La révolte gronde à Nox, le changement arrive et ça ne plait pas à tout le monde ! Choisissez votre camp et faites le vite, des têtes vont commencer à tomber.
 

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En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]

Basil Ducroquant-Gourmand
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MessageSujet: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Ven 7 Juin - 14:03

En levant les yeux vers   l'espoirMood sonore : Unstoppable - The Score

Voilà environ deux mois qu’il était enfermé dans cette cellule. Naturellement, on ne lui servait que du sang à moitié glacé et c’était franchement désagréable. Il était devenu plus maigre et il commençait à se sentir pouilleux. Naturellement, il n’allait pas mourir, mais sa masse musculaire allait fondre considérablement s’il restait comme ça.
Naturellement, il portait toujours les même vêtements que deux mois auparavant, un pantalon bleu foncé, une chemise rose et un gilet en soie du plus bel effet, assorti à son pantalon. Après deux mois dans la terre et la poussière, ses vêtements ressemblaient plus à une relique du temps passé et il le regrettait amèrement.
Dans l’ancienne poésie, on aurait probablement dit de lui qu’il était un martyr mais il n’y avait rien de moins romantique que de croupir dans une geôle. Déjà, on se faisait chier comme un rat mort. Ensuite, l’hygiène corporelle était ... non existante. Quand il avait demandé un bain, le chef des gardes avait posé sur lui un œil amusé avant de cracher à ses pieds un mollard noir de tabac à chiquer.
Basil avait tout fait pour sortir d’ici ... Cependant, il lui était impossible de convaincre qui que ce fut puisque personne ne descendait ici. Il passait son temps à arpenter sa petite cellule comme un lion en cage et, tout en marchant, il pensait à sa vie, dehors. Est-ce que Georges s’inquiétait de lui? Est-ce qu’on lui avait dit que Basil était un traître ? Inacceptable.
Oh, par Gol, il trouvait inacceptable qu’on ne lui ait même pas accordé de procès en deux mois. Deux. Mois. La justice était plus équitable chez les hommes crabes. Si Yvan avait vraiment été Yvan, il l’aurait confronté. Il n’était pas du genre à se laisser diffamer mais il n’était pas non plus un monstre. Basil passa une main dans ses cheveux et soupira. Ils étaient dégoûtants.
Quand il ne passait pas son temps à marcher en rond, il jouait au morpion avec lui même ou cherchait à s’échapper. Il était persuadé que le vrai Yvan était quelque part dehors et il devait le retrouver pour mettre fin à cette folie. Elijah aussi devait l’être ...
Même si la pièce était exiguë, les gardes ne passaient que rarement devant, lui permettant de réfléchir et de chercher des issues. Il n’en avait pas encore trouvé. Si seulement il avait suivi les cours d’Elijah sur l’invocation primaire ...
“Qu’est-ce que t’en penses, toi?”
Dans cette cellule, Basil s’était fait un ami. Un chat errant qui venait souvent dans le couloir. Son unique visiteur. Parfois, il se mettait devant sa cellule et se léchait pendant des heures. Mais comme il était son unique visiteur, Basil faisait tout pour ne pas le chasser. Le chat descendit du petit lit de la cellule d’en face, tout en gardant une expression digne et hautaine puis s’en fut.
Basil soupira doucement avant d’entendre des bruits de pas dans le couloir. Il redressa la tête mais ce n’était que la sous-cheffe des gardes. Elle tenait cependant quelqu’un par le bras. Basil mit quelques temps avant de reconnaître le bâtard d’Elijah. La jeune femme jeta le jeune homme dans la cellule de Basil et referma brusquement la porte.
“Profite de ton nouveau compagnon, traître. Vous devriez bien vous entendre.”
Basil se rapprocha des barreaux en plomb et serra ses mains autour. Il détestait cette gamine.
“Je te jure, Lottie, dès que je sors de là, je vais te foutre à la circulation tu vas moins te marrer.
- Ça m’étonnerai, Ducroquant. L’Empereur lui même va découper ta belle gueule à la hache dans moins de douze heures. Profite bien de tes derniers moments.”
Basil lui lança un regard mauvais. Cependant, elle avait gagné et elle le savait. Quand elle fut partie, il s’autorisa à perdre la face. Alors pas de procès, juste une exécution. Au crépuscule.
“Putain de merde, j’ai intérêt à me tirer d’ici. Et vite.”
Il se tourna vers le jeune Kotka et l’aida à se relever. Avec sa tenue dégoûtante et ses cheveux, il ressemblait à un épouvantail sur lequel on aurait fixé une botte de foin. Il avait un peu honte.
“Votre Majesté ... est-ce que ça va aller ?”
Le message qu’envoyait le faux Yvan était on-ne-pouvait plus clair en jetant Miloslaw au cachot. Il avait décidé de prendre le pouvoir, point.
“Que s’est-il passé ?”
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Dim 9 Juin - 15:40

Miloslaw n’avait plus assez de force pour se redresser, juste assez pour recracher le sable qu’il venait d’aspirer dans sa bouche. Il reconnaissait l’odeur du vent et le bruit qu’il faisait entre les rochers. C’était bien Dasten. Il était parvenu au but, enfin ! Déjà, il entendait les pas cliquetant des gardes de la tour. Pour une fois, il était heureux que le prince Yvan soit si pointilleux en matière de sécurité. Il pouvait se détendre, on allait le ramener au chaud, il allait être nourri et il pourrait prendre un bain.

On le souleva, sans grande douceur, mais Milo n’en voulut pas au garde. Il était difficile d’être délicat quand on portait un tel encombrement d’acier. Sans même parler du fait qu’il ne pouvait pas savoir qui il était ni la raison de sa venue.
Une fois debout, Milo se laissa traîner, mais puisa dans ses dernières ressources pour parler d’une voix asséchée par le sel :

« Je dois absolument parler à l’Empereur. C’est urgent.
- L’Empereur est mort.»

La voix du garde était désincarnée. La tristesse, sans doute. Miloslaw écarquilla de stupeur ses yeux brûlés par le soleil. Ce n’était pas possible. L’Empereur Elijah ne pouvait pas être mort. Il n’était peut être pas son véritable père, comme il l’avait cru des années durant, mais ça ne changeait rien. C’était un véritable coup de poignard dans son cœur.

« Tu vas voir l’Intendant Yvan, puisque c’est si urgent.»

Miloslaw ne réalisa pas immédiatement ce que cela signifiait. Il se dit simplement qu’au moins, son problème serait pris en compte, puis en mains. Mais quand il fut en face du trône occupé par le Généralissime, il comprit que quelque chose clochait.

« Généralissime, où est Lucius ?
- Mort. Et tu ne vas pas tarder à l’être aussi. Jetez-moi ça avec le cuistot. Nous allons annoncer au peuple qu’une seconde exécution aura lieu bientôt. Les crimes sur ma famille seront alors largement vengés.»


A plat sur le sol de sa cellule, Miloslaw avait abandonné. Que pouvait-il faire maintenant qu’il était enfermé ici et que plus personne ne pouvait l’aider ? Il était accusé de trahison envers la couronne et n’avait même pas pu avancer un mot au sujet du problème qui l’avait conduit ici en toute hâte.
Aussi, il fut profondément choqué quand une poigne amicale l’aida à se remettre sur pieds. Etudiant du mieux qu’il le put son compagnon d’infortune, il mit du temps à le reconnaître. Pourtant, ces cheveux blonds, même crasseux, et cette haute taille ne trompaient pas. Il s’agissait de Basile, le cuisinier de la caserne.
Titubant, Milo se dirigea jusqu’au petit banc de bois et se laissa tomber dessus. Son dos glissa un peu contre les pierres râpeuses et humides du mur.

« Du sang... J’ai si soif.»

Par chance, il en restait un peu. Ce n’était pas grand chose, mais Miloslaw avait de quoi raconté un morceau de son histoire à Basile.


L’île de Jem était un bien bel endroit. Leur petit groupe, constitué de plusieurs filles de la noblesse, dont l’enfant d’Yvan von Dast, s’y était rendu afin de soigner le pauvre Konstantin, en danger de mort. L’excursion avait globalement été une réussite. La mère de Konstantin n’était pas devenu plus agréable avec Miloslaw, mais au moins son fiancé était désormais en vie et bien guérit.
Ils avaient osé fêter cela, des nuits durant. Jusqu’à l’assassinat du chef du village. Il avait beau avoir essayé de convaincre Milo de coucher avec lui de trop nombreuses fois, jamais le jeune vampire n’aurait souhaité cela. Fort heureusement, personne ne pensa même à le soupçonner. Car le poignard qui l’avait transpercé à un endroit stratégique, imbibé de poison, portait la gravure d’un village voisin. La guerre était déclarée.
Bien entendu, Isobel avait tenu à ce qu’ils restent pour les aider. Deux groupes s’étaient alors formés : les défenseurs, composés de Konstantin et de la fille du Généralissime, et les Ambassadeurs, menés par Charlie Condé et Alianora Fell. Miloslaw avait également été envoyé, on pensait que son statut de Femelle allait leur permettre de débloquer une situation dangereuse.

« Et bien, dit Miloslaw, l’équipe des Ambassadeurs n’a absolument pas fonctionné. Et j’ai bien faillit finir comme une sorte de reine fourmi. Il faut les comprendre, leur chef aussi était mort, d’une arme portant la marque du village de Konstantin ! Ils n’ont pas voulu entendre raison, même si le complot était évident.»

La guerre s’était alors déclenchée sur l’Ile de Jem. Ils n’avaient alors vu qu’une solution : faire intervenir l’Empereur.
Charlie, Alianora et Miloslaw avaient fui en plein jour sur un petit bateau voilier. Isobel était bien entendue restée pour se battre, ainsi que Konstantin, devenu une sorte de chef du village remplaçant. Morgane avait bien essayé de s’imposer, mais tout le monde avait peur qu’elle finisse par détruire complètement l’île. Miloslaw ne voulait pas partir, mais tout le village l’avait presque poussé dans ce bateau : il fallait préserver les dernières Femelles. Bien sûr, le concurrent direct de Milo et deuxième spécimen Femelle connu existant avait embarqué aussi. A Ravenwell, ils seraient en sécurité.

« Bien sûr, c’était sans compter sur les tempêtes. Notre bateau n’était certainement pas équipé pour une aussi longue traversée. ... Haarf. J’ai si soif. Quand est-on approvisionné ?»

Il s’allongea sur le banc, épuisé.

« Et vous, Basile c’est ça ? Qu’est-ce qui a bien pu vous arriver ?»

Il ignorait s’il pourrait suivre toute l’histoire du cuisinier avant de s’endormir.
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Lun 10 Juin - 11:11

En levant les yeux vers   l'espoirMood sonore : The Social Network Soundtrack

Sans mentir, s’il devait voir un membre de la famille royale, il aurait préféré que ce soit la princesse Isobel. Il avait l’habitude de traiter avec elle. Elle avait la politesse de bien aimer sa cuisine et, si elle détestait les légumes, il avait réussi à lui en faire manger. Alors que tout le monde se pliait devant elle en disant “Oui, demoiselle. Devrais-je aussi vous lécher les bottes pour les nettoyer?”, Basil l’avait tout simplement traité comme une enfant. Il n’avait jamais reçu de plaintes.
Oui, acquiesca-t-il, il aurait préféré voir Isobel von Dast, toute de cuir noir vêtue, ses longs cheveux portés sur le côté, déjà un plan en tête pour les sauver.
Le prince - Empereur désormais ?- Miloslaw était plus ... neuf. Basil ne l’avait aperçu qu’une fois et le reste qu’il savait de lui lui avait été conté par un Elijah anxieux par la disparition de ses fils dans la nature alors qu’Ulrick était censé veiller sur eux. En même temps, il fallait s’en douter. Envoyer Ulrick faire quelque chose d’important ...
Bref, dans l’ensemble, ils étaient tous les deux dans la merde. Et honnêtement, Basil ne regrettait pas deux secondes de s’être douté de quelque chose. Il refusait de servir une seule seconde de plus un imposteur. Toutes les cellules de son être s’étaient révoltées au moment où il avait compris la supercherie. Il lui restait encore à déterminer si Miloslaw était un ami ou un ennemi.
Il posa la tête contre la pierre dure et se concentra un instant sur la voix de Lottie, dans le fond, qui dictait une commande au commis des cuisines. Deux mois sans tenir une poêle dans ses mains était une horreur sans nom. Il avait tellement envie de cuisiner mais surtout, de manger. Dévorer des régiments entiers de bananes et des caisses entières de poulets fermiers.
Le cuisinier ferma les yeux en soupirant. Il en avait assez de ces trois murs et de cette allée de barreaux. Il se souvenait avec une amertume certaine d’avoir dit au maître des écuries de préparer deux chevaux. Il avait peur pour la princesse Lubalai.
Miloslaw parla. Beaucoup. Et le baron n’y entendit pas grand chose. Toutefois, il était un homme fort bien élevé et il devait beaucoup au père de ce jeune garçon, alors il n’en fit pas la remarque. Il avait retenu l’important : sa version de l’histoire de concordait pas du tout avec celle du Généralissime. Les jeunes gens auraient dû être revenus depuis deux mois au moins ... Il leur avait parlé.
Il essaya de reconstituer le problème. Il était dans la Cour. Les demoiselles Isobel, Charlette et les princes Lucius et Miloslaw y discutaient avec une certaine mollesse. Il s’était fait la réflexion que c’était le temps orageux qui les rendait ainsi. Le messager qui venait leur apporter les lettres du jour le salua en repartant. Il lui restait encore une visite au prince Yvan avait de finir sa journée, Basil était compatissant. Et ensuite ... ? Ensuite il avait parlé à Miloslaw et Isobel en priorité, puisqu’il connaissait moins les autres. Lucius ne passait jamais à la caserne. Miloslaw l'avait écouté ses grands yeux bleus fixés sur lui. Et puis ...
“Par Thrud, vous avez les yeux marrons !”
Elijah lui avait pourtant dit que Lubalai et Miloslaw avaient presque les même yeux ! Il jura et passa une main dans ses cheveux avant de renoncer à cause des nombreux nœuds. Des imposteurs ... ? Quand Miloslaw lui demanda ce qui lui était arrivé, Basil lui accorda un sourire sombre. Le pauvre bâtard ne devait rien comprendre.
“Par Barran ... comment commencer ? Le Généralissime est un imposteur, j’en ai bien peur.”
Basil lui expliqua tout ce qui lui était arrivé.Le comportement fort étrange d’Yvan, la perte de la famille impériale dans d’étranges circonstances, l’accusation et l’exécution de Ser Taesch, sa conversation avec les imposteurs et   la façon dont il avait été emprisonné.
“Après cela, je n’ai entendu que des bruits de couloirs grâce à ceux qui sont venus essuyer leur plume sur le sujet, les notaires, les administratifs. Il a banni le prince Ulrick en territoire d’Osen et il a placé la princesse Lubalai sous bonne garde dans un palais plus au nord avec interdiction de quitter la région. Rozen Condé, le Grand Juge Fell et tout un tas de notables sont étroitement surveillés.”
Basil attrapa un ruban de sa manche, découvrant un peu son dos, et attacha ses cheveux comme il le pouvait. Ils devaient sortir de là. Ils devaient découvrir qui était cet imposteur et pourquoi tout le monde était si enclin à l’appeler Empereur. Et puis, ils devaient retrouver la véritable famille impériale, en espérant que son intuition soit juste. Vraiment, pour une fois, il espérait ne pas se tromper.
Il se dit alors que son pauvre prince devait être épuisé par tous ces retournements de situation et hocha la tête.
“Du sang, oui Seigneur. Et ensuite, une évasion en bonne et due forme. Ils veulent nos têtes, mon Prince. Nous devons filer.”
Il allongea son bras pour frapper doucement sur les barreaux. Le petit chien de Lottie débarqua comme à son habitude. Basil avait une certaine tendresse pour le chiot fou mais il n’hésita pas à lui craquer la nuque d’un geste leste. Il mordit ensuite dans l’animal encore chaud et versa son sang dans le verre vide avant de l’apporter à Miloslaw.
“Buvez, je vais réfléchir.”
Ils devaient sortir mais leurs barreaux étaient durs et treize gardes arpentaient les sous-sols.
“Arf, si seulement nous avions un mage ou un invocateur avec nous. Même une foutue fée pourrait faire l’affaire.”
Bien sûr, Basil était bien au courant que les fées n’existaient pas et ne pouvaient pas exister. Ils pourraient essayer de tordre les barreaux, peut-être ?
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Dim 16 Juin - 20:59

Miloslaw était épuisé, d’avoir traversé la mer, de s’être fait malmené, emprisonné et d’avoir raconté son histoire à Basile. Toutes ces émotions... Il était stressé à l’idée que Konstantin soit mort. Et aussi, il se demandait ce qu’il était advenu de Lucius, revenu ici bien avant lui. Est-ce qu’il était vraiment mort ? Comme ses pères ? Les larmes lui brûlèrent les yeux, mais il s’empêcha d’éclater en sanglots. Ca ne ferait que le faire s’endormir. Et il n’était pas encore certain de pouvoir se le permettre. Après tout, le Généralissime Yvan avait parlé d’exécution.
A la fin de son histoire, Basile s’exclama qu’il avait les yeux marrons. Milo cligna de ceux-ci, interdit. Evidemment. Mais il ne voyait pas où il voulait en venir. Ce qui n’avait aucune importance. La suite des paroles du cuisinier le saisirent par la gorge, comme la poigne de fer d’un soldat aguerri.

« Donc... Tout le monde est mort, voir remplacé. Et un ennemi dont on ignore tout est à la tête de l’Empire en ayant emprunté le visage d’Yvan von Dast.»

Démoralisant. Miloslaw se demandait s’il ne ferait pas mieux de simplement accepter la mort. Après tout, que lui restait-il à sauver ? ... Si. Lubalaï. Il pouvait encore sortir la petite sœur de Lucius de là. Ils fuiraient ensemble, peut-être à la ferme de sa famille si elle restait un havre de sûreté. Et quand la menace planerait au-dessus de leur tête, ils fuiraient encore. A Percellian. Ou ailleurs. Ils trouveraient bien un moyen.
Basile était plus qu’emballé à l’idée de fuir. Mais il semblait compter grandement sur Miloslaw, pourtant à bout de forces. Si lui, durant son emprisonnement, n’avait pas réussi à s’échapper, comment Milo le pourrait-il après seulement cinq minutes ? Il n’était pas si plein de ressources !

« Appelez-moi juste Milo, s’il-vous-plaît.»

Il lui sourit faiblement. Tous ces surnoms de prince et de seigneur le mettaient mal à l’aise. Il n’était qu’un fermier avec des ambitions illusoires, qui s’était naïvement cru l’enfant de l’Empereur. Quel gosse orphelin ne rêvait pas d’être le bâtard d’une grande figure du monde ? La vérité était beaucoup moins jolie.
Après quoi, Basile attira un petit chien dans le but de nourrir le fermier. Miloslaw détourna les yeux, mais trop tard. Il n’aimait pas que l’on fasse du mal aux animaux. C’était bien pour cela qu’il avait toujours refusé de tuer les porcs. C’était hypocrite, mais il préférait la partie de son travail consistant à choyer et élever les cochons.
Néanmoins, il vida le verre que lui tendit le cuisinier sans une once d’hésitation. Il avait beaucoup, beaucoup trop soif.

Un peu ragaillardi, il réfléchit aux paroles de Basile. Une simple fée, hein ? C’était une idée folle, mais il pouvait toujours essayer. Il ignorait tout de l’étendue de ses nouveaux pouvoirs. Sa mère avait dit que c’était temporaire. Autant les utiliser tant qu’il le pouvait. Demain, il pouvait ne plus les posséder.
Alors il se leva et se tint devant les barreaux, essayant d’ignorer le petit cadavre non loin.

«Eloignez-vous, s’il-vous-plaît. Je ne les contrôle pas bien. Pas du tout en fait.»

Il se concentra, essayant de retrouver cette sensation chaleureuse et dopante que lui procurait l’expression de sa magie. Quand ses ailes surgirent de son dos, sans froisser sa chemise en lambeaux, il se sentit encore mieux que jamais. Miloslaw, en bon fêtard et citadin ayant trop abusé des plaisirs des rues, avait déjà consommé quelques drogues populaire. Aucune n’était comparable à ce que lui faisait vivre cette magie de fée. Il comprenait désormais Lucius dans ses excès de magie. Comment s’arrêter ?

Le sourire aux lèvres, il empoigna deux barreaux devant lui et dirigea le flux féérique vers eux. Il savait que ses ailes aux accents rougeâtres brillaient plus fort. Elles étaient de toute façon façonnées de lumière et n’avaient pas de matière propre.
L’acier disparut, se transformant en minuscules points lumineux qui s’éteignirent un à un, tels des braises dans l’âtre qui s’endormait après une trop longue nuit d’activité. Il réitéra l’expérience avec deux autres barreaux, ce qui laissa un espace assez large pour les faire sortir.
Miloslaw s’efforça d’éteindre ses ailes, ce qui lui laissa un arrière-goût amer, puis se tourna vers Basile.

« Savez-vous où se trouve une certaine personne du nom de Vassil ? C’est un jeune homme très... Coloré. Il aurait dû venir au château avec Lucius et Aleister. Connaissez-vous Aleister ?»

Il chuchotait, car il craignait de se faire découvrir par les gardes. Il craignait aussi de ne pas trouver la sortie des cachots. Et ne se souvenait plus trop du chemin par lequel on l’avait amené, trop épuisé alors.
Une fois qu’ils auraient réussi - si jamais ils réussissaient - il leur faudrait encore retrouver le fameux château où la princesse était enfermée. C’était là le plan de Miloslaw et il n’en parlerait à Basile que lorsqu’ils seraient partis, car il n’était pas certain que le cuisinier soit bien d’accord avec tout ça. Il semblait avoir de plus grands projets. Plus grands et dangereux. Miloslaw n’avait plus aucune envie de revivre ça. Pas sans Lucius.
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Lun 24 Juin - 13:45

En levant les yeux vers   l'espoirMood sonore : Glory and Gore - Lorde

Basil ressentit une vague de regrets. Il n’était pas censé être aussi perturbé mais Miloslaw était un homme important pour Elijah et le voir aussi malmené était terrible ... Le haut-invocateur lui aurait probablement dit de prendre soin de son fils, de toutes les façons possibles. Basil se sentait responsable de ce petit vampire aux cheveux ébouriffés.
Basil sentait tout son corps rempli de grands chocs électriques. Une adrénaline qu’il n’avait pas ressenti depuis de nombreux mois parcourait son corps en de nombreuses décharges et il se sentait aussi bien que s’il venait de manger ou de faire une bonne séance de sport.
Il déglutit doucement et passa une main dans ses cheveux. Il avait pensé à les couper avec un des éclats du calice dans lequel Miloslaw venait de boire mais il y tenait trop. Il était hors de question de renier son identité pour sortir d’ici.
“Par Merlin ... Oui c’est une façon de résumer les choses. Mais Elijah - je veux dire l’Empereur n’est pas mort. Je l’aurais ... senti. Je suis convaincu qu’il est quelque part ici et tout ce que nous avons à faire est de ... le retrouver.”
Basil leva des yeux surpris. Il ne s’attendait clairement pas à autant de pessimisme. De ce qu’il en avait entendu, Miloslaw était un jeune garçon enthousiaste et résilient. Il fallait l’être pour être le garçon de compagnie du prince Lux.
Le destin avait cependant l’air d’avoir décidé que ce garçon allait en baver. Cependant, Basil était là pour lui, désormais, et sa loyauté pour la famille impériale était telle qu’il était prêt à tout pour le protéger. Le haut-invocateur n’avait pas gagné qu’un allié en parlant à ce garçon étrange et illettré à l’école. Il avait gagné un ami. Et Basil comptait bien mériter ce titre.
Le prince lui demanda de se reculer et Basil fronça les sourcils. Il hocha la tête et recula de quelques pas.
“Oui, acquiesça le cuisinier. Très bien, prince Milo.”
Il regarda le miracle opérer et déglutit doucement. Miloslaw était donc comme Lucius ...
Il se signa d’un pentagramme peu soigné et porta une main à sa bouche. Grande Ichanie, cet homme était envoyé par les dieux. Thrud elle même avait dû le mettre sur son chemin. Basil était un homme chanceux. Le jeune homme n’entendait visiblement pas se faire trancher la tête au crépuscule.
“Vous avez utilisé la ... peu importe ! Nous devons sortir d’ici.”
Non , il n’avait pas eu l’occasion de s’évader, jusqu’à présent, surtout parce qu’il n’était pas au maximum de ses capacités ... La nourriture solide lui manquait comme le soleil à un bon plant de tomates. Il se sentait dépérir sans vraiment pouvoir partir. Mais à présent, la balle était dans son camp.
Basil regarda les ailes du prince avec un certain émerveillement avant de lui emboîter le pas.
“Aleister ? Le démon ? Oui, je l’ai rencontré. Je ne connais pas l’autre en revanche mais s’il est un des ... compagnons de Lux - je veux dire du prince Lucius, il doit se trouver dans ses appartements.”
Pour sûr il avait rencontré cette malédiction ! Il l’avait surpris à voler dans sa cuisine deux fois déjà. Le démon avait geint de façon très inélégante quand il lui avait tapé sur les doigts avec un rouleau à pâtisser en bois plein. ‘Pas de grignotage en dehors des repas’ avait dit le cuisinier. Le démon avait disparu dans un nuage de fumée verte en emportant la totalité du repas qui avait été prévu pour ce soir là. Saloperie.
Il guida le prince jusqu’à l’armurerie, un peu plus bas et trouva avec une grande joie une arbalète Peacock 13G d’à peine une décennie. Une petite merveille. Son fusil d’assaut importé d’une petite usine du sud de Lumen lui manquait encore mais en attendant, le tireur d’élite en lui criait victoire. Il entendit des bruits de pas et se tourna vers Milo.
“Veuillez vous agenouiller, prince Milo.”
Une fois que ce fut fait, il planta un carreau entre les deux yeux d’un garde et blessa un autre au genou avant de lui asséner un lourd cou dans la nuque. Ils s’en sortiraient tous les deux vivants mais en attendant qu’on les retrouve, ils avaient une certaine marge d’action ...
“Vous avez utilisé la magie tout à l’heure, vous pensez pouvoir ... recommencer une fois en haut ? Pour neutraliser des ennemis par exemple ? Vous préférez peut-être une arme ?”
Il réfléchit un instant avant de sourire doucement et tendit une faux de combat au jeune prince. Miloslaw était un garçon de la campagne, normalement, il devrait savoir se servir d’une faux. Même si celle-ci était un peu spéciale.
“Tenez, reprit-il doucement, au cas où. Quarter Moon est facile a manier ... votre oncle l’aimait beaucoup avant de passer à un modèle supérieur.”
Basil avait saigné sur cette lame, lors d’un duel. Il avait vu ce qu’elle était capable de faire sur un champ de bataille. Bien que propre, elle serait toujours poisseuse d’un milieu de morts. Une arme redoutable.
Il cacha quelques couteaux Flying Fish dans ses bottes et coinça une dague dans sa ceinture avant de regarder Miloslaw, de nouveau.
“Nous allons monter, monsieur Milo. Il se peut que nous rencontrions une certaine ... résistance. Mais je vous protégerai.”
Miloslaw posa son regard sur les escaliers et soupira doucement. Il se tût un instant, priant à Thrud, à Jeorling, à tous ses dieux et même à ceux des autres duchés. Que Kresnik et Thot le gardent vivant. Enfin, il commença son chemin, surveillant Miloslaw du coin de l’œil. Il s’attendait à rencontrer de nombreux gardes, des courtisans affolés, des serviteurs, qui que ce fut ... La réalité était mille fois pire. Le château était désert. Laissé pour mort.
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Lun 24 Juin - 21:42

Par chance, ils réussirent à se faufiler entre les gardes occupés à leurs rondes. Miloslaw ne savait pas que des rondes pouvaient être utiles dans des cachots, mais il n’était certainement pas habilité à juger la sécurité d’un château. Basile, qui semblait connaître son chemin, les guida jusqu’à un local rempli d’armes. Et commença à se servir avec un manque d’hésitation intimidant. Il connaissait bien les armes, de toute évidence. Milo, lui, se serait probablement juste emparé d’un gourdin. Ca ne demandait pas une grande maîtrise.
Occupé à se demander s’ils trouveraient vraiment Vassil dans les appartements de Lucius - et surtout dans quel état ils le retrouveraient - Miloslaw n’obéit pas tout de suite à l’injonction du cuisinier. Affolé, il se jeta les genoux au sol, dos à l’action. Il entendit une corde se détendre puis vibrer, et quelque chose s’enfoncer profondément dans la chair. Il n’osa pas se retourner avant d’être certain qu’il ne risquait plus rien, puis étudia le champ de bataille. Deux gardes mis hors d’état de nuire. Basile était certainement très impressionnant et il n’osait même pas imaginer à quel point il devait être doué à la Chasse. Les sangliers et les ours eux-mêmes devaient le craindre.

« Ma magie, oh... C’est que je ne sais pas vraiment jusqu’à quand je pourrai encore l’utiliser.»

Après quoi, Milo se vit offrir une arme qui ressemblait à une faux. Sauf qu’il n’avait jamais vu de faux comme celle-ci. Elle était belle, au manche laqué et aux décorations d’argent. Sûrement, elle n’était pas utilisée pour couper les blés.
Quarter Moon ? Son oncle ? Mais enfin, de quoi parlait-il ? De qui ? Miloslaw réfléchit un moment : la seule personne qu’il connaissait et qui avait l’habitude de se battre à la faux était le prince Yvan. Bien sûr, cela concordait avec les croyances de Basile sur sa lignée. Ses mains se mirent à trembler légèrement en songeant à l’héritage épique qu’il empoignait maladroitement.

Ils atteignirent ensuite les escaliers menant au rez-de-chaussée sans encombre, pourtant parés au pire. Même Milo s’était résigné à agiter sa faux dans tous les sens en espérant trancher une oreille ou deux.
Comme ils se tenaient à l’abri des ombres des grands escaliers, Miloslaw frissonna. Il réalisa alors que cet endroit était tout particulièrement lugubre. Il était d’habitude plutôt animé, il y avait toujours une foultitude de gardes et de nombreux passages. Y avait-il un événement particulier qui réunissait tout le monde dehors ? Ce ne serait pas pour leur exécution tout de même ?!

« Montons vite, avant que quelqu’un n’arrive,»
chuchota Miloslaw à l’adresse de son comparse.

Une fois à l’étage, Milo, qui avait craint de croiser quelqu’un, se rendit compte qu’il l’espérait maintenant. Il voulait juste une preuve qu’ils n’étaient pas dans un endroit vide de toute vie.
La chambre de Lucius n’était pas très loin et ils ne croisèrent pas plus de monde en y allant. Milo avait même abaissé sa faux, désespéré de croiser la moindre âme. Une fois devant la porte, il leva le poing pour frapper le battant, puis se ravisa. C’était complètement stupide. Lentement, il testa la poignée, qui ne résista pas. Il se pencha vers Basile pour lui murmurer :

« C’est ouvert. Vous passez devant ?»

Après une manœuvre prudente, un peu étrange et de toute beauté, les deux hommes pénétrèrent dans la chambre du prince. Aussitôt, Miloslaw fut choqué par ce qu’il y trouva. De l’ordre. De la propreté. Un tel manque d’activité, on aurait cru à une sorte de... Chambre d’ami.
Pour le moment, aucune trace de Vassil. A la recherche d’indices, Miloslaw fureta un peu du côté du bureau. Le journal de Lux était posé là, à la merci de tout le monde. Il l’ouvrit à la page marquée. C’était la dernière entrée. Et elle datait de plus de trois mois ! Dans celle-ci, Lucius racontait qu’il appréhendait la réalisation d’un rituel d’invocation très particulier, mais affreusement nécessaire. Le dessin d’un pentagramme avait été griffonné à côté, de nombreux symboles étranges «flottaient» autour. Un cercle d’invocation ?

« Monsieur Basile, depuis quand avez-vous remarqué ces choses étranges dont vous me parliez plus tôt ?»

Il exhiba le journal de Lucius, se doutant que le cuisinier ne saurait pas plus que lui décrypter le cercle d’invocation. Néanmoins, il était certain que cela constituait une sorte d’indice sur ce qui s’était passé et depuis quand.

Quelqu’un entra alors dans la chambre. Une femme en livrée de garde. Elle se stoppa en les voyant, la main sur la poignée de son épée. Miloslaw jeta un rapide coup d’oeil à son arme, inoffensivement appuyée contre un fauteuil de velours. Basile était leur seul espoir.

« Vous êtes attendus pour une décapitation.»

Miloslaw vit comme au ralentit l’acier jaillir du fourreau, promettant la mort. Devait-il se rendre ? Mais pourquoi au juste ? Marcher vers sa mort ? Ca n’avait pas de sens. Il serra le journal de Lucius contre son cœur et se précipita vers la fenêtre avec la ferme intention de sauter au travers. Il s’élança... Et rebondit sur la vitre, avant de rouler sur le sol. Il se stabilisa avec des paillettes dans la bouche. Ouvrant les yeux, il croisa le regard fortement agacé de Vassil, ligoté et bâillonné sous le lit. Il avait été rangé là comme un baluchon qu’on ne sortait qu’à l’occasion. Un cercle de fer enserrait sa gorge, l’empêchant d’émettre le moindre son. Et aussi certainement d’utiliser sa magie.
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Mar 25 Juin - 12:45

En levant les yeux vers   l'espoirMood sonore : Dynasty - MIIA

Basil secoua la tête. Il n’arrivait pas à s’y faire. Tout semblait beaucoup trop calme et ... mort. Il détestait le silence, l’assimilant à ces longues heures de repas de famille avec son père et sa belle-mère. Non, dans ce cas-là on entendait au moins l’horloge marcher mais tout ici ressemblait à un champ de guerre déserté.
Il jeta un regard consterné à la loge des serviteurs quand ils passèrent à côté. Il ne venait pas quotidiennement au château mais à chaque fois qu’il y était passé, il y avait toujours un serviteur, un majordome ou une dame de compagnie occupée là dedans. Il hésita à appeler Théophile mais le majordome avait désormais un nouveau maître. Qui savait s’il était au courant de la situation et s’il était vraiment resté loyal à la famille impériale.
Il avança avec précaution sur le sol en pierre aux irrégularités familières. Le château était construit comme la maison de ses parents, avec de vieilles pierres issues de carrières oubliées depuis longtemps. La lune était bien plus brillante que d’habitude, à travers les carreaux décorés des couloirs ... Elle devait être pleine. Il ne prit pas la peine de vérifier.
Il entendit un bruit dans un escalier et sa main se dirigea instinctivement vers le bras de Miloslaw. Brusquement, il lui agrippa la manche et l’attira à lui, le collant contre son corps dans un effort de protection. Mais ce n’était qu’un chat. Se pouvait-il qu’il soit un émissaire du Prince Consort ?
Il relâcha le pauvre prince et lissa ses vêtements, comme si cela pouvait excuser son comportement. Il resta un instant dans l’alcôve avant de sortir dans le couloir. Son cœur se desserra légèrement mais il le sentait quand même brûler d’inquiétude.
Basil pinça les lèvres d’un air inquiet quand il lui demanda de passer devant. Oui, il était évident que c’était à lui de le faire. Pourtant, quelque chose lui retournait l’estomac à l’idée de pénétrer dans le cocon intime du prince Lux. Et s’il s’était trompé et qu’il était vraiment mort ... ? Et si ... Elijah ... Des larmes vinrent lui piquer les yeux. Il les chassa d’un revers de la main. L’heure n’était pas aux pleurs.
Basil ouvrit la porte avec prudence, s’attendant à voir la fausse Isobel ou même le faux Miloslaw derrière mais non, rien.
Il hocha la tête pour signifier au prince qu’il pouvait passer le palier de la porte et s’enfonça plus avant dans la pièce. Il n’y était jamais entré - il n’était pas assez proche du prince, il avait plus d’atome crochus avec sa filleule - mais c’était l’exact contraire de la façon dont il l’avait imaginé. Une chambre en fouillis, emplie de livres. Ici tout était ... impersonnel.
Il concentra sa volonté pour ne pas penser au pire et jeta un œil dans la salle de bain.
Ils ne savaient pas à quoi s’attendre et il sentait tout son corps se tendre au moindre craquement de parquet.
Il n’y avait personne dans cette chambre, pas de son côté en tout cas. Mais peut-être y avait-il des indices qui pouvaient leur permettre de comprendre ce qui s’était passé. Il eut envie d’en faire part à son prince mais bien sûr, celui-ci le prit de court. Il n’était pas le fils d’Elijah von Dast pour rien.
“Trois cycles, peut-être un peu moins. Je crois que c’était juste après la pleine lune.”
La voix d’une femme l’interrompit et Basil repoussa Miloslaw et le journal de Lucius plus loin. Il eut tôt fait de pointer son arbalète entre les deux yeux de Lottie. Il en avait assez de reporter sa frustration à plus tard. Il appuya sur la détente. Elle esquiva la fléchette, bien sûr, mais il en profita pour lui renverser une armoire dessus. Elle jura avant de s’en défaire mais il avait déjà la main sur son arme. Il la menaça avec.
“Vas y, tue moi, mais tu n’échapperas pas au Maître !”
Il fronça les sourcils. Il ne pouvait pas. Avant toute cette histoire, elle avait été une amie pour lui. Il ne comprenait pas sa nouvelle passion pour le faux Yvan mais maintenant qu’il y pensait, elle avait peut-être été ... mesmerisée. Il doutait que la magie du prince puisse modifier cela alors il abattit juste un coup violent de pommeau sur sa tempe. Elle saigna un peu et s’écroula sur l’Intégralité des Oeuvres de Tristan de Fellinion. Ridicule, tout le monde savait que le prince abhorrait la poésie.
“Je suis désolé, Lottie.”
Sur ces derniers mots, il se retourna pour découvrir un Miloslaw complètement perdu. Il se précipita vers lui pour le relever.
“Votre Majesté, tout va bien ? Je suis désolé, j’aurais dû être plus attentif.”
Une main agrippa sa cheville et il tendit la lame de Lottie pour la trancher mais c’était la main d’un prisonnier. Il le sortit de sous le lit et découvrit un homme saucissonné.
“C’est Vassil ? Dois-je le libérer, prince Milo ?”
L’homme aux cheveux bleus foncés emplis de paillettes, leva les yeux au ciel. Il portait une chemise blanche simple, un gilet à fleurs et un pantalon marron très bien coupé. Tout venait de chez Martin & Martin, à en juger la coupe parfaite et le sens du détail. Il était parfaitement possible que ce garçon ait été l’amant du prince Lux.
Il remarqua une physionomie dénotant d’un certain maintien en avant et tendit sa main pour palper sous le gilet, deux petites fentes dans son dos. Une autre fée ... ?
Que s’était-il passé pendant que le prince Milo et la princesse Isobel étaient à Jem ? Il entendit un bruit sur sa droite et serra sa main sur son arbalète. Appelant l’attention du prince en lui prenant la main, il déglutit. Le faux Yvan von Dast était dans l’encadrement de la porte.
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7Dim 7 Juil - 14:09

Fuir. Fuir, fuir, fuir. C’était tout ce qu’il savait faire désormais. Il ne disposait pas de grands moyens, comme le courage de la princesse Isobel, l’intelligence de Dame Charlie, la puissance de Lucius... La force de Konstantin. Il n’était qu’un enfant de fée fraîchement équipé de nouveaux pouvoirs dont, globalement, il ne savait que faire. Alors il tendit le bras sous le lit et attrapa ce qui vint en premier sous ses doigts. Les liens qui enserraient les poignets de Vassil. Un poids avait été ajouté aux entraves, comme à celles qui retenaient ses chevilles. On voulait être certain qu’il ne serait pas plus mobile qu’un poisson en dehors de l’eau. Des images de sévices passèrent rapidement dans la tête du fermier, qui eut soudain pitié de Vassil. Qu’est ce que le faux Lucius lui faisait tous les jours, avant de s’endormir ?

Un grand fracas le fit se redresser sur un coude et il vit la pauvre garde... La garde... S’effondrer dans un tas de livres un peu trop bien rangé. Visiblement, on avait essayé d’imiter le désordre caractéristique du véritable prince héritier. L’instant d’après, Basil apparaissait dans son champ de vision. Miloslaw s’apprêtait à décliner poliment l’aide qu’il lui proposait quand Vassil s’interposa. C’était une habitude qu’il n’avait pas perdue.

« Oui, oui, c’est lui. Allez-y. »

Miloslaw se remit debout avec aisance pour laisser la place à Basil. A la lumière des bougies, Vassil semblait beaucoup plus mal en point. Les flammes révélaient ses jambes tremblotantes, son teint cendreux et ses cheveux filasses. Ses vêtements étaient sales et chiffonnés. Sous leur éternelle lueur farouche, ses yeux avaient perdu de leur éclat. Le cœur serré, Miloslaw attrapa une paire de lunettes rondes et roses qu’il dépoussiéra à l’aide d’un rideau et les lui remit sur le nez. En guise de remerciement, il reçu une grimace. C’était toujours mieux que rien.

Milo était en train d’étudier le système de fermoir du collier dont était affublé le vampi-fée quand Basil saisit sa main. Il laissa retomber ses bras, un peu gêné par ces contacts répétés dont faisait preuve le cuisinier. Même si ce n’était que pour l’avertir que Yvan von Dast, ou en tout cas son faux jumeau, se tenait devant eux.Il était accompagné d’Isobel, Charlie et lui-même. Terrifiant. C’était lui, trait pour trait, mais en même temps il ne se reconnaissait pas.
Sa magie, sa magie, sa magie... Il n’était pas Lucius ! Il n’était même pas vraiment prince !

« C’est ma chambre !» clama le faux Milo en faisant un pas en direction de Vassil, qui eut un mouvement de recul apeuré. Sans réfléchir, le fermier se plaça devant son petit frère. Si seulement... Si seulement il pouvait les faire partir d’ici !

A cette pensée, la magie affleura à la surface de sa peau. Il espérait que ça ne se voyait pas trop, ce qu’il avait en tête. Vassil, incapable d’émettre le moindre son, lui effleura le coude. Miloslaw décida que c’était une forme d’encouragement. A sa magie se joint l’idée et le savoir. Il ignorait qu’il était capable de faire ça, il ne se souvenait pas de l’avoir lu quelque part, mais il savait qu’il le pouvait.
Il plongea par-dessus le lit, roula au sol et attrapa la faux de combat, ignorée de tous. Il dirigea la lame face à lui, de façon à voir également le reflet de ses deux compagnons. Il prononça quelques mots et un brouillard apparut sur le croissant d’acier. Quand il releva les yeux, il n’était plus dans la chambre de Lucius. Il fit volte-face, puis soupira de soulagement. Basil et Vassil étaient bien là, eux-aussi.
Il fit quelques pas dans leur direction, écrasant l’herbe verte et les pâquerettes.

« Où sommes-nous ?»

Il n’eut pas besoin d’entendre de réponse. Au loin, un magnifique château, digne d’un compte de fée - quelle ironie - dressait ses drapeaux dans le ciel dégagé. Une licorne, fière et dangereuse, était brodée dessus.
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MessageSujet: Re: En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]  En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?] 281ber7

En levant les yeux vers l'espoir [Milo ?]

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