parla de son super cadeau. Il était super excité de savoir ce qu’il lui avait trouvé. Son meilleur ami était celui qui le connaissait le mieux.
“Et tu as voulu me gâter ? Comme c’est mignon, moi aussi j’ai un cadeau pour toi.”
Il sourit doucement quand ils pénétrèrent dans la chambre de Milo. Son colocataire n’était pas encore arrivé, apparemment. Mais ça pouvait aussi bien être une fille. Le directeur estimait que ce serait insultant d’assumer que deux garçons pouvaient ne pas s’enfiler comme une perle sur un collier alors qu’ils étaient plein d’hormones. Lucius constata qu’il n’y avait pas de rocking chair près de la fenêtre. Aleister lui avait donc menti quand il avait prétexté que toutes les chambres étaient équipées d’un tel fauteuil.
Lucius accueillit son cadeau avec une certaine joie. Milo décrocha son téléphone mais cela n’arrêta pas Lucius. Quand il l’ouvrit, il poussa un petit cri et murmura à Milo, qui était encore en dialogue avec son père.
“Oh ! Alia va être tellement jalouse !”
Il comptait bien porter ça pour la rentrée ! Tout le monde allait pâlir d’envie en le voyant, putain ! Milo n’aurait pas pu lui faire un meilleur cadeau.
Milo raccrocha son téléphone et Lucius le prit dans ses bras. Il était tellement content de partager sa scolarité avec lui.
S’asseyant sur le lit, sa nouvelle veste sur le dos, il tapota le matelas à côté de lui, faisant signe à son ami de s’asseoir.
“Y’a un truc dont je voulais te parler. J’ai besoin d’un club pour cette année - mon coloc’ m’a fait virer du club de sciences - et toi aussi. Donc si tu veux bien ... J’aimerais qu’on ouvre un club ensemble. Un groupe de rock.”
Ils auraient besoin d’autorisation mais surtout de l’aval de trois professeurs pour porter le projet chez le directeur. Il savait déjà qu’Yvan approuverait, c’était presque dans la poche.
“Au fait, ton père te voulait quoi?”


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MessageSujet: Re: 20 août : Welcome to the Wasteland  Mer 11 Juil - 16:13




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Après avoir raccroché, Miloslaw prit place sur le lit, à côté de Lucius. La veste lui allait comme un gant, il en était très content, soulagé aussi.
A l’annonce de son ami, Milo resta silencieux un petit moment, analysant l’information. Il avait imaginé un autre genre de club pour sa part, peut-être quelque chose dans les jeux de société. Il avait fantasmé un peu sur la question d’ailleurs, s’imaginant déjà enfermé dans une salle sombre à jouer au poker, des petits biscuits en guise de mise.

« Un groupe de rock... Mais je ne sais pas jouer d’un instrument Lucius ! Et je ne savais pas que toi si... Tu m’as caché des trucs

Miloslaw n’était pas vexé par la possibilité que son ami ne lui ai jamais révélé qu’il savait jouer de la guitare ou de la batterie. Il était surtout suspicieux et se demandait si c’était le genre de Lucius de se lancer dans ce genre d’entreprise sans avoir une seule base.

« En plus, est-ce que ça peut vraiment compter comme un club ? Le directeur, ou qui que ce soit qui s’occupe de valider ça... Ne validera jamais ça ! Ah, Lucius, je crois que ton idée est vouée à l’échec

Il commença à chercher des informations sur son téléphone, s’étant déjà connecté au réseau de l’école la veille. Il avait épluché tout le site du lycée et se souvenait d’avoir lu quelque chose sur la création des clubs, mais sans y faire vraiment attention. Pendant le processus, il réfléchit à ce qu’il allait dire à Lucius au sujet de l’appel que lui avait passé son père.

« En fait, je ne sais pas. Il a dit que je devais rentrer à la maison ce soir pour me parler. Je ne l’avais jamais entendu parler avec autant de sérieux. C’était... Trop bizarre. Un peu comme si ton père à toi te proposait tout d’un coup d’aller vous amuser ensemble au parc Disney. Et à la fin, il est redevenu ce bon vieux Ulrick et m'a dit de rester m'amuser, qu'on verrait ça plus tard. Je ne sais pas trop quoi faire ce soir...»

La page de son téléphone avait enfin terminé de charger ! Il parcourut les informations rapidement et grimaça. Ca ne passerait jamais. Il fallait l’aval de trois personnes d’autorité, sans même parler de la décision finale du directeur. S’agissant d’une activité artistique, il ne leur fallait que cinq membres au lieu de dix, mais ça restait un but difficilement atteignable. Qui voudrait faire partie d’un groupe de rock dans ce lycée ? Miloslaw avait lu que ce n’était pas vraiment dans l’ambiance générale de l’établissement.
Il tendit l’écran en direction de Lucius, l’air un peu dépité.

« Tu crois que ton coloc’ accepterait d’en faire partie ? Il ne resterait plus que deux personnes à convaincre et...»

Il se tut, se rendant soudain compte qu’il avait d’ores et déjà capitulé en face de son meilleur ami. Oui, il allait l’aider à monter ce fichu groupe de rock en dépit de ses rêves de mini-casino. Que pouvait-il y faire ? Rien ni personne ne résistait à Lucius, voilà tout. Et surtout pas lui.
Il se leva, s’étirant, et jeta un œil sur ses valises. Elles devraient attendre.

« La salle informatique est ouverte ? On pourrait imprimer des annonces. Recherche membres pour un groupe de rock, statut de club. Quelque chose comme ça. Si on fait les choses sérieusement, ce sera peut-être bien vu par l’administration. Et puis si des gens nous soutiennent, ça pourrait aussi mieux passer que si ça se fait dans l’ombre et le secret. Ce n’est pas vraiment dans l’intérêt du lycée de mettre des bâtons dans les roues de ses étudiants créatifs dès la rentrée. Tu me suis

S’il le fallait, il présentait lui-même le projet devant les décisionnaires. Lucius était un feu follet, mais lui avait appris les bonnes manières et son père lui avait montré comment charmer les gens, les convaincre. Il saurait se tenir et impressionner en étant un parfait petit étudiant sérieux.

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MessageSujet: Re: 20 août : Welcome to the Wasteland  Ven 13 Juil - 16:57

Welcome to the Wasteland  
Le ton de la conversation avec le père de Milo avait semblé grave. Lucius connaissait son oncle Ulrick - enfin, le demi-frère du cousin de son père - mais il ne l’avait jamais vu ainsi. Il était du genre à se coller une épaisse barbe blanche au jour de Noël juste pour l’esprit festif, même si c’était un très mauvais plan avec une dinde en sauce. A vrai dire, le jeune homme ne pouvait s’imaginer le voir sérieux comme son demi-frère. Yvan était vraiment différent de son petit frère.
Il se souvenait parfaitement des repas de famille de son enfance. Sa mère était rarement là et Lucius était un fils unique, aussi allaient-ils manger chez les parents d’Yvan et Ulrick. Yvan avait toujours cette expression contrite quand Ulrick arrivait de Pologne, les bras chargés de bonbons et de pâtisseries de son pays - il avait été chocolatier-confiseur pendant un bon moment. Il se souvenait aussi qu’Elijah se regardait toujours dans le petit miroir de la chambre à deux lits qu’ils partageaient là bas avant de descendre, sans quoi Yvan et Ulrick le charriaient sur ses épis.
Et puis, une année, ils avaient cessé d’y aller, tout simplement. La mère de Lucius se plaignait qu’ils ne passaient pas assez de temps avec sa famille et puis, elle n’aimait pas Yvan et ses parents. Depuis qu’Elijah s’était séparé d’elle, ils n’y étaient plus retournés. C’était comme si quelque chose avait été brisé et n’était plus reconstructible.
Lucius n’arrivait pas à saisir pourquoi mais ils avaient passé les fêtes avec Charlie, Félix et Taesch, cette année. Sans doute parce qu’Elijah n’avait pas d’autre ami. Est-ce qu’ils iraient au Kazakhstan quand Elijah serait en couple avec Lucius ? Peu importe qui, Lucius avait envie de retrouver cette effervescence qu’il avait connu dans son enfance avec les Von Dast, même si le voyage jusqu’en Allemagne était long. Il se sentait toujours un peu seul.
“Je ne t’ai rien caché ! Mais je chante comme un rossignol.”
Il ne savait pas d’où ça lui venait, enfin, en entendant Yvan chantonner des airs d’opéra très violents il s’en doutait un peu, mais il avait une véritable voix d’alto, plus pure que le cristal. Il n’avait pas le véritable don des chanteurs de groupes de rocks uniques mais on s’en fichait, non ? C’était juste pour le putain de club qu’ils étaient obligés d’avoir. Et si jamais Milo refusait et qu’il se retrouvait obligé de s’inscrire au club de couture ? Quelle horreur !
Il repensa à la chaumière rustique du club de pâtisserie où on l’avait casé au dernier semestre en attendant que l’année se finisse ... il avait réussi à se faire virer de là aussi.
C’était bon pourtant, comme idée, mais Milo la démonta point par point. Et faisant la moue, le jeune homme s’écroula sur le lit, fixant le plafond un peu craquelé. Il regarda ensuite Miloslaw. Il était gentil, il cherchait tout de même quelque espoir sur son smartphone.
Lucius se rendit soudain compte qu’il avait faim et soif. Il avait bien besoin d’un petit déjeuner. Ils pouvaient passer à la cafétéria, non ? Luscka préparait toujours des croissants et des cafés pour les petites faims du matin.
Et puis, Milo lui dit qu’il ne savait pas trop faire ce soir. Ulrick lui avait dit de s’amuser, non ? Ils pourraient aller dans son bar préféré, s’ils arrivaient à échapper à la vigilance d’Yvan le terrible. Lorsqu’il y avait des élèves qui prévoyaient de faire le mur, il était toujours le premier à le sentir, comme un chien de chasse avec une proie. Mais ils étaient en vacances, non, ils avaient encore le droit de s’en aller au village quand il leur plaisait, hm ?
Milo lui parla de son colocataire et puis d’affiches. Aleister dans un groupe de rock ? Eh bien il était assez bizarre et puis il se retrouvait sans club, lui aussi.
C’est alors que quelqu’un frappa à la porte ouverte. C’était Charlie, arborant son sourire gêné le plus crispé. Elle portait un bonnet noir qui faisait encore plus ressortir la couleur spectrale de ses cheveux et le contraste avec sa peau brune. Son gilet en laine sans manche était parfaitement horrible et passé de saison et son baluchon était surprenant.
Il commença par lui faire remarquer que ce bonnet était une erreur de style et de saison et que ce gilet devrait déjà s’être retrouvé à la poubelle puis il les présenta. Charlie comme son amie, Milo comme son cousin. Quand elle vit Milo, elle écarquilla les yeux et lui fit la bise de façon appuyée, puis parla. Son accent était ... wow.
“Bonjour, je suis Charlette ! Je serai ta colocataire pour cette année !”
Lorsque son ventre grogna, Lucius tira Milo par la main. Il avait bien trop faim pour rester dans cette chambre sans nourriture aucune.
“C’est cool tout ça mais on a des affiches à faire !”
La jeune fille cligna des yeux et, quand ils se retrouvèrent à l’air frais, il sourit doucement. Il était heureux, avec son ami.
“Tu sais quoi ? Vas à la cafétéria et prends de quoi manger. Je vais prendre mon pass et on se retrouve dans le batiment info. Okay ?”
Puis il fila. Milo ne pouvait pas se perdre, tout est fléché.

Lorsqu’il arriva quinze minutes plus tard devant le bâtiment informatique, il avait un énorme suçon dans le cou et ses vêtements étaient froissés.
“Ce n’est pas ce que tu crois. J’ai réveillé la bête ... Quand je te disais qu’il était bizarre comme mec.”
Mais Aleister n’était jamais allé aussi loin auparavant. Il ne fallait pas que Lucius le laisse prendre la confiance ! Il demanderait peut-être à quelqu’un de sortir avec lui pour en être débarrassé.

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MessageSujet: Re: 20 août : Welcome to the Wasteland  Sam 14 Juil - 17:08




20août :

Welcome to the Wasteland

Feat. Lucius







Faire le mur dès le premier soir ? Voilà une idée qui ressemblait bien à Lucius : par conséquent, elle ne plaisait pas du tout à Miloslaw. Enfin, son ami avait raison. Son propre père lui avait dit de s’amuser et même s’il était certain que ce n’était pas exactement ce qu’il avait dans la tête, il savait aussi que c’était exactement ce qu’il aurait fait. Avec un soupir appuyé d’un sourire, il dit :

« Je vais y réfléchir. Mais d’abord, réglons cette histoire de recrutement

Mais avant qu’ils puissent sortir de la chambre, la porte s’ouvrit, laissant passer une jeune fille à la peau brune et aux cheveux neige. Lucius mit un peu de temps à faire les présentations et, après les bises un peu surprenantes de sa nouvelle colocataire, Miloslaw enchaîna avec toute la politesse et le savoir-vivre dont il était capable.

« Charlie, oui, bien sûr ! Lucius m’a beaucoup parlé de toi, je suis sûr qu’on va bien s’entendre durant cette année.»

« Beaucoup» était sans doute un peu exagéré, mais Miloslaw ne lésinait pas sur les petits mensonges quand il s’agissait d’assurer des rapports cordiaux et une bonne ambiance dans un espace aussi confiné. Il se dit qu’il devrait discuter, plus tard, avec Charlie, de leurs règles personnelles. Avaient-ils le droit de ramener quelqu’un ? Le sexe était-il accepté ? Qu’en était-il des études en commun ? Du partage de l’espace ? Allaient-ils partager des soirées cinéma en mangeant du pop-corn ? Ce genre de choses.

« A tout à l’heure, Charlie ! Je suis ravi d’avoir fait ta connaissance !»

Après quoi, ils filèrent. Une fois dans les couloirs, ils se séparèrent, Miloslaw ayant hérité de la lourde mission de leur trouver de quoi se sustenter. Ce fut néanmoins moins difficile qu’il ne l’avait prévu, car tous les lieux communs de ce genre étaient soigneusement fléchés. Peut-être accueillaient-ils beaucoup de monde en cours d’année.
A la cafétéria, il trouva des viennoiseries et paya de quoi calmer la faim de Lucius. Il lui fut ensuite assez facile de découvrir la salle d’informatique, bien qu’assez long. Elle était plutôt éloignée de la cafétéria. Et contrairement à ce qu’il pensait, Lucius n’était pas déjà là à l’attendre. Il jeta un coup d’œil à l’intérieur, mais personne n’était là. Au moins, ils pourraient imprimer leurs affiches tranquillement et parler aussi fort qu’ils le voudraient.
Au bout de quelques minutes d’attente, Miloslaw commença à s’inquiéter. Le carton des deux cafés refroidissait. Est-ce qu’il lui était arrivé quelque chose ? Lucius lui avait dit que son colocataire était bizarre. Il ne s’était pas inquiété mais peut-être aurait-il dû finalement. Et si par «bizarre», Lucius avait voulu dire «tueur psychopathe» ?

En le voyant arriver, tout dépenaillé,Miloslaw passa successivement par le soulagement, puis une profonde inquiétude, pour terminer par l’indignation. Lucius avait un suçon clairement récent dans le cou et... Enfin bref, il s’était fait peloter. Sans doute avait-il peloté lui aussi d’ailleurs.
Il s’apprêtait à le réprimander gentiment quand Lucius tenta de s’expliquer, assez maladroitement et évasivement. Son côté responsable et protecteur le poussa à imaginer les choses les plus horribles.

«Oh mon Dieu, Lucius ! Mais... Mais ça va ? Il ne t’a pas fait mal ? Il n’a pas... Je vais en toucher un mot, même plusieurs, au directeur ! Il va disparaître de ce lycée, je te le garantis !»

L’importance du club avait fondu comme neige au soleil. Lucius ne paraissait même pas traumatisé et c’était sans doute ça le pire. Se sentant blêmir à l’extrême (ce qui ne devait pas être très flagrant étant donné son teint d’un naturel pâle), Miloslaw ajouta d’une voix blanche :

« Est-ce que ça arrive si souvent que ça ?»

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20 août : Welcome to the Wasteland

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