La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

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Immortals [kontka]

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MessageSujet: Immortals [kontka]  Sam 21 Juil - 16:15

ImmortalsFenrir & Milo"Fenrir, après avoir découvert que sa mère était une fée, Konstantin s'apprête à livrer bataille pour la vie de son fiancé. Mais avant cela, il compte bien lui montrer le festival des lanternes  ..."

Journal de Kon #2 - Les lanternes dans le ciel !

Mood sonore : centuries - fall out boy  

Il flippait un peu vu le contexte du dîner mais c’était la bonne chose à faire. Son plan n’était pas complet, bien sûr, mais il avait une vague idée de la façon dont cela se passerait si jamais tout se déroulait selon son idée. Ils iraient voir les lanternes, ensemble, ce serait leur premier rendez-vous. Peut-être qu’ils pourraient s’embrasser lorsque les lanternes seraient dans le ciel et qu’elles s’éloigneraient. Et lorsqu’ils rentreraient, ils s’abandonneraient l’un à l’autre.
Bien sûr, tout ceci aurait été beaucoup plus simple si Lucius n’avait pas lâché une bombe au repas. Il aurait pu hurler ‘Aux armes, on me vole’ que cela n’aurait pas été plus incongru. Comme Vassil avait-il pu lui faire ça ? Leur faire ça ? Il était comme un membre de la famille - il l’était d’ailleurs, puisqu’il était le fils de la mère de Milo et son cousin génétique - et Konstantin était persuadé qu’elle avait dû forcer la chose pour qu’il devienne comme cela ... Elle avait dû le manipuler.
Mais il n’avait pas eu le temps de discuter. Lucius avait décrété qu’il devait partir et avait fui avec Vassil et ses deux démons de compagnie. Ils avaient convenu de se retrouver à l’auberge de l’Étrangleur dans quatre jours, à Cardinal, au coucher du soleil. Et puis ils étaient partis.
C’était l’auberge dans laquelle il séjournait quand il se faisait commercial pour la ferme. Thomasorn, le gérant, les recevrait bien, il le savait. Oh, comme il espérait que le prince et ses démons ne foutent pas le bordel. Il ne voulait pas aller dans son auberge préférée et retrouver le tenancier cloué au mur au milieu d’un pentagramme tracé dans son sang. Mais Lucius, malgré son caractère de merde, semblait pouvoir maîtriser les forces de l’enfer.
Ensuite, ils iraient rencontrer un homme qui avait fait quelque chose pour Aleister le démon. Taesch Condé. Il était le père de Charlie mais Konstantin n’en avait entendu que du mal. Yvan von Dast lui avait dit un jour ‘Navigateur hardi sur la mer ne s’aventure pas dans les écueils.’ et comme Konstantin n’avait rien compris, il lui avait répondu ‘Evite le comme la peste, c’est ce que je veux dire.’ ce qui au final, était beaucoup plus clair. Yvan oubliait parfois que Konstantin ne parlait pas bien la langue commune.
Konstantin se regarda dans le miroir et remis ses cheveux en arrière. Bon sang, comme c’était angoissant. Il avait mis sa belle tenue de ville - une chemise blanche comme la neige, un gilet en laine gris et un pantalon à pinces assorti - et s’était un peu parfumé. Il était prêt.
Il rejoignit Miloslaw dehors alors que celui-ci était en train de prendre soin des cochons. Il s’assurait que Souffleur ne gardait aucune séquelle de sa dernière aventure dans la forêt. Il était adorable ce cochon, bien plus que sa soeur qui avait embroché Konstantin.
Derrière Miloslaw, le vieux puits semblait s’adosser à la montagne, comme si elle s’était rapproché pour le soutenir, comme une amante éprise et compatissante. Il ne donnait plus d’eau depuis longtemps, comme la plupart des sources d’eaux des environs. L’eau était tarie, les fleurs ne survivaient pas à l’hiver et les fruits étaient acides. Sa mère avait raison, une corruption touchait la région mais il manquait peut-être juste la présence d’une fée à cette terre pour redevenir fertile et verdoyante.
Il souffla un bon coup, pria Katunda la Grande pour qu’elle lui donne sa bénédiction et s’avança vers Miloslaw. Il fut tout de suite frappé par sa beauté, naturelle et sauvage. Il était toujours le même, toujours aussi parfait et incompréhensiblement magnifique.
La lettre de sa mère, deux semaines plus tôt semblait l’avoir remué mais il allait mieux. Aller au village pour assister au festival des lanternes serait peut-être un moyen de se réconcilier avec sa mère, avant de tenter de la ressusciter. C’était un plan incroyable, surtout sachant qu’ils n’auraient pas Lucius et Vassil en plan de secours mais ils réussiraient forcément à ramener la mère de Milo. C’était simpliste selon Lucius, peut-être même trop facile pour son talent. Quel vantard.
La route était sombre et ne serait pas éclairée, comme chaque année à ce jour, mais Konstantin savait comment se rendre à Wies rapidement. Couper par le fleuve et le suivre jusqu’à trouver la troisième étoile la plus brillante. Il faudrait ensuite aller tout droit.
“Milo ? Est-ce qu’on peut parler ?”
Ses bottes noires effleurèrent la terre boueuse et il se fit la réflexion qu’il devrait peut-être les cirer de nouveau avant de partir pour le village.
“Cette nuit, à Wies, il y a le festival des lanternes. Est-ce que tu veux venir avec moi ? J’aimerais qu’on s’y rende tous les deux.”
Il hésita un moment avant de prendre les mains de Milo. Il savait que ce n’était sans doute pas le bon moment pour en parler mais ...
“J’aimerais que ce soit notre premier rendez-vous.”
Et peut-être le dernier, si tout foirait.


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MessageSujet: Re: Immortals [kontka]  Dim 22 Juil - 15:15






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Miloslaw avait besoin de se changer les idées. Aussi, il se rendit à la porcherie des grosses bêtes, histoire de vérifier l’état de ceux qui s’étaient aventurés dans la forêt deux semaines auparavant. En s’agenouillant près du mâle, il considéra la chose : deux semaines. Déjà ! Avec Konstantin et l’inquiétude engendrée par Morgane, il n’avait pas vu le temps passer. Sans doute parce qu’il avait passé ces derniers jours comme ceux d’un condamné à mort. La nuit prochaine, il mourrait peut-être. Non, il mourrait sûrement, en dépit de ce que tout le monde lui assurait.
Comme c’était drôle ! Personne ne voulait qu’il meurt et c’était touchant. Maintenant que des gens tenaient à lui - il avait même un fiancé parfait en tous points ! - il allait mourir, être sacrifié sur l’autel des fées pour ressusciter une femme qu’il ne connaissait plus.
Il avait fait tout ce qu’on lui avait dit et conseillé. Il avait essayé de «ne pas s’en faire», il s’était entraîné au combat, avait potassé avec Vassil les caractéristiques des créatures les plus souvent invoquées par les fées, s’était exercé à changer de forme animale le plus vite possible.

« Je peux même me transformer en cochon, Souffleur, comme toi. Plus petit, d’accord. Bien sûr que tu es inimitable.»

Il lui caressa le flanc, une boule coincée dans sa gorge. Il ne voulait pas mourir. Est-ce que ses porcs savaient qu’ils allaient être tués un jour pour être mangés ? Sans doute pas, ils semblaient si sereins. Lui était dans un état catastrophique, il était sûr d’avoir perdu du poids.

« Oh, allez, je m’étais promis de ne pas y penser. Souffleur, distrais-moi un peu ! Ouvre la bouche !»

Il inspecta l’intérieur de la gueule du cochon de combat, puis recula pour s’asseoir au sol. Il devrait avoir confiance en ses amis, en Lucius. Le prince était si sûr de lui. Il devait arrêter de se répéter qu’il était trop jeune et que sa vanité ne faisait pas de lui une personne pleine de sagesse. Il devait arrêter de penser que Konstantin était aveuglé par son amour inconditionnel. Arrêter de se dire que Morgane allait l’égorger dès qu’il poserait un pied dans la forêt. Depuis la dernière fois et sa tentative ratée de purification, il n’avait plus osé passer la lisière. C’était pathétique, lui qui adorait y passer des heures. Morgane avait déjà gagné sur ce point.

L’appel de Konstantin le fit sursauter alors qu’il aurait dû le repérer, à sa présence ou au bruit de ses pas. Il avait tendance à trop se plonger dans ses pensées en ce moment, il en devenait imperméable au monde extérieur. Milo tourna la tête vers son fiancée et le sourire lui vint aussitôt aux lèvres, irrésistibles. Oui, Kon était sans doute un peu bête à vouloir absolument le garder en vie envers toutes les statistiques, mais il l’aimait. Sans doute était-il trop complaisant, n’importe qui d’un peu psychologue aurait dit qu’il avait sauté dans les bras du fiancé parce qu’il était désespéramment en quête d’une histoire d’amour. Et pourtant, il pensait être réellement tombé amoureux. Depuis quatre nuits exactement, il se surprenait à observer Konstantin à son insu et à le trouver magnifique dans des situations anodines du quotidien. La journée, quand il dormait, Miloslaw se forçait à rester éveillé pour pouvoir caresser sa barbe bien taillée. Et quand il apparaissait quelque part, ses entrailles se mettaient à danser dans son ventre. Comme maintenant.
Milo se remit debout et fit un pas vers Konstantin, enjamba une flaque de boue.

« Bien sûr, je t’écoute.»

L’angoisse monta dans sa gorge, reformant cette affreuse boule. Mais Konstantin ne voulait pas lui parler de ce qui allait bientôt se passer et de ce qu’ils devaient faire pour se préparer. Il venait l’inviter à un rendez-vous amoureux. Surpris, Miloslaw sourit doucement et ses yeux se mirent à pétiller. Il avait bien besoin de ça et il était vrai que leur première tentative s’était soldée par un échec. Mais cette fois ce serait parfait, la vie n’avait pas le droit de lui enlever ça.

« Un festival des lanternes ? Mais avec joie ! Allons-y !»

Battant des paupières, il remarqua soudain que Konstantin s’était élégamment apprêté. Cela plaisait beaucoup à Milo, qui se sentit d’un coup un peu pouilleux avec sa tunique pas du tout ajustée et son pantalon sali par la terre.
Il se rapprocha et lui prit le bras.

« Tu es vraiment très beau, Kon.»


Suivre le fleuve, marcher en direction d’une étoile... Konstantin connaissait le pays comme si c’était chez lui depuis plus de dix ans. Miloslaw n’avait jamais mémorisé cet itinéraire pour sa part. Il se contentait de suivre la route vaguement dessinée par les chariots.
Au loin, ils apercevaient déjà les lumières qui illuminaient le village. Il se demandait quand se ferait le lâcher de lanternes et s’ils pourraient en acheter pour eux. Mais même si ce n’était pas le cas, il savait qu’il passerait une nuit parfaite avec Konstantin.

Arrivés au village, Miloslaw lâcha la main de son fiancé qu’il avait tenu durant tout le trajet. Il y avait beaucoup d’animations, plus qu’il n’en avait attendu pour une agglomération de cette taille. Il y avait à manger, bien sûr, à boire, des jeux d’adresse et même une voyante vêtue de châles. Elle essaya de les appâter.

« Les amoureux, un petit coup de pouce pour l’avenir ? Le premier tirage est gratuit !»

Elle agita un paquet de cartes de tarot, découvrant un sourire partiellement édenté. Miloslaw leva la tête vers Konstantin, le regard interrogateur.

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MessageSujet: Re: Immortals [kontka]  Dim 29 Juil - 15:56

ImmortalsFenrir & Milo"Fenrir, après avoir découvert que sa mère était une fée, Konstantin s'apprête à livrer bataille pour la vie de son fiancé. Mais avant cela, il compte bien lui montrer le festival des lanternes  ..."

Journal de Kon #2 - Les lanternes dans le ciel !

Mood sonore : drink up, there's more ! - percival schuttenbach 

Le jeune homme soupira doucement. Est-ce qu’il avait ses chances ? Il avait déjà tant de rivaux. Eh bien, Lucius, déjà. Avec sa tête en  forme de coin et son sourire à la mords moi le noeud, il était insupportablement proche de son ami. Et puis, l’ange de la mort avait ses chances. Dans moins de vingt quatre heures, une lune rousse et pleine se lèverait sur la baronnie de Kotka et Morgane, sa mère, aurait ses chances de tuer Miloslaw, si le rituel tout pété de Lucius ne le faisait pas avant.
Et même s’il ne mourrait pas ! Est-ce qu’il accepterait que sa marâtre soit celle qui voulait le tuer. Sans compter qu’ils étaient cousins, bien plus proches que ce qu’il avait escompté. Si le sang ne les reliait pas, Miloslaw était tout de même le fils de Meluzina. Il savait bien que ça ne pouvait pas être un choix facile ... tout s’embrouillait, même pour lui. Est-ce que les choses seraient mauvaises, quand la tension serait apaisée ? Est-ce que Milo regretterait ces moments passés ensemble ?
Il rangea ces quelques préoccupations dans un coin de sa tête, se promettant de ne plus y penser le temps de cette petite sortie en couple. C’était leur premier rendez-vous et il voulait que rien ne puisse le gâcher. Cette fête était la meilleure occasion d’honorer Meluzina qui ne reviendrait peut-être pas demain. Elle était une bonne mère ... et soudain une considération toute neuve le saisit. Les fées volaient des bébés. Est-ce que sa mère le faisait toujours ? Il devait la raisonner.
Voilà le drame de sa vie. Chacun avait le sien et il venait être frappé par celui qui avait balayé certitudes et sentiments. Il était le fils d’une fée, une criminelle de la magie, qui lui avait menti toute sa vie. Son  fiancé était son cousin, son ancien amant aussi et de façon génétique en plus. Et puis, son fiancé avait de nombreux amis, il n’avait nullement besoin de lui. Qui plus était ... toute cette histoire de reproduction était une vaste blague. Sa vie n’était qu’un échec.
Mais il ne se laisserait pas abattre comme un garçon perdu. Il allait se remettre sur pieds illico et commencer une nouvelle vie. Il ne comptait pas se laisser faire et ne comptait certainement pas laisser de petites déconvenues prendre des proportions gigantesques. Il avait retrouvé son amour de jeunesse, l’aimait plus que jamais et comptait bien se trouver avec lui, dans dix ans, entouré de bambins, habitant cette même ferme.
Leur masure serait emplie de rires et de chants. Milo deviendrait peut-être une sorte de fée sans pouvoir, Vassil serait certainement une sorte de protecteur de la nature, druide ou grand chamane aux habits colorés et aux amours multiples. Ils seraient heureux et Konstantin tiendrait autant la maison que l’administration de Wies. Il s’y voyait déjà. Il avait envie de s’y voir.
Il refusait de voir choir l’amour de sa vie demain. Il ferait ce qu’il fallait, même si sa mère devait en pâtir. Il avait tellement de peine pour son père qui était tombé amoureux d’une menteuse. Il restait qu’il était irremissiblement amoureux de Milo, lui, et que rien ne pourrait jamais y changer. Il avait promis, autrefois. ‘Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais aux Enfers.’
Demain, il serait prompt et violent, s’il le fallait. Sa mère pourrait incanter, rameuter les animaux de la forêt autant qu’elle le souhaiterait, il tiendrait infailliblement la place. Bien sûr, il savait parfaitement qu’elle serait têtue, il tenait d’elle après tout. Il savait aussi que sa volonté était plus forte parce qu’elle était guidée par un amour sans remise, sans retenue. Il avait déjà tout fait pour Miloslaw Kotka, il le protégerait, même si c’était la dernière chose qu’il devait faire.
Ils passèrent près de la forêt et Konstantin vérifia que rien n’allait leur sauter dessus. C’était un bois de plaisir tout giboyeux mais entre les mains de sa mère, il pouvait se retourner contre eux. Il avait lu de nombreux livres sur Morgane, depuis deux semaines. Elle avait déjà fait déferler une armée de sanglier sauvages sur un village qui l’avait chassé pour pratiques païennes. Les fées n’étaient jamais acceptées, où qu’elles aillent. Au moins elle n’avait pas complètement menti.
C’est avec émoi que le jeune homme conduisit son fiancé au village. Il était tellement heureux d’avoir la chance de ce rendez-vous que ses mains devenaient moites.
La main de Miloslaw sur son bras faisait danser les papillons dans son ventre et quand il lui parla, il se sentit défaillir. Il regarda les villageois, éclairés par les grands feux de la place du village. Une estrade trônait, entre deux braseros, vides pour le moment.
Ils se firent tout de suite aborder par une voyante qui leur proposa de connaître leur futur. Il n’en avait nullement l’intention. Même si c’était vrai, il était hors de question qu’il sache. Cela enlèverait tout le piment de la chose. Il savait parfaitement que les choses pouvaient changer en un battement de cil. Il ne voudrait pas connaître son avenir dans dix ans pour tout l’or du monde.
Placidement, il refusa et se dirigea vers une table plus loin. Un homme en guenille était en train d’asséner le coup de grâce à son adversaire. Konstantin sourit doucement, il se tourna vers Milo.
“Tu aimes les jeux de cartes ?”

Le gra karciana, qui voulait dire tout simplement ‘jeu de carte’ en kotka, était un jeu retors où celui qui avait le plus de points d’attaque au moment de la fin du tour gagnait. Cela avait l’air simple mais c’était en réalité une toute autre paire de manche lorsque les malus entraient en jeu. Il s’avéra que Miloslaw adorait ce jeu et, qu’e, plus, il était rudement bon. S’il avait le temps, il prendrait le temps de l’initier au żywa gra karciana, une variante où les cartes pouvaient attaquer elles même et les points de vie des joueurs entraient en jeu.
Une fois que Milo eut gagné quatre demi-onces de fromage et un quart de livre de café frais, Konstantin décida de le tirer de la table de jeu pour l’emmener boire un verre. Il le tira par la main et commanda une choppe de bière fraîche pour chacun d’eux.
“Tu voudras aller danser après?”
Konstantin partageait le don inné de son ami Yvan pour la danse et le chant, donc il évitait de se laisser entraîner dans les bals. Mais ici, c’était différent. Tout le monde était saoul et le fait de remuer était déjà un grand succès.


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MessageSujet: Re: Immortals [kontka]  Lun 30 Juil - 14:06






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Quand il regarda Kosntantin, Miloslaw se souvint avec brutalité du rêve qu’il avait fait peu avant de se réveiller aujourd’hui. Les images et le son le frappèrent avec une justesse machiavélique et il ressentit un besoin urgent d’embrasser son fiancé. Ce songe avait eu pour sujet une véritable débauche. Lui, Konstantin, en train de copuler avec passion dans leur lit. Il lui avait été plutôt difficile de rester couché une fois éveillé, tout empreint de désir. Et voilà que les sensations revenaient ! L’ambiance était propice à ce genre de choses, avec le festival et la promesse de mort qui flottait au-dessus de sa tête.

Le refus catégorique de Konstantin repoussa les ardeurs de Milo tout au fond de ses entrailles, où elles devinrent si ténues qu’elles finirent par disparaître. Comme s’il venait de se refuser à lui. Une réaction complètement idiote.
Ils arrivèrent à des tables où plusieurs joueurs s’agitaient et Miloslaw pila en reconnaissant le jeu. Il était bon étant petit, mais maintenant ? Le souvenir de ses innombrables et cuisantes défaites au poker et autres jeux d’argent lui revinrent en mémoire et il se demanda s’il ne devrait pas fuir à toutes jambes. Konstantin n’était pas au courant. Il ignorait comment était Milo quand il s’agissait de cartes, comment il était difficile de le faire s’arrêter.

Est-ce qu’il aimait ? Miloslaw prit une inspiration. Une petite partie, ça ne pouvait pas lui faire de mal.

« Oui, bien sûr. Je me débrouille en plus.»

Il s’avéra rapidement que non seulement Milo n’avait pas perdu la main, mais qu’en plus il était bien meilleur qu’à son jeune âge. Equipé d’un jeu emprunté, de la faction locale, il avait réussi à prendre en main les cartes au bout de trois parties seulement. Et maintenant, il enchaînait les victoires. Ici, les gens ne pariaient pas d’argent, juste des victuailles. Il avait rapidement récupéré sa chemise et ses bottes et accumulait les petites denrées avec une facilité déconcertante. Souriant, il abattait ses cartes avec confiance.
Après sa quinzième victoire - ou bien était-ce la seizième ? - Konstantin le tira par la main, hors de la table de jeu. Miloslaw récupéra ses gains et remercia l’homme qui lui avait généreusement prêté un jeu de cartes. A mi-chemin de la tente à bière, il se rendit alors compte qu’il venait d’échapper à son addiction. Comment ne pas aimer d’autant plus Kon après cela ? Il avait agi avec force, sans lui demander son avis. Peut-être qu’il s’était aperçu du petit problème de Milo, peut-être pas. En tout cas sa réaction était ce qu’il fallait au majordome manqué qu’il était.

Avec un grand sourire, Miloslaw s’installa à un banc vide et plongea ses lèvres dans la mousse blanche. La bière était délicieuse, forte. Sans doute pas assez bonne pour les vrais connaisseurs, mais suffisamment pour un festival. Ce n’était pas non plus une cochonnerie.

« Danser ?»

La perspective de cette activité ne l’enchantait pas vraiment. A l’école des majordomes, Miloslaw avait appris les pas des danses les plus communes, celles que l’on trouvait dans les bals, dans les salons. Mais ici, à un festival des lanternes d’un petit village ? Il était plutôt certain de se ridiculiser. A moins que...

« C’est d’accord !»

Il avala sa bière, la laissant lui tourner la tête. Et puis il se leva, abandonnant là café et fromage pour tituber en direction de l’improvisation de piste dressée sur la place du village. Tout le monde était bien enivré et maintenant qu’il était lui aussi en l’état qu’exigeait la danse du festival, il n’aurait sûrement aucun mal à suivre le rythme. Et même s’il se débrouillait mal, il ne s’en apercevrait pas.


Miloslaw dansait, ou tentait de le faire tout du moins. C’était la dernière chose dont il se souvenait. Comment il en était venu à rouler des pelles à Konstantin sous un grand arbre décoré de pliages en papier, ça il l’ignorait. Toujours est-il qu’il avait une main sur le torse de son fiancé, sous sa chemise, et qu’il lui dévorait les lèvres avec une grande assiduité.
Et si demain, le plan échouait ? Et si Konstantin s’interposait ? Est-ce que Morgane oserait tuer son propre fils pour arriver à ses fins ? Les pensées les plus sombres s’imposaient à lui. Il avait à la fois trop et pas assez bu.

« Kon ? Promets-moi de ne pas mourir demain.»

Il se sentait débile de lui demander un truc pareil et enfoui son visage contre son torse. Il aurait aimé rester dans ce petit cocon de virilité excessive pour toujours.

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MessageSujet: Re: Immortals [kontka]  Mar 31 Juil - 15:41

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Journal de Kon #2 - Les lanternes dans le ciel !

Mood sonore : fuego - eleni foureira 

De toute la palette d’émotions qu’il pouvait montrer; Milo avait choisi de lui faire voir son côté tendre. Konstantin s’en sentait honoré. Il avait l’impression de toucher au but, déjà et se sentait terriblement bien. Il avait toujours peur de n’être que l’instrument des plans tordus de sa mère mais son coeur était un peu plus apaisé que la veille. Milo, à la lueur des feux sauvages, avait l’air si heureux. Comprenait-il combien il représentait tout pour lui ?
Ils avaient vieilli, séparément mais étrangement ensemble. Et Konstantin n’aimait rien tant que de s’imaginer à quoi ressemblait Milo, ce qu’il faisait en ce moment. Désormais, il pouvait le savoir, et même plus que cela, il pouvait gérer lui même leur planning. L’inviter à un rendez-vous, faire quelque chose de fou et de tendre à la fois. Cette sortie était un luxe qui aurait été inespéré, seulement quelques semaines auparavant. Partager la même nourriture, entendre les chants païens des wieśniak troublé en fond par le bruit incessant des fuseaux et des rouets que les mamies refusaient de lâcher, même par nuit de fête. C’était une bénédiction.
Et puis, ils n’avaient pas de chaperon. S’il avait prévenu Anastasy, il aurait certainement insisté pour venir, par tous les moyens, et leur rendez-vous aurait été ruiné. Oh, il n’espérait rien d’indécent mais l’amour s’épanouissait toujours plus sans la présence d’un véritable adulte dans les parages. Ils étaient seuls, perdus au milieu d’une foule de gens, jeunes ou moins jeunes, et personne ne viendrait les déranger. Oui, ils avaient vieilli, mais ils étaient devenu des hommes bien.
Bien sûr, il était aussi guidé par ses hormones, qui s’étaient réveillées en masse depuis que Milo s’était changé en ourse. Il avait, à toute heure de la nuit, envie de le pousser dans une alcôve pour l’embrasser dans le cou, le serrer contre son torse et remonter ses cuisses sur ses hanches. Mais il s’était promis de laisser fleurir leurs sentiments sans chercher à trop brusquer son ami. S’il voulait une relation saine, il devait se retenir et ne pas agir comme un animal en rut.
Alors qu’ils buvaient, un vieille dame les regarda en lissant l’étoupe qu’elle comptait sans doute passer daqns son rouet plus tard. Elle fixait Miloslaw. Serait-il reconnu ? Cela ne changeait rien, la baronnie appartenait toujours aux Kotka, même si certains pensaient que Konstantin était leur nouveau baron. La partie grossière du lin glissa dans ses doigts noueux et elle détourna le regard, finalement.
Konstantin avait trois cousines, du côté de son père, qui filaient le lin et le chanvre. Il savait parfaitement qu’il devait leur manquer. Oh comme il avait hâte de retourner à Jem, ne serait-ce que pour un petit temps ! Il y avait tant à voir, à expérimenter, à goûter ! Tant de choses que Milo adorerait !
Dans un coin, un homme jouait d’un instrument en bois, de forme allongée et en tirait des sons dignes de plus belles flûtes de Ravenwell. Le jeune homme sourit doucement en se disant que danser sur ce morceau là devait être nauséeux après avoir ingurgité un morceau du porc qui tournait sur la broche centrale.
Milo accepta de danser et Konstantin s’en trouva ravi. Il pourrait lui montrer qu’il était bon pour le divertir et peut-être, aussi, comme mari. Il espérait tant et tant que Milo soit satisfait de lui qu’il arrivait à ne plus se soucier de ce qu’il pourrait vouloir, lui. Une seule chose était sûre : pour le moment, il voulait Miloslaw Kotka et personne d’autre. Qu’ils vivent à Jem, à Kotka ou à Ravenwell lui importait très peu. Pour le moment, il voulait juste conserver l’euphorie des retrouvailles.
Ils allèrent donc danser et, enivré, tournèrent autour du feu qui partait de plus en plus en hauteur, léchant les cieux et la lune presque pleine, à ce qu’il paraissait. Konstantin se laissa gagner par l’esprit de fête et la joie de Miloslaw. Il se laissa gagner par ce qui ressemblait à s’y méprendre à un réel soulagement. En ce moment précis, ils étaient joyeux et c’était tout ce qui comptait.
Et puis, Milo décida de quitter la piste de danse et l’entraîna un peu à l’écart, sous un arbre qui leur offrait une intimité toute relative. Konstantin le serra contre lui quand les baisers commencèrent et y participa activement.
Milo glissa ses mains sous sa chemise. La tête lui tournait un peu mais il se pencha vers lui pour embrasser doucement ses lèvres rougies par la fièvre quand il lui demanda une faveur.
“Et bien, je ne peux rien te promettre d’autre que de t’aimer jusqu’à la fin, Miloslaw Kotka.”
Le jeune homme regarda son fiancé dans les yeux et posa son front contre celui de Milo, le tenant fermement par les hanches.
“Je t’aimerai dix-mille ans, jusqu’à ce que nos enfants soient tous partis de la ferme et que nos vieux corps bourrés de rhumatismes ne puissent plus bouger. Je t’aimerai jusqu’à ce que toutes les fleurs de Nox fanent et que les cours d’eau se tarissent. Je t’aimerai jusqu’à la fin, au dernier jour du monde.”
Puis, il l’embrassa doucement, posant ses lèvres comme sur les pétales doux d’une fleur qui ne souhaitait pas froisser. La voix du fils du bourgmestre le fit sursauter.
“Des lanternes, venez chercher vos lanternes !”
Il se dirigea de façon lente mais certaine vers l’estrade et y récupéra deux lanternes qu’il ramena à Miloslaw. Il lui expliqua pourquoi le festival avait lieu et que le bourgmestre ferait certainement un petit discours pompeux sur sa mère avant de lui tendre sa propre lanterne, une babiole en papier rougeâtre. Ils allaient les lancer ensemble.

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